• Audition de la Libre Pensée à l'Observatoire de la laïcité lors des échanges sur le traitement médiatique de la laïcitéAudition de la Libre Pensée à l'Observatoire de la laïcité lors des échanges sur le traitement médiatique de la laïcité

    Le 12 novembre 2014, l’Observatoire de la laïcité, dirigé par Monsieur Jean-Louis Bianco, a reçu des associations laïques et des universitaires pour avoir leur point de vue sur le traitement médiatique de la laïcité et la nécessité d’une approche plus objective. La Fédération nationale de la Libre Pensée était représentée par Jean-Sébastien Pierre, Président et David Gozlan, Secrétaire général.

     

    Déclaration faite par Jean -Sébastien Pierre lors du tour de table organisé par Monsieur Jean-Louis Bianco, Président de l’Observatoire

    Audition de la Libre Pensée à l'Observatoire de la laïcité lors des échanges sur le traitement médiatique de la laïcitéPuisqu’on doit parler du traitement médiatique de la laïcité, commençons par parler des médias publics nationaux, et de l’Etat lui-même qui devrait balayer devant sa propre porte. Les médias nationaux financés par la redevance, c’est-à-dire par l’impôt, font une place énorme aux religions et, en particulier, à la religion catholique. Des événements religieux comme les JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse catholique), l’élection du pape, la canonisation de Jean-Paul II et de Jean XXIII ont fait l’objet d’une couverture d’actualité totalement démesurée, occupant les journaux télévisés parfois pendant plusieurs jours d’affilée.

    Notre association, tout comme d’autres associations laïques, sont occultées. Le dimanche matin, plusieurs heures sont dédiées aux religions es qualité. Ce sont des émissions de propagande et de prosélytisme. Il s’agit d’une violation de l’article 2 de la loi de 1905 : La République ne reconnait, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. Nous sommes favorables à la suppression de ces émissions. Il y a discrimination entre les associations laïques, et plus largement les associations philosophiques rationalistes, matérialistes, non confessionnelle et les cultes.

    Non moins couverts par les médias publics furent les manquements graves à la laïcité commis par des membres du gouvernement, tels que le discours du Latran de Nicolas Sarkozy, et la participation du Premier ministre Manuel Valls aux cérémonies de canonisation des papes Jean-Paul II et Jean XXIII. Lorsque l’Etat lui-même ne respecte pas la laïcité, il n’est pas étonnant que les médias y dérogent.

    Sur France Culture, existe depuis les années 1930 une émission intitulée ’Divers aspects de la Pensée contemporaine’ dans laquelle la Libre Pensée s’exprime une fois par mois. Interdite par le gouvernement de Vichy, elle fut rétablie dans les premières années de l’après-guerre grâce en particulier à la ténacité d’André Lorulot, son Président de l’époque. C’est peu, mais cela existe. Il n’y a rien de semblable à la télévision. Si les Pouvoirs publics nous proposaient d’animer une émission télévisuelle sur les chaînes publiques, nous étudierions la chose avec intérêt.

    En ce qui concerne la presse écrite, nous constatons une ouverture notable à nos déclarations et initiatives, mais d’avantage dans la presse régionale que dans la nationale. Les grands quotidiens ne répercutent guère les communiqués émanant de notre association. La situation change effectivement en région, à l’exception de certains organes de presse comme Ouest-France, dont l’inspiration catholique est bien connue, mais qui, jouissant du quasi-monopole de la presse écrite dans l’Ouest, est sourd à tout ce qui vient des organisations laïques et singulièrement de la nôtre.

    Cette intervention est complétée par David Gozlan, Secrétaire Général de la Libre Pensée, qui déclare : Le traitement médiatique de la laïcité est le reflet d’une recherche du sensationnel, du « coup médiatique ». Un tweet, un mot, une série « d’experts » parle de la laïcité de manière lapidaire. Comment s’emparer du débat à travers des titres et des « bons mots » ? Le temps n’est pas pris pour traiter un sujet complexe.

    Il est aussi évident que certaines personnes qui parlent de la laïcité, soit ne savent pas de quoi elles parlent, soit traite le sujet de manière superficielle. Il y a une difficulté aussi pour entendre la voix d’association comme la nôtre pour faire entendre sa voix au plan national, ce qui n’est pas le cas pour la presse locale et régionale.

    Débat

    Lors des discussions, a été abordé la question du voile islamique, notamment à l’Université, Jean-Sébastien Pierre reprend la parole : ’J’ai entendu avec intérêt, Jean Baubérot et nos amis de la Ligue des Droits de l’Homme déclarer que la laïcité a tendance à être dénaturée, qu’elle est source de liberté et non de contrainte sur les citoyens, ni un outil de défense contre un hypothétique ennemi intérieur, ni être prise comme le sujet d’une guerre de civilisation. Je souscris à cette analyse. J’ajoute que ce ne peut être non plus le prétexte à une révision du Code du Travail. Je m’étonne un peu que certains spécialistes ici présents trouvent la législation floue.

    Dans l’affaire Baby Loup puisqu’elle a été citée, la Cour de cassation, y compris en rendant deux décisions contradictoires successives, quant au problème du licenciement, a parfaitement dit le droit tel qu’il existe dans les entreprises. Dans le domaine privé, c’est le principe de la liberté de conscience qui prévaut, sauf limitations inhérentes à la sécurité et à l’ordre public.

    J’ai entendu également évoquer la supposée nécessité d’étendre la loi de 2004 à l’Université. En tant qu’universitaire moi-même, je dis attention. Pour ma part, je m’y opposerai dans la mesure de mes forces et possibilités. Ce n’est pas seulement parce que les étudiants et étudiantes sont majeurs, que l’interdiction des signes et vêtements religieux n’est pas de mise. Cela touche à un principe bien plus profond qui est celui des Franchises universitaires. L’amphithéâtre, comme la rue, font partie du domaine public. Les étudiants et auditeurs libres qui assistent aux cours, sont un public. Lorsque j’étais jeune et suivais les cours dits, alors, de propédeutique, et ce terme désuet signe mon âge, hélas, j’ai cohabité sur les bancs de l’Université avec des religieuses en habit et des militaires en uniforme, des africains en boubou et toutes sortes de vêtements à caractère plus ou moins marqué. Jamais nos professeurs n’ont fait la moindre remarque en raison des franchises universitaires. Ne détruisons pas ce qui en reste !

    Pour ce qui est des interventions auprès des médias, vous pouvez nous faire confiance pour continuer à faire prévaloir la laïcité auprès d’eux.

    Mais, puisque personne ne rebondit sur les obligations de l’Etat, étant d’un naturel obstiné, je me permets d’y revenir. L’Etat est le garant de la laïcité. Inutile de stigmatiser les médias (stigmatisables ce nonobstant) lorsque l’Etat ne montre pas l’exemple. Je le répète, la participation ès qualité de membres du gouvernement, d’Elus de collectivités locales, de fonctionnaires d’autorité à des cérémonies ou manifestations religieuses est intolérable. A titre privé, c’est bien sur autre chose. Nous n’aurons de cesse de les dénoncer.

    Le Général de Gaule, s’il a porté un tort majeur à la laïcité à travers la loi Debré, dont nous n’aurons de cesse de réclamer l’abrogation, n’a jamais participé comme Président de la République à aucune cérémonie religieuse. Depuis, hélas, les manquements à cette règle sont légion. Voilà un élément que votre Observatoire, Monsieur Bianco, devrait observer et consigner.

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  • vendredi 26 septembre 2014 par  federation nationale

     

    La Fédération nationale de la Libre Pensée informe que sa Fédération départementale des Bouches-du-Rhône a obtenu de la Mairie de Marseille que le nom de Robespierre, le grand révolutionnaire que la Libre Pensée a toujours honoré, garde son nom sur la place du 9ème arrondissement de Marseille. Si cet exemple pouvait inspirer la Mairie de Paris, la Libre Pensée en serait ravie.

    L’annonce d’un éventuel changement de nom de la place Robespierre à Mazargues (Marseille 9éme) a été la cause d’une vive émotion et a conduit de nombreux républicains, avec au premier rang la Libre Pensée, à organiser la mobilisation.

    M. Ricca, conseiller municipal de Marseille, délégué à la voirie et responsable de la commission du nom des rues a reçu à la mairie de Marseille le 1er juillet 2014, une délégation de la Fédération départementale de la Libre Pensée, à laquelle il a notamment déclaré :

    « Robespierre est un personnage incontournable de la Révolution, qui a marqué l’histoire. (...) Si j’étais seul à décider, je n’y toucherais pas. Je considère qu’on ne peut pas gommer l’histoire. ».

    La Libre Pensée a rendu compte par un communiqué public de cette entrevue qu’elle juge positive.

    Cet été, M. Jean Claude Gaudin, Sénateur-Maire de Marseille a adressé un courrier à une animatrice de l’action pour le maintien de la Place Robespierre :

    « Il est vrai qu’au cours d’une réunion, le changement d’appellation de cette place a été évoqué et si j’ai bien compris, le maire des 9éme et 10éme arrondissements n’avait alors exclu aucune hypothèse. J’ai eu l’occasion d’évoquer cette question avec Lionel Royer-Perreaut, je lui ai fait part de ma volonté de voir cette place continuer à s’appeler Robespierre.

    En ce qui me concerne, je ne proposerai pas une délibération au Conseil Municipal, tendant à donner une nouvelle appellation à cette place . »

    Place Robespierre à Marseille : Où en est-on ?

    place Robespierre Marseille (9eme Arrt)

    La Fédération départementale de la Libre Pensée apprécie positivement cette décision de Monsieur le Sénateur-Maire, qui confirme le maintien de la place Robespierre.

    Pour la Libre Pensée, association d’éducation populaire et d’action sociale :

    - la Révolution française fut un moment de progrès historique de l’Humanité. Elle instaura la République, une et indivisible, fondée sur les principes de liberté, en premier lieu de liberté de conscience, d’égalité devant la loi de tous les citoyens et de fraternité.

    - l’action pour faire connaître la véritable œuvre historique de Robespierre n’est en rien une nostalgie ; C’est le combat actuel, permanent, des Lumières, de la Raison humaine, contre les oppressions et les obscurantismes de toutes sortes : économiques, religieux et politiques.

    Marseille, le 12 septembre 2014

     


     Et à Manosque?

