• CANADA: AILP/ victoire contre les prières lors des séances de conseils municipales.

    L’association Internationale de la Libre Pensée nous communique cette déclaration commune d’associations laïques francophones et anglophones du Canada.

    Il s’agit d’une victoire contre les prières lors des séances de conseils municipales.

    C’est aussi dans ce cadre que se prépare le Vème Congrès de l’AILP à Montevideo.

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  • Pune, Kuala Lumpur, Delhi, Paris, Riyad, Kolhâpur, Copenhague, Dacca …

    Pune, Kuala Lumpur, Delhi, Paris, Riyad, Kolhâpur, Copenhague, Dacca …


    L'Association internationale de la Libre Pensée défend sur tous les continents la liberté de conscience et d'expression. Elle manifeste sa profonde solidarité avec toutes les victimes de la répression religieuse. Elle appelle les opinions publiques de tous les pays à se mobiliser pour la défense de la (...)

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  •  DECLARATION  DE L'AILP

    DECLARATION  DE L'AILP


                                                   DECLARATION


    L’Association internationale de la Libre Pensée (AILP) agit partout contre l’intrusion des religions et de leurs symboles dans la sphère publique.


    L’AILP a été fondée à Oslo le 10 Août 2011.Dans son Manifeste de fondation pour la liberté de conscience, la question de la Séparation des Églises et des États, de son avènement là où elle n’existe pas encore et sa défense là où elle menacée, est l’action fondamentale des libres penseurs à travers le monde.

    L’AILP constate que partout, sur tous les continents, les religions tentent d’imposer leur loi et leurs symboles dans le domaine public. Ceci est une atteinte à la liberté de conscience des habitants des pays concernés...

     

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    Téléchargez: CONGRES FONDATION AILP 10 AOÛT 2011

     

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  • A Beyrouth pour la laïcité : Un événement qui fera date

    Publié le 22 avril 2012 par LIBRE PENSEE 04

    Les 13 et 14 avril 2012, à l'initiative de l'Association libanaise de philosophie du droit et de l'Association internationale de la Libre Pensée, s'est tenu à Beyrouth (Liban) un colloque sur la laïcité. Une centaine de participants ont débattu pendant deux jours des rapports entre la laïcité, la (...)

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    Colloque pour la laïcité à Beyrouth avril 2012

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    ou sur Calaméo:


     

    LIRE L'ARTICLE:
    dieu.jpg
    (Article paru sur le site internet Bakchich du 13 mai 2012, publié sous la signature de Jacques-Marie Bourget)

    Au Pays du Cèdre et des milices religieuses, la laïcité est inscrite dans la constitution.

    Début avril, un colloque international, tenu à Beyrouth, l’a opportunément rappelé.

    Secoué et tremblant des contre coups venus du chaos syrien, au-delà de la frontière, le Liban continue d’attendre des lendemains meilleurs. Comme toujours. Pourtant une idée en forme de paratonnerre commence à progresser dans l’opinion : « Et si nous laissions la religion dans nos chambres à coucher pour devenir un peu plus laïcs … ». Moins de religion affichée, dans un pays qui s’est entretué derrière les différentes bannières de dieu, c’est le moyen de ne pas insulter la paix dont, à part quelques matamores, chacun rêve ici. De laisser les armes pourrir au vestiaire.  

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  •  Communiqué AILP

    MILLE COUPS DE FOUET CONTRE RAIF BADAWI ! FOUETTE EN PUBLIC TOUTES LES SEMAINES DEPUIS LE 9 JANVIER 2015



    MILLE COUPS DE FOUET CONTRE RAIF BADAWI !
    FOUETTE EN PUBLIC TOUTES LES SEMAINES
    DEPUIS LE 9 JANVIER 2015
    La torture comme sanction contre le délit de blasphème.

    En mai 2014, lors du procès du blogueur saoudien Raif Badawi, condamné à 1000 MILLE COUPS DE FOUET CONTRE RAIF BADAWI ! FOUETTE EN PUBLIC TOUTES LES SEMAINES DEPUIS LE 9 JANVIER 2015coups de fouet et 10 ans de prison en Arabie Saoudite pour des propos tenus sur son blog, l'Association Internationale de la Libre Pensée écrivait à propos des fondements juridiques de cette décision :

    « L'Arabie saoudite est un élément clé du système occidental d'alliances dans la région. Ses alliés s'embarrassent peu de remettre en cause cette théocratie et ses pratiques médiévales.

    En réalité le décret utilisé vise toutes les nuances de la liberté d'expression puisqu'il qualifie de "terroristes" certes les athées, mais aussi tous ceux qui remettent en question les fondamentaux de l'Islam tels qu'ils servent de base à la monarchie wahabbite. Cela peut s'appliquer aux chiites, aux soufis, aux alaouites, aux ahmadis, tous musulmans, mais aussi aux chrétiens et aux hindouistes.

    L'AILP considère qu'il s'agit là d'une mesure avant tout dirigé contre les saoudiennes et saoudiens qui commencent à revendiquer leurs droits fondamentaux de citoyens ou même à contester d'un point de vue religieux la dictature wahabbite. Le décret qui organise le renforcement de cette expression est avant tout un crime contre la liberté de pensée , et en premier lieu celle des saoudiennes et des saoudiens. »

    Le communiqué se terminait par un appel aux libres penseurs pour qu'ils interviennent auprès de leurs gouvernements respectifs pour l'annulation de la sanction. Quelques-uns sont intervenus. La sanction s'applique, barbare et sauvage. Elle doit cesser !

    L'Association Internationale de la Libre Pensée considère que la liberté d'expression ne se divise pas.

    La conjointe de Raif Badawi, Ensaf Haidar, réfugiée au Canada le demande aux gouvernements : « Intervenez auprès du gouvernement d'Arabie saoudite » !

    L’Association internationale de la Libre Pensée appelle toutes les organisations affiliées à intervenir auprès de leurs gouvernements respectifs et à publier les résultats de ces interventions.

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  • OSLO-AILP: REPORTAGE DE MORGAN TERMEULEN

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    Liberté souveraine

    Editorial

    Le serpent dit à la femme : « Mangez de ce fruit, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, possédant la connaissance du bonheur et du malheur» (Genèse 2,5). Dès lors, si on en croit le récit biblique, en mangeant du fruit de l’arbre de la connaissance, l’humanité emprunta le chemin de la liberté. Une liberté dont on nous enseigne qu’elle apporte son lot d’amertumes, puisqu’il s’agit de faire des choix, de prendre en main son propre destin, en un mot d’être responsables.

    L’histoire d’Abel et Caïn montre les progrès de la civilisation, l’invention de l’agriculture. Caïn offre à la divinité les fruits du travail de la terre, Abel les produits de sa chasse. Ce dernier est récompensé, l’autre méprisé. La religion apparaît dès lors comme un obstacle aux progrès de la civilisation humaine, défi prométhéen permanent face à la volonté divine.

    Les millénaires passent, des empires se créent et s’écroulent ; toujours, la conscience humaine lutte contre l’obscurantisme des dogmes et l’oppression des puissants : « Il n’est point de vérité sacrée, c'est-à-dire interdite à la libre investigation de l’homme ; il n’y a rien de plus grand que la liberté souveraine de l’esprit humain », défendait en son temps Jaurès.

    En ce début de siècle confit de sottise réactionnaire, de prêt-à-penser social, économique, politique et culturel, la constitution d’une internationale de libres penseurs lors du Congrès d’Oslo le 10 août dernier constitue aussi bien un événement historique de portée mondiale qu’un digne hommage à ce grand humaniste. Puisse-t-elle à son tour porter ses fruits…

    Morgan Termeulen 

     


    Après une journée de conférences et de débats entre représentants de dix-sept nations, l’internationale de la libre pensée était proclamée par acclamation le 10 août dernier à Oslo.

