"La Revanche du parti noir", la conférence de Pierre Roy
"La Revanche du parti noir", la conférence de Pierre Roy
Préface de Henri Pena-Ruiz
Editions Abeille Castor

à gauche, Pierre Roy, membre de la CAN de la FNLP


Les Mées-Mairie
Conférence du 24 09 11
« La revanche du parti noir »
l-la lente mise à mort de l'école publique-
par Pierre Roy.
bref compte-rendu
Pierre Roy est co-auteur avec Michel Godicheau et Michel Eliard de ce livre, comme il l’expliquait lui-même, « inédit, ni lisse ni consensuel et, pour cette raison, ignoré par la plupart des médias. (exception faite de La Quinzaine Littéraire* et autres…) » .
Pierre a énoncé clairement le but de cet ouvrage: « Pour restaurer l’Ecole de la République, il faudra une mobilisation puissante, nécessaire mais difficile. ».
Il s’agit d’armer la résistance à la « lente mise à mort de l’Ecole publique » ( le sous-titre) entreprise conjointe et complémentaire du patronat (CNPF, MEDEF) et de l’Eglise romaine.
Pierre a retracé la conquête tumultueuse de l’Ecole laïque, fruit à la fois du combat de classe et de la lutte anticléricale pour arracher le droit à l’instruction égal pour tous les enfants du peuple.
"Rendre la raison populaire" Condorcet
Ce combat ébauché pendant la Révolution avec ses multiples projets d’instruction et d’éducation, verra émerger celui, d’instruction publique, de Condorcet (ses Cinq Mémoires sur l’instruction publique et son Rapport et projet de décret), visant à arracher les citoyens à l’obscurantisme de l’Eglise, à "rendre la raison populaire".
Après la revendication de la Commune de Paris de 1871 et du mouvement ouvrier, Jules Ferry, Ferdinand Buisson et Paul Bert dès 1880 instaurent l’enseignement public, laïque et obligatoire.
Pour le CNPF,
il faut en finir avec les « peaux d’ânes », « le culte du diplôme ».
Si la bourgeoisie industrielle- ses intérêts bien compris d’une main-d’œuvre instruite- voyait plutôt d’un bon œil l’œuvre scolaire de la IIIème république, le patronat dès 1968 (rapport Edgard Faure) s’en prend à cette Ecole publique qui qualifie (code du travail) la jeunesse, car pour le CNPF et le MEDEF (ensuite), il faut en finir avec les « peaux d’ânes », « le culte du diplôme ».
Pierre a évoqué les idéologues thuriféraires de la mise à mort de l'école publique:
-les Intellectuels Bourdieu, Baudelot et Establet, ces deux derniers affirmant que « l’école capitaliste » reproduit les idées de la classe dominante, comme si la jeunesse n’y trouvait pas son émancipation, malgré tout, même « en » société capitaliste ;
-Antoine Probst dont 'l'hisoire de l'éducation en France" fait l'impasse sur la période avant 1800, les projets sous la Révolution, des Condorcet, Rabaud-St Etienne etc.
-l’idéologue (« décroissant ») Ivan Illich prônant « une société sans école » pour en finir avec cette prétendue aliénation qu’elle constituerait;
-ces "gourous pédagogiques", conseillers insatiables de la mise à mort de l’école publique depuis une quarantaine d’année, tels Philippe Meirieu,
" La résistance de l'Eglise est à l'origine de la radicalité
du combat pour l'Ecole laïque en France."
Pierre a rappelé la première séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1795, le concordat de 1802 qui va perdurer jusque 1905, année de la loi de séparation actuelle.
Il a évoqué le très réactionnaire comte Falloux (1850) et "l'instituteur-bedeau-balayeur-donneur de catéchisme" soumis à la surveillance et aux exigences des clercs, décrit par Flaubert dans "Bouvard et Pécuchet".
La puissante lutte des classes à la Libération rétablit l'Ecole républicaine, laïque
En 1959, la loi Debré constitue "un véritable coup d'Etat contre la République" par le financement sur fonds publics de l'enseignement privé confessionnel !
Plus récemment, Pierre a rappelé le "symposium de Louvain" de 1972 qui a inauguré la reprise en main par l'Eglise romaine des programmes scolaires, en premier lieu, ceux d'histoire.
Ce livre doit être absolument lu pour qui veut un éclairage sans concession, sans illusion, ne contournant aucun obstacle, dans une situation où les points de repère ont été brouillés et continuent de l'être à chaque nouvelle contre-réforme destructrice.
Le débat qui a suivi a permis un premier approfondissement de la question
-Le droit à l'instruction, un droit de l'homme?
Bien sûr, fondamental même! (Danton: "Après le pain, l'instruction est le premier besoin du peuple" Convention, séance du 13 août)
-Evaluation des "compétences" ou des "connaissances"?
Les compétences, ce sont les désideratas du patronat, d'une gestion managériale de la société, où la recherche de la rentabilité (commerciale )maximale et immédiate est la priorité.
L'évaluation des compétences (livret dès la maternelle) se substitue au contrôle des connaissances par discipline, base des diplômes et qualifications.
-Egalité des chances ou égalité des droits?
Quel rapport entre la chance d'avoir encore une école dans son village et le droit qui implique d'avoir une école dans chaque village pour tous les élèves (Loi Goblet 1882...)?
La substitution pernicieuse de chances à droits, passée dans le langage courant, tente en réalité de masquer une inégalité galopante et de plus en plus criante.
-Quid de la grève générale de "1968" et des revendications des enseignants?
Les grandes idées de 1968 ont été perverties. Exemple: jamais on a revendiqué la suppression des cours du samedi matin(allègements...).