    2 courriers transmis par Claude Testanière pour une rue Robespierre:

    Télécharger « Courrier MAIRE RUE ROBESPIERRE 2013.06.03.pdf »

    Télécharger « Courrier MAIRE RUE ROBESPIERRE 2013.07.06.pdf »


     

    ÉCLAIRAGE sur le bien-fondé de l'action de Robespierre

    Place Robespierre à Marseille : Où en est-on ?

    Pourquoi la Libre Pensée honore Robespierre

    http://librepensee04.over-blog.com/page-3238060.html


     Discours contre la guerre (1791)

    "Personne n'aime les missionnaires armés"

    Robespierre

     

    La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d'un politique est de croire qu'il suffise à un peuple d'entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa constitution.

    Personne n'aime les missionnaires armés; et le premier conseil que donne la nature et la prudence, c'est de les repousser comme des ennemis...

     

    (...) quand le peuple (à Rome) réclamait ses droits contre les usurpations du sénat et des patriciens, le sénat déclarait la guerre, et le peuple, oubliant ses droits et ses outrages, ne s'occupait que de la guerre, laissait au sénat son empire, et préparait de nouveaux tiomphes aux patriciens.

    La guerre est bonne pour les officiers militaires, pour les ambitieux, pour les agioteurs qui spéculent sur ces sortes d'évènements; elle est bonne pour les ministres dont elle couvre les opérations d'un voile plus épais et presque sacré; elle est bonne pour la cour, elle est bonne pour le pouvoir exécutif dont elle augmente l'autorité, la popularité, l'ascendant; elle est bonne pour la coalition des nobles, des intrigants, des modérés qui gouvernent la France.

    Robespierre -Ecrits- Claude MAZAURIC Messidor-Editions Sociales


     

     

    Discours de Robespierre aux Jacobins contre la guerre

    MessagePremier discours contre la guerre, prononcé au club des Jacobins le 18 décembre 1791

     
    Extrait (...)

    La guerre est toujours le premier voeu d'un gouvernement puissant qui veut devenir plus puissant encore. Je ne vous dirai pas que c'est pendant la guerre que le ministère achève d'épuiser le peuple & de dissiper les finances, qu'il couvre d'un voile impénétrable se déprédations & ses fautes ; je vous parlerai de ce qui touche plus directement encore le plus cher de nos intérêts. C'est pendant la guerre que le pouvoir exécutif déploie la plus redoutable énergie, & qu'il exerce une espèce de dictature qui ne peut qu'effrayer la liberté naissante ; c'est pendant la guerre que le peuple oublie les délibérations qui intéressent essentiellement ses droits civils & politiques, pour ne s'occuper que des événements extérieurs, qu'il détourne son attention de ses législateurs & de ses magistrats, pour attacher tout son intérêt & toutes ses espérances à ses généraux & à ses ministres, ou plutôt aux généraux & aux ministres du pouvoir exécutif. c'est pour la guerre qu'ont été combinées, par des nobles & par des officiers militaires, les dispositions trop connues de ce code nouveau qui, dès que la France est censée en état de guerre, livre la police de nos villes frontières aux commandans militaires, & fait taire devant eux les lois qui protègent les droits des citoyens. C'est pendant la guerre que la même loi les investit du pouvoir de punir arbitrairement les soldats. C'est pendant la guerre que l'habitude d'une obéissance passive, & l'enthousiasme trop naturel pour les chefs heureux, fait, des soldats de la patrie, les soldats du monarque ou de ses généraux. Dans les temps de troubles & de factions, les chefs des armées deviennent les arbitres du sort de leur pays, & font pencher la balance en faveur du parti qu'ils ont embrassé. Si ce sont des Césars ou des Cromwells, ils s'emparent eux-mêmes de l'autorité. Si ce sont des courtisans sans caractère, nuls pour le bien, mais dangereux lorsqu'ils veulent le mal, ils reviennent déposer leur puissance aux pieds de leur maître, & l'aident à reprendre un pouvoir arbitraire, à condition d'être ses premiers valets.

    A Rome, quand le peuple, fatigué de la tyrannie & de l'orgueil des patriciens, réclamait ses droits par la voix des tribuns, le sénat déclarait la guerre ; & le peuple oubliait ses droits & ses injures pour voler sous les étendards des patriciens, & préparer des pompes triomphales à ses tyrans. Dans les temps postérieurs, César & Pompée faisaient déclarer la guerre pour se mettre à la tête des légions, & revenaient asservir leur patrie avec les soldats qu'elle avait armés. Vous n'êtes plus que les soldats de Pompée, & non ceux de Rome, disait Caton aux Romains qui avaient combattu, sous Pompée, pour la cause de la république. La guerre perdit la liberté de Sparte, dès qu'elle porta ses armes loin de ses frontières. La guerre, habilement provoquée & dirigée par un gouvernement perfide, fut l'écueil le plus ordinaire de tous les peuples libres.
    (...)
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  • Communiqué ADMD 04http://www.admd.net/Communiqué ADMD 04admd04@admd.net

     

     

     

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  • A tous ceux qui œuvrent pour que justice soit rendue aux 650 Fusillés pour l'exemple par leur réhabilitation collective :

    La Chaîne parlementaire LCP diffuse lundi 15 septembre 2015 à 20H30 le film « Adieu la vie, adieu l'amour » sur les Fusillés pour l'exemple.

    Un documentaire à voir pour tous ceux qui ne l'ont pas encore vu.

     

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  •     Comme tous les ans, le Groupe LP04 "1851" de Digne tenait un stand 

    Forum des associations à Digne, le 06-09-14, La Libre Pensée 04 y sera!       

    au centre: La présidente Anne-Marie CHAUVE      

     


    Commentaire:

    <<La libre pensée d'un mot, est une méthode, elle n'est pas une doctrine, car elle ne se donnerait pour une doctrine qu'en se niant au moment même où elle s'affirme>>

    Gabriel Séailles

    "Dogmatisme", "théorie du complot"... 

    Le fâcheux:
    Tu as un point de vue...donc... donc "tu est dogmatiste". D'autres disent "tu es formaté" selon l'expression à la mode.Telle est la sentence qui coupe toute discussion.

    Le libre penseur: Comment cela?
    Être détenteur de la raison humaine implique d'avoir un point de vue sur nombre de choses à défaut d'en avoir sur toutes choses. Le dogmatisme consiste à refuser de confronter son point de vue à la réalité et aux autres points de vue.

    C'est tout le contraire de la la Libre Pensée qui considère que personne ne détient la vérité absolue qu'il s'agit de s'en approcher toujours faits à l'appui en  confrontant les points de vue en permanence.

    C'est tout le contraire du fonctionnement de la science. Toute hypothèse doit être confrontée à l'expérience pour être confirmée ou infirmée. (falsifiabilité)
    Encore faut-il avoir une hypothèse, encore faut-il avoir un point de vue.
    En deçà et au-delà, règnent le néant de la pensée, la négation de la conscience et du doute, le total relativisme.

    La Libre pensée émet une analyse sur tel ou tel sujet, a un point de vue, qui la concerne et ne demande qu'à le confronter, c'est sa méthode.

    "Théorie du complot!" répond le fâcheux qui ne veut entendre d'autre point de vue que le sien.

    mp

     


     Motion BUISSON au congrès de Rome de la Libre Pensée internationale (1904):

    « La Libre Pensée est laïque, démocratique et sociale, c’est-à-dire qu’elle rejette, au nom de la dignité de la personne humaine, ce triple joug : le pouvoir abusif de l’autorité en matière religieuse, du privilège en matière politique et du capital en matière économique. »


     Sur la soi-disant origine chrétienne de l’Europe et de la laïcité...il faudrait plutôt parler des origines européennes de l'Église romaine qui n'a cessé de piller l'héritage gréco-romain pour le tordre et le conformer aux écritures, à l'Ancien testament.

    (voir: Philippe Forget- "Du citoyen et des religions", liberté, souveraineté et laïcité Berg International Éditeur )

     

     

     

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  • RETROUVEZ L'ANCIEN BLOG LP04 ...

    http://librepensee04.over-blog.com/


     

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  • La Laïcité encore bafouée à Paris !

    mercredi 4 juin 2014 par  federation nationale

    « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »

    Article 2 de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905

    Noël chrétien, Hanouccha juive, Ramadan musulman :

    Pas un euro de fonds publics pour les fêtes religieuses !

    La Laïcité encore bafouée à Paris !

    La Mairie de Paris organise une réception le 9 juillet 2014 pour fêter le début du Ramadan. Incontestablement, c’est une violation de la Laïcité. La loi du 9 décembre 1905 stipule dans son article 2 « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » et quand une Mairie bafoue cet article, il faut le dire.

    Mais on assiste à de bien curieuses déclarations

    M. Jérôme Dubuis, conseiller de Paris et secrétaire national de l’UMP affirme ’l’Islam, à l’image de n’importe quelle religion, ne doit pas pénétrer l’espace public »....
    « Aujourd’hui, pour un grand nombre de Français, Noël est devenue la fête des enfants et plus largement de la famille. En revanche, le Ramadan est seulement, en France, une fête religieuse qui ne concerne que les Français qui se reconnaissent dans cette religion », explique Bertrand Dutheil de La Rochère, du Front National.
    Las, quand des cérémonies de la part de la Mairie de Paris sont organisées pour d’autres religions, on n’entend pas ces « croisés ». Il ne faut pas gratter très longtemps pour que leurs discours apparaissent comme discriminatoires.

    Pour la Libre Pensée de Paris, qui a demandé une entrevue à Madame Anne Hidalgo, nouvelle Maire de Paris (demande sans réponse à ce jour), la laïcité ne saurait être un prétexte pour diviser la population, entre croyants et non-croyants, entre croyants d’une religion (jugée mauvaise) et croyants d’autres religions (considérées comme pures).

    La Laïcité ne se divise pas !

    Quand un porte-parole de la Mairie de Paris explique que cette réception du 9 juillet « est une soirée artistique et festive, qui relève d’une initiative culturelle et non cultuelle. Nous organisons des réceptions à l’occasion de Noël et de Hanoucca également », nous condamnons cette déclaration et ces réceptions, toutes ces réceptions, sans distinction et sans différence.

    Il s’agit en l’espèce d’utiliser des fonds publics pour célébrer des fêtes religieuses et cela est contraire à la loi de 1905. La République n’a pas à reconnaitre une religion en s’associant au calendrier religieux qui ne peut concerner que les adeptes de cette religion.