     

    Reportage Morgan Termeulen

    L’émancipation, combat  du siècle

     

    « Je demande une minute de silence par solidarité avec le peuple norvégien, durement éprouvé par les attentats meurtriers perpétrés le mois dernier », déclarait, à l’ouverture du Congrès de constitution d’une internationale de la libre pensée qui s’est tenu à Oslo (Norvège) le mois dernier, le président de la fédération française de la libre pensée Marc Blondel.

    Les congressistes, issus de dix-sept nations du monde, se lèvent comme un seul homme pour rendre hommage aux femmes et aux hommes victimes de la barbarie d’extrême droite. A l’issue de cette minute de silence, les débats visant à construire un monde où de telles atrocités ne pourraient se produire peuvent commencer.

    Une suite de conférences et de débats entre les représentants de nations aussi diverses que le Chili, le Liban, la France, les USA, l’Argentine, l’Inde, la Belgique, l’Australie, l’Espagne ou l’Allemagne, pour n’en citer que quelques-uns, ce afin d’échanger les expériences de chacun dans le domaine de lutte qui est celui des libres penseurs : empêcher les institutions religieuses de quelque nature que ce soit d’influer sur la vie publique et privée des peuples de l’humanité : en fait, œuvrer pour étendre la laïcité partout sur la planète.

    Un besoin universel

    Contrairement à ce qu’on nous serine à longueur de journée, la laïcité n’est pas un problème franco-français, mais bien un besoin universel des peuples, celui de se libérer de la tutelle des institutions religieuses.

    Tel a été le sujet de la première conférence, animée par Jacques Lafouge, membre de la délégation française, intitulée « Le combat pour la séparation des Eglises et de l’Etat dans le monde ».

    Le conférencier, après avoir rappelé que « le but de toute société politique est le bonheur des peuples » et que « [celui-ci] consiste essentiellement en la liberté sous toutes ses formes, particulièrement la liberté de conscience », précisait que tout au long de l’histoire, les dignitaires religieux avaient tendance à se confondre avec les pouvoirs politiques ; de ce fait, chacun des pouvoirs s’appuie sur l’autre pour assurer sa légitimité  : « Les autorités religieuses tenteront donc d’exercer une autorité sur les femmes et les hommes, contrôlant leur conduite économique, sociale, morale et sexuelle », faisait encore observer Jacques Lafouge. Et d’enfoncer le clou : « Le problème vient de la volonté des Eglises d’imposer à tous des comportements et des convictions, en violation du droit des individus ; elles veulent régenter la vie de la cité car elles proposent des systèmes idéologiques complets, par nature autoritaires et contraires aux droits de l’homme ».

    Si le diagnostic est clair, le conférencier met néanmoins en garde : il s’agit bien d’exiger la séparation des Eglises et de l’Etat, garantie juridique de la liberté de conscience et non pas d’attaquer les croyances religieuses, sinon de les cantonner à la sphère privée : « C’est le sens de notre combat contre une loi réprimant le port de la burqa ou du voile intégral dans la rue », concluait-il.

    « Plus de lumière ! »

     

    Telle fut, d’après les historiens, la dernière phrase de l’écrivain allemand Goethe sur son lit de mort. Une phrase que les libres penseurs du monde entier, réunis en Congrès à Oslo, ont faite leur en approuvant unanimement le « Manifeste pour la liberté de conscience » qui leur était soumis.

    Après avoir affirmé que l’humanité était née libre, le manifeste salue les combats pour la liberté et l’émancipation sur toute la planète en même temps que ses rédacteurs s’alarment du retour des offensives religieuses, notamment au sein de l’Union européenne. De même, ils militent pour mettre un  terme au financement des œuvres religieuses partout dans le monde : « Nous voulons que la clarté soit faite sur le financement des religions, cette "économie pourpre" qui grève les budgets des Etats au détriment de la santé, de l’éducation, ce au profit des seuls destinataires qui se qualifient eux-mêmes de spirituels ».

    Le manifeste exige de surcroît que « justice soit rendue aux victimes des Eglises », notamment aux enfants victimes de prêtres pédophiles, ainsi qu’aux peuples colonisés et évangélisés de force.

    La lecture de ce manifeste, effectuée dans les trois langues de travail du Congrès, le français, l’anglais et l’espagnol, a été précédée de l’approbation de la constitution de la nouvelle internationale de la libre pensée. Il n’a pas été besoin de procéder à un vote ; l’intégralité des délégués des nations représentées s’est levée et a applaudi pendant plusieurs minutes la naissance de cette nouvelle institution internationale vouée à l’émancipation du genre humain.

     

    Légende : Les délégués des dix-sept nations représentées proclament la nouvelle internationale de la libre pensée par une formidable ovation.

     


    Laïcité. Le 10 août dernier à Oslo (Norvège) se tenait le Congrès constitutif d’une nouvelle internationale de la libre pensée.

    D’un siècle à l’autre, l’exigence de liberté

    n « Nous établirons dans le monde le règne d’une raison affranchie des anciens préjugés dogmatiques, c’est-à-dire un idéal supérieur, une morale plus haute et plus assurée que celle des temps passés, parce qu’elle est basée sur la connaissance humaine ». Tel était le propos de Marcellin Berthelot, président d’honneur de la libre pensée française lors du Congrès mondial de la libre pensée à Rome… en 1904. Une date qui marquera durablement l’histoire de l’humanité, en ce que le Congrès de Rome précédait seulement d’un an la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat promulguée en France fin 1905.

    Une loi pour tous, la liberté pour chacun

    Lors du Congrès de la libre pensée en 1905, Ferdinand Buisson, un des artisans de la loi de 1905, fit adopter trois résolutions par l’ensemble des congressistes venus du monde entier. Il s’agissait en premier lieu d’affirmer la primauté de la raison humaine sur toute doctrine, au détriment de l’affirmation de vérités particulières. Ensuite, Ferdinand Buisson déniait à quelque autorité que ce soit le droit de s’opposer à la raison humaine ; il propose par là le libre choix de l’humanité des moyens de construire une société meilleure. Enfin, ce fondateur d’un des principes majeurs de la République française entendait soumette aux lois de la raison l’organisation sociale, en enlevant d’une part tout caractère confessionnel aux administrations de l’Etat et d’autre part en rejetant, au nom de la dignité humaine « le triple joug du pouvoir abusif de l’autorité en matière religieuse, du privilège en matière politique et du capital en matière économique ».

    Un an plus tard, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, la fameuse laïcité institutionnelle qui règle encore tant bien que mal les rapports sociaux en France, était promulguée. Elle commande encore que « la République assure la liberté de conscience […]La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

    Face à l’offensive réactionnaire

    Curieusement, dans le dernier quart du XXe siècle et au début du XXIe, les offensives contre la laïcité sont allées de pair avec la révolution néolibérale. Aussi l’article 52 du traité constitutionnel européen, rejeté par les Français en 2005, prévoit que « reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l'Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec [les] églises », en flagrante contradiction avec le principe de laïcité. Le traité de Lisbonne, ratifié par un coup de force antidémocratique, reprend ces mêmes dispositions.

    De même, l’actuel chef de l’Etat, non content d’affirmer la prétendue « supériorité du prêtre sur l’instituteur », autorise les instituts confessionnels d’enseignement supérieur à délivrer des diplômes universitaires et instaure des « correspondants laïcité » auprès de chaque préfet de département, chargés de dialoguer avec les institutions religieuses.

    Face à cette offensive cléricale, des libres penseurs du monde entier ont décidé de s’unir afin de réaffirmer un droit inaliénable de l’homme, la liberté de conscience. Un premier pas a été franchi en 2005, lors du centenaire de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, en fondant à Paris un comité de liaison international des athées et des libres penseurs. Mais ce n’est que le 10 août dernier à Oslo, en Norvège, qu’une décision historique a été prise lors du Congrès mondial de la libre pensée : celle de créer une nouvelle internationale de libres penseurs afin de coordonner les luttes pour l’émancipation de l’esprit humain de tout dogme.