Aujourd'hui, "le chanoine de Latran"qui, au nom de la liberté du peuple lybien, rétablit la charia!...
Privatisation de l'école, dans l'air du temps
Exemple, quand la municipalité de Puy St Vincent dont on a supprimé l'école, finance elle-même un enseignant pour assurer la scolarité dans le village comme cela devrait-être.
Vers l'autonomie des établissement dont les chefs recrute(rai)ent sur profil et non plus sur statut fonction public.
La privatisation tente de passer par les traités de l'UE: l'école privée confessionnelle reconnue comme "concourant au service public" (idem : livre blanc sur les services d'intérêt général)? Un remake du SPULEN de Savary en 1982? ...
Egalité filles-garçons dans l'instruction:
Revendication des femmes de la Commune de 1871 notamment avec Louise Michel et Anna Jaclard, une russe immigrée.
无神 wushen (=sans dieu)
REDACTION EN COURS,
A SUIVRE

* Voir l'article de Jean-Jacques Marie dans la Quinzaine littéraire:
L'article dans la MARSEILLAISE:
Cliquez sur la photo ou sur le lien:
http://www.lamarseillaise.fr/alpes/interdire-a-la-jeunesse-l-emancipation-par-le-savoir-24343.html
Avant de se quitter,
une petite visite au monument des Mées à la mémoire des bas-alpins de 1851 qui se sont levés pour défendre la République contre le coup d'Etat de Napoléon III.

EN ANNEXE AU DEBAT:
DANTON
"Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple"
Discours à la Convention, séance du 13 août
(extraits)
"Citoyens, après la gloire de donner la liberté à la France, après celle de vaincre ses ennemis, il n’en est pas de plus grande que de préparer aux générations futures une éducation digne de la liberté.
Tel fut le but que Peletier se proposa. Il partit de ce principe que tout ce qui est bon à la société doit être adopté par ceux qui ont pris part au contrat social . Or, s’il est bon d’éclairer les hommes, notre collègue, assassiné par la tyrannie, mérita bien de l’humanité.
Mais que doit faire le législateur ? Il doit concilier ce qui convient aux principes et ce qui convient aux circonstances.
On a dit contre le plan que l’amour paternel s’oppose à son exécution. Sans doute il faut respecter la nature, même dans ses écarts ; mais si nous ne décrétons pas l’éducation impérative, nous ne devons pas priver les enfants du pauvre de l’éducation.
La plus grande objection est celle de la finance ; mais j’ai déjà dit qu’il n’y a point de dépense réelle là où est le bon emploi pour l’intérêt public, et j’ajoute ce principe que l’enfant du peuple sera élevé aux dépens du superflu des hommes à fortunes scandaleuses.
C’est à vous, républicains célèbres, que j’en appelle ! Mettez ici tout le feu de votre imagination ; mettez-y toute l’énergie de votre caractère : c’est le peuple qu’il faut doter de l’éducation nationale. Quand vous semez dans le vaste champ de la République, vous ne devez pas compter le prix de cette semence. Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple.
Je demande qu’on pose ici la question : sera-t-il formé, aux dépens de la Nation, des établissements où chaque citoyen aura la faculté d’envoyer ses enfants pour recevoir l’instruction publique ?(...)
Il est nécessaire que chaque homme puisse développer les moyens moraux qu’il a reçus de la nature. Vous devez avoir pour cela des maisons communes, facultatives, et ne point vous arrêter à toutes les considérations secondaires. Le riche paiera, et il ne perdra rien s’il veut profiter de l’instruction pour son fils.
Je demande que, sauf les modifications nécessaires, vous décrétiez qu’il y aura des établissements nationaux où les enfants seront instruits, nourris et logés gratuitement, et des classes où les citoyens qui voudront garder leurs enfants chez eux pourront les envoyer s’instruire." (...)
[remarque: Danton utilise indifféremment les deux termes:"éducation" et "instruction"]
Source:
1789 Recueil de textes et documents du XVIIIe siècle à nos jours
CNDP-Ministère de l'Education Nationale de la Jeunesse et des Sports-
"L'instruction éduque, l'éducation n'instruit pas!"
<<L’instruction publique demande des lycées, des collèges, des académies, des livres, des instruments, des calculs, des méthodes; elle s’enferme dans des murs.
L’éducation nationale demande des cirques, des gymnases, des armes, des jeux publics, des fêtes nationales, le concours fraternel de tous les âges et de tous les sexes, et le spectacle imposant et doux de la société humaine rassemblée: elle veut un grand espace, le spectacle des champs et de la nature. (...)>>
La discussion a eu lieu en 1793...
PROJET D’EDUCATION NATIONALE
par le député J.P. RABAUT (1793)
« Citoyens,
C'est de l’éducation nationale que je viens vous parler. (...)
Existe-t-il un moyen infaillible de communiquer incessamment, tout à l’heure, à tous les Français à la fois, des impressions uniformes et communes, dont l’effet soit de les rendre, tous ensemble, dignes de la révolution; de la liberté, ce droit de justice qui se convertit souvent en iniquité; de l’égalité, ce lien fraternel qui se change si aisément en tyrannie; et de cette élévation simple et noble, où l’espèce humaine a été portée depuis quatre ans, dans le combat à mort qui a été livré entre toutes les vérités et toutes les erreurs? Ce moyen existe sans doute: il consiste dans ces grandes et communes institutions, si bien connues des anciens, qui faisaient qu’au même jour, au même instant, chez tous les citoyens, dans tous les âges et dans tous les lieux, tous recevaient les mêmes impressions, par les sens, par l’imagination, par la mémoire, par le raisonnement, par tout ce que l’homme a de facultés, et par cet enthousiasme que l’on pourrait appeler la magie de la raison.
