• Ce 05 septembre, la Libre Pensée était au forum des associations à Digne les Bains

    Ce 05 septembre, la Libre Pensée était au forum des associations à Digne les Bains

    Ce 05 septembre, la Libre Pensée était au forum des associations à Digne les Bains

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  • Rémunération du clergé en Guyane

    Message de Alain Tien Long,
    Président du Conseil général de la Guyane

    Ne pouvant être présent au Congrès national de la Libre Pensée, il nous apporté ses meilleurs sentiments et a souhaité que ce texte soit porté à la connaissance des délégués du Congrès. Reçu trop tard, nous le rendons public aujourd’hui.

    Nous remercions le Président Alain Tien Long de cette marque de sympathie.

    Christian Eyschen, vice-Président de la Libre Pensée
     
    * * *

    LA REMUNERATION DU CLERGE CATHOLIQUE EN GUYANE:

    Une entorse à la laïcité, et une atteinte au principe de la libre administration des collectivités



    Quel étrange destin que celui de la Guyane de se voir imposer encore aujourd'hui au XXIème siècle,  une ordonnance royale du 27 août 1828 prise par Charles X, monarque de la Restauration sans doute le plus réactionnaire face aux acquis de la Révolution Française de 1789. C'est, en effet, cette ordonnance relative au «  gouvernement de la Guianne française » qui autorise, sur cette partie du territoire de la République en outre-mer, la rémunération des prêtres du clergé catholique pour  (selon la formule utilisée ) « leur permettre d'être entouré de la dignité convenable » ...
     
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  • -        COMMUNIQUE DE PRESSE  

    L’instrumentalisation de l’Islam

    est une violation de la laïcité

     

    Il semble évident que l’échec du gouvernement à faire vivre « l’esprit du 11 janvier », c’est-à-dire l’instrumentalisation politique d’une indignation légitime au profit d’une politique d’union nationale  avec le MEDEF et l’Union européenne pour liquider les acquis sociaux et d’union sacrée avec les religions pour développer le communautarisme, conduit à une énième tentative d’instrumentaliser  l’Islam contre la laïcité de  l’Etat et contre la loi de 1905.

     

    Dans le grand orchestre communautariste,

    chacun joue de son instrument

     

    D’un côté, on voit Manuel Valls, Premier ministre PS de son état, se dépenser sans compter pour contrôler l’Islam à son profit gouvernemental. Le  ministre s’est donc rendu  le 3 mars 2015 à Strasbourg, en terre concordataire, pour rencontrer les étudiants et les enseignants du diplôme « Droit, société et pluralité des religions » à destination des futurs imams.

     

    Le message est clair : « il faut un Islam DE France, républicain et laïque ». C’est-à-dire une religion musulmane qui correspondrait aux voeux du Pouvoir politique. Une « religion laïque », c’est tenter de nous refaire le coup des « bonnes sœurs communistes », c’est le non-sens absolu. Vouloir la peindre en tricolore, c’est le syndrome des célèbres publicités d’antan pour les peintures Ripolin. L’Islam, comme toute conviction, a sa place EN France. Le vouloir DE France, c’est la nostalgie des colonisateurs qui voulaient une religion à leur mesure, bien de chez eux. C’est la nostalgie des « petits blancs » du Code de l’indigénat et de «l’Algérie Française »…

     

    Dans le même esprit, le Préfet des Yvelines a créé le Conseil des institutions musulmanes des Yvelines (CIMY), le 16 juin en préfecture.  Il s’agit de constituer une « représentation » de l’Islam au goût du Gouvernement et qui dialoguera « utilement » avec les pouvoirs publics. C’est-à-dire une représentation religieuse aux ordres du Pouvoir politique.

     

    Ce n’est pas à l’Etat, ni aux pouvoirs publics, de décréter ce qui relève du « bon »Islam ou du mauvais, du « bon » musulman ou du mauvais, de l’assimilisationnable ou du non-intégrable. Cela relève d’une démarche concordataire et bonapartiste d’ingérence dans le religieux. Ceci est totalement contraire aux principes de Séparation des Eglises et de l’Etat.

     

    L’Etat chez lui, la religion chez elle !

     

     

    L’instrumentalisation de l’Islam  est une violation de la laïcitéQuand le maire Front National de Mantes-la-Ville dans les Yvelines préempte un local qui a déjà été vendu à une association musulmane pour construire une mosquée, on n’est plus dans la laïcité, on est et demeure dans la xénophobie. Cela n’a qu’un but : empêcher les musulmans d’acquérir à leur frais propres (600 000 euros) un lieu pour leur culte. Dans ce cas précis, c’est l’association cultuelle musulmane qui respecte la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, c’est le Maire de Mantes-la-Ville qui la bafoue.

     

    Les religions comme les associations, quelles qu’elles soient, doivent pouvoir s’organiser librement, selon leurs principes, comme le prévoient les lois de 1901 et de 1905. Les ingérences de tout  pouvoir politique dans les religions et les associations sont inacceptables et contraires à la démocratie.

     

    Forcer les convictions de quelqu’un

    est contraire à la République et à la Démocratie

     

    Autre épisode de quelqu’un qui joue du violon au grand bal du communautarisme : Le Maire de Chalon-sur –Saône qui entend supprimer les repas de substitution quand il y a du porc à la cantine. Ce sont clairement les musulmans qui sont, une nouvelle fois, visés par cette mesure.

     

    Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté la demande en référé d’une association musulmane UNIQUEMENT au motif qu’il n’y avait pas urgence à statuer. La mesure d’interdiction n’étant pas encore appliquée. Monsieur Platret,  Maire LR-ex-UMP, a bien tort de se réjouir aussi bruyamment de sa prétendue « victoire ».

     

    Dans ses motivations, "la juge concède que la restauration scolaire est un service facultatif, mais elle relève que les collectivités doivent veiller à ne pas priver certaines catégories de familles de la possibilité d'y accéder pour des considérations liées à leurs opinions religieuses ».

     

    Dans ce cas précis aussi, c’est le Maire qui viole un principe fondamental en République : nul ne peut être contraint dans ses opinions. C’est le principe même du respect de la liberté de conscience (Article Premier de la loi de 1905) qui est ainsi bafoué. Forcer des enfants à manger (ou les obliger de s’abstenir de manger) ce qu’ils ne veulent pas est une violation de la laïcité, qui, elle,  permet à chacun de vivre selon ses convictions «  à condition qu’elle ne trouble pas l’ordre public ». Où est le « trouble à l’ordre public » quand un enfant ne veut pas manger de porc ? Notons que les repas avec poisson imposé le vendredi n’ont jamais choqué ces prétendus « laïques » !

     

    De la même manière qu’il est scandaleux de forcer un végétarien à manger de la viande, il est inadmissible de forcer quelqu’un à manger un aliment qui lui contrevient, pour quelles que raisons que cela soit. Ajoutons que l’on ne cesse de nous parler de morale à l’Ecole. Où est la morale quand on s’en prend à des enfants ?