    De la part de la Mairie de Paris, de telles réceptions constituent une violation flagrante de la Laïcité.

    De la part de Messieurs Dubuis et Dutheil de La Rochère, de telles déclarations sont discriminatoires et xénophobes.

    Respect plein et entier de la Loi de 1905 !

    Paris, le 4 juin 2014
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  • Congrès national de la Libre Pensée à Ste-Tulle (19-23/08/12)

    Publié le 25 août 2012 par LIBRE PENSEE 04

          <<LE LEVAIN PHILOSOPHIQUE DE LA CLASSE OUVRIERE>>

    Morgan Termeulen in La Marseillaise
     

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    affiches réalisées par
    Kasijan KOLODIJ
    &  
    Fabien BELMONTE
     
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    Marc Blondel, président de la FNLP 
    ouvre le congrès 2012
     
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    Au dire des quelques 250 congressistes, amis, invités qui y sont passés pendant ces 5 jours, ce congrès fut une réussite.
    La haute qualité a fait oublier les conditions climatiques plutôt dures mais pas si exceptionnelles pour le sud-est en été.
    Les échanges et les travaux réalisés par les délégations venues de toute la France et d’autres pays ont pu faire dire qu’on assistait là à une véritable “veillée d’arme”.
     
    Les résolutions adoptées seront accessibles sur le blog: http://librepensee04.over-blog.com 
     
    Elles seront également publiées dans le bulletin n°2 de la RAISON spéciale.


    TOUS LES ALBUMS DE PHOTOS
     A CONSULTER SUR:
     
     
    - prises de vues Serge Bouvet
    - mise en page Bernard Roger

    SEANCE INAUGURALE DU 20/08/2012
    Prises de paroles des invités
     
     
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    LEO ROUSSIN pour la CGT
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    STEPHANE GAVELLE pour FORCE OUVRIERE
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          CLAUDIE NEVIERE, pour le MOUVEMENT de la PAIX 04

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          DANIELLE DUFRAISSE pour l'ADMD

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    GERARD GONTHIER pour l'ARAC 04

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    JEAN-LOUIS PIN pour le Parti de Gauche

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    JEAN-PAUL CROUZET pour le POI (Parti Ouvrier Indépendant)


    MESSAGES 04

    reçus de:

    J.L. BIANCO, Président du CG04

    R.MASSETTE, CG04

    Gilbert SAUVAN député Maire de Castellane 04

    Yannick PHILIPPONEAU, Conseiller Général 04 (Ste Tulle)

    Serge GLOAGUEN, Maire de Digne-les-Bains

    Daniel ADAM, pour la FA 04

    LDH Manosque 

    Association "1851"

     


    MESSAGE DE "1851"

     

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    Télécharger « CONGRES FNLP STE TULLE RESOLUTIONS.pdf »

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    LA PRESSE: 

    Télécharger « revue de presse.doc »

    Télécharger « revue de presse.doc »

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    LA PROVENCE

     http://www.laprovence.com/article/manosque/marc-blondel-ancien-syndicaliste-et-libre-penseur

     

     

    LE DAUPHINE LIBERE

     

     

     

    HAUTE PROVENCE INFO

     

    http://www.hauteprovenceinfo.com/20082012Sainte-Tulle--Marc-Blondel-en-congres-jusqu39au-jeudi-23-aout.media?a=903

     

     

    http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20120823.AFP6537/la-libre-pensee-demande-a-hollande-d-abroger-la-loi-debre-de-1959.html

    La Libre Pensée demande à Hollande d'abroger la loi Debré de 1959

    Publié le 23-08-2012 à 18h31

    La Fédération de la Libre Pensée a demandé jeudi, dans une lettre ouverte au Président de la République, l'abrogation de la loi Debré du 31 décembre 1959 sur l'enseignement privé et le rétablissement du "principe républicain fonds publics à l'école publique, fonds privés à l'école privée".

    Dans ce document, adopté à l'issue de son congrès annuel à Sainte-Tulle (Alpes de Haute-Provence) et adressé à l'AFP, la Libre Pensée interpelle M. Hollande en tant que "garant de la laïcité de l'Etat et de l'Ecole", pour qu'il "inverse le cours de la politique anti-laïque menée depuis des décennies" et restaure "dans sa plénitude la loi du 9 décembre 1905" de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

    Estimant que la loi Debré constitue "une tumeur maligne dans le corps de la laïcité de l'Ecole" et de l'Etat, l'association qui a reconduit à sa présidence l'ancien secrétaire général de Force Ouvrière, Marc Blondel, demande son abrogation ainsi que celle de "toutes les dispositions législatives et réglementaires anti-laïques" qui en découlent.

    "Si la liberté d'ouvrir des établissements privés d'enseignement doit être garantie, néanmoins la Nation a pour unique devoir d'assurer les conditions de la formation de citoyens libres et éclairés dans la République. A cette fin, il faut donc rétablir les responsabilités de l'Etat en matière scolaire sur la base des principes constitutifs de la République (...) et donc rétablir dans sa plénitude le monopole de la définition des programmes et des diplômes", assure le document.

    "En conséquence, tous les financements publics doivent être réservés aux établissements publics d'enseignement, les seuls qui garantissent aux jeunes consciences d'apprendre à l'abri de tous les dogmes", ajoute-t-il, soulignant qu'il "en coûte huit milliards d'euros à l'Etat et environ un milliard et demi aux collectivités territoriales".

    La Libre Pensée, créée en 1848, se dit également opposée au projet du chef de l'Etat d'inclure dans la Constitution les dispositions des articles 1 et 2 de la loi du 9 décembre 1905, sans que des "mesures concrètes" ne viennent effacer "les dispositions législatives ou règlementaires contraires à la loi de séparation" et dissuader "les auteurs de ses violations actuelles multiples".

    Education

     

    BRIGHTS FRANCE:

    http://www.brightsfrance.org/forum/viewtopic.php?f=35&t=2688&sid=6daccce2a4ab6a63e6bf8606eba9d613

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    TOUS NOS REMERCIEMENTS à M. CHARPY, MAIRE DE STE-TULLE et à SON CONSEIL MUNICIPAL!

    POUR SON AIDE MATERIELLE ET MORALE, UN ENCOURAGEMENT QUI NOUS VA DROIT AU COEUR!

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    MM. Rémy Charpy, Hugo Estrella et Michel Godicheau

    M.Charpy

    à la tribune mardi 21 août


    Réception du congrès à la salle des fêtes de Ste-Tulle

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    M.Charpy, Maire de Sainte-Tulle a présenté un historique de sa commune et les ambitieuses perspectives d'avenir pour celle-ci.

    Nos deux anciens syndicalistes ont retrouvé immédiatement le langage et le tutoiement fraternels d’usage entre camarades et militants bien qu’appartenant à des Confédérations Ouvrières différentes, mais partageant la même origine: la "Grande CGT" de 1895.

    A la libre Pensée, « Nous sommes au-dessus des syndicats », a pu dire Marc Blondel, signifiant par-là que le regard critique, l’examen raisonné, avec un certain recul, des enjeux, à la lumière des principes de la première République, démocratique, sociale, une, indivisible et laïque, anime en permanence le libre penseur quelles que soient ses appartenance politiques, syndicales et philosophiques.

     


    LA PAROLE A GERMAIN, NOTRE DELEGUE POUR LA FDGLP04:

     

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     << Ce n’était pas mon premier congrès national, mais mon dixième, toutes organisations confondues. Cet état de fait m’a permis d’établir un certain nombre de comparaisons, au bénéfice de la Libre Pensée.

     

      Le ton sérieux et incisif fut donné dès le début par le discours d’ouverture de Marc Blondel, suivi par l’allocution de bienvenue de notre ‘’notre Marc’’.

     

      J’ai apprécié ensuite les interventions d’une quinzaine d’organisations politiques, syndicales, philosophiques, pacifistes etc, ce qui prouve que la Libre Pensée n’est pas un courant replié sur lui-même. Les orateurs s’exprimèrent avec passion et conscience mais sans mettre en évidence les quelques points de divergences inévitables lorsque l’on est aussi nombreux.

     

      Les compléments aux divers rapports moral, d’activité, administratif, financier international, etc montrèrent toute la compétence et le dévouement dont font preuve les responsables de la CAN. Après un émouvant hommage aux Libres Penseurs disparus depuis le dernier congrès, Les 32 intervenants de la salle donnèrent une image très positive de l’action quotidienne de la base dans tout l’hexagone.

     

      La rencontre entre Marc Blondel et Rémy Charpy, maire de Ste Tulle, dépassa largement le cadre de la simple courtoisie habituelle et incontournable affichée dans tous les congrès. Les deux camarades aux conceptions politique et syndicale différentes, dialoguèrent comme de vieux amis.

     

      Les réponses des responsables ne purent que donner satisfaction aux délégués passés à la tribune. En ce qui concerne le travail en commissions, je ne peux évidemment parler que de celle sur la laïcité. Les rapports et discussions furent de grande qualité et toujours aussi passionnés.

     

      Les diverses résolutions, générale, laïque, problèmes nationaux et internationaux donnèrent lieu à d’intéressants débats ponctués d’amendements très pertinents.

     

      La nouvelle CAN fut élue à l’unanimité. Il en fut de même (ou presque) au niveau des votes relatifs aux différents rapports, résolutions, motions, ce qui prouve que le courant passe sans coupure entre la CAN et la base.

     

      Bourg-en-Bresse accueillera le congrès en 2013. Les organisateurs du 04 furent salués par un tonnerre d’applaudissements, les délégués ayant apprécié leur entier dévouement. Ils avaient oublié la canicule dont il était difficile de nous tenir responsables.

     

      Dans son allocution de clôture, Marc Blondel fut égal à lui-même et une vibrante internationale mit un terme à un congrès qui, bien que tenu dans un simple village, devrait rester dans la mémoire des libres penseurs, ainsi que Ste Tulle et les Alpes de Haute Provence.

     

    PS : Je laisse volontairement de côté la restauration et l’hébergement car on entre là dans le domaine du subjectif.>>

     

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    NOCTURNE:

    AU MONUMENT PACIFISTE DE CHÂTEAU-ARNOUX

    AVEC PIERRE & DANIELLE ROY

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    Allocution de Pierre Roy:

     

    Chers camarades

     

    Nous sommes donc devant ce monument aux morts de Château-Arnoux qui vous frappe probablement par son unité, la cohérence de sa facture. Ce monument, dans toutes ses composantes, ne comporte aucune dissonance, ce qui n’est pas toujours le cas.