Ce secret a bien été connu des prêtres, qui, par leurs catéchismes, par leurs processions,(...), par leurs cérémonies, leurs sermons, leurs hymnes, leurs missions, leurs pèlerinages, leurs statues, leurs tableaux, et par tout ce que la nature et l’art mettaient à leur disposition, conduisaient infailliblement les hommes vers le but que les prêtres se proposaient. Ils s’emparaient de l’homme dès sa naissance; ils s’en saisissaient dans le bas âge, dans l’adolescence, dans l’âge mûr, à l’époque de son mariage, à la naissance de ses enfants, dans ses chagrins, dans ses fautes, dans sa fortune, dans sa misère, dans l‘intérieur de sa conscience, dans tous ses actes civils, dans ses maladies et dans sa mort. C'est ainsi qu’ils étaient parvenus à jeter dans un même moule, à donner une même opinion, à former aux mêmes usages, tant de nations différentes de mœurs, de langage, de lois, de couleur et de structure, malgré l’intervalle des monts et des mers. Législateurs habiles, qui nous parlez au nom du ciel, ne saurions-nous pas faire, pour la vérité et la liberté, ce que vous avez fait si souvent pour l’erreur et pour l’esclavage?
Il suit de cette observation, que je crois grande, car elle embrasse tout l’homme, toute la société des Français, toute l’espèce humaine; il suit, dis-je, de cette observation, qu’il faut distinguer l’instruction publique de l’éducation nationale. L’instruction publique éclaire et exerce l’esprit, l’éducation nationale doit former le cœur: la première doit donner des lumières, et la seconde des vertus; la première fera le lustre de la société, la seconde en fera la consistance et la force.
L’instruction publique demande des lycées, des collèges, des académies, des livres, des instruments, des calculs, des méthodes; elle s’enferme dans des murs.
L’éducation nationale demande des cirques, des gymnases, des armes, des jeux publics, des fêtes nationales, le concours fraternel de tous les âges et de tous les sexes, et le spectacle imposant et doux de la société humaine rassemblée: elle veut un grand espace, le spectacle des champs et de la nature. (...)
Toute sa doctrine consiste donc de s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance; car l’enfant qui n’est pas né appartient déjà à la patrie.
Elle s’empare de tout l’homme sans le quitter jamais, en sorte que l’éducation nationale n’est pas une institution pour l’enfance, mais pour la vie toute entière.(...)Lorsque les principes constitutionnels et le mode de gouvernement auront été ratifiés par le peuple, ils seront rédigés, en forme de catéchisme; et tout enfant, âgé de quinze ans, sera obligé de le savoir par cœur. Il sera dressé un catéchisme simple et court sur les droits et les devoirs des nations entre elles, que tout garçon de quinze ans sera obligé de savoir par cœur(...) »
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«( …)Quant à moi, je vois clairement deux faits distincts, l’éducation et l’instruction . L’éducation, c’est la famille qui la donne ; l’instruction, c’est l’Etat qui la doit. L’enfant veut être élevé par la famille et instruit par la patrie. Le père donne à l’enfant sa foi ou sa philosophie ; l’Etat donne à l’enfant l’enseignement positif.
De là , cette évidence que l’éducation peut être religieuse et que l’instruction doit être laïque. le domaine de l’éducation, c’est la conscience ; le domaine de l’instruction, c’est la science. Plus tard, dans l’homme fait, ces deux lumières se complètent l’une par l’autre.(…)
(Extrait d’une lettre à M. TREBOIS, Président de la Société des écoles laïques)
Messieurs, toute question a son idéal. Pour moi, l’idéal dans cette question de l’enseignement, le voici : L’instruction gratuite et obligatoire. Obligatoire au premier degré seulement, gratuite à tous les degrés (Murmure à droite). L’instruction primaire obligatoire, c’est le droit de l’enfant, (Murmures) qui, ne vous y trompez pas, est plus sacré que le droit du père et qui se confond avec le droit de l’Etat.(…)
Partout où il y a un champ, partout où il y a un esprit, qu’il y ait un livre. Pas une commune sans une école, pas une ville sans un collège, pas un chef-lieu sans une faculté.
EGALITE DES DROITS OU EGALITE DES CHANCES?
LA FIN DE L’ÉCOLE Michel ELIARD Puf CHAPITRE 1
“ Le droit ne peut jamais être plus élevé
que l’état économique de la société et que le
degré de civilisation qui y correspond. ”
Marx, Critique du programme de Gotha (1875).
La notion d’égalité des chances mérite examen. Depuis des décennies, les réformes scolaires ont été présentées comme les moyens de sa réalisation. La force symbolique de cette notion est telle que, à droite comme à gauche, on continue à présenter cet objectif comme étant réalisable alors même que les inégalités sociales s’aggravent de façon spectaculaire. Elément essentiel de l’arsenal idéologique du libéralisme, la perspective de l’égalité des chances a pourtant reculé vers un horizon lointain.
Dans le domaine de la scolarisation, elle a été au centre des problématiques sociologiques, dans des recherches visant à analyser les causes de l’inégalité de réussite, de l’inégalité d’accès à l’enseignement secondaire et supérieur, et elle a pu servir de légitimation à des réformes dont l’objectif proclamé était, entre autres, de compenser les effets de l’origine sociale sur le déroulement des cursus scolaires. L’égalisation de ces chances d’accès ne s’étant pas réalisée, bien au contraire, la critique s’est alors dirigée contre l’École qui, en traitant de manière égale des individus inégaux, serait responsable de la persistance des inégalités.