     

    Défendre la laïcité, c’est exiger l’abrogation de la loi Debré !

     

    Il est piquant de constater que tous les ci-devant dont la Libre Pensée a cité les noms dans ce communiqué, sont tous des chauds partisans du financement public des religions et de l’enseignement catholique, légalisé entre autres par la loi Debré du 31 décembre 1959.  Tous partisans aussi de la présence des crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République.

     

    Les authentiques partisans de la laïcité et de la défense de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, manifesteront à Paris le 5 décembre 2015 avec la Libre Pensée. Gageons qu’on n’y rencontrera pas les  faux « laïques », mais vrais calotins qui n’ont comme seule préoccupation « laïque » que de stigmatiser toujours plus les musulmans.

     

    Avec la Libre Pensée :

    Manifestons ensemble pour la défense de la loi de 1905 !

    Paris, place de la République, à 15H, le 5 décembre 2015

     

     

    L’instrumentalisation de l’Islam  est une violation de la laïcité

    Paris, le 17 août 2015

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  •         OUVERTURE PAR CHRISTIAN EYSCHEN,                                     INTERVENTION DE MICHEL GODICHEAU                  V-P DE LA FNLP                                                                                                  POUR LA FNLP

     

            

     

     

     

     

     

     

                                                                              TOUS LES INTERVENANTS

    Le colloque « Laïcité et libertés publiques » du 21 Mars 2015

    https://www.youtube.com/channel/UCCLNdYtCSae8WgQCfciLIpQ

    Le colloque « Laïcité et libertés publiques » du 21 Mars 2015

    Le colloque « Laïcité et libertés publiques » du 21 Mars 2015

     

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  • Déclaration conjointe des « Amis d'Hypathie » (membres de l'AILP)

    et du Bureau Européen de Coordination de la Libre Pensée 

     

     

    La richesse de l’Église chrétienne orthodoxe  grecque appartient au peuple grec et non à ses créanciers. A l'instar des révolutionnaires français de 1789 qui avaient nationalisé les biens du clergé, le peuple grec est en droit de considérer que la richesse du clergé a été constituée par le travail des Grecs et lui appartient.

     

    Le Parlement grec a approuvé le 22 juillet la deuxième partie du Plan imposé par la troïka, plan qui impose les privatisations, la destruction des services publics, des systèmes de santé et de retraite et du droit du travail, l'accélération des saisies et des expulsions et la diminution du pouvoir d'achat, dans le but supposé de «rembourser une dette » qui en réalité a déjà été remboursée plusieurs fois par le jeu des intérêts versés.

     

    L'absence de contribution de l’Eglise grecque  a déjà été évoquée. On évoque à ce sujet  les œuvres sociales et les soupes populaires auxquelles le  clergé contribuerait. C'est, dans le meilleur des cas,  une aimable plaisanterie quand on sait que la fortune de l’Église grecque et des monastères, aussi ramifiée que multiforme, dépasse vraisemblablement le montant de la prétendue dette.

     

    Une chose est facilement vérifiable  les sociétés et institutions de l’Église orthodoxe posséderaient  des obligations  d’État  rémunérées à 6 % représentant à elles seules 40 % du montant dû par le Trésor public grec et dont la Troïka exige le paiement. Et pendant ce temps les prêtres continuent à être payés sur le budget de l’État.

     

    La confiscation par la loi  de l'enrichissement indu lié à ces  obligations permettrait de sauver des milliers de vies, des milliers d'emplois et d'équilibrer le régime de retraite ;  elle permettrait, qui plus est,  une contribution non négligeable à la relance de l'économie.

     

    Le Bureau européen de coordination de la  Libre pensée se prononce, avec les libres penseurs grecs pour :

     

    - la  vérité sur la richesse et les revenus de l’Église grecque et des monastères : commission nationale d'enquête !

    - la  confiscation par la loi de l'enrichissement indu des Eglises et son affectation aux besoins du peuple et des services publics.

    - la prise en charge par l’Église grecque elle-même des salaires du clergé, ainsi que de sa couverture sociale et de son système de retraites, les frais  d'entretien des églises  et le paiement des impôts.

     

     

    Athènes, le 4 août 2015

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  • Les Actes du colloque « Laïcité et libertés publiques » du 21 Mars 2015 : bientôt disponibles.

    samedi 8 août 2015 par  federation nationale

    Ce colloque a été organisé par la Libre Pensée, la Ligue de l’Enseignement, l’Union rationaliste et la Ligue des Droits de l’Homme. De très nombreuses personnalités ont fait des communications qui ont fait le tour de la problématique du colloque.

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    Ces Actes sont vendus 7€ avec 3€ de frais de port, soit 10€ en tout.

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    Ils sont à commander à : Libre Pensée 10/12 rue des Fossés Saint-Jacques 75005 Paris. Chèque à l’ordre de : Libre Pensée

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    Ils seront aussi disponibles au Congrès de la Libre Pensée qui se tiendra à Creil dans l’Oise du 19 au 2 août 2015. Vous pourrez donc les retirer alors sans frais de port.

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  • Hiroshima, Nagasaki : quand le feu nucléaire visait à ordonner le monde

    jeudi 6 août 2015 par  federation nationale

     

    Cet article est paru dans la Raison de Juillet 2013. Nous le publions « au fil de la plume » à l’occasion de cette date anniversaire ou des milliers de japonais périrent au nom du nouvel ordre mondial.

    ’Tout au long de l’histoire, on peut dire que l’influence politique des nations est allée de pair avec leur puissance militaire.’ - Henri Kissinger, A la Maison-Blanche (1968-1973)




    Le 6 et 9 août 1945, deux bombes atomiques sont lâchées sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, au cœur des deux villes. En quelques secondes, des milliers de vies furent fauchées. Soixante huit ans après, la société japonaise reste profondément marquée par cet acte de barbarie, inventant une culture jouant sur les frayeurs du nucléaire et de la guerre, exhortant les dirigeants à ne plus développer une politique militaire impérialiste (ce qui est contraire à leur Constitution), se culpabilisant de ce mauvais sort quand le spectre de la catastrophe nucléaire ressurgit suite au désastre de Fukushima. De leur côté, l’administration américaine rappelle fréquemment qu’en matière militaire, elle a les capacités, de et elle est capable de, ce dont personne ne semble douter.

    On peut toujours se rassurer en énonçant ce grand principe de paix universel : ’l’arme nucléaire ne sera pas utilisée sinon ils nous renvoient à l’âge de fer’ et dans le ’nous’ il y a eux, les détenteurs de l’arme atomique. Pourtant, nul n’est rassuré. C’est la puissance de destruction exercée à Hiroshima et Nagasaki qui développe cette angoisse.