    Je veux dire par là qu’on peut avoir une statuaire traditionnelle, plutôt patriotique, et un texte pacifiste. D’où, dans certains cas, un équilibre difficile.

    Rien de tel ici.

    Ici, c’est unité complète, cohérence totale, entre la statuaire et les parties écrites : nous avons de plus un poème qui dénonce la guerre, sonnet anti-guerre écrit par l’instituteur, Victorin Maurel, homme lettré, qui est la père de ce monument en tant que maire.

     

    Comme le jour baisse, - malgré l’éclairage c’est un peu difficile pour déchiffrer -, je vous lis ce sonnet :

     

    Pax … Vox populi !...

     

    Passant, incline-toi devant ce monument !...

    Vois cette femme en deuil, montrant les hécatombes :

    Ses yeux taris de pleurs, scrutent au loin les tombes

    Où dorment tans de preux, victimes du moment !...

     

    Ils firent ces héros le solennel serment

    De fermer à jamais les noires catacombes.

    Arrière, dirent-ils, les obus et les bombes,

    Et soit bénie, Ô Paix, sœur du désarmement !...

     

    Passant, incline-toi ! Regarde cette mère !...

    Elle clame à son fils : « La Gloire est bien amère.

    La Gloire, Ô mon enfant, est là, chez nos grands Morts.

     

    Mais sache désormais, que la Guerre est un Crime,

    Qu’elle laisse après elle, à de cuisants remords,

    Ceux qui firent tomber les peuples dans l’abîme ! »

     

     

    C’est un monument d’une rare expressivité dans sa simplicité, j’allais dire sa modestie. Pas de choses grandiloquentes, pas de prétention à la monumentalité.

    Cette sobriété est d’une grande force.

    On m’a fait remarquer la charrue visible à l’arrière du jeune homme brisant l’épée. C’est clairement l’opposition entre l’oeuvre de mort qu’est la guerre et l’oeuvre de vie qu’est le travail des champs.

     

    Dans le livre que nous avons écrit, Danielle et moi, nous l’avons inséré dans un chapitre que nous avons appelé « monuments aux morts à intention antimilitariste ».

     

    Le thème de l’épée brisée est ce qui nous a incités à le placer dans cette catégorie. C’est un thème que l’on trouve aussi à Levallois-Perret. Un jeune homme, ici et là-bas, casse une épée sur sa cuisse. Symbole très clair du refus de la guerre. De plus ici, nous avons le chagrin de la mère qui se cache le visage pour dissimuler ses larmes, le tout se déploie en deux mouvements très complémentaires sur le plan de la signification et de la statuaire.

     

     Le sculpteur a su rendre, dans le dynamisme différencié des deux personnages, dynamisme inscrit dans la pierre, cette double réaction : chagrin d’une mère et rejet par son fils de ce qui en a été la cause, la mort du père à la guerre.

     

    Ce monument a été déplacé à la fin des années 80 du siècle dernier pour que les rassemblements du 11 novembre et du 8 mai, et éventuellement à d’autres dates, puissent se tenir à l’écart du bruit du trafic routier.

     

    Vous pouvez voir que la colonne où est inscrite la sobre mention À nos morts porte à son sommet la représentation d’un globe terrestre. Probable allusion à la nécessité mondiale de la Paix. N’oublions pas que ce monument est relativement  tardif. La plupart des monuments aux morts datent du début des années 20. Celui-ci date de 1928, c’est-à-dire d’une époque où Briand a préparé ou déjà signé le pacte avec l’homme d’Etat américain Kellogg, pacte signé en août de cette année 1928 et destiné à assurer la Paix à l’échelle du globe. On peut supposer, ce serait à vérifier mais les présomptions sont fortes en ce sens, que les initiateurs de ce monument ont trouvé dans ce pacte un encouragement à lui donner le caractère pacifiste qui est le sien.

     

    Cette émotion que nous ressentons du fait de la présence de cette mère et de ce fils, nous la ressentirions très probablement avec la même intensité à Strasbourg, où du fait de la situation particulière de l’Alsace dans le conflit, le sculpteur a représenté une sorte de Pieta laïque : une mère tient sur ses genoux deux corps de jeunes hommes gisants, la tête tournée, pour l’un, vers la France et pour l’autre, vers l’Allemagne. Vous trouverez ce monument si particulier lui aussi  dans notre livre Autour de monuments aux morts pacifistes en France. On aurait une émotion du même type à Equeurdreville dans la Manche où l’on voit une veuve, un petit enfant dans les bras, un autre serré contre ses jupes, au-dessus de l’inscription Que maudite soit la guerre.

     

    À une question qui m’a été posée, sur nos sources, je réponds simplement : nos sources, nos enquêteurs, ce sont les  libres penseurs et les amis pacifistes qui, au cours de leurs voyages en France, repèrent des monuments et nous les signalent en nous envoyant des photos, et parfois même des références, voire des délibérations de conseil municipal. Evidemment, nos propres déplacements, forcément inférieurs aux 36 000 communes, ne nous auraient pas permis de repérer un aussi grand nombre de monuments aux morts pacifistes que ceux que nous avons répertoriés.

     

    Donc, chers camarades, vous voyez ce qu’il vous reste à faire.

     

    Beaucoup me disent que tout comme moi, ils ont été longtemps indifférents aux monuments aux morts des villages qu’ils traversaient. Maintenant c’est différent. Ce qui ne veut pas dire qu’à chaque fois, on tombe sur quelque chose d’intéressant, mais c’est le propre de la recherche, y compris en ce domaine ! Ne pas oublier que out doit être pris en compte, la statuaire et le texte en particulier qui dédie le monument. Ici c’est À nos morts. Beaucoup de monuments aux morts pacifistes expriment ainsi leur pacifisme en refusant les inscriptions hyperboliques du genre À la mémoire glorieuse de nos enfants morts héroïquement pour la patrie. Ou tout aussi mensongèrement, Morts pour la France. Car nous le savons, ils sont morts « par » la France et non « pour ». « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » disait Anatole France.

     

    Autre préoccupation pour Danielle et moi, dans ce travail, outre l’absence d’accessoires militaires offensifs, il est décisif qu’il n’y ait  pas d’allusion ou de  connotation religieuse. L’Église catholique, après la loi de Séparation, pour en quelque sorte se réinstaller dans le paysage quotidien, avait déjà réoccupé une place importante durant la guerre de14-18, à la faveur de la mort en masse (messes pour les soldats, médailles religieuses, présence auprès des blessés, des agonisants, etc.) et à la faveur aussi de la protection spéciale, vu les circonstances, des autorités civiles et militaires. La guerre finie, l’Eglise catholique, en France, n’a pas hésité à faire surmonter certains monuments aux morts d’une croix. Il ne s’agit pas d’une simple croix tombale qui, quelque part dans un ensemble sculpté, peut symboliser, sans plus, la mort d’un soldat, mais d’une véritable mainmise idéologique sur un monument aux morts.

     

    Croix de ce type et inscriptions patriotiques disqualifient pour nous de tels monuments à se prétendre vraiment pacifistes, car la captation d’un monument aux morts par l’Eglise est antirépublicaine, et les mentions patriotiques ou revanchardes sont étrangères, voire contradictoires, avec l’idéal de paix. Je laisse de côté le cas alsacien-lorrain qui a échappé à la loi de séparation y compris en ce domaine. Mais quelque émouvante que soit la vieille paysanne de Termignon en Savoie, le Morts pour la France qui figure sur son socle fait que nous ne l’avons pas retenue. Ce sont nos choix non revanchards.

     

    Encore une précision répondant à une de vos interrogations.

     

    Beaucoup de paramètres sont intervenus dans la conception et la réalisation des monuments aux morts.

    Une commission préfectorale avait été mise en place dans chaque département pour donner l’autorisation de construire. On subordonnait l’octroi d’une subvention d’Etat à la conformité du monument aux critères définis par la commission qui pouvait refuser un projet jugé non-conforme.

    Cela s’est produit. Pour ne rien vous cacher, quand nous avons travaillé sur le monument aux morts de Saint-Martin d’Estreaux dans la Loire, le monument au très justement célèbre manifeste anti-guerre gravé dans la pierre, nous avons trouvé dans le journal paroissial une diatribe du curé contre le monument, réclamant du préfet un action énergique identique à celle que le préfet des Landes avait menée à Tarnos, en ordonnant que les inscriptions pacifistes du monument de cette localité soient effacées, ce qui a entraîné la démission du maire - ou peut-être même sa destitution.

    On a eu le même cas de figure à Saint-Junien dans la Haute-Vienne. D’ailleurs nos camarades libres penseurs du département - avec l’accord des élus locaux - ont entrepris une démarche pour que les inscriptions initiales soient restituées. Comme il y a le monument de Gentioux dans la Creuse qui est assez proche, le plus célèbre des monuments pacifistes que nous honorons, avec l’écolier en blouse brandissant le poing sous la liste des morts et désignant l’inscription Maudite soit la guerre, nous aurions – si l’on y ajoute ce qui va se passer à La Courtine le 15 septembre- un véritable circuit pacifiste internationaliste dans cette région limousine.

     

    Permettez-moi de signaler au passage que notre combat pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple s’articule parfaitement avec cet aspect de notre rapport général aux monuments aux morts. C’est ainsi qu’à Saint-Martin d’Estreaux  nous avons dans le texte les deux membres de phrases suivants :

    Des innocents au poteau d’exécution

    Des coupables aux honneurs

     

    Cela nous renvoie clairement aux fusillés et à notre exigence de réhabilitation globale.

     

    Je précise qu’il est arrivé assez souvent que les municipalités passent outre à la barrière des crédits d’Etat en recourant à la souscription et s’en contentant, pour rester fidèle à leurs intentions. Il est arrivé aussi que les commissions aient renoncé à poursuivre les contrevenants. Mais les monuments - en quelque sorte dissidents - n’ont la plupart du temps pas été inaugurés. Sachez que lorsque nous avons entrepris notre travail sur Saint-Martin d’Estreaux dans la Loire, nous avons consulté un ouvrage universitaire écrit sur les monuments aux morts du département. On suppose que le professeur qui dirigeait les étudiants investis dans cette étude que le professeur en question a signée de son nom, donc qu’elle a faite sienne, les a envoyés aux archives de la préfecture et comme Saint-Martin d’Estreaux n’a pas été inauguré, dans le travail en question il ne figure pas !