C’est ainsi que la représentation, issue du mouvement des Lumières, de la tradition socialiste et de l’œuvre de la IIIe République, représentation de l’École comme institution ayant pour fonction d’instruire et d’émanciper les individus, a été mise en question au moment même où un nombre sans cesse croissant de jeunes accédaient à l’enseignement postobligatoire.
La question de l’égalité des chances a fait couler beaucoup d’encre. Le large consensus qui s’est établi pendant des décennies autour de l’idée selon laquelle, moyennant des réformes, l’École pourrait égaliser les chances scolaires dans une société inégalitaire a fortement contribué à occulter la remise en cause de l’égalité formelle des droits.
Le mot chance appartient au registre du hasard, de la probabilité. Chance vient du latin cadere (tomber) ; c’est, par exemple, la manière dont tombent les dés. L’égalité des chances évoque l’image d’une course dans laquelle les participants ont théoriquement des chances égales de l’emporter, mais elle masque l’inégalité réelle des compétiteurs. Pour donner les mêmes chances à chacun il faudrait échelonner les départs selon les capacités de chacun ou tirer le gagnant au sort. Mais appliquer une notion qui relève de la loterie au domaine de la course aux titres scolaires et aux postes professionnels constitue ce qu’il faut bien nommer une mystification. En effet, on proclame qu’on peut agir sur les effets, l’inégalité scolaire, alors qu’il n’est pas question d’agir sur les causes, l’inégalité sociale. L’évocation d’une prétendue possibilité d’égalité des chances aboutit à escamoter l’importance de l’égalité formelle, juridique, donc à responsabiliser l’École et à disculper le pouvoir politique. La substitution au “ droit ", qui relève du pouvoir politique, de la “ chance ”, qui est de l’ordre de l’aléatoire, est, de plus, une imposture puisque les jeux sont faits très en amont, c’est-à-dire en dehors de l’Ecole.
Il advient même que la mise en évidence de cette mystification aboutit néanmoins à la critique, non seulement de l’École, mais même du rôle que le mouvement des Lumières attribua à l’instruction. Ainsi, Tony Andréani et Marc Féray écrivent “ A l’aube de la société moderne, les philosophes se sont vivement intéressés au problème de l’éducation, tels Rousseau et Diderot. Leur préoccupation d’alors nous paraît bien lointaine aujourd’hui. Pour eux, l’école devait sortir la société de l’obscurantisme moyenâgeux, et faire entrer dans l’ère des Lumières une population d’hommes nouveaux, aptes à prendre part avec maturité à la vie politique. L’accès à l’instruction et à la culture devait ainsi permettre de réaliser une certaine égalité entre les individus, et surtout de leur donner une indépendance et une liberté que l’homme inculte ne peut atteindre, comme le soulignait par exemple Condorcet, dans son Rapport sur l’instruction publique: en cela, l’instruction publique s’avérait une condition essentielle de la République...
Si de telles conceptions nous semblent aujourd’hui un tantinet anachroniques, c’est moins parce que la démocratie moderne a acquis dans les principaux pays riches une assise solide, que parce que l’école est souvent soupçonnée de jouer maintenant un rôle différent, quoique dérivé, de celui que lui assignaient ses premiers concepteurs. De soutien à la République, l’école n’est - elle pas devenue son alibi ? ” (Discours sur l’égalité parmi les hommes, L’Harmattan, 1993, p. 89-90).
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Un article de Jean Jacques Marie paru dans la Quinzaine littéraire n° du 15 juillet
La revanche du parti noir….
Michel Eliard, Michel Godicheau, Pierre Roy :La revanche du parti soir ;la lente mise à mort de l’école publique. Préface de Henri Pena –Ruiz Editions Abeille et Castor 2011 316 pages 18 euros , 50.
De tous les thèmes ouverts à l’imagination des barbouilleurs de copie en tous genres , bardés ou non de titres et de diplômes, l’école est de loin le plus maltraité. Il n’est pas dans le coin le plus reculé de la feuille la plus obscure, dans la recoin le plus sombre de n’importe quel ministère, de Trissotin, qui n’ait son idée sur la « réforme » de l’école. Mais chose qui paraît au premier regard étrange et curieuse : tous ces projets répètent inlassablement les mêmes exigences, mises en œuvre tout aussi inlassablement par les ministères successifs : dénoncer un prétendu entassement de connaissances déclarées inutiles,« alléger », « élaguer » des programmes hypocritement déclarés « encyclopédiques » .
La liste des poncifs que ces exigences suscitent est interminable : l’égalité des chances( à la place de l’égalité des droits) mettre « l’enfant au centre du système scolaire » , la « massification » de l’enseignement, la formation tout au long de la vie, le dialogue avec les usagers, l’interdisciplinarité , 80 % d’une génération au baccalauréat, le remplacement du cours magistral( ?) par le dialogue et par des activités plus ou mois ludiques où l’élève façonne lui-même son savoir(illusoire), les méfaits abominables( et coûteux !)du redoublement, les horreurs de la notation qui traumatisent les élèves( bientôt confrontés aux suppressions d’emploi urbi et rure qui, elles, ne devront pas les traumatiser puisqu’elles expriment la loi du marché et la loi n’est-ce pas c’est la loi !…et d’ailleurs ,c’est bien connu, sur le marché tout le monde est gagnant, même les perdants…etc .
Ces poncifs recouvrent une politique et le premier mérite de La revanche du parti noir est de la définir .La tâche n’est pas facile. A l’ère dite de « la com » les faits les plus simples sont présentés sous un jour qui masque leur réalité la plus élémentaire. Une époque qui invente les bombardements humanitaires n’a aucune peine à déguiser une contre-réforme en réforme, un démantèlement en rénovation, une dislocation en reconstruction.