    Plus de 130 000 morts en quelques secondes…

    Les deux bombes tuent sur le coup respectivement 75 000 personnes à Hiroshima, et plus de 60 000 à Nagasaki. Les radiations et les blessures poursuivront leur macabre œuvre en décimant dans les même proportions ceux qui ne sont pas morts sur le coup. Le 8 août 1945, le journal Le Monde titrait : ’Une révolution scientifique’, sans commentaire.

    Dans le palmarès de l’horreur, il semble difficile de comparer les 300 000 morts de Dresde (bombardements qui ont duré près d’une semaine sans répits) ou ceux de février mars 1945 de Tokyo où 100 000 femmes, enfants et hommes perdirent la vie. Pourtant, Hiroshima et Nagasaki constituent l’apogée d’une politique de terreur par le recours systématique aux bombardements, la mort se donne de loin, ce qui fera dire encore des années plus au pilote de l’Enola Gay, le bombardier qui a transporté et lancé la bombe, « nous étions en guerre, nous avons fait notre travail. »

    Qu’est-ce qui peut justifier l’horreur ? Etait-il nécessaire de lancer deux bombes atomiques sur le Japon ? En août 1945, les Japonais n’étaient-ils pas prêts à se rendre ? Pour galvaniser les troupes avant le débarquement de Normandie, Dwight D. Eisenhower leurs a déclaré : « Nous n’accepterons que la victoire totale ». Ce qui est passé dans l’histoire comme un discours martial entraînant et positif, n’en reste pas moins la ligne de conduite des opérations militaires de la fin de cette Seconde guerre mondiale. Tous les moyens justifiaient l’écrasement de l’ennemi, même de celui qui ne s’était pas ouvertement déclaré.

    Les Japonais subirent quant à eux les pluies incessantes des bombardiers américains, en effet, les batailles d’Iwo Jima et celle d’Okinawa ont ouvert les portes maritimes et aériennes vers l’ensemble de l’archipel nippon. Les batteries ant-aérienne japonaises ne touchant que peu de bombardiers, c’est un flux incessant de ces engins de morts qui survolent la capitale Japonaise. Un incendie permanent détruit ainsi des quartiers entiers de Tokyo, les pilotes américains se guidaient vers la ville grâce à l’intensité de l’incendie visible à 250 kilomètres. Des survivants raconteront que le feu les poursuivait tel un monstre. L’impact de ces bombardements sur le gouvernement japonais fut immédiat, le mur du Pacifique était tombé, ils pensaient déjà à la reddition.

    Le désespoir des kamikazes ne correspond qu’aux derniers soubresauts d’un impérialisme japonais qui se savait vaincu. Beaucoup y ont vu une forme d’honneur, rappelant le traditionnel seppuku des samouraïs pour l’empereur, au nom de l’empereur, mais tous savaient que le Japon avait perdu la guerre.

    Dans un de ces ouvrages, l’historien américain, Howard Zinn revient sur ce fait :

    ’Nous savons aujourd’hui avec certitude qu’une invasion du japon n’était pas nécessaire pour mettre fin à cette guerre. Le Japon était battu, en pleine détresse, prêt à se rendre. Le U.S. Strategic Bombing Survey, qui interrogea 700 militaires et responsables politiques japonais après la guerre, parvint à cette conclusion : ’Se fondant sur une analyse détaillé des faits, étayée par les témoignages des responsables japonais survivants, la commission d’enquête est persuadée que, certainement avant le 31 décembre 1945 et, en toute probabilité, avant le 1er novembre de la même année, le Japon aurait capitulé même si la bombe atomique n’avait pas été larguée, même si la Russie n’était pas entrée en guerre et même si aucune invasion n’avait été planifiée ou envisagée. [1]

    Tuer pour sauver des vies ?

    L’administration américaine le savait, mais usait d’un argument qui semble imparable auprès de sa propre opinion publique, de son économie tournée vers la guerre. Lancer deux bombes atomiques sauverait la vie de jeunes américains, certes au détriment de milliers de vies japonaises, communément appelé dans la propagande américaine « la vermine japonaise ». Le 9 août après avoir rasé Nagasaki, Truman devait s’adresser en ces termes à la Nation américaine :

    ’Nous avons mis au point la bombe et nous nous en sommes servis. Nous nous en sommes servis contre ceux qui nous ont attaqués sans avertissement à Pearl Harbor, contre ceux qui ont affamé, battu et exécuté des prisonniers de guerre américains, contre ceux qui ont renoncé à obéir aux lois de la guerre. Nous l’avons utilisée pour raccourcir l’agonie de la guerre, pour sauver des milliers et des milliers de vies de jeunes Américains. [2]’ Trois jours avant Hiroshima n’existait plus, sur les mêmes ondes, il annonçait : ’Nous avons gagné.’

    Nous ne reviendrons pas sur les lois de la guerre qui demeurent l’éternel chiffon que l’on agite pour exciter les haines et les rancœurs. La menée de la guerre n’a pas de loi. La guerre n’a qu’une loi : battre l’adversaire. Déjà dans son discours, Truman reconnaît dans l’accélération de ’l’agonie de la guerre’ la défaite imminente du Japon. Il ne finira pas de se justifier durant les années suivantes d’utiliser les vies américaines sauvées par cette décision, comprenant que son nom restera attaché à deux actes de barbarie inédits plus qu’à l’avènement de la paix.

    Ainsi, les chiffres les plus fantaisistes sont évoqués : ’Tout au long de sa présidence, Harry Truman affirma que les destructions d’Hiroshima et de Nagasaki avaient sauvé un quart de million de vies humaines, mais, après la fin de son mandat, il commença à jongler avec les chiffres. Les journalistes qui écrivirent les ’Mémoires’ du Président citèrent, dans leur première version, le chiffre d’un demi-million de pertes (américaines et alliées), dont au moins trois cents mille morts. A la sortie du livre, en 1955, le total était passé à un demi-million de vies américaines sauvées et, en certaines occasions, Harry Truman alla jusqu’à parler d’un million. Le chiffre mythique d’un demi-million avait bien pu apaiser la conscience de Truman ; mais, d’autres acteurs, non directement impliqués dans ce jeu, allaient l’utiliser à des fins beaucoup plus explicites. Winston Churchill avait ses propres raisons, liées aux perspectives de guerre froide, pour pratiquer l’escalade : Hiroshima et Nagasaki, selon lui, avaient sauvé un million deux cent mille [vie]. L’homologue britannique de Curtis Le May, le maréchal Sir Arthur Harris, surnommé bomber, confident de Churchill et exécutant de la destruction de Dresde, alla même jusqu’à parler de trois à six millions de pertes évitées. [3]

    Les victimes japonaises n’ont pas le droit de cité dans cette macabre jonglerie de chiffres, attendant le déferlement de feu. Et pourtant, le matin du 6 aout 1945, quand le bombardier décolle avec dans son ventre cette bombe, indécemment surnommée Little Boy (Petit Garçon), d’autres raisons plus politiques assoient la décision du Président et de l’état major américains.

