• Lettre aux élus concernés par l'article de HPI (15-21 juillet 2016) “TEMPOREL et SPIRITUEL naturellement associés''

    Lettre aux élus concernés par l'article de HPI (15-21 juillet 2016) “TEMPOREL et SPIRITUEL naturellement associés''

    Libre Pensée 04

     

     

     

     

     

                                               à

     

     

    Monsieur le Maire du Castellet

     

    aux élus du Val de Rancure présents à la bénédiction de l’oratoire

     

    à la Rédaction de HPI

     

    objet: l'article de HPI (15-21 juillet 2016) “TEMPOREL et SPIRITUEL naturellement associés''

     

    Monsieur le Maire,

    Mesdames et Messieurs les Elus,

    Monsieur le Rédacteur en chef de Haute Provence Info,

     

    Des citoyens de votre commune nous ont interpellés suite à l'article “Temporel et Spirituel naturellement associés'' paru dans Haute Provence lnfo du 15-21 juillet 2016.

     

    Titre pour le moins provocateur, vous en conviendrez, au moment où la laïcité institutionnelle, c'est à dire la loi de 1905 dite de “séparation des églises et de l'État'', est plus que jamais enfreinte, malmenée, dénaturée, bafouée systématiquement par des élus de la République, ignorant le texte ou bien ouvertement malveillants. Pourtant, n'est-ce pas aux élus de la République, plus que jamais, de montrer l’exemple en ces temps troublés?

     

    Une fois de plus, et j’ajoute hélas, l'occasion est donnée à la Libre Pensée, la plus ancienne association laïque de ce pays (1848), de rétablir l'esprit et la lettre de cette loi, en quelque sorte son enfant,  qui a assuré un bon siècle de paix religieuse et civile en France.

     

    Tout d'abord, il faut rappeler que l'État et les églises sont séparés. Ce divorce de décembre 1905 après une année de discussions à la Chambre et dans le moindre bourg et hameau reculé, tient en 2 courts articles:

    Article 1: La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. 

     

    Article 2: La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.  

     

    La plupart des édifices religieux et leurs mobiliers, datant d'avant 1905, sont la propriété de l'État, des départements et des communes. Lorsque des travaux d'entretien sont nécessaires, ils sont essentiellement pris en charge par les collectivités publiques.

    Aussi, est-il normal et utile que les élus et les représentants de l'État inaugurent ces réalisations. Ces inaugurations publiques, d'ordre républicain, permettent de montrer concrètement, entre autres, que la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'État a permis et permet de sauvegarder le patrimoine français. Elles peuvent être l’occasion de grands discours louant la République et ses bienfaits auprès du peuple.

     

    Mais, la fonction publique des élus et des représentants de l'État s'arrête juste avant les rites religieux: bénédiction, procession, messe, office, etc.

    Autrement dit, après que soit coupé le ruban tricolore, chacun doit rester dans son registre, les uns repartant avec leurs attributs d'élus ou de représentants de l'État, les autres poursuivant leur chemin spirituel. Sinon, ce serait reconnaître un culte, contrairement à l'article 2 de la loi de 1905.

     

    Au regard de ces articles, la loi de 1905 n'a pas été respectée au Castellet, puisque, si l'on en croit HPI, ''C'est en présence des élus du Val Rancure que s'est déroulée la bénédiction de l'Oratoire par le père Joseph Nkongolo Panu.''

     

    En l'occurrence, il y a là reconnaissance d'un culte par les élus présents es-qualité à cette bénédiction.

     

    Un point de vocabulaire: précisons que l'anticléricalisme évoqué dans l’article de HPI est le refus de l'intervention des églises dans la sphère publique (État, collectivités territoriales). Il faudrait y ajouter: et réciproquement, car l’Etat n’a pas pour sa part à s’immiscer dans les affaires des églises sauf en cas de trouble de l’ordre public. La plus grande liberté étant laissée aux cultes dans la sphère privée ( lieux de culte, la rue, chez soi, l'intimité de chacun. )

     

    Monsieur le Maire, HPI vous prête ce propos en guise de commentaire de l'arrêté du 15 mai 1905 pris par le maire Fortuné Brémond, avant la promulgation de la loi de 1905: “...si les arrêtés, les délibérations, les décrets faisaient les lois, c'est surtout la tolérance et la bonne volonté des gens qui font la paix.''

     

    N'est-ce pas oublier avec quelque légèreté que la tolérance, le “fait du prince”, privilège du Roy qui pouvait tolérer aujourd'hui ce qu'il pouvait décider de ne plus tolérer demain, est à l’origine des plus atroces injustices, expulsions, persécutions, guerres de religion et autres actes de barbarie qu’a connus notre pays.

    Cette tolérance, réclamée à juste titre, par défaut, par le grand Voltaire en son temps, a été heureusement dépassée depuis par les législateurs de 1789, qui l’ont écartée, instituant les prémices de la laïcité en France par l'article 10 de la Déclaration des Droits de l'homme et du Citoyen. (Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.) 

    La loi de 1905 des Briand, Buisson et Jaurès, a, quant à elle, couronné (humour!) cet article en donnant à tous les citoyens la jouissance de la plus grande liberté individuelle qui soit: la liberté de penser dont découle le libre exercice du culte de leur choix.

     

    Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs, depuis décembre 1905, le “temporel” et le “spirituel'' dont le mariage (concordat, théocratie etc.), appelé de ses voeux, semble-t-il,  par le titre de l’article de HPI, fut historiquement à l’origine des plus grands affrontements civils, ne sont heureusement plus associés. Ils sont séparés pour le bien, le salut et la paix de tous.

    Ce que résume toujours parfaitement la formule du grand écrivain et libre penseur Victor Hugo: “L'Etat chez lui, l'église chez elle''.

    Encore fallait-il le rappeler.

     

    Veuillez agréer, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs, nos salutations laïques et républicaines.

     

    Pour la Libre Pensée 04, son président,

    Marc Pouyet

    ____________________________________________________________________________________

    commentaires:

    Boulegan vient de réagir à l'article "Lettre aux élus concernés par l'article de HPI (15-21 juillet 2016) “TEMPOREL et SPIRITUEL naturellement associés''" :

    réponse à:Rancune tenace?

    Il ne s'agit pas de cela. L'affaire est bien plus sérieuse:

    Regardez comme l'assassinat d'un prêtre est saisi, l'occasion faisant le larron, par des hommes politiques de droite comme de gauche pour instrumentaliser l'islam en France, aux fins de généraliser le concordat de 1801 à toute la France par le financement public. Sachez, comme il est rappelé en début de blog, que la loi Debré de 1959 détourne chaque année plus de 7 milliards d'euros de fonds publics rien que pour l'enseignement catholique!

    Que les élus respectent à la lettre et dans l'esprit les articles 1 et 2 de la loi de 1905 et la république se portera bien mieux!

    G.Bruno pour la Libre Pensée 04

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