C’est ,selon la formule de Michel Sérac » le lycée light qui rend facultatifs Molière ou Voltaire, élague les faits historiques, l’histoire importune des révolutions.. .etc» Dans le droit fil de cet élagage généralisé, l’ineffable Jack Lang ,le meilleur financier ministériel de l’enseignement catholique( les accords Lang-Cloupet) avait mis en doute la nécessité d’un enseignement spécifique de la grammaire puisque tous les enseignants de toutes disciplines enseignent( ou au moins parlent) en français ! Rien ne vaut la pratique !
Avec son goût des formules choc sans doute fabriquées par ses serviteurs en communication Nicolas Sakozy a donné une définition pertinente de cette politique. Au lendemain de son élection à la présidence d e la République se hâtant de se rendre au Vatican prendre possession du titre de chanoine de Latran réservé depuis belle lurette aux rois de France pourtant déchus. Il a déclaré « L’instituteur ne remplacera jamais le curé » . Par cet acte d’allégeance à Benoît XVI et cette affirmation de la subordination de l’instruction au dogme et à la foi, Nicolas Sarkozy affirmait une continuité : la tentative systématique et multiforme de réduire l’instruction et donc l’école publique et ses personnels au niveau le plus bas possible.
C’est sans doute à cette fin qu’il a nommé au ministère de l’Education nationale un homme dont toute la carrière se résume à trois fonctions successives ( compte non tenu de la députation qui n’a rien d’une fonction) chef de groupe à l’Oréal, chef de projet à l’Oral, Directeur des ressources humaines à l’Oréal. Tout un programme.
Le premier mérite du livre d’Eliard, Godicheau et Roy est de définir ce que cachent réellement ces poncifs et la rhétorique amphigourique qui leur sert d’emballage médiatique. Le second mérite est de déterminer le rôle central joué dans cette politique par « le parti noir » c’est-à-dire l’Eglise catholique allié fort précieux du pouvoir dans ce type d’entreprises. Son troisième mérite est de montrer comment l’Union européenne et sa Commission, véritable conseil d’administration des intérêts privés dont ses membres sont issus, joue un rôle d’accélérateur voire d’incitateur dans cette politique. C’est en effet l’Union, européenne qui a systématisé l’ idée superbe du « service public »…rendu par des organismes privés et donc le « partenariat public-privé » dans lequel le secteur public finance et supporte les pertes éventuelles et secteur privé » ramasse les bénéfices.
« L’égalité des chances ».
Combien de mesures, combien de « réformes » ont été prises depuis trente o u quarante ans au nom de « l’égalité des chances » opposée à « l’égalité en droit » o u »des droits » qui ne serait qu’une abstraction vide de contenu et donc conservatrice ou réactionnaire. Les auteurs rappellent d’abord que le premier promoteur de la première, opposée à la seconde, fut le maréchal Pétain en personne. Dans son discours du 11 octobre 1940 il déclarait :
« Le régime nouveau(…) ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des « chances » données à tous les français de prouver leur aptitude à servir(…) Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous. »
Le même Maréchal en même temps supprimait les Ecoles normales des instituteurs, les syndicats et décidait de financer l’enseignement catholique. Si mes souvenirs sont bons, ce financement était assuré non par le ministère de l’Education nationale mais par le Ministère de l’Intérieur, soulignant ainsi la mission d’ordre moral (si l’on peut dire..)assumée traditionnellement par cet enseignement. Il est vrai que le clergé remerciait alors abondamment le Maréchal en lui distribuant force lauriers.
Un droit est inscrit dans un ou des textes. On peut s’appuyer sur son existence reconnue pour en exiger l’application, avec des possibilités de succès qui dépendent des rapports de forces ,de la combativité de ceux qui en exigent la mise en œuvre, de la résistance opposée en face ..etc ; les « chances » relèvent d’on ne sait quels aléas , du hasard ou de la grâce divine qui n’en est qu’un autre nom.
La professeur de droit Geneviève Koubi, citée par nos auteurs, a explicité le sens de l’opposition entre ces deux égalités, l’une trompeuse, l’autre de principe . « Le discours juridique s’incline devant la décision économique. L’égalité des chances est un des outils dont disposent les gouvernants (…)pour entériner les conséquences de leurs politiques économiques » L’égalité des chances est celle des individus qui achètent un billet de loterie : ils ont tous une chance ( infime) de gagner mais ils n’ont aucun droit à faire valoir et à revendiquer.
Le parti noir.
Rien d’étonnant que dans cette perspective la bourgeoisie française, sous ses divers gouvernants de toutes étiquettes politiques, ait fait appel à l’Eglise catholique et à son école. Partout où elle le peut grâce à sa place dans la société et dans l’Etat, l’Eglise se bat contre les libertés les plus élémentaires : là ou elle le peut encore elle se bat pour interdire le divorce , (non pas à ses seuls fidèles mais à tous les citoyens ,ce qui relève du totalitarisme) , là où elle le peut( et elle le peut dans de nombreux pays) elle interdit la liberté d’avorter( et là encore non seulement à ses fidèles mais à l’ensemble des citoyens, utilisant à cette fin totalitaire le bras armée de l’Etat).Là où elle est trop affaiblie pour pouvoir imposer, elle compose avec la complicité des pouvoirs en place.