    Staline s’était engagé à entrer en guerre contre le Japon dès le 8 août 1945, soit 90 jours après la fin du conflit en Europe, le temps de réorganiser ses troupes. Il est possible que l’engagement n’engage que celui qui y croit. Cependant, une première bombe le 6 août et une seconde le 9, marquent la mesure. Déjà, lors des conférences Yalta et Postdam, l’utilisation d’une nouvelle arme plane au-dessus des relations entre les protagonistes desdites conférences, la course au nouvel armement est lancée. Le secrétaire d’Etat américain James F. Byrnes se disait ’extrêmement soucieux d’en finir avec les Japonais avant que les Russes s’en mêlent.’

    Les Japonais allaient se rendre

    Russes, Britanniques et américains, tous savent que les japonais étaient prêts à se rendre. ’Le 13 juillet 1945, trois jours avant le succès du premier essai atomique au Nouveau-Mexique, les Etats-Unis avaient intercepté un message codé adressé par Togo, le ministre des Affaires étrangères japonais, à Sato, son ambassadeur à Moscou, lui conseillant de demander aux Soviétiques d’intercéder en leur faveur et lui signifiant que le Japon était prêt à mettre fin à la guerre pour peu qu’on ne lui impose pas une reddition sans conditions. Le 2 août, le ministère des Affaires étrangères fit parvenir un autre message à l’ambassadeur japonais à Moscou : ’Il ne reste plus que quelques jours pour parvenir à un accord qui puisse mettre fin à la guerre. [...] Quant aux termes définitifs de l’accord, [...] notre intention est de faire de la déclaration de Postdam [qui appelait à une reddition sans conditions] la base de notre réflexion sur ce sujet.’ [4]

    Quelques historiens américains, ne pouvant nier le fait que l’administration américaine savait dès Juillet 1945 que les Japonais étaient prêts à se rendre, justifient l’utilisation de l’arme atomique par la seule condition sur laquelle les Japonais ne semblaient pas vouloir revenir. Quelle est cette condition qui justifierait d’exterminer des centaines de milliers de personnes, de poursuivre une guerre qui avait déjà décimé tant de jeunes gens, tant de familles ? Quelle est donc cette condition si inacceptable aux yeux des géants du nouvel ordre mondial de Yalta-Postdam ?

    ’L’unique condition des Japonais était qu’on acceptât de respecter le caractère sacré de la personne de l’Empereur, considéré par le peuple japonais comme un personnage d’essence divine. [5]’ Qui peut comprendre le refus des Américains de s’asseoir à une table pour parler de la paix avec les Nippons ? D’autant plus qu’un Empereur infaillible qui signe la reddition de son pays, qui a perdu la guerre, qui a vu son pays à feu et à sang, est-il toujours aussi infaillible que cela ? Son pouvoir, aussi puissant soit-il, n’était-il pas terni par les années de guerre ?

    Ce n’est, de fait, qu’un prétexte pour poursuivre, durant l’été 1945, la guerre, qu’un vague mobile pour faire tourner l’économie de guerre, enrichir les marchands de canons. A la fin de la guerre, les Américains, même en occupant une partie des îles japonaises, reconnaîtront la place de l’Empereur du Japon ; la continuité de l’Etat garantissait la stabilité relative d’un pays marqué par la peur de revoir se déclencher le feu nucléaire.

    Double enjeu pour deux bombes.

    L’enjeu était en fait double : en allant jusqu’à l’utilisation de l’arme atomique, le gouvernement américain indiquait à l’URSS qu’ils étaient les plus puissants, tout en sachant eux-mêmes que cela ne durerait qu’un temps. ’Dès le début, les grandes puissances avaient d’ailleurs déjà entrepris subrepticement de ’se voler’ les unes les autres. Churchill élaborait des plans pour ’éliminer l’URSS’, envisageant d’armer les troupes allemandes en déroute en vue d’une attaque surprise ’de manière à [lui] imposer la volonté des Etats-Unis et de l’empire britannique’, une suggestion que, semble-t-il, ses propres généraux ne prirent pas au sérieux. De leur côté, les Etats-Unis firent plus que simplement parler : leur décision d’utiliser l’arme nucléaire contre le Japon, en août 1945, était motivée, tout au moins en partie, par le désir de montrer à Staline la gigantesque force de destruction dont ils disposaient. [6]

    Ecraser les peuples, dissuader toute volonté de résistance

    Le deuxième enjeu, celui qui vertèbre la décision américaine, est la volonté d’indiquer à l’ensemble des peuples qu’un instantané de destruction est toujours possible, surtout contre celui qui oserait défier l’autorité américaine. Depuis 1944, les peuples se libérant du joug du fascisme cherchent à s’émanciper de la tutelle des impérialismes européens et américains, les peuples colonisés s’organisent sur la voie de l’indépendance. La guerre, formidable accélérateur de l’histoire, ouvre la voie à une prise de conscience et à des regroupements intolérables pour les impérialistes. En Grèce, en Yougoslavie, en France, en Chine, en Algérie, en Inde, en Afrique noire, des centaines de voix montent contre l’oppression politique et économique dont sont victimes les peuples. A ce titre, et osant la comparaison, le massacre de Sétif, en mai 1945, est un avertissement au peuple algérien qui voudrait prendre en main les rênes de sa destinée.

    Il s’agit sous d’autres formes du même scénario qui a permis l’écrasement de la résistance grecque par les Britanniques alors qu’elle avait d’elle même chassé les régimes de collaboration au fascisme. Ainsi, la politique de bombardements intensifs sur l’Europe et le Japon est une stratégie de saturation des populations, visant à briser le moral des ces populations en décimant un partie d’entre elle. Cette stratégie sera employée tout au long de la fin du XXème siècle, les tapis de bombes comme préalable. Les terrains d’opération étant différents, l’armée américaine, forte de son expérience en 1944-1945, utilisera le Napalm au Viet-Nam pour contourner l’obstacle de la densité de la forêt ou des missiles de croisière adaptés aux constructions de Bagdad. Il fallait percer le bunker de Saddam Hussein, mais surtout effrayer assez les populations pour qu’elle se retourne contre le tyran local, prétexte fallacieux pour bombarder des civils.