     

    Un dernier mot.

    Les monuments aux morts sont souvent conformistes mais ce que retient la population c’est plus un message de Jamais plus qu’un message de revanche, quels qu’aient été les efforts de certains pour affirmer une dominante cocardière ou revancharde.

    Ce qui prouve que les monuments aux morts pacifistes sont des monuments non seulement selon notre cœur à nous libres penseurs mais aussi selon le cœur du peuple en général..

     

    C’est ainsi que ce fut un enjeu. Un de plus. De caractère politique, laïque, esthétique parfois.

     

    Pour ce monument de Château-Arnoux qui nous rassemble, le contexte politique ayant changé, il est probable qu’il n’a pas été soumis aux mêmes contraintes, d’où cette parfaite réussite.

     

    Bref, vous constatez  que ce sujet des monuments aux morts pacifistes laïques est un sujet vaste et passionnant.

     

    Un grand merci à la Fédération 04 de la Libre pensée pour nous avoir permis de voir celui-ci qui est vraiment un des plus aboutis.

     

    Pierre Roy

    Le 23 août 2012

     

    Le pacte Briand-Kellogg, ou pacte de Paris, est un traité qui fut signé le 27 août 1928 à Paris et entra en vigueur le 24 juillet 1929, par lequel les soixante-trois pays signataires « condamnent le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux et y renoncent en tant qu'instrument de politique nationale dans leurs relations mutuelles ». Le ministre des Affaires étrangères français, Aristide Briand, dans un message du 6 avril 1927 adressé au peuple américain pour célébrer le 10e anniversaire de l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, propose au secrétaire d'État des États-Unis, Frank Billings Kellogg, un pacte mettant la guerre « hors-la-loi ». Les deux gouvernements vont ensuite le soumettre aux autres pays. Parmi les soixante-trois pays signataires, on compte l’Allemagne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Japon, la Belgique, la Pologne, la Tchécoslovaquie. L'Allemagne s'appuya sur cet élément nouveau pour obtenir du gouvernement Poincaré l'évacuation de la Rhénanie. Comme ce traité n'a certainement pas fait cesser les conflits, on peut ironiser sur sa crédibilité ; cependant il a servi de base au procès de Nuremberg pour l'accusation de crime contre la paix. Ce pacte permit à Frank Billings Kellogg de remporter le prix Nobel de la paix en 1929.

     

     


    LES RESOLUTIONS ADOPTEES

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  • Réponse LP04 à Sophie de Byzance, copte laïque

    Pour la liberté de conscience absolue sur toute la planète !  

    La Libre Pensée qui comprend en son sein des athées, des agnostiques et des déistes, n’accorde à aucune religion un signe positif ou négatif. 

    Elle les rejette toutes parce qu'elle rejette tous les dogmes. 

    C’est malgré les religions et les violences communautaristes ( guerres de conquêtes, procès en inquisition, pogroms, autodafés, croisades etc…) qu’elles engendrent qu’ont pu se constituer des civilisations remarquables dont la civilisation dite « arabo-musulmane » qui a transmis en son temps l’héritage humaniste de la pensée antique grecque à l'Europe et au monde entier. 

    On peut dire la même chose de la Renaissance européenne alors que les civilisations indiennes d’Amérique étaient exterminées au nom de la suprématie de la religion catholique romaine et que les bûchers de l’inquisition ne cessaient d’exterminer la fine fleur de l’humanité et réduisaient au silence les plus grands scientifiques de l'époque, Copernic, Galilée, des croyants pourtant. 

    Faut-il rappeler que c’est des religieux eux-mêmes - pouvait-il en être autrement d’ailleurs?- qu’est venue la contestation des dogmes arrachant des îlots de liberté de conscience, au compte de l’humanité entière, séparant religion et raison comme Tertullien, Abélard, Averroès, Occam, Lüther, Müntzer, Bruno, Spinoza…Meslier....la liste étant trop longue de ces classés souvent comme hérétiques et persécutés. 

    La Libre Pensée parce qu’elle est antidogmatique ne se privera jamais de railler, de critiquer, de moquer les religions et leurs clergés pour celles qui en ont un. Elle accepte d'ailleurs la critique et la raillerie envers elle-même, pourvu que la liberté de conscience absolue y trouve son compte. 

    Il en est tout autrement des croyants qu’elle n’attaque jamais personnellement. 

    D’ailleurs, faut-il le préciser, les Libres penseurs n’invectivent et n’insultent jamais les croyants*

    Dans un pays laïque, où Eglises et Etat sont séparés, les croyants vivent en paix. 

    La liberté de conscience - le droit de croire, de ne pas croire ou de ne plus croire - assure aux croyants la meilleure protection contre les persécutions, les discriminations, les menées communautaristes. 

    La Loi de 1905 en atteste quand bien même son application est menacée de toutes parts aujourd'hui. 

    Alors, Sophie, vous qui vous dites copte laïque, vous trouverez chez les Libres penseurs les meilleurs alliés pour défendre votre liberté de conscience et donc votre liberté d’avoir la religion de votre choix et de pouvoir la pratiquer dans la sphère privée. 

    La raison et les Lumières avancent ici, mais reculent là, alors qu’elles semblaient acquises définitivement. 

    Une tâche énorme est devant nous: notamment, l’Association Internationale de la Libre Pensée, proclamée en août 2011 à Oslo, prépare les 13 et 14 avril 2012 à Beyrouth, un colloque « Religion et laïcité ». 

    Bien que vous n'ayez laissé aucune adresse pour la réponse, je vous invite à venir en discuter dans nos conférences où vous serez la bienvenue et où le débat libre, antidogmatique et contradictoire est préconisé en permanence, car notre bien commun le plus précieux à vous croyants et à nous libres penseurs, c'est la fragile liberté de conscience absolue à laquelle tous les peuples aspirent. 

                              Sinedeo 

    *Les Libres penseurs n’utilisent le mot « bâtard » que pour désigner un pain de fantaisie pesant une ½ livre, évitant l’autre sens aux relents quelque peu racistes et eugénistes vulgaires, en tout cas en France. 

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  • "La Revanche du parti noir", la conférence de Pierre Roy

    Publié le 26 septembre 2011 par LIBRE PENSEE 04

    revanche-du-parti-noir.jpg Préface de Henri Pena-Ruiz

    Editions Abeille Castor

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      à gauche, Pierre Roy, membre de la CAN de la FNLP

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      Les Mées-Mairie 

    Conférence du 24 09 11

     « La revanche du parti noir »

     l-la lente mise à mort de l'école publique-

    par Pierre Roy.

      bref compte-rendu

     

    Pierre Roy est co-auteur avec Michel Godicheau et Michel Eliard de ce livre, comme il l’expliquait lui-même, « inédit, ni lisse ni consensuel et, pour cette raison,  ignoré par la plupart des médias. (exception faite de La Quinzaine Littéraire* et autres…) » .

     

    Pierre a énoncé clairement le but de cet ouvrage: « Pour restaurer l’Ecole de la République, il faudra une mobilisation puissante, nécessaire mais difficile. ».

    Il s’agit d’armer la résistance à la «  lente mise à mort de l’Ecole publique » ( le sous-titre) entreprise conjointe et complémentaire du patronat (CNPF,  MEDEF) et de l’Eglise romaine.

     

    Pierre a retracé la conquête tumultueuse de l’Ecole laïque, fruit à la fois du combat de classe et de la lutte anticléricale pour arracher le droit à l’instruction égal pour tous les enfants du peuple.

     

    "Rendre la raison populaire" Condorcet

     

    Ce combat ébauché pendant la Révolution avec ses multiples projets d’instruction et d’éducation, verra émerger celui, d’instruction publique, de Condorcet (ses Cinq Mémoires sur l’instruction publique et son Rapport et projet de décret), visant à arracher les citoyens à l’obscurantisme de l’Eglise, à "rendre la raison populaire".

    Après la revendication de la Commune de Paris de 1871 et du mouvement ouvrier, Jules Ferry, Ferdinand Buisson et Paul Bert dès 1880 instaurent l’enseignement public, laïque et obligatoire.

    Pour le CNPF,

     il faut en finir avec les « peaux d’ânes », « le culte du diplôme ».

     

    Si la bourgeoisie industrielle- ses intérêts bien compris d’une main-d’œuvre instruite- voyait plutôt d’un bon œil l’œuvre scolaire de la IIIème république, le patronat dès 1968 (rapport Edgard Faure) s’en prend à cette Ecole publique qui qualifie (code du travail) la jeunesse, car pour le CNPF et  le MEDEF (ensuite), il faut en finir avec les « peaux d’ânes »,  « le culte du diplôme ».

     

    Pierre a évoqué les  idéologues thuriféraires de la mise à mort de l'école publique:

     -les Intellectuels Bourdieu, Baudelot et Establet, ces deux derniers affirmant que « l’école capitaliste » reproduit les idées de la classe dominante, comme si la jeunesse n’y trouvait pas son émancipation, malgré tout, même « en » société capitaliste ;

    -Antoine Probst dont 'l'hisoire de l'éducation en France" fait l'impasse sur la période avant 1800, les projets sous la Révolution, des Condorcet, Rabaud-St Etienne etc.    

    -l’idéologue (« décroissant ») Ivan Illich prônant « une société sans école » pour en finir avec cette prétendue aliénation qu’elle constituerait;

     -ces "gourous pédagogiques", conseillers insatiables de la  mise à mort de l’école publique depuis une quarantaine d’année, tels Philippe Meirieu, 

     

    La résistance de l'Eglise est à l'origine de la radicalité

    du combat pour l'Ecole laïque en France."

     

    Pierre a rappelé la première séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1795, le concordat de 1802 qui va perdurer jusque 1905, année de la loi de séparation actuelle.

     

    Il a évoqué le très réactionnaire comte Falloux (1850) et "l'instituteur-bedeau-balayeur-donneur de catéchisme" soumis à la surveillance et aux exigences des clercs, décrit par Flaubert dans "Bouvard et Pécuchet".