Tout au long de la deuxième moitié du 19 éme siècle et au début du 20 éme siècle l’Ecole publique s’est construite contre la main-mise du clergé qui a multiplié les obstacles : subordination de l’instituteur au curé, pas d’enseignement secondaire pour les filles, puis pas de mixité garçons et filles. La République a encouragé cette émancipation pour deux raisons complémentaires, fort bien élucidées par les trois auteurs de ce livre : jusqu’à la fin du 19 ème siècle l’Eglise affirme son attachement à la monarchie et donc son hostilité à la « gueuse »,ensuite le développement du capitalisme exigeait la formation d’une main d’oeuvre et de cadres qualifiés. Elle a besoin de comptables, d’ingénieurs, de chimistes, de physiciens, de géologues, de géographes , de médecins…etc et donc d’un enseignement fondé sur la méthode scientifique et non sur le dogme et sur sa forme dégénérée , le catéchisme . Cette double exigence la pousse à enlever le contrôle de l’école à l’Eglise.
A perdant – gagnant : le partenariat public-privé !
Depuis un demi-siècle les priorités se sont inversées. La loi du 31 décembre 1959, dite loi Debré, fait entrer l’école catholique dans la notion vague – mais rentable ! – du « service d’intérêt général », bien entendu reconnu ensuite par l’Union européenne. L’exposé des motifs de la loi Debré affirme d’abord : » Tout conduit aujourd’hui la France à instruire une jeunesse plus nombreuse et ,en dépit de tout ce qui a déjà été fait, l’effort immense qui doit être demandé au pays pour assurer son avenir ne peut être mené à bien qu’avec le concours de tous. » Cette formule vague signifie qu’il faut mettre l’école privée( à 93 % catholique, sur le même plan que l’école publique et donc lui assurer les mêmes crédits( et depuis même plus !). Tordant l’ histoire avec un sans-gêne fort répandu, l’exposé des motifs ajoute : « Pendant la Résistance et au lendemain de la libération (…) les esprits les plus clairvoyants avaient compris que la France avait besoin de rassembler toutes ses forces pour surmonter les difficultés qui l’attendaient et que cette indispensable unité imposait de mettre fin aux discordes scolaires sans pour autant imposer l’uniformité. »
Aujourd’hui les grands pays capitalistes sont engagés dans une vaste entreprise de désindustrialisation ( de 1999 à 2009 les Etats-Unis ont fermé 57.000 usines !). Les générations d’ingénieurs et autres métiers de ce type appartiennent au passé, remplacés en grande partie par des métiers qui fabriquent et vendent du vent( communication, management, sondages, publicité, animation, cabinets d’audit…etc), Aussi, en dehors d’une élite sociale réduite confiée de plus en plus à des établissements privés couverts de crédits les gouvernements ne confient plus à l’école que la formation( si l’on peut dire) de futurs précaires aux emplois à saute-mouton.
Dès lors se sont succédé les lois finançant l’école privée (à 93 % catholique), assimilant l’école publique à cette dernière en inventant le « projet d’établissement » copié-collé sur la « caractère propre » des établissements privés…
De tout cela Eliard, Godicheau et Roy donnent une description que l’on ne risque guère de trouver ailleurs. Aussi bien donc ne pas s’en priver.
jean-jacques marie
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LES DRAPEAUX 04


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« La dépêche des Alpes » du samedi 9 décembre 1905
Enfin !
Par 181 voix contre 102, le Sénat a adopté mercredi l’ensemble du projet de loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat, qui devient ainsi définitive.
Cette journée historique marque la fin de la lutte séculaire des républicains contre le privilège de l’Eglise romaine. Désormais, il n’y a plus en France d’Eglise officielle. La théocratie a disparu de nos lois.
Si l’on se reporte à dix années en arrière, on a peine qu’un pareil progrès ait pu s’accomplir par l’effort légal du parti républicain sans aucune commotion révolutionnaire.
Il y a dix ans en effet, au lendemain de la chute du ministère Bourgeois, l’Eglise semblait près de mettre la main sur la République. Ses congrégations innombrables reconstituaient peu à peu la mainmorte et dressaient contre la société civile une société rivale, contre la société des droits de l’homme la société théocratique.
Dix ans après, nous retrouvons les congrégations dispersées ou dissoutes, et l’Eglise elle-même dépouillée des privilèges qu’elle tenait du Concordat.
C’est une véritable révolution, dont les effets ne tarderont pas à se manifester.
Le République l’emporte enfin sur l’Eglise.
Vive la République !
« La dépêche des Alpes » du 6 janvier 1906
Thoard
Libre Pensée – Dans la réunion du 26 décembre, les libres-penseurs de Thoard ont voté à l’unanimité l’ordre du jour suivant :
« Les libres-penseurs de Thoard adressent au citoyen député Isoard, le seul élu du département qui tienne compte de ses électeurs, leurs remerciements pour les votes franchement démocratique qu’il émet à la Chambre. Ils regrettent que la politique de l’éteignoir ait triomphé, lors du scrutin relatif à la suppression du vote secret. Ils espèrent que cette question sera reprise et aboutira à la suppression d’un mode de vote qui ne s’explique pas dans un siècle de progrès et de lumière. Ils ont appris avec plaisir le vote final de la séparation et espèrent que cette loi qui n’est pas parfaite, sera révisée et, en attendant, cette révision appliquée dans toute son intégrité. Les libres-penseurs constatent avec regret que la fermeture des écoles congréganistes a cessé. Ils désirent vivement qu’un Comité qui comprendra tous les groupes républicains, se forme à Digne et que ce Comité, rompant avec les vielles habitudes, prépare son programme et l’impose au candidat qu’il aura choisi.
Le président
BOYER Paul.