    Après Hiroshima, l’aviation américaine larguera sur plusieurs villes japonaises, des milliers de tracts en japonais expliquant : « À l’attention du Peuple Japonais. L’Amérique demande que vous prêtiez immédiatement attention à ce que vous allez lire sur cette feuille. Nous sommes en possession de l’explosif le plus destructeur jamais conçu par l’homme. Une seule de nos bombes atomiques, que nous avons récemment développées, est équivalente à la puissance explosive de 2 000 B-29 lors d’une seule mission. Cette affreuse affirmation doit vous faire réfléchir et nous pouvons vous assurer solennellement qu’elle est terriblement exacte. Nous venons juste de commencer à utiliser cette arme contre votre patrie. Si vous avez un quelconque doute, faites une enquête et demandez ce qui s’est passé à Hiroshima, quand une seule de nos bombes est tombée sur la ville. Avant d’utiliser cette bombe pour détruire toutes les ressources militaires qui permettent de continuer cette guerre inutile, nous vous demandons de faire une pétition à l’attention de l’Empereur pour cesser la guerre. Notre Président a exposé les treize conséquences d’une capitulation honorable. Nous vous pressons d’accepter ces conséquences et de commencer le processus de construction d’un nouveau Japon, meilleur et en paix. Vous devriez prendre maintenant des décisions pour arrêter la résistance militaire. Nous devrons autrement nous résoudre à utiliser cette bombe et toutes nos autres armes supérieures pour cesser rapidement et avec force cette guerre. » [7]

    Le papier est d’un cynisme terrible, voilà plus d’un mois que l’Empereur du Japon s’échinait à obtenir une paix honorable. Le papier est d’un cynisme terrible, car en larguant ces papiers, Truman et consorts savaient pertinemment qu’une autre ville allait être rasée, qu’ils avaient déjà repoussé « la paix honorable ». Les mensonges se répètent dans l’horrible tragédie que fut le mensonge des armes de destruction massive en Irak, mais nous pourrions prendre n’importe quelle guerre. Il s’agit de mettre au pas les peuples en les dressant les uns contre les autres, en les faisant basculer dans la barbarie la plus abjecte. Au nom de quoi, au nom de qui ?

    Dans son introduction à un article écrit en août 1945, George Orwell revenait sur ce premier bombardement atomique : ’Au moment où j’écris ceci, deux bombes ont été lancées. La première d’entre elles a complètement effacé de la carte plus de dix kilomètres carrés d’une ville japonaise et on dit qu’environ cinquante mille personnes sont mortes. La bombe pesait moins de deux cent cinquante kilos et est d’un type qu’on dit déjà être dépassé.

    L’énergie atomique sera peut-être d’une très grande valeur pour l’homme, mais elle a été présentée pour la première fois au public sous forme de bombe - et il n’est pas vraiment nécessaire de faire remarquer ce que la découverte de cette arme terrible signifie pour la race humaine. C’est peut-être un tournant décisif dans l’histoire aussi important que la machine à vapeur. Pour l’instant, le processus de fabrication de la bombe est un secret que seuls les Etats-Unis connaissent complètement, mais des recherches dans ce sens sont poursuivies ailleurs et nous pouvons être certains que d’ici pue, trois pays, peut-être davantage, posséderons le moyen de se réduire mutuellement en poussière. Pas plus de quelques centaines de ces bombes, lancées sur les grandes villes ou sur les grandes régions industrielles, suffiraient à nous faire revenir à des conditions de sauvagerie primitive.

    Ce qui signifie d’autant plus que toute personne capable de lire et de réfléchir devrait s’intéresser aux affaires politiques. Les guerres ne surviennent pas du fait de la méchanceté seule, elles sont dues à des jalousies et à des frictions - au sujet de marchés, de frontières, de matières premières, de minorités nationales - qui peuvent être éliminées si nous décidons vraiment à le faire. Comprendre où va le monde, et ce qui peut être fait afin d’empêcher la catastrophe, voilà surtout ce qui préoccupe les jeunes, parce que l’avenir leur appartient. S’assurer qu’il n’y aura jamais plus de guerre est encore plus important pour quelqu’un qui a seize ans que pour quelqu’un qui en a soixante. [8]

    David Gozlan

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    [1’Nous, le peuple des Etats-Unis...’, Howard Zinn, Editions Agone

    [2Extrait du message du président Truman, le 9 août 1945, à la radio américaine, in L’Histoire n° 188, mai 1995, p. 48

    [3Frédéric F. Clairmont, Le Monde diplomatique, août 1990.

    [4’Nous, le peuple des Etats-Unis...’, Howard Zinn, p 42,Editions Agone

    [5’Nous, le peuple des Etats-Unis...’, Howard Zinn, p 42,Editions Agone.

    [6Une histoire de l’humanité, de l’âge de pierre au nouveau millénaire, Chris Harman, La Découverte.

    [8Ecrits politiques (1928-1949), George Orwell. Editions Agone

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  • -        COMMUNIQUE DE PRESSE FNLP 

    Loi des Hommes ou Droit canon ?-COMMUNIQUE DE PRESSE FNLP-

    Loi des Hommes ou Droit canon ?

     

    Le Dauphiné du 27 juillet 2015 a délivré l’information suivante : « La salariée, permanente laïque au diocèse d’Annecy, avait contesté son licenciement intervenu le 29 août 2014. Elle avait alors affirmé que sa situation affective avait pesé dans la décision de son employeur : elle était divorcée. Un fait qui n’a pas été évoqué dans le compte rendu du jugement du Conseil de prud’hommes.

     

    En CDI, cette salariée avait reçu de la part du diocèse une lettre de mission épiscopale dont elle n’avait pas souhaité la reconduction dans les mêmes termes. D’où le motif principal de son licenciement par le diocèse.

     

    Jeudi, le Conseil de prud’hommes a rendu sa décision. Il juge que le licenciement de la salariée est sans cause réelle et sérieuse en précisant au passage que « le Droit du travail prévaut sur le Droit canon (NDLR : lois et règlements adoptés par les autorités catholiques) auquel est également soumise l’association diocésaine. » Une association condamnée, entre autres, à payer 32 000 euros au titre de l’indemnité de licenciement et à rembourser un mois d’indemnité chômage à Pôle emploi. »

     

    LIRE LA SUITE: Télécharger « Loi des Hommes ou Droit canon.pdf »

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  • "Reconquista catholique" dans les Alpes de Haute Provence- Communiqué LP04-

    LIBRE PENSEE

    Fédération des Alpes de Haute Provence

    librepensee04@orange.fr

    _________________________________________________________________________________________________

     

    COMMUNIQUE DE PRESSE

     

    « Reconquista catholique » dans les Alpes de Haute Provence

     

    Cet été 2015, des élus du département des Alpes de Haute Provence nous signalent qu’ils sont démarchés par le directeur du Service Pastoral d’Etudes Politiques (SPEP) pour un pèlerinage à Lourdes, ainsi que par le secrétaire général de Chrétiens en Forum, pour participer à une conférence-débat «Quelle laïcité pour quelle fraternité? » avec Pierre Langeron, juriste, professeur à l'I.E.P. d'Aix-en-Provence, le 10 octobre 2015, à MANOSQUE.  