     Le Congrès d’Oslo, le 10 août dernier, a réaffirmé la liberté de conscience comme exigence première de la dignité humaine.

     

     

     


    Entretien. Le créationnisme, offensive idéologique des Églises.

    « Au détriment de l’esprit scientifique »

    Charles Susanne, délégué de la libre pensée de Belgique au Congrès d’Oslo, met en garde contre les dangers des théories créationnistes.

    Qu’est-ce que le créationnisme?

    Les récits de création des différentes religions veulent expliquer certains phénomènes naturels et les mettent en relation avec une volonté divine, leur conférant un caractère sacré. À l’opposé, l’évolution tient le hasard biologique comme principale cause de l’émergence de la vie. Les découvertes scientifiques ont fait reculer les dogmes religieux ; le fondamentalisme est une réaction à ce recul. Les milieux conservateurs n’ont de cesse de tenter d’imposer ces théories au détriment de raisonnements scientifiquement valables.

    Le clivage entre créationnisme et théorie de l’évolution ne ressort-il pas d’un débat scientifique ouvert? Pourquoi combattre le créationnisme?

    Les créationnistes opposent la volonté divine au hasard. C’est pernicieux en ce sens qu’ils considèrent comme correct de se satisfaire de ne pas comprendre. Je me permettrai de citer Saint Augustin : « Il y a une forme de tentation plus dangereuse, c’est la maladie de la curiosité, qui pousse à essayer de découvrir les secrets de la nature, […] que l’homme ne devrait pas chercher à connaître ». Plus récemment, le pape Jean-Paul II déclarait que « les théories de l’évolution, qui considèrent l’esprit comme émergeant de la matière, sont incompatibles avec la vérité de l’homme ».

    Quelles sont les conséquences de cette offensive idéologique sur la société?

    Dans l’encyclique Spe Salvi, Benoît XVI affirme que « Dieu n’est pour rien dans les souffrances humaines », en même temps qu’il dénigre les réformes destinées à améliorer la condition humaine, considérées comme de la présomption ; les responsables de nos malheurs sont le progrès et la science. En même temps, le Vatican exige que les racines chrétiennes de l’Europe soient mentionnées dans les traités européens. Devons-nous rappeler aussi les bûchers de l’Inquisition, les persécutions? Cette mainmise du religieux s’explique par la destruction de l’État social, qu’on veut remplacer par le mode caritatif, laissé aux bons soins des Églises.

    propos recueillis par morgan termeulen

    Charles Susanne mettait en garde contre l’offensive idéologique des institutions religieuses. 

     


    Espagne. Une visite papale financée par l’État.

     

    Premier acte politique

     

    Une fois l’internationale de libre pensée créée et ses statuts approuvés, les congressistes ont pu, grâce à l’intervention du délégué de l’Espagne, Albert Riba, prendre leur première décision politique.

    Albert Riba, président et membre fondateur de l’association Ateus de Catalunya (Athées de la Catalogne) a présenté au Congrès une proposition de motion visant à condamner la visite du pape Benoît XVI en Espagne dans le cadre des prétendues Journées mondiales de la jeunesse, qui ont eu lieu à Madrid du 16 au 21 août derniers. La motion, approuvée à l’unanimité, déclare que « face à la prochaine visite de M. Ratzinger, chef de l’Église Catholique, en Espagne du 19 au 21 août, nous reprochons aux autorités espagnoles de transiger avec quelqu’un qui se trouve être le chef autoritaire d’un groupe misogyne et antidémocratique, ainsi que de financer son voyage aux frais de citoyens qui ne partagent pas ses idées, circonstance aggravée par la grave crise économique que traverse le pays. De même nous nous déclarons solidaires de mouvements de protestation qui ont lieu dans beaucoup de villes d’Espagne, en dépit de l’opposition des autorités, qui ne respectent pas le principe de neutralité confessionnelle de l’État prévu par la Constitution espagnole ».

    Un message entendu cinq sur cinq par les Indignés espagnols.

    MT

     

     

     


     Témoignage. Un professeur licencié pour avoir retiré un crucifix de sa salle de classe.

     

    Défense de la neutralité religieuse

    Jusqu’en 2009, Valentin Abgottspon, enseignant en histoire, exerçait paisiblement ses fonctions dans un lycée public du canton de Valais, en Suisse. C’est à la fin 2009 qu’il décide de retirer le crucifix apposé au-dessus du tableau noir de sa salle de cours : « En 1990, la Cour fédérale suisse a rendu un arrêt selon lequel un crucifix dans une salle de cours d’un établissement public violait la neutralité religieuse dont l’État est garant », expliquait-il. Et de trancher, laconique : « Je l’ai donc rétablie moi-même ».

    Les ennuis commencent

    En 2010, le jeune enseignant se rend à une réunion avec le ministère de l’éducation du canton : « J’ai soulevé des questions concernant l’instruction religieuse et la prière pendant les heures scolaires », poursuivait-il en précisant que la loi du canton prescrit que « l’école publique doit préparer les élèves à leur tâche de personne et de chrétien ». Et d’interroger : « Qu’en est-il des enfants sans confession ou d’une autre religion? ».

    C’est à la rentrée scolaire qu’on lui demande de replacer le crucifix. Il refuse par deux fois et se fait licencier en octobre 2010.

    Depuis lors, le Conseil d’État (organe exécutif) du canton de Valais n’a toujours pas statué sur le caractère abusif du licenciement : « Il est scandaleux que des citoyens faisant preuve d’esprit critique et défendant leurs droits, soient menacés de mort sociale et pécuniaire », concluait-il.

    MT

     

    Valentin Abgottspon a récemment retrouvé un poste d’enseignant dans un canton voisin.

     


     

    Entretien. Face à la droite religieuse américaine.

    Un combat acharné

    David Silverman, un des représentants des États-Unis au Congrès d’Oslo, est président de l’association American Atheists, qui milite contre le sectarisme de la droite religieuse américaine.

    Quelle est la situation aux États-Unis?

    Bien que l’athéisme reste très impopulaire dans notre pays, les choses sont en train de changer ; notre voix se fait entendre plus que jamais. Des gens célèbres, qui n’auraient jamais osé s’exprimer publiquement auparavant, n’hésitent pas à proclamer leurs idées haut et fort dans les médias. L’Europe est encore très en avance sur nous, même si j’ai pu constater l’offensive grandissante que la laïcité subit sur le Vieux Continent.

    Quels sont les enjeux actuels pour votre organisation?

    Notre premier objectif est de faire en sorte que les athées soient acceptés dans la société américaine. Notre réputation négative est savamment entretenue par les prédicateurs et les lobbies politiques de la droite religieuse. C’est pourquoi les principaux groupes athées du pays ont décidé d’organiser un grand Rassemblement de la raison, qui se conclura par une marche sur Washington en mars 2012. Cela permettra non seulement de présenter le mouvement à l’opinion publique, mais aussi que chacun puisse se retrouver au mieux dans l’une des organisations qui l’incarnent.

    La laïcité fait pourtant partie de la Constitution des États-Unis…

    Certes, mais la droite religieuse tente toujours de nous retirer nos droits, de de réécrire l’histoire, restreindre la recherche scientifique et de dicter la politique du pays. À cet égard, American Atheists a été impliquée dans plusieurs procès visant à tenir les lobbies religieux en échec. À titre d’exemple, il convient de citer le récent procès contre « la Croix du Miracle », disposée à Ground Zero. C’est un morceau du World Trade Center ressemblant à une croix tordue. On l’a installée dans un musée financé par des fonds publics, avec un rituel religieux célébré par un prêtre. De telles actions sont illégales, nous avons donc porté l’affaire en justice. Ici, à Oslo, nous savons désormais que nous ne sommes pas seuls pour combattre le problème mondial de l’ignorance et des dogmes.

    entretien réalisé par m.t.