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« La dépêche des Alpes » du 5 & 18 août1906
Réunion du Comité Fédéral
Dimanche dernier, 5 août, s’est tenu à Sisteron, dans la salle de la Libre Pensée Sisteronnaise « La Raison », une réunion générale du Comité fédéral. La séance était présidée par le citoyen Nicolas, secrétaire général de la Fédération, assisté du citoyen Tourrès, secrétaire adjoint et Maurel. Le citoyen Gasquet, trésorier, maire de Sisteron, s’étant fait excuser. Presque toutes les sociétés bas-alpines étaient représentées par leurs délégués.
L’ordre du jour comportait :
1° L’adoption du compte rendu de la dernière réunion ;
2° La lecture de la correspondance comprenant au particulier une lettre du citoyen Louis Manent, de Guillestre (Hautes-Alpes), recommandant son livre vraiment démocratique : « En France, dans la République » (Prix 2fr.50) ;
3° L’adhésion au Congrès régional du Sud-Est qui doit se tenir à Arles les 25 et 26 août 1906. Le comité fédéral délègue à ce Congrès le citoyen Martin Denis, président du groupe l’Aurore, et le charge de soutenir les désidératas de la Fédération : A) de la laïcisation de tous les établissements publics, hôpitaux, écoles, etc. ; B) mesures à prendre par le gouvernement pour défendre aux prêtres, pasteurs, rabbins ou officiants quelconques, de procéder à la cérémonie des baptêmes sans l’autorisation préalable des pères et mères de famille ; C) cérémonies civiles.
4° L’adhésion au Congrès national qui doit se tenir à Paris les 2 et 3 septembre 1906. Le citoyen (…)
(…) et religieuses.
5° Organisation du Congrès de la Fédération bas-alpine qui doit se tenir à Sisteron le 30 septembre 1906. Ce Congrès comprendra une réunion privée réservée aux discussions des questions du programme un grand banquet démocratique et une réunion publique où seront conviés les élus républicains et les sociétés républicaines. Le comité fédéral est chargé d’élaborer un programme et de rédiger une circulaire qui sera adressée à toutes les sociétés des Basses-Alpes et des départements voisins. Les groupes qui désirent soumettre des vœux à ce Congrès sont priés d’en adresser la teneur au citoyen Petit, président du groupe de Riez, qui est chargé du rapport général.
Cette réunion du comité fédéral fut suivie d’un déjeuner intime ou a régné, comme toujours, la plus franche cordialité.
Le secrétaire général,
H NICOLAS.
Fédération Autonome de Libre Pensée Bas-Alpine
Réunion du Comité Fédéral
Dimanche dernier s’est tenue, à Sisteron, dans la salle de la Libre Pensée Sisteronnaise « La Raison » une réunion générale du Comité fédéral. La séance était présidée par le citoyen Nicolas, secrétaire général de la Fédération, assisté du citoyen Gasquet trésorier.
Les sociétés libres penseuses de Sisteron, Oraison, Riez, Manosque, Mane, Simiane, Valensole, Thoard, Volonne, Noyers, Peyruis, Revst-des-Brousses et Barcelonnette étaient représentées.
Après l’adoption du compte-rendu du Congrès de Manosque, l’ordre du jour appelle la fixation de la du prochain Congrès de la Fédération. Il est décidé que ce Congrès aura lieu à Sisteron, le dimanche 30 septembre 1906. Toutefois, comme le Congrès national de la Libre Pensée doit se tenir à Paris les 15 et 16 avril 1906, une nouvelle réunion du Comité Fédéral aura lieu le 25 mars 1906 en vue de l’étude des questions à soumettre au Congrès de Paris.
Toutes les sociétés libres penseuses du département ayant adopté le principe du vœu de l’Emancipation, Libre Pensée du canton de Riez, il est procédé à l’élection d’un rapporteur : le citoyen Petit, président du groupe de Riez, est élu par acclamations. Les délégués examinent ensuite les questions à inscrire au programme du Congrès de Sisteron. Sur la proposition du citoyen Petit, le comité fédéral retient quatre questions.
I. La Libre Pensée et le Pacifisme. – La libre pensée et les sociétés pacifistes, la libre pensée et l’arbitrage international, la libre pensée et le désarmement, l’enseignement du pacifisme dans les écoles et enfin la question posée par Hervé au Congrès international de Paris. « Que doivent faire les libres penseurs en cas de guerre ? »
II. Organisation de la section française de la Fédération internationale de la Libre Pensée. – Etude du projet de statuts : adhésion de la Fédération des Basses-Alpes à la section française.
III. Organisation départementale de la propagande libre penseuse. – Chaque société devra étudier les moyens les plus pratiques pour assurer le développement de la Libre Pensée dans notre département et en particulier l’adoption d’un modèle de tombe uniforme : socle de pierre, vase et pensée.
IV. Organisation d’un orphelinat laïque dans les Basses-Alpes. – une commission de deux membres a été chargée d’étudier plus spécialement cette question et de concentrer les conclusions s’y rapportant.
Toutes les conclusions des études devront être adressées au citoyen Petit : celles qui concernent les deux dernières avant le premier septembre 1906.
Après la lecture de la correspondance, la réunion s’est terminée par un déjeuner intime où a régné la plus franche cordialité.
Deux nouvelles sociétés sont en formation dans notre département, à Revest-du-Bion le citoyen Jourdan vient de grouper tous les militants de la Libre Pensée en société.
A Quinson, la société de Libre Pensée « L’Aurore » a tenu sa première assemblée générale dimanche dernier.
Dans quelques jours ces deux sociétés adhéreront à la Fédération.