     

    Outre le fait que ces élus destinataires de ces invitations s’estiment l’objet de « lobbying » de la part d’un culte, voire de harcèlement par leur insistance, la Libre Pensée a jeté un coup d’œil sur les intervenants de ladite conférence :

     

    Qu’on y trouve un élu municipal de Manosque ne nous a pas étonné étant donné l'engagement de la municipalité dans une association avec les communautés religieuses locales nommée  « ManosqueFraternité» qui réduit la laïcité au dialogue interreligieux.  

     

               Par contre, la présence, es-qualité, annoncée, de Madame le proviseur du Lycée Félix-Esclangon (Manosque), nous paraît plus que problématique du point de vue du respect de la laïcité. 

     

    De plus, la lecture du texte de l’orateur, Pierre Langeron, intitulé « Vous avez dit laïcité ? » en dit long sur la conception de la laïcité institutionnelle que prétend défendre ce juriste :

     

    En effet, si l’auteur rappelle brièvement  l'esprit et la lettre de la loi de 1905, il glisse très vite du « libre exercice des cultes » garanti par l’art1 de la loi de 1905, à la ''liberté religieuse'' étrangère à la même loi, entérinant au passage les ''accommodements raisonnables'', et autres exceptions à la loi (concordat de 1801 d'Alsace-Moselle, subventions publiques aux religions, la loi Debré sans la nommer, le catéchisme dans les locaux scolaires, la participation d’un chef d’Etat à une messe, le lobbying auprès des représentants de l’Etat…), c’est à dire un catalogue des pratiques et lois antilaïques auquel nous ont habitués tous les gouvernements de la 5ème République, comme faisant partie des évolutions de la démocratie dans un contexte de soi disant ''retour des religions'', pourtant infirmé par les statistiques.

     

    Pour couronner le tout, ceux qui comme la Libre Pensée n'acceptent pas ce cours délétère pour la laïcité institutionnelle, sont caricaturés en partisans du ''laïcisme'', qui voudraient un « État athée » et la relégation de la liberté de conscience à « la sphère domestique ». 

     

                En somme, un parfait manifeste de la recléricalisation de la République.


               Comme le Congrès de la FNLP à Ste-Tulle l’avait mis en lumière en août 2012, l’Eglise romaine descend désormais directement dans l’arène politique. 

     

    Certes, on ne peut interdire à une Eglise de s’adresser aux élus de la République.

     

    Mais, face à cette tentative de « reconquista de la République » opérée avec insistance auprès d’élus par l’Eglise romaine dans le département des Alpes de Haute Provence, la Libre Pensée soutient l’immense majorité des élus de la République attachés à la laïcité institutionnelle (Loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat et laïcité scolaire prévue par les lois Ferry-Buisson-Goblet de 1881-1886).

     

    A l’occasion du 110ème anniversaire de la séparation des Eglises et de l’Etat, la Libre Pensée appelle tous les laïques de ce pays, à manifester le samedi 05 décembre à Paris (Place de la République à 15h) en défense de la loi de 1905, pour l’abrogation de la loi Debré (1959), matrice de toutes les lois antilaïques.

                                                               le 13 juillet 2015

     

     

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  • France-culture

    La Libre Pensée sur France Culture - Dimanche 9 juillet 2015

    Bonjour à tous nos auditeurs, au micro ce dimanche, Georges André Morin et Patrice Sifflet de la Libre Pensée.

    PS : Notre émission d’aujourd’hui est consacrée à la loi de séparation des Églises et de l’Etat, la loi du 9 décembre 1905, et à l’exception dans son application pour les trois départements d’Alsace-Moselle.
    Avant de vous interroger, cher Georges André, rappelons à nos auditeurs, un certain nombre de faits pas nécessairement connue de tous :
    Le régime d’exception au droit français qui s’applique aux cultes en Alsace (Haut-Rhin et Bas-Rhin) et dans le département de la Moselle, n’est pas un héritage du droit allemand qui s’appliqua à cette région de 1871 à 1918. Il procède de la loi du 18 Germinal an X relative à l’organisation des cultes, catholiques et protestants d’abord, puis étendue au culte israélite en 1808. Le concordat signé par Bonaparte et Pie VII-Chiaramonti, le 10 septembre 1801, était un préalable nécessaire à cette loi, d’où l’expression « régime concordataire », bien qu’à l’évidence le concordat ne concerne que le culte catholique. La loi du 9 décembre 1905, « de séparation des Églises et de l’État » a donc eu pour effet d’abolir la loi de 1802 sur l’organisation des cultes, sauf pour les trois départements alors annexés par le Reich.
    La clé juridique de la loi de 1802 est la reconnaissance par la République (puis l’Empire) des quatre cultes de l’époque, catholique, luthérien, réformé et israélite, sur lesquels l’État disposait d’un droit de contrôle. En pratique, l’État entérinait des personnalités élues (juifs et protestants) ou choisies par le Pape. Tous les ministres du Culte étaient agréés par le ministère de l’Intérieur. En contrepartie, l’État prenait en charge leur rémunération. Les municipalités étaient tenues de les loger. Elles devaient aussi compléter et, en définitive, assurer les frais de fonctionnement des paroisses et communautés considérées comme des établissements publics.

    Depuis le retour de l’Alsace-Moselle à la France en 1918, ce régime d’organisation des cultes de 1802, abrogé en France par la loi de 1905, continue de s’appliquer dans ces trois départements. Ainsi les archevêques de Strasbourg et de Metz, le président et le vice-président des organisations protestantes et les présidents de consistoires israélites (Strasbourg, Colmar, Metz) sont formellement « nommés » par l’État. Surtout, ce petit monde relève du statut de la fonction publique et émarge au budget de l’Etat, pour un montant de l’ordre de 60 millions d’€.
    Voilà qui est particulièrement étonnant, comment cela se fait-il ?

    GAM : La décision du Conseil constitutionnel du 21 février 2013, en réponse à une Question Préliminaire de Constitutionalité soumise par le Conseil d’Etat, reprend les diverses étapes de l’historique. Je cite : « Considérant que la loi du 18 germinal an X relative à l’organisation des cultes a promulgué et rendu exécutoires comme lois de la République, d’une part, « La convention passée à Paris le 26 messidor an IX, entre le Pape et le Gouvernement français, [le Concordat] et dont les ratifications ont été échangées à Paris le 23 fructidor an IX » et, d’autre part, les articles organiques de ladite convention et les articles organiques des cultes protestants ; qu’aux termes de l’article 3 de la loi du 17 octobre 1919 relative au régime transitoire de l’Alsace et de la Lorraine, adoptée à la suite du rétablissement de la souveraineté de la France sur ces territoires : « Les territoires d’Alsace et de Lorraine continuent, jusqu’à ce qu’il ait été procédé à l’introduction des lois françaises, à être régis par les dispositions législatives et réglementaires qui y sont actuellement en vigueur »

    PS : Le cartel des gauches devient majoritaire à l’Assemblée en 1924. L’application de la loi de 1905 en Alsace-Moselle figure à son programme. Cela ne se fait pas. Vous allez me dire qu’une nouvelle fois, une promesse électorale est jetée au panier mais j’aimerai en savoir plus.