    David Silverman, président de l’association American Atheists, dirigera un grand rassemblement de la raison en mars prochain à Washington.

    MT

     


     

    Manifeste pour la liberté de conscience

    par  cilalp_france

     

    L’Humanité est née libre.

    La nature n’a créé ni titres, ni religions, ni Églises, ni censure, ni propriété.

    L’Humanité est devenue elle-même en sortant de la préhistoire dans un long combat contre les terribles épreuves de la planète qu’elle ne connaissait ni ne comprenait.

    Echappant peu à peu aux contraintes et aux entraves, y compris aux entraves et contraintes que l’Humanité avait créées, celle-ci dut, pour elle-même, affirmer ses droits.

    Les droits de l’Humanité ne se sont ni affirmés ni arrachés contre d’autres prétendus « droits », d’origine inconnue.

    Ils existent parce que l’Humanité existe.

    Les droits de l’Humanité sont des « vérités évidentes en elles –mêmes ».

    Le premier de ces droits, la première de ces libertés est le droit de penser librement.

    Cette liberté première et fondamentale s’appelle la liberté de conscience.

    En effet, avant les Églises, il y a l’Humanité.

    En effet, au dessus des Églises, il y a l’Humanité.

    Dieux, Églises, superstitions, dogmes sont des créations humaines et rien d’autre.

    Toujours plus de conscience

    « Plus de lumière ! »

    A des siècles de distance, nous faisons nôtre la dernière phrase de Goethe.

    La liberté de conscience, c’est la liberté pour l’Humanité d’examiner et de s’examiner.

    L’Humanité est faillible et perfectible parce qu’elle est dotée de raison, donc de critique.

    Ce que l’Humanité a fait, elle peut le défaire.

    Les générations successives ne peuvent s’enchaîner mutuellement et éternellement.

    A la différence des Églises, l’Humanité libre et consciente a refusé, refuse et refusera l’infaillibilité.

    Ce qui est bon pour les Papes n’est pas bon pour les hommes.

    L’Humanité est perfectible, c’est-à-dire qu’elle peut se corriger et s’améliorer ; elle ne considère pas le paradis comme un passé coupable et révolu ni comme un avenir inaccessible et mythique mais comme une action de tous les jours, permise par la liberté de conscience.

    Nous pouvons dire après Protagoras que « l‘homme est la mesure de toute chose ».
    Le génie humain est illimité. Capable de diviser la plus petite des cellules de l’Univers, il est aussi capable de modifier sa propre structure, de partir à la conquête des planètes, de travailler sur l’origine du monde et de réfléchir à son propre avenir.
    Il est, hélas, capable de programmer sa propre destruction.

    Le destin de l’Humanité est le projet de l’Humanité et Prométhée, le révolté, a eu raison d’arracher le feu à ceux qui en étaient les possesseurs d’après la Mythologie pour le donner aux hommes. Il est la métaphore de l’humanité en lutte pour son émancipation.

    Affirmant la liberté de conscience, ce qui n’est pas autre chose que la liberté de l’Humanité, l’Humanité s’est heurtée toujours aux dogmes religieux.

    Chaque fois que l’Humanité a avancé, quelle que soit la manière, et qu’elle a affirmé ses droits, les Églises ont condamné.

     

    L’Histoire

    La liste des martyrs et des héros de la liberté de conscience dépasse très largement le bref rappel que nous pouvons faire ici.

    Socrate, fut condamné à la ciguë parce qu’il préconisait à la jeunesse de réfléchir par elle-même.

    Le philosophe de la Sorbonne, Abélard, fut mutilé car il estimait que son opinion propre valait celle des « pères ».

    Le scientifique Galilée fut condamné pour ne pas avoir professé des vérités conformes à la Bible mais produites de ses propres recherches.

    Il en fut de même pour Etienne Dolet, Giordano Bruno, Michel Servet., Vanino Vanini et bien d’autres.

    Quand le premier texte en Occident établissant des droits (la « Magna Carta » en Angleterre en 1215) fut rédigé,l’archevêque de Canterbery Langton qui avait soutenu ce texte fut suspendu par le Pape.

    La déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, en France, fut condamnée par le Pape.

    Charles Bradlaugh, démocratiquement élu au Parlement de Westminster en 1880, a dû mener un long combat pour avoir le droit de siéger au Parlement sans avoir à prêter serment d’allégeance à la foi anglicane.

    Le pédagogue et libre-penseur d’Espagne Francisco Ferrer i Guardia fut fusillé en 1909 à la demande de la hiérarchie catholique.

    Le libre-penseur et libertin chevalier de la Barre a été exécuté sur l’ordre de l’Eglise et le dirigeant de la Libre-Pensée allemande, Max Sievers a été exécuté à Hambourg en 1943 par les nazis.

    La liste est bien longue …

    Elle témoigne du combat inlassable entre le dogme et la liberté de conscience.

    De nos jours

    Tout le monde voit que les Églises continuent à réprimer et persécuter les consciences. Les Églises n’ont pas changé.

    A titre d’exemples, au Pakistan, le Dr Younus Shaikh, accusé de blasphème a été condamné à mort en 2001 avant de pouvoir se réfugier en Europe après une campagne internationale de solidarité. Il a passé plus de 3 ans dans le couloir de la mort.

    Au Nigeria, le militant Leo Igwe a plusieurs fois été arrêté et brutalisé par la police pour avoir défendu les personnes accusées de « sorcellerie ». Il a été libéré en janvier 2011, après deux jours de détention, à la suite d’une campagne internationale en sa faveur.

    Le juge italien Luigi Tosti ne cesse de mener combat pour être rétabli dans l’ensemble de ses droits après avoir été révoqué parce qu’il avait refusé de tenir séance dans une salle de justice ornée d’un crucifix.

    La « Grande chambre », instance d’appel de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, saisie par le gouvernement Berlusconi, vient, le 18 mars 2011, de donner raison à l’État italien qui entend continuer à imposer la présence de crucifix dans les écoles publiques de la péninsule (affaire dite « Lautsi »).

    Nous pouvons prendre bien d’autres exemples, parmi lesquels la toute récente destruction d’oeuvres d’art à Avignon en France, par un commando catholique, parce qu’elles étaient jugées « blasphématoires ».

    Arracher, défendre ou rétablir la liberté de conscience

    Comme tout droit, la liberté de conscience doit être inscrite dans des textes, qu’ils soient des Déclarations, des Constitutions, des Lois ou des éléments juridiques. Dans certains pays, ces textes existent. Il s’agit du Premier amendement de la Constitution des États-Unis : « Le Congrès ne fera aucune loi accordant une préférence à une religion ou en interdisant le libre exercice, restreignant la liberté d’expression, la liberté de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d’adresser à l’État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis. » (1791), de la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat en France (1905) « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes », de l’article 3 de la Constitution du Mexique (1917) « ni acquisition, ni possession, ni administration de biens immobiliers pour l’Église, aucune personnalité juridique pour l’Église », du Portugal, de la Russie révolutionnaire en 1917, du référendum constitutionnel en Bolivie (2009), de la Constitution « intérimaire » du Népal (2007), entre autres.
    Il n’est pas superflu de rappeler que ces textes sont souvent malmenés et que leur défense ou leur rétablissement est nécessaire ; c’est le cas, par exemple, en France où tous les gouvernements depuis le gouvernement de Vichy ont violé la loi de Séparation.

    C’est pour cela que nous saluons tous les combats qui vont dans le sens de la liberté de conscience, parmi lesquels la récente abrogation du délit de blasphème au Royaume Uni. En Pologne, en mars 2010, Le magazine épiscopal Gosc Niedzielny et l’Archevêché de Katowice ont été condamnés pour avoir comparé la féministe Alicja Tysiac aux criminels nazis. D’autres exemples de victoire sont connus.

