• Les églises sous perfusion des Etats et réciproquement. Pour la laïcité en Europe!

    Les églises sous perfusion des Etats et réciproquement

    Publié le 18 octobre 2010 par LIBRE PENSEE 04

     

    • Bonaparte  justifiait le concordat de 1801en expliquant les avantages pour l'Etat de favoriser la religion 

    Comment avoir de l'ordre dans un Etat sans religion?…la société ne peut exister dans un Etat sans religion. La société ne peut exister sans l'inégalité des fortunes, et l'inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à côté d'un autre qui regorge, il lui est impossible d'accéder à cette différence s'il n'y a pas là une autorité qui lui dise "Dieu le veut ainsi, il faut qu'il y ait des pauvres et des riches dans le monde; mais ensuite et pendant l'éternité le partage sera fait autrement…

     
    • Anatole France, libre penseur, reprochait à l'Etat de se faire le pourvoyeur de(s) (l')église(s) :

     Les églises sous perfusion des Etats et réciproquement

    "C'est vous qui lui donnez les armes dont elle vous frappe. Pour les lui retirer, qu'attendez-vous? Administrée par vous, elle domine toujours vos administrations. Rompez les liens par lesquels vous l'attachez à l'Etat, brisez les formes par lesquelles vous lui donnez la contenance et la figure d'un grand corps politique, et vous la verrez bientôt se dissoudre dans la liberté."

                in " L'Eglise et la République" 1904

     

    Georges CORM (libanais d'origine, spécialiste du Monde Arabe)  :

    Recours au religieux et non pas retour du religieux

    Les églises sous perfusion des Etats et réciproquement"L’appel occidental à la religion, qu’il s’agisse de l’invocation des valeurs dites judéo-chrétiennes ou du recours aux différents fondamentalismes des Églises américaines, témoigne bien moins du retour du religieux que de son contraire, le recours à la religion. Ce recours provient de la nécessité de donner un vernis de légitimité à des actions politiques qui, au regard des critères classiques de l’humanisme moderne, tel que façonné depuis la philosophie des Lumières et la Révolution française, en manquaient totalement. (…) En fait, le retour du religieux, loin d’être un phénomène naturel, une réaction quasi biologique aux excès dans lesquels la laïcité aurait conduit le monde, est un phénomène politique majeur qui n’a de religieux que le nom. Il n’est lié à aucune évolution majeure dans les constructions théologiques et politiques ou dans les expressions de la foi, sinon le regain de lecture littérale de l’Ancien Testament et des Écritures qui sévit aux Etats-Unis, mais aussi(…) pour d’autres raisons, dans les sociétés musulmanes et le judaïsme."
    La question religieuse au XXIe siècle Géopolitique et crise de la postmodernité (p 33-34)
     ___________________________________________________________________

    La "doctrine sociale de l'Eglise" à l’œuvre dans les institutions de la Communauté européenne 

    europe vaticane

    C'est eux qui le disent!


    La Commission des épiscopats  de la Communauté européenne

     

            La Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE), a été fondée en 1980 et dispose d'un Secrétariat permanent basé à Bruxelles. Composée d'évêques délégués par chacune des Conférences épiscopales des pays membres de l'Union européenne (UE) - actuellement 24 Conférences épiscopales issues des 27 États membres -, la COMECE s'est vue confier une triple mission: informer l'Église et les chrétiens sur les développements des politiques de l'UE, accompagner la construction européenne par des études et réflexions et mener un dialogue avec les institutions communau­taires. Mais cette présence de l'Église auprès des institutions européennes est le résultat d'un long processus.

              L'Église catholique a soutenu dès ses débuts le projet de construction européenne qui était inspiré et orienté par des valeurs centrales pour la doctrine sociale de l'Église: la dignité humaine qui fut ensuite traduite dans les droits de l'homme, la solidarité traduite en politique de cohésion régionale, la subsidiarité transposée dans l'architecture institutionnelle de l'UE,

    Mais, pendant trente ans, le processus de construc­tion européenne a ciblé le marché commun et a prati­quement ignoré la contribution que l'Église pouvait apporter au processus. Deux facteurs ont ensuite changé la donne­

               Avec la chute du Rideau de fer en 1989, Jacques Delors, Président de la Commission européenne à l’époque, a lancé l'initiative « une âme pour l'Europe », une réflexion sur le sens et les objectifs de la construction européenne, à laquelle il a invité toutes les «  instances de sens », y compris les Églises et les communautés de foi.

               D'autre part, le projet européen a été peu à peu obligé de faire face au fait religieux dans le cadre des directives et règlements de !'UE, Puis, le droit primaire de l'UE a dû prendre en compte et reconnaître l'existence des Églises et religions comme élément intégral des pays membres- Aujourd'hui, l'article 17 du futur Traité sur le Fonctionnement de l'UE (mis en place par le Traité de Lisbonne) prévoit que l'UE reconnaisse la relation Église­-État qui existe dans les États membres et qu'elle mène un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Églises, compte tenu de leur spécificité. Même si l'article 17 n'est pas encore entré en vigueur, cette pratique de dialogue est déjà appliquée entre la COMECE, le Parlement euro­péen et la Commission ces dernières années.