    GAM : Dans sa décision le Conseil Constitutionnel rappelle que « le 13° de l’article 7 de la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle a expressément maintenu en vigueur dans ces départements à titre provisoire l’ensemble de la législation locale sur les cultes et les congrégations religieuses »
    Le Conseil constitutionnel renvoie donc à une loi du 1er juin 1924. Cette date peut faire confusion, c’est une loi de la chambre sortante. La nouvelle chambre a été élue les 11 et 25 mai. Le cartel des gauches, majoritaire à la chambre est minoritaire en voix dans le pays. Si Millerand est contraint à démissionner de la Présidence de la République le 11 juin, son successeur Doumergue est élu le 13 juin contre le candidat du Cartel, Painlevé. Nommé Président du Conseil le 15 juin, Herriot a une position claire sur l’Alsace-Moselle « en ménageant les intérêts matériels et moraux de la population, introduire l’ensemble de la législation républicaine ». La rupture avec le Vatican est bloquée par le Sénat, l’application de la loi de 1905 en Alsace-Moselle suscite la protestation de 21 députés sur 24 représentants de ces trois départements, appuyés sur des votes de la majorité des conseils municipaux et des conseils généraux

    PS : Pour continuer dans la même voie, après l’annexion en 1940 par l’Allemagne nazie le retour à la légalité républicaine à la Libération, maintient l’exception cultuelle de l’Alsace-Moselle. Là encore, que s’est il passé ?

    GAM : Citons encore le Conseil constitutionnel : « l’article 3 de l’ordonnance du 15 septembre 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle stipule que : « La législation en vigueur. . . à la date du 16 juin 1940 est restée seule applicable et est provisoirement maintenue en vigueur »
    On est en présence d’un provisoire qui dure et même qui perdure !
    Cela étant si le CC estime que ces exceptions relèvent de lois conformes à la Constitution, il en serait de même d’une loi d’abrogation.

    PS : Pourriez-vous nous éclairer sur les jeux politiques qui depuis bientôt un siècle permettent à ce régime exceptionnel de perdurer dans le provisoire ?

    GAM : Les circonstances qui ont permis de faire durer ce provisoire, le mot figure dans les trois textes cités par le Conseil constitutionnel, ont bien entendu évolué au cours du temps.
    Après la Première Guerre mondiale, plusieurs éléments ont joué en faveur du maintien du statu quo.
    En premier lieu, le souci pour le gouvernement français d’un retour pur et simple des provinces annexées par l’Allemagne en 1871, sans autre formalité : la « spoliation » du traité de Francfort n’ayant à l‘évidence pas été approuvée par les populations concernées, dont les représentants élus en février 1871 ont protesté fermement à la Chambre des Députés. la France considérait que par une sorte de parallélisme des formes la rétrocession devait se faire sans autre forme de consultation. Or, ce point de vue était mal compris et plus ou moins contesté par le Président américain, Wilson, que le rôle décisif des Etats-Unis dans les derniers mois de la guerre faisait un peu l’arbitre du traité de paix à venir. Le moindre mouvement de réaction des populations d’Alsace–Moselle aurait été exploité contre la France.
    Mais la lecture des mémoires de Poincaré révèle que dès l’été 1914 quand la France a pu réoccuper une partie réduite du sud du Haut-Rhin la question a été soulevée. Le 7 août 1914 l’armée française fait une entrée triomphale à Mulhouse, acclamée par la population. Mais elle doit évacuer la ville le 10 août, la reprend le 18, et l’évacue à nouveau le 25. Le front se stabilise et devient en terme militaire « un front secondaire ». Toutefois 90 communes alsaciennes restent sous le contrôle de l’armée française pendant toute la durée de la guerre
    Dans ses mémoires, tome V, page 135 et suivantes Poincaré raconte :
    « le 20 août, il reçoit M. Blumenthal, ancien maire de Colmar révoqué par les autorités allemandes le 31 juillet, « il nous conseille d’organiser le plus rapidement possible, au cours même de la guerre, dans les provinces annexées, une administration civile, modelée sur l’administration allemande… l’immense majorité de la population acceptera joyeusement le retour pur et simple à la France », puis le lendemain, il le reçoit de nouveau, introduit par Clémenceau, curieusement flanqué de l’abbé Wetterlé, député de Ribeauvillé et du député de Molsheim. Ils demandent à faire partie d’une commission chargée d’examiner la question alsacienne qui fonctionnerait dans les locaux de Conseil d’Etat. Ce que découvre Poincaré qui croit y voir la main du GQG. D’où peut-être la légende selon laquelle le maintien de l’exception aurait été annoncé par Joffre à l’occasion de la libération de Mulhouse. Cette proclamation est suffisamment brève pour être citée ici, il n’y est évidemment pas question de l’organisation des cultes !
    « Enfants de l’Alsace,
    Après quarante-quatre années d’une douloureuse attente, des soldats français foulent à nouveau le sol de votre noble pays. Ils sont les premiers ouvriers de la grande œuvre de la revanche ! Pour eux, quelle émotion et quelle fierté !
    Pour parfaire cette œuvre, ils ont fait le sacrifice de leur vie ; la. nation française unanimement les pousse, et dans les plis de leurs drapeaux sont inscrits les noms magiques du droit et de la liberté. Vive l’Alsace !
    Vive la France
    Le général en chef des armées françaises, • • Joffre. »
    La question est bel et bien soulevée par Poincaré, ce qui a même pu conduire certains à se demander si ce point n’a pas fait partie d’engagements que, transfuge de la gauche républicaine, il aurait pris vis-à-vis de la droite pour assurer son élection en janvier 1913 ?
    En 1915, sous la présidence de Louis Barthou, ancien président du Conseil, est mise en place la Conférence d’Alsace-Lorraine qui traite donc de :
    L’enseignement : elle prévoit l’application en Alsace-Lorraine des lois françaises sur l’organisation, la gratuité, l’obligation et la laïcité de l’enseignement primaire.
    La diffusion de la langue française. L’école française sera investie d’une mission de francisation
    Le statut de l’université de Strasbourg. A l’initiative de l’abbé Wetterlé, la Conférence d’Alsace-Lorraine se prononce en faveur du maintien de la faculté de théologie protestante, et de la suppression de la faculté de théologie catholique, souhaitée par une partie du clergé alsacien.
    Le statut des cultes. Cette question fait l’objet de plusieurs débats. Elle prévoit l’introduction de la loi de séparation des Églises et de l’État, assortie d’éventuelles négociations avec le Saint-Siège.
    Après l’armistice du 11 novembre, une première administration est mise en place, l’administration Jeanneney-Maringer. Son approche strictement laïque et républicaine suscite des réactions assez vives au printemps de 1919. Les Alsaciens-Lorrains, pour avoir réservé un accueil triomphal aux Français, n’en sont pas moins restés attachés à leur particularisme. L’administration de l’Alsace-Lorraine est reprise en mains au printemps 1919. La nomination d’Alexandre Millerand, respectueux du particularisme, contribue à améliorer l’image de l’administration française aux yeux des populations de la rive gauche du Rhin.
    En second lieu, la recherche d’un rapprochement avec le Vatican au titre de l’Union sacrée : la chambre dite bleu horizon rétablit dès 1921 les relations diplomatiques avec le Vatican,
    Enfin, le contexte de l’élection présidentielle de février 1920 : Briand gêné par certaines affaires, fait campagne dans les couloirs du Congrès contre Clémenceau, appuyé par les députés alsaciens, dont l’abbé Wetterlé devenu député de l’entente républicaine et démocratique, parti de droite avatar antérieur du MRP sur le thème, en raison de l’âge de Clémenceau (79 ans), « vous imaginez des obsèques civiles à l’Elysée ? »