    Nous saluons les manifestations anticléricales en Pologne, en Italie ; nous saluons les dizaines de milliers de personnes défilant dans les rues de Beyrouth au Liban pour dire « La laïcité est la solution », dans un pays où le système est un mélange complexe de partage du pouvoir basé sur des quotas communautaires ; les milliers de manifestants en Tunisie reprenant à leur compte le mot d’ordre de « Laïcité = liberté et tolérance », « pour une Tunisie Laïque » ; les milliers de manifestants à Londres défilant lors de la visite du chef de l’Eglise catholique pour dire « Make the Pope pay » ; les manifestants laïques en Espagne …

    Sous toutes les latitudes, dans tous les continents, la forme est variable mais le fond est le même : l’exigence de la liberté de conscience !

    Nous combattons pour l’abrogation de tous les Concordats, contre toute guerre de religions et contre tout « choc des civilisations ».

    Réflexions

    Nos traditions et nos combats, incluant les motions et résolutions du Congrès mondial de la Libre-Pensée à Rome en 1904, sont le gage et la promesse de nos engagements.

    Dans la tradition du Congrès mondial de Rome en 1904, les présents ou représentés au Congrès mondial d’Oslo du 10 août 2011, fondant l’AILP (Association Internationale de la Libre Pensée) décident de mettre en œuvre deux campagnes, à savoir la vérité sur le financement des religions et la justice pour les victimes des Églises.

    Parce que nous sommes pour la liberté de conscience, ce qui implique la Séparation des Églises et de l’Etat, nous voulons que la clarté soit faite sur le financement des religions, sur cette « économie pourpre » qui grève les budgets des États aux dépens de la Santé, de l’Instruction, au profit de seuls destinataires qui se qualifient eux-mêmes de « spirituels »

    Nous voulons que justice soit rendue aux victimes des Églises.

    Justice n’est pas repentance.

    La repentance est une donnée religieuse qui n’engage que les Églises, se plaçant elles-mêmes au dessus des lois humaines.

    Nous voulons la justice, ce qui implique, en cas de culpabilité reconnue, des sanctions, y compris judiciaires, financières et morales.

    Justice pour les victimes des abus sexuels des Églises ; les abus sexuels des Églises se révélant être une institution de l’Institution.

    Justice pour les victimes des discriminations, du Quatrième Concile du Latran de 1215, condamnant les juifs au port de la rouelle, de l’Inquisition frappant juifs, musulmans ou « hérétiques ».

    Justice pour les peuples colonisés et « évangélisés », dépossédés de leurs droits et de leurs terres en Afrique, en Asie, en Amérique Latine, en Amérique du Nord. Pour reprendre les propos de J. Kenyatta « Lorsque les Blancs sont venus en Afrique, nous avions les terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés : lorsque nous les avons ouverts, les Blancs avaient la terre et nous la Bible. »

    Nous voulons la pleine liberté de la recherche scientifique, dans le respect de la conscience de chacun.

    Nous voulons le droit des femmes à disposer de leurs corps.

    Nous voulons la pleine séparation de l’instruction et de la religion. Libre aux familles d’apprendre ce qu’elles considèrent bon à leurs enfants, mais l’Instruction ne peut être l’œuvre que de l’École publique.

    Nous ne reprochons pas aux hommes leurs opinions.

    Nous reprochons aux institutions de vouloir imposer des opinions.

    Perspectives

    Nous, présents ou représentés au Congrès mondial de la Libre Pensée à Oslo, confrontés, à la fois, par nos recherches et par la situation à la question cruciale de la liberté de conscience, sans nous substituer aux associations et organisations, nationales et internationales quelles qu’elles soient, affirmons :

    - la liberté de conscience est constitutive de la démocratie ;

    - la liberté de conscience est constitutive de la libération de l’Humanité.

    Nous nous engageons à :

    - défendre partout et pour tous cette liberté

    manifester fraternellement et solennellement notre solidarité à tous ceux qui sont et seraient persécutés pour leurs opinions.

    -  demander à tous ceux qui se reconnaissent dans ce Manifeste de rejoindre ce combat.

    Ce Manifeste est soumis à discussion et proposé au vote du Congrès mondial de la Libre Pensée d’Oslo, qui se tiendra le 10 août 2011. Ce Congrès mondial se fixe pour objet de reconstituer une Association Internationale de la Libre Pensée.

     

     

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    Site du Comité international de liaison des athées et libres penseurs

    http://www.cilalp.org/

     

    Site de la Fédération Nationale de la Libre Pensée (France)

    http://www.fnlp.fr/

     

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    oslo ailp

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    Communiqué du Bureau européen de coordination de la Libre Pensée

    Accueil > [Français] Association Internationale de Libre Pensée (AILP) > A. Séparation entre religions et Etats > BECLP contre les 1 300 croix en Espagne

    BECLP contre les 1 300 croix en Espagne

    vendredi 3 octobre 2014

    Toutes les versions de cet article : [Deutsch] [English] [Español] [français]

    Communiqué du BECLP
    Bureau européen de coordination de la Libre Pensée

    Le BECLP informe les organisations laïques et de libre Pensée


    Les faits :

    Selon le site Laicismo.org, des groupes catholiques veulent installer 1 300 croix dans la Sierra GUADARRAMA (près de Madrid en Espagne).

    « A ce jour, ils ont installé quatre symboles religieux, mais leur intention est d’arriver à 1 300. Cette initiative de divers groupes catholiques vise à installer dans les sommets de la Sierra de Guadarrama un total de 1 300 croix », selon la convocation officielle diffusée par internet et distribuée au travers des portails internet catholiques,

    Les organisateurs sont, entre autre, l’Association Cruz de San Andrès et la Cruz de Borgoña, cette dernière étant de caractère Carliste (soutenant la lignée de Charles X et des Bourbons). « Cette action vise à défendre les valeurs comme l’abnégation et le courage ». Selon InfoVaticana, les participants qui défendent cette action " sans préjugés " sont mus par une " ardeur apostolique ".

    Dans une note publiée dans le portail Hispanidad, également d’inspiration catholique, les coordinateurs expliquent que cette initiative est menée par des " jeunes valeureux " disposés à accomplir " une petite héroïcité ". En effet, ils indiquent qu’il est indispensable de porter l’eau et la pierre nécessaires pour l’élaboration du ciment pour l’installation et la fixation permanente sur la " cime couronnée ".

    Comme le montrent les vidéos des éditions antérieures (celle de cette année étant la quatrième), le groupe de catholiques monte chaque année sur un sommet, dans le cadre d’une excursion qui coûte 10 euros par personne. Les fidèles marcheurs escaladent les sentiers, chargés de croix, d’une représentation de la Vierge et des drapeaux espagnols et du Vatican. Après quoi, ils s’y photographient.

    Notons que deux nouveaux objectifs ont été ajoutés aux intentions énoncées dans les éditions précédentes : susciter l’engagement et la cohérence des chrétiens " contre l’invasion islamique à venir " et la lutte contre « l’accommodation libérale qui envahit la société ».

    Ainsi, le 9 août dernier, lors de sa quatrième édition, la cime de la Maliciosa (1540m), en plein parc national de Guadarrama, a été « couronnée » par une croix de quatre mètres de haut.

    Des initiatives illégales

    Le quotidien La Cronica del Norte informe que de nombreux collectifs de montagnards et marcheurs se sont alarmés au travers des réseaux sociaux, dénonçant la présence de ces croix et de figures de la Vierge sur les cimes de la Sierra de Guadarrama.

    Les agents forestiers de Peñalara ont publié une page sur Facebook où ils expliquent que ces groupes n’ont pas obtenu d’autorisations. Les agents alertent des dangers pour la Sierra d’une pareille initiative, effectuée sans permis.