                   Ce dialogue n'est pas simplemen1ïformel. Il est basé sur un intérêt réel des institutions européennes. Les insti­tutions européennes ont en fait reconnu dans les Églises des relais d'opinion pour promouvoir le projet euro­péen, mais aussi des représentantes de citoyens, qui, au nom de leur foi, sont particulièrement engagés dans la société, La Commission européenne consulte fa société civile avant d'élaborer tout projet législatif. Or, l'Église, qui gère de nombreux services sociaux (hôpitaux, mai­sons de retraite), caritatifs ou d'accueil de migrants, dis­pose d'une expérience de terrain précieuse et recherchée par le législateur européen,

                    Ensuite, face à la technicité toujours plus forte de la législation, le législateur perd aussi parfois le sens géné­ral du projet européen, En rappelant les valeurs fondatrices qui devraient guider l'action politique, l'Église agit comme une boussole et parfois comme garde-fou face à des projets parfois contre-productifs.

                  Enfin, beaucoup de chrétiens travaillent dans les institutions européennes, particulièrement des jeunes. Leur travail quotidien à la Commission européenne, au Parlement européen ou au Conseil est guidé par leur foi et leur désir de servir le bien commun. Mais il leur est parfois difficile de garder le sens de leur engagement dans un contexte hiérarchique lourd ou dans un contexte politique parfois hostile aux croyants, Ils trouvent dans la COMECE un soutien, une expertise, un conseil utile.

     

    Johanna Touzel, Porte-à-porte de la COMECE 

     


    Les églises sous perfusion des Etats et réciproquementOLIVI Bino ( porte parole de la CE pendant vingt ans) L'Europe difficile; Histoire politique de la Communauté européenne - folio histoire 

    la SUBSIDIARITE (Traités de Maastricht complété et réafirmé par celui d’Amsterdam) contre la démocratie de délégation

    Le principe de subsidiarité

      Le moment est venu d’affronter l’une des dispo­sitions les plus controversées et les plus délicates du traité sur l’Union, qui a fait l’objet d’examens minutieux et de conflits, entamés durant les négo­ciations et qui se sont poursuivis durant toute l’année 1992. Il s’agit du principe de subsidiarité, qui, nous l’avons vu, figurait déjà dans le projet de traité de l’Union du Parlement européen, et qui est énoncé à l’article 3 B comme suit: «La Commu­nauté agit dans les limites des compétences qui lui sont conférées et des objectifs qui lui sont assignés dans le présent traité. Dans les secteurs qui ne sont pas de sa compétence exclusive la Communauté intervient, selon le principe de subsidiarité, seulement si et dans la mesure où les objectifs de l’action prévue ne peuvent être suffisamment réalisés par les Etats membres et peuvent donc, en raison des dimensions ou des effets de l'action en question, être mieux réalisés au niveau communautaire. L’action de la Communauté ne va pas au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs du présent traité.»

     

    Aucun texte officiel avant celui-ci n’avait énoncé le principe de manière aussi détaillée, en l'élevant au rang de «commandement » sous forme juridique. Il est valable pour l’application de toutes les normes du traité, appartenant à un des trois piliers.

    Historiquement, il s’agit d’un principe éthique affirmé en des temps récents par la doctrine sociale de l’Église (encyclique "Quadragesimo Anno" du pape Pie XI en 1931 et «Mater et Magistra» du pape Jean XXIII en 1961), visant à réguler les rapports de pouvoir entre l’autorité suprême de l'Etat, les secteurs intermédiaires de la société et les familles, ces dernières devant bénéficier d’une autonomie de comportement, conforme aux pres­criptions de l’autorité morale et religieuse de l’Église. L’action de l’État et des secteurs intermédiaires devait donc être considérée comme «subsidiaire» à l’égard des familles, cellules de base de la réalité et de la vie chrétienne. Le concept catholique de «civitas propter cives, non cives propter civitatem» a des origines antiques, et il fut repris par les derniers papes pour déterminer les limites de l’activité étatique moderne et défendre en parti­culier la liberté religieuse et celle de l’Église.

      Dans les systèmes étatiques contemporains, la règle de la subsidiarité est présente, en particulier en Allemagne, où le «Subsidiaritäts Prinzip » jouit désor­mais d’une longue expérience concernant les rapports entre les Lànder et le Bund. Dans les dis­cussions du projet de traité du Parlement européen l’exemple allemand avait joué un rôle important, et la distinction entre compétences « exclusives » et «concourantes» avait été explicitée suivant les lignes des articles 71 et 72 de la Loi fondamentale allemande (Grundgesetz).

    Dans l’article 3 B du traité de Maastricht, que nous avons transcrit plus haut, cette distinction n’est pas aussi claire et elle conserve une certaine ambiguïté qui donnera lieu à des discussions infi­nies, au cours de l’année 1992, après le non danois au référendum. L’ambiguïté concerne, évidem­ment, les compétences concourantes, les compé­tences exclusives étant les seules à être clairement indiquées dans l’article 3, qui énumère par ailleurs les compétences concourantes mais sans les dis­tinguer suffisamment. Ce manque d’ordre et de clarté (qui ne faisaient pas défaut dans le projet Spinelli) permet d’expliquer l’âpreté de la contro­verse dont ce thème fit l’objet.

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