    PS : Le Vatican à la manœuvre ?

    GAM : Pro-allemand pendant toute la guerre, le Vatican a su habilement jouer sur « l’Union sacrée » pour pousser ses pions en France. Dans son journal Alexandre Ribot, président du Conseil de mars à septembre 1917, note le 10 février 1922 : L’ambassadeur Bompard, chargé de classer les télégrammes déchiffrés du Vatican, confirme : « le Vatican a été jusqu’au bout notre adversaire. Il n’a cessé de soutenir de tout son pouvoir la cause allemande. Quand nous éprouvions un échec, il télégraphiait partout pour en exagérer l’importance…. La tentative de médiation de 1917 avait été concertée avec le gouvernement allemand. »

    PS : Mais en 1944, la France est gouvernée par un gouvernement issu de la Résistance, il y a des ministres communistes, des ministres de la SFIO, Thorez est même ministre d’Etat. Comment expliquer que le provisoire est reconduit ?

    GAM : Provisoire, vous avez dit provisoire… Regardons les faits, en septembre 1944 la situation n’est pas du tout la même qu’en 1918. L’annexion de l’Alsace-Moselle en juillet 1940, en infraction aux clauses de l’armistice du 22 juin, fut la première confirmation des dangers de cet armistice dénoncé par de Gaulle. Au moment de la promulgation de l’ordonnance l’Alsace et la Moselle ne sont pas encore libérées, il faudra attendre la fin novembre. Par ailleurs à cette date Thorez rentre d’URSS où il s’était réfugié dès l’automne 1939. D’une certaine façon de Gaulle le tenait. Revenons à l’ordonnance, il était tellement simple de reconduire le provisoire sans rouvrir le débat. De Gaulle, isolé dans son propre milieu largement pétainiste jusqu’à la Libération, n’allait pas ouvrir un front avec les catholiques par une mesure explicite d’application de la loi de 1905 en Alsace-Moselle. Les entorses à la loi de 1905 introduites par Vichy, le « Noël » du maréchal, le décret du 26 décembre 1942, qui bricole l’article 910 du code civil relatif aux legs aux associations, font partie des textes qui n’ont pas été abrogés à la Libération. Ce texte a encore été bricolé en 2011, sans que grand monde ne s’en soit ému.

    PS : Mais qu’en est-il de la Guyane ? Ce département n’a jamais été occupé par l’Allemagne ?

    GAM : Certes ! La situation y est juridiquement très différente de celle de l’Alsace-Moselle : elle repose sur une ordonnance de Charles X du 28 août 1828. N’est concernée que l’église catholique, et la charge salariale de l’évêque de Cayenne et des 27 paroisses est imputée au Conseil général, au total un petit million d’€, 4€ par habitant. Là encore, l’habitude, une forme de paresse intellectuelle ont prévalu, jusqu’à ce que l’actuel président du Conseil général, le dynamique Alain Tien Liong ne décide d’y mettre un terme, soutenu par un Conseil Général unanime… mais confronté à une de ces batailles judiciaires d’arrière-garde dont nos lobbies catholiques ont le secret. C’est pourquoi la libre-pensée soutient la proposition de loi déposée par le sénateur Antoine Karam, qui permettrait de trancher clairement le débat.

    PS : il y aurait aussi le cas de Mayotte. En fait la population de l’île est à 97 % musulmane, religion qui n’est pas concernée par la loi d’organisation des cultes, et il y a deux églises avec environ 4000 pratiquants. Cela étant, il faudra être attentif aux processus législatifs en cours suite à la départementalisation de ce territoire

    GAM : Vous avez raison. Citons Confucius : « les petits principes tolèrent des accommodements, les grands principes ne tolèrent pas la moindre transgression. », la laïcité de la République est un grand principe !‘

    PS : Pour conclure par un raisonnement a contrario simple, le Conseil Constitutionnel nous indique une vois simple, pour résoudre la question d’Alsace Moselle : un texte de loi. La question est de savoir si nos dirigeants qui ont plus que jamais la laïcité à la bouche vont se référer au petit dictateur du Consulat ou aux pères fondateurs de nos Républiques ?
    Il est décidément nécessaire de défendre les principes de la loi de 1905, c’est pourquoi la Fédération Nationale de la Libre Pensée appelle à une grande manifestation nationale à Paris le 6 décembre prochain pour le 110ème anniversaire de cette loi fondatrice.

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  • Reconquista catholique dans le 04, démarchage des élus de la République....

    Un élu du département nous a communiqué la livraison qu'il a reçue:

    Télécharger « Lourdes 2015_tractslogoCEP.pdf »

    Télécharger « bulletin inscrp Lourdes 2015.pdf »

    Télécharger « depliantlaicite.pdf »

    ________________________________________________

     "les religions sont des acteurs à part entière de la société civile: leurs représentants sont régulièrement reçus par le président de la République; ils sont entendus par des commissions parlementaires; ils interviennent dans les médias; ils exercent un lobbying ordinaire au sein d'une démocratie pluraliste."

    Pierre Langeron, “Vous avez dit laïcité"

    ___________________________

    L'Eglise romaine descend désormais dans l'arène politique, c'est ce que le congrès FNLP de Ste Tulle (04) en 2012 avait mis en lumière!

     

    ____________________________________________

    NOTRE REPONSE:

    Reconquista catholique dans le 04, démarchage des élus de la République....

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  •  Le 20 Juin, il y avait Conférence-débat avec Henri Huille, sur la PMA et la GPA.

     Le 20 Juin, il y avait Conférence-débat avec Henri Huille, sur la PMA et la GPA.

    « La PMA (Procréation Médicalement Assistée) et la GPA (Gestation pour Autrui) sont-elles de nouvelles libertés à conquérir   ou  faut-il en rester à l’actuelle législation en France?» 

    REECOUTER DES EXTRAITS:

    1-

    2-

     

        

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