    De son côté, l’institut géographique national a expliqué que ces croix sont installées sur des points géodésiques, c’est-à-dire, des lieux où l’institut a installé des balises en forme de cônes pour aider à la localisation. Un permis spécial est nécessaire pour mettre en place ces éléments permanents.

    Après le tumulte entraîné par cette affaire, le ministère de l’Environnement de Madrid a exhorté les organisations religieuses à suspendre cette activité pour laquelle « aucun permis n’a été délivré. » Selon un porte-parole du ministère, des permis ne sont accordés que pour des occasions spéciales comme l’anniversaire de la Société royale espagnole d’alpinisme Peñalara, qui a été autorisée à placer une plaque commémorative.

    Objectif 1 300 persiste et signe

    http://laicismo.org/detalle.php?pk=37236

    Les groupes religieux qui sont à l’initiative de l’érection de ces croix répondent au ministère, enthousiastes : "A tous ceux qui résistent à la liberté de la foi catholique : toute vierge ou croix qui sera l’objet de démolition sera un motif inexcusable pour multiplier par deux le nombre de croix." Selon eux, cette ruée à l’implantation de croix a été décidée "directement de Rome" sans toutefois expliquer sa relation exacte avec le Vatican et persistera "tant qu’il restera un catholique en Espagne, avec un zèle apostolique, ils lèveront des croix, au nom de la Vérité ".

    Les participants "vont continuer d’entreprendre cet événement régulièrement, jusqu’à atteindre le nombre de 1 300 sommets sur toute la géographie espagnole, avec des croix et la Vierge", car transporter et installer des symboles religieux dans les montagnes est, disent-ils : "légitime, honorable et digne d’une activité chrétienne pour promouvoir l’ardeur apostolique ». De plus, ils annoncent qu’ils prendront toutes les mesures nécessaires "pour éviter les boycotts futurs » de leur site officiel, qui reste inaccessible.

    Une idée copiée

    Le site laicismo.org précise : « Ce qui se passe avec la Sierra de Guadarrama est une idée copiée. Près de la ville de Siauliai en Lituanie, il y a ce qu’on appelle la "Colline des Croix", créée lors de la répression tsariste des soulèvements pour l’indépendance de la Lituanie en 1831. Il y a eu plusieurs tentatives pour les faire disparaître dans la période soviétique (1961, 1973 et 1975), mais les croix sont apparues de nouveau. Aujourd’hui, il y a des milliers de croix (dont la croix en bois blanc donnée par Jean-Paul II durant son voyage officiel dans le pays). Ceci donne un panorama vraiment laid que vous voyez sur la photo ci-dessous. » (Voir http://laicismo.org/detalle.php?pk=37242)

    Poser des croix sur les montagnes espagnoles, une revendication de « l’intégrisme religieux » pour Europa Laica

    Le Président d’Europa Laica, Francisco Delgado, a traité de « fondamentalisme religieux » l’objectif des diverses organisations chrétiennes.

    Le ministère de l’Environnement de la Communauté de Madrid a déjà averti qu’il ne peut pas être installé objets dans les espaces publics naturels sans permis, de sorte que le gouvernement régional "adopte une attitude correcte face à un comportement illégal », comme l’indique à Servimedia Francisco Delgado.

    Selon le président d’Europa Laica, ce comportement est loin d’attirer de nouvelles personnes au christianisme, mais au contraire, il produit plus de rejet dans la population, et, à son avis, « le seul objectif poursuivi est d’installer des symboles religieux partout pour faire une démonstration de force, pour qu’on voit qu’ils sont la religion de la majorité ».

    D’autre part, Francisco Delgado a précisé que, face à ce comportement, ils travailleront avec les organisations environnementales pour arrêter l’implantation de ces objets dans les zones naturelles, « parce que c’est quelque chose qui est totalement illégal. »

    Le Bureau Européen de Coordination de la Libre Pensée apporte son soutien aux organisations laïques espagnoles dans ces diverses protestations contre cette tentative d’imposer un culte à tout un pays.

    Ce document est aussi disponible en format PDF.

     


     

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    L'appel de l'AILP

     


     NICE, PLACE GARIBALDI, 20 septembre 2014

    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

     

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    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

    DISCOURS DE HENRI HUILLE (CAN FNLP)

    Télécharger « discours pour le 20 septembre 2014.pdf »

    Journée internationale de la Libre Pensée

    -       20 septembre 2014 –

     

    Amis, citoyens, compagnons, camarades,

     

    Je vous apporte le salut fraternel de la Fédération nationale de la Libre Pensée et de l’Association Internationale de la Libre Pensée.

    C’est au IIème Congrès de l’A.I.L.P. de Mar del Plata en Argentine qu’il fut décidé de faire du 20 septembre, la journée internationale de la Libre Pensée sur tous les continents. Cette date du 20 septembre est chère au cœur de nos camarades libres penseurs latino-américains. Il existe un grand nombre d’associations du 20 septembre dans les pays du cône sud de l’Amérique.

    Ces associations honorent ainsi l’action de Giuseppe Garibaldi, surnommé le héros des deux-mondes. La Libre Pensée associe depuis longtemps deux grands personnages dans la lutte pour l’émancipation universelle : Simon Bolivar et Giuseppe Garibaldi.

    Ils ont bien des points communs. Simon Bolivar combattit toute sa vie, périlleuse et romanesque, pour l’indépendance des pays de l’Amérique du Sud, pour la République et pour l’affranchissement des opprimés. Au Pérou, il fit interdire le travail forcé, libéra les esclaves qui avaient combattu pour la libération du pays et fit décréter que tous les fils d’esclaves seraient désormais libres.

    Ce n’est pas pour rien que le surnom qui le fit rentrer dans l’histoire est le Libertador. Libération nationale, politique, culturelle, religieuse par une démarche fondamentalement laïque.

    Giuseppe Garibaldi avait 13 ans quand Simon Bolivar meurt. Plus tard, il adhère au mouvement « Jeune Italie » de Mazzini dont l’objectif est de transformer l’Italie en une République démocratique et unitaire.

    Il va combattre aussi, en Amérique latine, dans la plupart des pays où il rendra populaire et symbolique la chemise rouge de ses combattants. Rouge, car si le sang coulait dessus, cela se verrait moins. Rouge, car c’est la couleur de toujours des révoltés et des révolutionnaires. Il traversera tout le continent avec ses brigadistes pour la libération des pays, empruntant souvent le même chemin que Bolivar.

    Et il combattra avec intensité en Italie pour l’unification du pays et pour la République. Laïque, bien sûr, car il était fondamentalement et férocement anticlérical. Garibaldi participera, en combattant, dans les Trois guerres pour l’indépendance italienne. Le 8 février 1849, la République est proclamée à Rome. Garibaldi en est.

    Il va diriger l’expédition des Mille en Sicile en 1861. L’expédition est un franc succès et se conclut par un plébiscite qui fait entrer Naples et la Sicile dans le royaume de Sardaigne, ultime conquête territoriale avant la création du Royaume d’Italie, le 17 mars 1861.

    Ainsi, après le débarquement des Mille à Marsala et sa proclamation comme dictateur (dans le sens antique du terme, c’est-à-dire défenseur de la République) au nom de Victor-Emmanuel II, Garibaldi promet une réforme des latifundiums et l’élimination des taxes et impôts sur la terre. Ces promesses attirent dans ses rangs des légions de paysans qui faciliteront sa victoire   à Calatafimi  et la poursuite de sa campagne vers le Nord. Au nom de Garibaldi, les paysans envahissent les fiefs des barons latifundiaires et les terres communales. Mazzini, propose de son côté une Assemblée constituante qui légalise la propriété des terres occupées.(1)  

    Et le 20 septembre 1870, Rome est rattachée à l’Italie. Les troupes italiennes rentrent dans la cité papale par la porte Pia. C’est la fin des Etats pontificaux. Les prêtres vont être ramenés, selon la formule célèbre de Karl Marx, à la solitude de la prière. Le vieux rêve garibaldien s’accomplissait.