     

    La puissante lutte des classes à la  Libération rétablit l'Ecole républicaine, laïque

     

    En 1959, la loi Debré constitue "un véritable coup d'Etat contre la République" par le  financement sur fonds publics de l'enseignement privé confessionnel !

     

    Plus récemment, Pierre a rappelé le "symposium de Louvain" de 1972 qui a inauguré la reprise en main par l'Eglise romaine des programmes scolaires, en premier lieu, ceux d'histoire. 

     

    Ce livre  doit être absolument lu pour qui veut un éclairage sans concession, sans illusion, ne contournant aucun obstacle, dans une situation où les points de repère ont été brouillés et continuent de l'être à chaque nouvelle contre-réforme destructrice.

     

     


    Le débat qui a suivi a permis un premier approfondissement de la question

     

    -Le droit à l'instruction, un droit de l'homme?

    Bien sûr, fondamental même! (Danton: "Après le pain, l'instruction est le premier besoin du peuple" Convention, séance du 13 août)

     

    -Evaluation des "compétences" ou des "connaissances"?

    Les compétences, ce sont les désideratas du patronat, d'une gestion managériale de la société, où la recherche de la rentabilité (commerciale )maximale et immédiate est la priorité. 

    L'évaluation des compétences (livret dès la maternelle) se substitue au contrôle des connaissances par discipline, base des diplômes et qualifications.

     

    -Egalité des chances ou égalité des droits?

    Quel rapport entre la chance d'avoir encore une école dans son village et le droit qui implique d'avoir une école dans chaque village pour tous les élèves (Loi Goblet 1882...)?

    La substitution pernicieuse de chances à droits, passée dans le langage courant, tente en réalité de masquer une inégalité galopante et de plus en plus criante.

     

    -Quid de la grève générale de  "1968" et des revendications des enseignants?

    Les grandes idées de 1968 ont été perverties. Exemple: jamais on a revendiqué la suppression des cours du samedi matin(allègements...).

    Aujourd'hui, "le chanoine de Latran"qui, au nom de la liberté du peuple lybien, rétablit la charia!...

    Privatisation de l'école, dans l'air du temps

    Exemple, quand la municipalité de Puy St Vincent dont on a supprimé l'école, finance elle-même un enseignant pour assurer la scolarité dans le village comme cela devrait-être.

    Vers l'autonomie des établissement dont les chefs recrute(rai)ent sur profil et non plus sur statut fonction public.

    La privatisation tente de passer par les traités de l'UE: l'école privée confessionnelle reconnue comme "concourant au service public" (idem : livre blanc sur les services d'intérêt général)? Un remake du SPULEN de Savary en 1982? ...

    Egalité filles-garçons dans l'instruction:

     Revendication des femmes de la Commune de 1871 notamment avec Louise Michel et  Anna Jaclard, une russe immigrée.

    无神 wushen (=sans dieu)

     

    REDACTION EN COURS,

    A SUIVRE

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      * Voir l'article de Jean-Jacques Marie dans la Quinzaine littéraire:

    http://librepensee04.over-blog.com/article-dans-la-quinzaine-litteraire-la-revanche-du-parti-noir-81722985.html

     


    L'article dans la MARSEILLAISE:

     

    Cliquez sur la photo ou sur le lien:

     

    librepensecoleMT.JPG

    http://www.lamarseillaise.fr/alpes/interdire-a-la-jeunesse-l-emancipation-par-le-savoir-24343.html


    Avant de se quitter,

    une petite visite au monument des Mées à la mémoire des bas-alpins de 1851 qui se sont levés pour défendre la République contre le coup d'Etat de Napoléon III. 

     

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    EN ANNEXE AU DEBAT:

    DANTON

    "Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple"

    Discours à la Convention, séance du 13 août

    (extraits)

     

    "Citoyens, après la gloire de donner la liberté à la France, après celle de vaincre ses ennemis, il n’en est pas de plus grande que de préparer aux générations futures une éducation digne de la liberté.

     

    Tel fut le but que Peletier se proposa. Il partit de ce principe que tout ce qui est bon à la société doit être adopté par ceux qui ont pris part au contrat social . Or, s’il est bon d’éclairer les hommes, notre collègue, assassiné par la tyrannie, mérita bien de l’humanité.

    Mais que doit faire le législateur ? Il doit concilier ce qui convient aux principes et ce qui convient aux circonstances.

    On a dit contre le plan que l’amour paternel s’oppose à son exécution. Sans doute il faut respecter la nature, même dans ses écarts ; mais si nous ne décrétons pas l’éducation impérative, nous ne devons pas priver les enfants du pauvre de l’éducation.

    La plus grande objection est celle de la finance ; mais j’ai déjà dit qu’il n’y a point de dépense réelle là où est le bon emploi pour l’intérêt public, et j’ajoute ce principe que l’enfant du peuple sera élevé aux dépens du superflu des hommes à fortunes scandaleuses.

    C’est à vous, républicains célèbres, que j’en appelle ! Mettez ici tout le feu de votre imagination ; mettez-y toute l’énergie de votre caractère : c’est le peuple qu’il faut doter de l’éducation nationale. Quand vous semez dans le vaste champ de la République, vous ne devez pas compter le prix de cette semence. Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple.

    Je demande qu’on pose ici la question : sera-t-il formé, aux dépens de la Nation, des établissements où chaque citoyen aura la faculté d’envoyer ses enfants pour recevoir l’instruction publique ?(...)

     

    Il est nécessaire que chaque homme puisse développer les moyens moraux qu’il a reçus de la nature. Vous devez avoir pour cela des maisons communes, facultatives, et ne point vous arrêter à toutes les considérations secondaires. Le riche paiera, et il ne perdra rien s’il veut profiter de l’instruction pour son fils.

    Je demande que, sauf les modifications nécessaires, vous décrétiez qu’il y aura des établissements nationaux où les enfants seront instruits, nourris et logés gratuitement, et des classes où les citoyens qui voudront garder leurs enfants chez eux pourront les envoyer s’instruire." (...)

    [remarque: Danton utilise indifféremment les deux termes:"éducation" et "instruction"]

     

    Source:

    1789 Recueil de textes et documents du XVIIIe siècle à nos jours 

    CNDP-Ministère de l'Education Nationale de la Jeunesse et des Sports-

     

     


     

    "L'instruction éduque, l'éducation n'instruit pas!"

    INSTRUCTION OU EDUCATION ? 

    <<L’instruction publique demande des lycées, des collèges, des académies, des livres, des instruments, des calculs, des méthodes; elle s’enferme dans des murs.

     

    L’éducation nationale demande des cirques, des gymnases, des armes, des jeux publics, des fêtes nationales, le concours fraternel de tous les âges et de tous les sexes, et le spectacle imposant et doux de la société humaine rassemblée: elle veut un grand espace, le spectacle des champs et de la nature. (...)>>

     La discussion a eu lieu en 1793...

    PROJET D’EDUCATION NATIONALE
    par le député J.P. RABAUT (1793)

    « Citoyens,
    C'est de l’éducation nationale que je viens vous parler. (...)

     

    Existe-t-il un moyen infaillible de communiquer incessamment, tout à l’heure, à tous les Français à la fois, des impressions uniformes et communes, dont l’effet soit de les rendre, tous ensemble, dignes de la révolution; de la liberté, ce droit de justice qui se convertit souvent en iniquité; de l’égalité, ce lien fraternel qui se change si aisément en tyrannie; et de cette élévation simple et noble, où l’espèce humaine a été portée depuis quatre ans, dans le combat à mort qui a été livré entre toutes les vérités et toutes les erreurs? Ce moyen existe sans doute: il consiste dans ces grandes et communes institutions, si bien connues des anciens, qui faisaient qu’au même jour, au même instant, chez tous les citoyens, dans tous les âges et dans tous les lieux, tous recevaient les mêmes impressions, par les sens, par l’imagination, par la mémoire, par le raisonnement, par tout ce que l’homme a de facultés, et par cet enthousiasme que l’on pourrait appeler la magie de la raison.

     

    Ce secret a bien été connu des prêtres, qui, par leurs catéchismes, par leurs processions,(...), par leurs cérémonies, leurs sermons, leurs hymnes, leurs missions, leurs pèlerinages, leurs statues, leurs tableaux, et par tout ce que la nature et l’art mettaient à leur disposition, conduisaient infailliblement les hommes vers le but que les prêtres se proposaient. Ils s’emparaient de l’homme dès sa naissance; ils s’en saisissaient dans le bas âge, dans l’adolescence, dans l’âge mûr, à l’époque de son mariage, à la naissance de ses enfants, dans ses chagrins, dans ses fautes, dans sa fortune, dans sa misère, dans l‘intérieur de sa conscience, dans tous ses actes civils, dans ses maladies et dans sa mort. C'est ainsi qu’ils étaient parvenus à jeter dans un même moule, à donner une même opinion, à former aux mêmes usages, tant de nations différentes de mœurs, de langage, de lois, de couleur et de structure, malgré l’intervalle des monts et des mers. Législateurs habiles, qui nous parlez au nom du ciel, ne saurions-nous pas faire, pour la vérité et la liberté, ce que vous avez fait si souvent pour l’erreur et pour l’esclavage?
    Il suit de cette observation, que je crois grande, car elle embrasse tout l’homme, toute la société des Français, toute l’espèce humaine; il suit, dis-je, de cette observation, qu’il faut distinguer l’instruction publique de l’éducation nationale. L’instruction publique éclaire et exerce l’esprit, l’éducation nationale doit former le cœur: la première doit donner des lumières, et la seconde des vertus; la première fera le lustre de la société, la seconde en fera la consistance et la force.

    L’instruction publique demande des lycées, des collèges, des académies, des livres, des instruments, des calculs, des méthodes; elle s’enferme dans des murs.

     

    L’éducation nationale demande des cirques, des gymnases, des armes, des jeux publics, des fêtes nationales, le concours fraternel de tous les âges et de tous les sexes, et le spectacle imposant et doux de la société humaine rassemblée: elle veut un grand espace, le spectacle des champs et de la nature. (...)