    Les Etats pontificaux représentaient le tiers de l’Italie. En unifiant l’Italie, en supprimant le pouvoir temporel du pape, les italiens refaisaient ce qu’avaient fait les révolutionnaires français en 1790 quand ils avaient nationalisé les biens du clergé et les biens de mainmorte qui, eux aussi, représentaient un tiers de la France. Le Vatican, pseudo-« Etat », mais réellement supranational, a toujours été contre l’avènement des Etats-nations.

    Il faut aussi souligner le caractère profondément internationaliste de l’action de Giuseppe Garibaldi. Pour cela, il aura l’indéfectible soutien de Karl Marx et de Friedrich Engels. Garibaldi va soutenir la révolte des polonais contre l’empire russe en 1863. Rappelons que c’est à Saint-Martin-Hall à Londres dans un meeting de soutien aux peuples irlandais et polonais que fut fondée, le 28 septembre 1864, l’Association Internationale des Travailleurs, la Première Internationale.

    Au début de la Guerre de Sécession aux Etats-Unis, Abraham Lincoln va lui demander de venir combattre à ses côtés, pour être le « Washington de l’Italie ». Garibaldi accepte si Lincoln fait adopter une déclaration d’émancipation totale des esclaves. Lincoln refusera à ce moment-, mais il la fera en 1865 à la fin de la guerre civile par l’adoption du 13éme Amendement de la Constitution. En 1862, n’y tenant plus, Garibaldi veut aller faire la guerre dans l’armée de l’Union, mais blessé, il ne pourra s’y rendre. Cependant, un Régiment Garibaldi, le 39ème d'infanterie de New York, fut formé en avril-mai 1861, sous le commandement d'un autre “Quarante-huitard”, le colonel hongrois Frédéric D’Utassy, et un drapeau, porté par Garibaldi lui-même dans les campagnes de 1848-1849, fut présenté au régiment qui combattit avec acharnement à Gettysburg en 1863. 

    Il combattra en France durant la guerre franco-prussienne en 1870. Il sera même élu à l’Assemblée nationale derrière Louis Blanc, Léon Gambetta, Victor Hugo. Quel podium ! Quand son élection sera refusée, Victor Hugo démissionnera de l’Assemblée nationale. La Commune de Paris fera appel à lui, mais il refusera de rentrer dans une affaire française, lui qui avait tant combattu pour l’unité de son pays, l’Italie.

    Quand il meurt, le 2 juin 1881, Victor Hugo écrira : « L’Italie n’est pas en deuil, ni la France, mais l’Humanité l’est ».

    Les deux gestes qui ont le plus inspiré les révolutionnaires italiens et latino-américains ont été ceux de  Simon Bolivar et de Giuseppe Garibaldi. Tous deux engagent des luttes d’émancipation politique pour couper les liens de sujétion de leurs peuples à des puissances étrangères. Tous deux émancipent pour les unifier des peuples libérés. Tous deux promeuvent des idées républicaines, démocratiques et de laïcisation de l’État et, avec les limites propres à chaque époque, des plans de réforme sociale et économique.  Les deux émancipateurs auront un destin pathétique : une fois achevée leur épopée militaire, des forces réactionnaires brisent leur projet politique et sociale.   (2)

    Après cette page d’histoire,

     il semble utile de faire le parallèle avec l’actualité d’aujourd’hui

     

    Célébrer la date du 20 septembre comme Journée internationale de la Libre Pensée, c’est affirmer notre volonté de combattre contre toutes les formes d’oppression supranationale qui remettent en cause l’existence des Etats-nations. C’est affirmer que le supranationalisme est contraire à l’Internationalisme, qui suppose l’existence des nations, alors que le supranationalisme exige leur disparition. C’est aussi affirmer la nécessaire émancipation de la Nation française face aux menées et directives européennes qui menacent sa pleine souveraineté et les droits et acquis démocratiques et sociaux du peuple.

    A  l’heure  où des pays comme la Palestine, la Syrie, la Lybie sont disloqués par la volonté du FMI, de la Banque Mondiale, des USA et de l’Union européenne ; célébrer la journée du 20 septembre, c’est lutter contre les gendarmes du monde qui entendent imposer à tous les peuples leurs diktats et leurs volontés. Car aujourd’hui, c’est contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que les Etats-Unis et leurs valets entendent imposer leur droit à disposer des peuples.

    Célébrer la journée du 20 septembre, c’est aussi refuser que l’on oppose les citoyennes et citoyens au nom de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires en instituant des droits différents selon l’utilisation d’une langue régionale ou pas, car ce serait l’éclatement de la République et la création de droits différents selon les régions.

    Célébrer la journée du 20 septembre, c’est défendre l’œuvre des révolutions qui ont émancipé politiquement et unifié les peuples, comme le fit la Grande Révolution française selon l’expression de Pierre Kropotkine, le révolutionnaire russe. C’est donc également saluer l’avènement de la première République en France proclamée les 21 et 22 septembre  1792, presque date pour date, 78 ans plus tôt. Evénement-référence pour les libres penseurs  du monde entier !

    C’est refuser qu’une religion, le catholicisme, puisse imposer ses dogmes aux  Républiques, aux peuples et aux nations. C’est dire clairement que les 14 concordats catholiques qui sévissent en Europe sont des survivances féodales des Etats pontificaux. En Alsace-Moselle, dans notre pays, tous les citoyens ne sont pas égaux devant l’exercice de leur liberté de conscience. Les religions reconnues sont subventionnées à hauteur d’une somme annuelle de 58 millions d’euros.

    La Liberté de conscience impose que les fonds publics ne servent pas à discriminer les citoyens entre eux par un usage antilaïque des fonds publics. L’Egalité des citoyens en droits impose que soit respectée partout la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905. La Fraternité impose le refus des opérations militaristes menées au nom du « droit d’ingérence » qui n’est qu’une survivance des guerres coloniales.

    A travers cette journée internationale du 20 septembre, c’est tout cela que la Libre Pensée entend célébrer dans sa lutte pour l’Emancipation intégrale de l’Humanité.

    Ni dieu, ni maître !

    A bas la Calotte et vive la Sociale !

     

    Je vous remercie

     

    (1)    Et (2), cités par Luis Britto Garcia

     


     

     

    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    ARTICLE DE MORGAN TERMEULEN  in LA MARSEILLAISE:

    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

    À ceux qui salissent Jaurès en s’en réclamant

    • Écrit par  Morgan Termeulen
    • dimanche 28 septembre 2014 12:00
    Les libres penseurs de la région PACA rendaient hommage à Jaurès et Garibaldi samedi à Nice. Les libres penseurs de la région PACA rendaient hommage à Jaurès et Garibaldi samedi à Nice. PHOTO M.T.

    La Libre pensée de la région PACA célébrait le 20 septembre sa journée internationale à Nice, ville natale du révolutionnaire italien Giuseppe Garibaldi, avec une conférence sur Jaurès.

    « De nos jours, les plus féroces adversaires de Jaurès, disons-le sans pitié et sans faiblesse, ce sont bien les dirigeants du Parti socialiste ». Ainsi s’exprimait le conférencier, historien spécialiste de l’œuvre jaurésienne et de la Révolution française, samedi dernier à Nice à l’occasion d’une conférence sur Jean Jaurès lors de la célébration de la journée internationale de la Libre pensée organisée en région PACA dans la ville natale du révolutionnaire italien Giuseppe Garibaldi (voir encadré ci-contre).

    Célébrer la lutte pour la liberté

    L’Association internationale de la Libre pensée (AILP, fondée en 2011 dans un silence médiatique assourdissant malgré une présence journalistique avérée), a fixé au 20 septembre sa journée internationale. C’est le 20 septembre 1870 que Giuseppe Garibaldi entre à Rome avec ses troupes pour en faire la capitale de l’Italie en mettant fin à l’existence des États Pontificaux et donc au pouvoir temporel de l’Église sur une bonne partie de la péninsule italienne, ainsi qu’en parachevant l’unité de la nation italienne. C’est aussi le 21 septembre 1792 que la République est proclamée pour la première fois en France. Il était donc naturel que les libres penseurs de la région PACA choisissent Nice, ville natale de Garibaldi, comme lieu de la célébration, n’en déplaise à Christian Estrosi, maire UMP de la ville, pour qui cet héritage libertaire doit être lourd à porter.

    « Célébrer cette date, c’est affirmer notre volonté de combattre contre toutes les formes d’oppression supranationale, déclarait Henri Huille, reponsable la LP des Bouches-du-Rhône, c’est aussi affirmer que le supranationalisme est contraire à l’Internationalisme, qui suppose l’existence des nations, alors que le supranationalisme exige leur disparition. C’est aussi affirmer la nécessaire émancipation de la Nation française face aux menées et directives européennes qui menacent sa pleine souveraineté et les droits et acquis démocratiques et sociaux du peuple. C’est lutter contre les gendarmes du monde qui entendent imposer à tous les peuples leurs diktats et leurs volontés. Car aujourd’hui, c’est contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que les États-Unis et leurs valets entendent imposer leur droit à disposer des peuples ». L’orateur poursuivait, devant la statue de Garibaldi dans le vieux Nice, en rappelant le legs démocratique et social des révolutions qui ont émaillé l’histoire : au premier chef, la Révolution française, qui a « émancipé et unifié le peuple », ainsi que le refus des dogmes religieux qui, encore de nos jours,
    « s’imposent dans de nombreux pays et régions d’Europe, comme en Alsace-Moselle ». Et de conclure :
    « C’est ce que nous célébrons dans la lutte de l’humanité pour son émancipation intégrale ».

    M.T.

     

    Pour l’orateur, de nos jours, « tout le monde est jaurésien ». C’est pourquoi, expliquait-il, la Libre pensée a décidé de mettre un accent tout particulier sur Jaurès à l’occasion du centenaire de son assassinat : « Dans ce déluge d’eau bénite, la Libre pensée a décidé d’ajouter un peu de vinaigre », persiflait-il en rappelant l’odieuse campagne de calomnies et d’appels au meurtre qui s’était déclenchée contre Jaurès avant son assassinat et le déclenchement de la grande boucherie de 14-18. L’historien citait pêle-mêle Charles Maurras, pour qui « M. Jaurès, c’est l’Allemagne ». Léon Daudet, qui voit dans le tribun de la classe ouvrière « le symbole ignoble, tonitruant et véreux du parlementarisme expirant ». Sans oublier le grand écrivain catholique Charles Péguy qui, en 1913, demandera « une charrette et un roulement de tambour pour l’empêcher de nuire une dernière fois avant que ne nous délivre de lui le couteau de la guillotine ». Toujours Péguy : « Je demande pardon au lecteur de prononcer le nom de Jaurès [qui] est devenu si bassement ordurier [...] un fourbe, un grossier maquignon du Midi ». Charmant.

    Campagnes ordurières d’hier et d’aujourd’hui

    « Tout cela a été bien vite oublié, notait l’historien, tout comme on a confortablement voulu faire oublier pourquoi cette odieuse campagne, puis la mort de Jaurès avaient été orchestrées : pour permettre le déclenchement de la guerre ». Et de poursuivre, implacable : « Ceux qui feignent de rendre hommage à Jaurès aujourd’hui, tout comme ceux qui l’avaient calomnié de son vivant, insultent tout ce qu’il a fait ». L’orateur prévenait que l’héritage d’un grand personnage de l’histoire n’est pas à prendre à la légère. Pour ce dernier, Jaurès répondait aux questions et problèmes de son temps et non pas du nôtre : « Il est inutile de vaticiner sur ce qu’aurait fait Jaurès sur telle ou telle question de notre époque, là n’est pas le problème. Les questions que l’humanité se pose, elle est capable, à notre sens de les résoudre toute seule ».

    L’historien poursuivait en dénonçant les manipulations sur la mémoire de Jaurès. Premier exemple, une affiche du PS de 2005 appelant à voter pour le «oui» à la Constitution européenne, où on voit Jaurès brandir le drapeau bleu étoilé de l’Union européenne : « C’était le drapeau rouge qu’il brandissait sur la photo, honteusement remplacé, dans la pire tradition stalinienne de manipulation de l’histoire, par celui de l’UE ». Pour l’historien, il y a de multiples Jaurès, qui se superposent et dont les réponses ne sont pas forcément adaptables à notre temps : « Il était favorable à l’arbitrage international pour la résolution des conflits guerriers : on a vu ce que cela donne cet été. Mais en 1914, la situation était différente ».

    Le conférencier évoquait ensuite l’évolution politique et intellectuelle de Jaurès depuis ses débuts, pur produit de la IIIe République, républicain petit-bourgeois attaché aux idéaux de la Révolution : « Or, la devise républicaine (liberté, égalité, fraternité) pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. C’est à travers cet héritage que Jaurès en viendra au socialisme, qui est pour lui l’aboutissement de la République. Jaurès était un homme que la misère et la souffrance humaine écœuraient : il s’est toujours adressé à l’humanité dans son ensemble ».

    L’orateur revenait ensuite sur l’implication de Jaurès dans l’affaire Dreyfus, ses polémiques avec Guesde pour l’entrée d’un ministre socialiste dans le gouvernement de défense républicaine de Waldeck-Rousseau (« Mais l’avocat du ministérialisme ne fut jamais ministre »), sa lutte pour rassembler et construire la SFIO et son combat acharné contre la guerre et, enfin, le débat avec Clemenceau, ministre de l’Intérieur et briseur de grèves : « On sait les préférences du premier ministre Manuel Valls pour ce dernier ; ce n’est pas un hasard : c’est l’ordre social face à la justice sociale défendue par Jaurès ». Et à la question de savoir si Jaurès était réformiste ou révolutionnaire : « Les deux. Jaurès était favorable à toute réforme qui allait dans le sens des intérêts de la classe ouvrière. Mais que signifie le mot réforme? Si on y met la casse des services publics, des hôpitaux, des écoles, Jaurès n’y était pas favorable ».

    L’assassinat de Jaurès

    « À l’époque, on sentait que la guerre allait éclater. L’obstacle, c’était Jaurès. On ne connaît pas tous les tenants et les aboutissants mais derrière, la diplomatie russe a sans doute joué un rôle », poursuivait le conférencier en abordant le jugement de son meurtrier, Raoul Villain. Lors de ce procès, un témoin à décharge n’est autre que Marc Sangnier, fondateur du Sillon, donc de la démocratie chrétienne en France. Il témoignera de la « haute qualité morale » de l’assassin de Jaurès : « Et qui se réclame de Sangnier, de nos jours? La deuxième gauche chère à Jacques Delors et Michel Rocard. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est François Hollande, lorsqu’il rend hommage à Jacques Delors en rappelant par qui il avait été inspiré », faisait observer l’historien. Et de conclure : « Il y a donc une continuité politique entre celui qui témoigne en faveur de l’assassin de Jean Jaurès et ceux qui, aujourd’hui, se réclament frauduleusement de sa mémoire. Contre les calomniateurs d’hier et les faussaires d’aujourd’hui, construisons l’avenir en clamant haut et fort : Vive Jaurès ! ».

    MORGAN TERMEULEN

     


     

     

     

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    20 septembre 2014 :Journée internationale de la Libre Pensée

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