     

    Toute sa doctrine consiste donc de s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance; car l’enfant qui n’est pas né appartient déjà à la patrie.
    Elle s’empare de tout l’homme sans le quitter jamais, en sorte que l’éducation nationale n’est pas une institution pour l’enfance, mais pour la vie toute entière.(...)Lorsque les principes constitutionnels et le mode de gouvernement auront été ratifiés par le peuple, ils seront rédigés, en forme de catéchisme; et tout enfant, âgé de quinze ans, sera obligé de le savoir par cœur. Il sera dressé un catéchisme simple et court sur les droits et les devoirs des nations entre elles, que tout garçon de quinze ans sera obligé de savoir par cœur(...) »

    _____________________________________________________________________________________

    Egalement chez Victor Hugo:

    Victor HUGO- Education et instruction, deux faits distincts...

    «( …)Quant à moi, je vois clairement deux faits distincts, l’éducation et l’instruction . L’éducation, c’est la famille qui la donne ; l’instruction, c’est l’Etat qui la doit. L’enfant veut être élevé par la famille et instruit par la patrie. Le père donne à l’enfant sa foi ou sa philosophie ; l’Etat donne à l’enfant l’enseignement positif.
    De là , cette évidence que l’éducation peut être religieuse et que l’instruction doit être laïque. le domaine de l’éducation, c’est la conscience ; le domaine de l’instruction, c’est la science. Plus tard, dans l’homme fait, ces deux lumières se complètent l’une par l’autre.(…)
    (Extrait d’une lettre à M. TREBOIS, Président de la Société des écoles laïques)

    Messieurs, toute question a son idéal. Pour moi, l’idéal dans cette question de l’enseignement, le voici : L’instruction gratuite et obligatoire. Obligatoire au premier degré seulement, gratuite à tous les degrés (Murmure à droite). L’instruction primaire obligatoire, c’est le droit de l’enfant, (Murmures) qui, ne vous y trompez pas, est plus sacré que le droit du père et qui se confond avec le droit de l’Etat.(…)
    Partout où il y a un champ, partout où il y a un esprit, qu’il y ait un livre. Pas une commune sans une école, pas une ville sans un collège, pas un chef-lieu sans une faculté.

     


    EGALITE DES DROITS OU EGALITE DES CHANCES?

     

    LA FIN DE L’ÉCOLE   Michel ELIARD  Puf  CHAPITRE 1

    La mystification de “ l'égalité des chances ”

    “ Le droit ne peut jamais être plus élevé

    que l’état économique de la société et que le

    degré de civilisation qui y correspond. ”

    Marx, Critique du programme de Gotha (1875).

     

     

    La notion d’égalité des chances mérite examen. Depuis des décennies, les réformes scolaires ont été présentées comme les moyens de sa réalisation. La force symbolique de cette notion est telle que, à droite comme à gauche, on continue à présenter cet objectif comme étant réalisable alors même que les inégalités sociales s’aggravent de façon spectaculaire. Elément essentiel de l’arsenal idéologique du libéralisme, la perspective de l’égalité des chances a pourtant reculé vers un horizon lointain.

    Dans le domaine de la scolarisation, elle a été au centre des problématiques sociologiques, dans des recherches visant à analy­ser les causes de l’inégalité de réussite, de l’inégalité d’accès à l’enseignement secondaire et supérieur, et elle a pu servir de légi­timation à des réformes dont l’objectif proclamé était, entre autres, de compenser les effets de l’origine sociale sur le déroule­ment des cursus scolaires. L’égalisation de ces chances d’accès ne s’étant pas réalisée, bien au contraire, la critique s’est alors dirigée contre l’École qui, en traitant de manière égale des indivi­dus inégaux, serait responsable de la persistance des inégalités.

    C’est ainsi que la représentation, issue du mouvement des Lumières, de la tradition socialiste et de l’œuvre de la IIIe Répu­blique, représentation de l’École comme institution ayant pour fonction d’instruire et d’émanciper les individus, a été mise en question au moment même où un nombre sans cesse croissant de jeunes accédaient à l’enseignement postobligatoire.

    La question de l’égalité des chances a fait couler beaucoup d’encre. Le large consensus qui s’est établi pendant des décennies autour de l’idée selon laquelle, moyennant des réformes, l’École pourrait égaliser les chances scolaires dans une société inégalitaire a fortement contribué à occulter la remise en cause de l’égalité formelle des droits.

    Le mot chance appartient au registre du hasard, de la probabi­lité. Chance vient du latin cadere (tomber) ; c’est, par exemple, la manière dont tombent les dés. L’égalité des chances évoque l’image d’une course dans laquelle les participants ont théorique­ment des chances égales de l’emporter, mais elle masque l’inégalité réelle des compétiteurs. Pour donner les mêmes chan­ces à chacun il faudrait échelonner les départs selon les capacités de chacun ou tirer le gagnant au sort. Mais appliquer une notion qui relève de la loterie au domaine de la course aux titres scolaires et aux postes professionnels constitue ce qu’il faut bien nommer une mystification. En effet, on proclame qu’on peut agir sur les effets, l’inégalité scolaire, alors qu’il n’est pas question d’agir sur les causes, l’inégalité sociale. L’évocation d’une prétendue possi­bilité d’égalité des chances aboutit à escamoter l’importance de l’égalité formelle, juridique, donc à responsabiliser l’École et à disculper le pouvoir politique. La substitution au “ droit ", qui relève du pouvoir politique, de la chance ”, qui est de l’ordre de l’aléatoire, est, de plus, une imposture puisque les jeux sont faits très en amont, c’est-à-dire en dehors de l’Ecole.

    Il advient même que la mise en évidence de cette mystification aboutit néanmoins à la critique, non seulement de l’École, mais même du rôle que le mouvement des Lumières attribua à l’instruction. Ainsi, Tony Andréani et Marc Féray écrivent “ A l’aube de la société moderne, les philosophes se sont vivement intéressés au problème de l’éducation, tels Rousseau et Diderot. Leur préoccupation d’alors nous paraît bien loin­taine aujourd’hui. Pour eux, l’école devait sortir la société de l’obscurantisme moyen­âgeux, et faire entrer dans l’ère des Lumières une population d’hommes nouveaux, aptes à prendre part avec maturité à la vie politique. L’accès à l’instruction et à la culture devait ainsi permettre de réaliser une certaine égalité entre les individus, et surtout de leur don­ner une indépendance et une liberté que l’homme inculte ne peut atteindre, comme le soulignait par exemple Condorcet, dans son Rapport sur l’instruction publique: en cela, l’instruction publique s’avérait une condition essentielle de la République...

    Si de telles conceptions nous semblent aujourd’hui un tantinet anachroniques, c’est moins parce que la démocratie moderne a acquis dans les principaux pays riches une assise solide, que parce que l’école est souvent soupçonnée de jouer maintenant un rôle différent, quoique dérivé, de celui que lui assignaient ses premiers concep­teurs. De soutien à la République, l’école n’est - elle pas devenue son alibi ? (Discours sur l’égalité parmi les hommes, L’Harmattan, 1993, p. 89-90).

     ____________________________________________________________________________

    *Dans la Quinzaine littéraire: La revanche du parti noir

    Publié le 16 août 2011 par LIBRE PENSEE 04

    Un article de Jean Jacques Marie paru dans la Quinzaine littéraire n° du 15 juillet

     

    La-quinzaine.jpg                            La revanche du parti noir….

     

     

                    Michel Eliard, Michel Godicheau, Pierre Roy :La revanche du parti soir ;la lente mise à mort de l’école publique. Préface de Henri Pena –Ruiz Editions Abeille et Castor 2011 316 pages 18 euros , 50.

     

                 De tous les thèmes ouverts à l’imagination des  barbouilleurs de copie en tous genres , bardés ou non de titres et de diplômes,  l’école est de loin le plus maltraité. Il n’est pas dans le coin le plus reculé de la feuille la plus obscure, dans la recoin le plus sombre de n’importe quel ministère, de Trissotin, qui n’ait son idée sur la « réforme »  de l’école.  Mais chose qui paraît au premier regard étrange et curieuse : tous ces projets répètent inlassablement les mêmes exigences, mises en œuvre tout aussi inlassablement par les ministères successifs : dénoncer un prétendu entassement de connaissances déclarées inutiles,« alléger », « élaguer » des programmes hypocritement déclarés « encyclopédiques » .

       La liste des poncifs que ces exigences  suscitent est interminable : l’égalité des chances( à la place de l’égalité des droits) mettre « l’enfant au centre du système scolaire » , la « massification » de l’enseignement,  la formation tout au long de la vie, le dialogue avec les usagers, l’interdisciplinarité , 80 % d’une  génération au baccalauréat, le remplacement du cours magistral( ?) par le dialogue et par des activités plus ou mois ludiques où l’élève  façonne lui-même son savoir(illusoire), les méfaits abominables( et coûteux !)du redoublement, les horreurs de la notation qui traumatisent les élèves( bientôt confrontés aux suppressions d’emploi urbi et rure qui, elles,  ne devront pas les traumatiser puisqu’elles expriment la loi du marché et la loi n’est-ce pas c’est la loi !…et d’ailleurs ,c’est bien connu, sur le marché tout le monde est gagnant, même les perdants…etc .

     

         Ces poncifs recouvrent une politique et le premier mérite de La revanche du parti noir est de la définir .La tâche n’est pas facile. A l’ère dite de « la com » les faits les plus simples sont présentés sous un jour qui masque leur réalité la plus élémentaire. Une époque qui invente les bombardements humanitaires n’a aucune peine à déguiser une contre-réforme en réforme, un démantèlement en rénovation, une dislocation  en reconstruction.

     C’est ,selon la formule de Michel Sérac » le lycée light qui rend facultatifs Molière ou Voltaire, élague les faits historiques, l’histoire importune des révolutions.. .etc» Dans le droit  fil de cet élagage généralisé, l’ineffable Jack Lang ,le meilleur financier ministériel de l’enseignement catholique( les accords Lang-Cloupet)  avait mis en doute la nécessité d’un enseignement spécifique de la grammaire puisque tous les enseignants de toutes disciplines enseignent( ou au moins parlent) en français ! Rien ne vaut la pratique !

      Avec son goût des formules choc sans doute fabriquées par ses serviteurs en communication Nicolas Sakozy a donné une définition pertinente de cette politique. Au lendemain de son élection à la présidence d e la         République se hâtant de se rendre au Vatican prendre possession du titre de chanoine de Latran réservé depuis belle lurette aux rois de France pourtant  déchus. Il  a déclaré « L’instituteur ne remplacera jamais le curé » . Par cet acte d’allégeance à Benoît XVI et cette affirmation de la subordination de l’instruction au dogme et à la foi, Nicolas Sarkozy affirmait une continuité : la tentative systématique et multiforme de réduire l’instruction et donc l’école publique et ses personnels au niveau le plus bas possible.

                             C’est sans doute à cette fin qu’il a nommé au ministère de l’Education nationale un homme dont toute la carrière se résume à trois fonctions successives ( compte non tenu de la députation qui n’a rien d’une fonction) chef de groupe à l’Oréal, chef de projet  à l’Oral, Directeur des ressources humaines à l’Oréal. Tout un programme.

                          Le premier mérite du livre d’Eliard, Godicheau et Roy est de définir ce que cachent réellement ces poncifs et la rhétorique amphigourique  qui leur sert d’emballage médiatique. Le second mérite est de déterminer le rôle central joué dans cette politique par « le parti noir » c’est-à-dire l’Eglise catholique  allié fort précieux du pouvoir dans ce type d’entreprises. Son troisième mérite est de montrer comment l’Union européenne et sa Commission, véritable conseil d’administration des intérêts privés dont ses membres sont issus, joue un rôle d’accélérateur voire d’incitateur dans cette politique. C’est en effet l’Union, européenne qui a systématisé l’ idée superbe du  « service public »…rendu par des organismes privés et donc le « partenariat public-privé » dans lequel le secteur public finance et supporte les pertes éventuelles et secteur  privé » ramasse les bénéfices.

     

     

                            «  L’égalité des chances ».

     Combien de mesures, combien de « réformes » ont été prises depuis trente o u quarante ans au nom de « l’égalité des chances » opposée à « l’égalité en droit » o u »des droits » qui ne serait qu’une abstraction vide de contenu et donc conservatrice ou réactionnaire. Les auteurs rappellent d’abord que le premier promoteur de la première, opposée à la seconde, fut le maréchal Pétain en personne. Dans son discours du 11 octobre 1940 il déclarait :

     «  Le régime nouveau(…) ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des « chances » données à tous les français de prouver leur aptitude à servir(…) Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous. »

     Le même Maréchal en même temps supprimait les Ecoles normales des instituteurs, les syndicats et décidait de financer l’enseignement catholique. Si mes souvenirs sont bons, ce financement était assuré non par le ministère de l’Education nationale mais par le Ministère de l’Intérieur, soulignant ainsi la mission d’ordre moral (si l’on peut dire..)assumée traditionnellement par  cet enseignement. Il est vrai que le clergé remerciait alors abondamment le Maréchal en lui distribuant force lauriers.

       Un droit est inscrit dans un ou des textes. On peut s’appuyer sur son existence reconnue pour en exiger l’application, avec des possibilités de succès qui dépendent des rapports de forces ,de la combativité de ceux qui en exigent la mise en œuvre, de la résistance opposée  en face ..etc ; les « chances » relèvent d’on ne sait quels aléas , du hasard ou de la grâce divine qui n’en est qu’un autre nom.

     La professeur de droit Geneviève Koubi, citée par nos auteurs, a explicité le sens de l’opposition entre ces deux égalités, l’une trompeuse, l’autre de principe . « Le discours juridique s’incline devant la décision économique. L’égalité des chances est un des outils dont disposent les gouvernants (…)pour entériner les conséquences de leurs politiques économiques » L’égalité des chances est celle des individus qui achètent un billet  de loterie : ils ont tous une chance ( infime) de gagner mais ils n’ont aucun droit à faire valoir et à revendiquer.

                             Le parti noir.

     

       Rien d’étonnant que dans cette perspective la bourgeoisie française, sous ses divers gouvernants de toutes étiquettes politiques, ait fait appel à l’Eglise catholique et à son école. Partout où elle le peut grâce à sa place dans la société et dans l’Etat, l’Eglise se bat contre les libertés les plus élémentaires : là ou elle le peut encore elle se bat pour interdire le divorce , (non pas à ses seuls fidèles mais à tous les citoyens ,ce qui relève du totalitarisme) , là où elle le peut( et elle le peut dans de nombreux pays) elle interdit la liberté d’avorter( et là encore non seulement à ses fidèles mais à l’ensemble des citoyens, utilisant à cette fin totalitaire le bras armée  de l’Etat).Là où elle est trop affaiblie pour pouvoir imposer, elle compose avec la complicité des pouvoirs en place.

     

        Tout au long de la deuxième moitié du 19 éme siècle et au début du 20 éme siècle l’Ecole publique s’est construite contre la main-mise du clergé qui a multiplié les obstacles : subordination de l’instituteur au curé, pas d’enseignement secondaire pour les filles, puis pas  de mixité garçons et filles. La République a encouragé cette émancipation pour deux raisons complémentaires, fort bien élucidées par les trois auteurs de ce livre : jusqu’à la fin du 19 ème siècle l’Eglise affirme son attachement à la monarchie et donc son hostilité à la « gueuse »,ensuite le développement du capitalisme exigeait la formation d’une main d’oeuvre et de cadres qualifiés. Elle a   besoin de comptables, d’ingénieurs, de chimistes, de physiciens, de géologues, de géographes , de médecins…etc et donc d’un enseignement fondé sur la méthode scientifique et non sur le dogme et sur sa forme dégénérée , le catéchisme . Cette double exigence la pousse à enlever le contrôle de l’école à l’Eglise.

     

                           A perdant – gagnant : le partenariat public-privé !

         Depuis un demi-siècle les priorités se sont inversées. La loi du 31 décembre 1959, dite loi Debré, fait entrer l’école catholique dans la notion vague – mais rentable ! – du « service d’intérêt général », bien entendu reconnu ensuite par l’Union européenne. L’exposé des motifs de la  loi Debré affirme d’abord : » Tout conduit aujourd’hui la France à instruire une jeunesse plus nombreuse et ,en dépit de tout ce qui a déjà été fait, l’effort immense qui doit être demandé au pays pour assurer son avenir ne peut être mené à bien qu’avec le concours de tous. » Cette formule vague signifie qu’il faut mettre l’école privée( à 93 % catholique, sur le même plan que l’école publique et donc lui assurer les mêmes crédits( et depuis même plus !). Tordant l’ histoire avec un sans-gêne fort répandu, l’exposé des motifs ajoute :  « Pendant la Résistance et au lendemain de la libération (…) les esprits les plus clairvoyants avaient compris que la France avait besoin de rassembler toutes ses forces pour surmonter les difficultés qui l’attendaient et que cette indispensable unité imposait de mettre fin aux discordes scolaires sans pour autant imposer l’uniformité. »

       Aujourd’hui les grands pays capitalistes sont engagés dans une vaste entreprise de désindustrialisation ( de  1999 à 2009 les Etats-Unis ont fermé 57.000 usines !). Les générations d’ingénieurs et autres métiers de ce type appartiennent au passé, remplacés en grande partie par des métiers qui fabriquent et vendent du vent( communication, management,  sondages, publicité, animation, cabinets d’audit…etc), Aussi, en dehors d’une élite sociale réduite confiée de plus en plus à des établissements privés couverts de crédits  les gouvernements ne confient plus à l’école que la formation( si l’on peut dire)  de futurs précaires aux emplois à saute-mouton.

      Dès lors se sont succédé les lois finançant l’école privée (à 93 % catholique), assimilant l’école publique à cette dernière en inventant le « projet d’établissement » copié-collé sur la « caractère propre » des établissements privés…

     De tout cela Eliard, Godicheau et Roy donnent une description que l’on ne risque guère de trouver ailleurs. Aussi bien donc ne pas s’en priver.

                                   jean-jacques marie

     

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  • Respect de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 12 décembre 1905

    LETTRE OUVERTE de la FDGLP04
    à
    Monsieur Bianco, Député et Président du Conseil Général des Alpes de Haute Provence
    à
    Monsieur Spagnou, Député-Maire de Sisteron
    à
    Monsieur Gloagen, Maire de Digne les Bains

     

    Messieurs les élus de la République,

     

    Je vous adresse, au nom de la FDGLP 04, ce courrier pour vous faire part de notre plus vive inquiétude, ainsi que de celle des nombreux citoyens du département qui nous ont alertés.

    En effet,
    -au moment où la laïcité fait soi-disant « débat », se voit affublée des qualificatifs les plus hétéroclites et étrangers à ses principes, alors qu’elle exprime le mode de fonctionnement républicain normal assurant à chaque citoyen sa liberté de conscience et pour tous, la paix ;

    -au moment où la loi de séparation des Eglises et de l’Etat se voit travestie devant l’opinion publique et remise en cause, faisant craindre le pire pour la précieuse paix religieuse chèrement acquise dans notre pays, notamment après une année de débats à la Chambre en 1905, nous apprenons que :

    - En janvier 2011: « Le jumelage avec Bafia au Cameroun passe aussi par des actions… Dans notre projet d’aumônerie, nous sommes particulièrement attentifs à la participation de nos jeunes à la réalisation concrète d’un projet solidaire. Au 31 janvier 2011, c’est 57 % du budget total qui a été récolté, dont une subvention de 4 000 € du Conseil Général. Sans votre soutien, ce projet ne pourra aboutir. C’est pourquoi nous venons vers vous pour solliciter votre aide… » site du diocèse http://catho04.com (archives)

    - En janvier 2011 : « …vernissage d’une exposition… au profit de l’Eglise
    diocésaine… (en) présence de M. le député-maire de Sisteron et de Mme sa déléguée à la culture qui ont prêté gracieusement les locaux d’exposition… » idem site du diocèse

    - En février 2011 : « Le palais des congrès [Digne] se transforme, le temps d’un dimanche, en cathédrale pour une célébration eucharistique… » La Provence du 7 février 2011.

    - En mars 2011 : C’est la Mairie de Digne, qui annonce le programme du 8 mai : …« Messe à la Cathédrale de Notre Dame du Bourg, et rassemblement au monument aux morts… » (Carton d’invitation)

    Aussi, la Libre Pensée, en tant que plus ancienne association laïque de ce pays, juge utile de vous rappeler les principes qui doivent guider les élus de la République une, indivisible et laïque.

    Ces principes tiennent dans les deux premiers articles de la loi de 1905 :

    Art 1- La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes.
    Art 2- La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte…
    La Libre Pensée veillera au respect des bonnes pratiques républicaines en matière de laïcité et si vous le souhaitez est prête à vous rencontrer.

    Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations laïques les meilleures.

     

    la FDGLP04 le 26 mai 2011

     

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