- 1901: Carte d'adhérent de la Société de Libre-Pensée de Thoard (prêt famille)

- Extrait du règlement pour les écoles publiques des Basses-Alpes,
AD 04-1T10

- Affiche électorale du candidat républicain socialiste,
AD 04-1Fi3/702

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APPEL REUNION DE CONSTITUTION DE LA FEDERATION LP04 09-10-2001
Madame Fleur Pellerin (ministère de la Culture), Arrêtez le financement et la diffusion de la messe et de toute autre religion sur France 2
Madame Fleur Pellerin (ministère de la Culture), Arrêtez le financement et la diffusion de la messe et de toute autre religion sur France 2
La Fédération nationale de la Libre Pensée s'associe à cette pétition et elle appelle à sa signature en défense de la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État qui stipule : « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ».
Adressée au Ministre de la Culture, madame Fleur (...)
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"ça fait 30 ans qu'on a abandonné l'école publique..Le problème, c’est pas l’islam de France, mais le chômage, la précarité en France",dit une auditrice de France Inter.
Pour mettre en place le communautarisme religieux en France, contre la loi de 1905, il faut un clergé comme interlocuteur de l’Etat: les musulmans n’en ayant pas, JP Chevènement impulsa le CFCM (Comité Français du Culte Musulman), “l’islam de France" "baguette et béret basque", "frites-saucisson-pinard"...en crise aujourd’hui, objet de l'émission.
A réécouter :
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Une victoire de plus de la Libre Pensée en faveur de la loi de 1905 !
Une victoire de plus de la Libre Pensée en faveur de la loi de 1905 !
Vierge de PUBLIER : une victoire de la laïcité ! Le Tribunal Administratif condamne la Commune et son Maire.
Les juges ont dit le droit. Ils ont donné raison à la Libre Pensée. C'est une victoire de la laïcité. C'est une victoire de la (...)
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Metz, Nancy, Rennes : La tentative concordataire du Gouvernement Hollande/Valls
Metz, Nancy, Rennes : La tentative concordataire du Gouvernement Hollande/Valls
Il semble évident que le Gouvernement a donné des consignes claires aux Préfets et à ses partisans pour sur-jouer « l'unité nationale » et utiliser un sens dévoyé de la journée du 11 janvier 2015 afin d'institutionnaliser les religions comme représentants officiels des citoyens. C'est la tentative (...)
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Lettre de la Libre Pensée à madame Nathalie Appéré, Maire de Rennes :
Nous ne participerons pas à votre concordat !
Madame La Maire,
Nous avons bien reçu votre courrier en date du 29 janvier 2015 nous invitant à participer au Comité Consultatif pour la Laïcité. Nous avons cependant le regret de décliner cette offre.
Autant la Libre Pensée est disponible pour donner son avis sur la laïcité, autant elle refuse d'en débattre avec les représentants des cultes invités es-qualité. La loi de 1905 indique que la République « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Nous ne voyons pas en quoi les dramatiques événements, auxquels vous faites référence, pourraient changer cette donnée fondamentale. Instituer un collectif, même consultatif, associant les religions es qualité pour élaborer des recommandations applicables à tous, nous semble profondément contraire à la laïcité, mais bien au contraire relevant d'un esprit de concordat. « L'État chez lui, l'Église chez elle » disait Victor Hugo.
La légitime indignation des citoyens devant les attentats de janvier dernier ne justifie en rien la mise en place d'opérations concordataires. Les relations entre l'Etat et les cultes sont parfaitement définies par la loi de 1905. Nous sommes partisans du respect de la Séparation des Églises et de l'État. Nous sommes également partisans de la Séparation de la sphère publique et de la sphère privée.
Permettez-nous d'avoir par ailleurs une nuance d'appréciation quant à ces terribles événements : ce n'est pas la laïcité qui a été mise en cause par l'attentat à Charlie-Hebdo, c'est beaucoup plus fondamentalement la liberté d'expression et la sécurité des citoyens, valeurs républicaines antérieures mêmes à l'instauration de la laïcité.
Permettez-nous de penser que la meilleure des situations pour la laïcité serait d'abord que l'Etat et les institutions de la République la respectent. Nous ne nous lasserons pas de protester contre la totale indécence de la présence du Premier ministre à la canonisation de deux papes à Castelgandolfo.
Il nous semble inconcevable que la municipalité de Rennes, lors des mandats précédent le vôtre, ait pu financer la construction de deux mosquées, d'une synagogue et d'un centre bouddhiste sur fonds publics, au prétexte très répandu de leur inclusion dans des «centres culturels». Il nous semble inconcevable que ni le concordat d'Alsace-Moselle, ni la scandaleuse loi Debré de 1959 n'aient jamais été, et ne soient toujours pas, remis en cause par l'État.
La défense de la laïcité est d'abord pour nous l'abrogation des lois antilaïques édictées par la Vème République. Elles se sont établies de la loi Debré jusqu’à la loi Carle, mais la première est la mère et la condition de toutes les autres. Nous appelons les laïques à une manifestation nationale le 5 décembre 2015, pour l'abrogation de cette loi, à l'occasion du 110ème anniversaire de la loi de 1905.
Veuillez agréer, Madame la Maire, nos meilleures salutations laïques et républicaines.
Pour la Libre Pensée d'Ille-et-Vilaine
Le Président, Jean-Sébastien Pierre
Le Rheu, le 5 février 2015
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Metz, Nancy, Rennes : La tentative concordataire du Gouvernement Hollande/Valls
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Il semble évident que le Gouvernement a donné des consignes claires aux Préfets et à ses partisans pour sur-jouer « l'unité nationale » et utiliser un sens dévoyé de la journée du 11 janvier 2015 afin d'institutionnaliser les religions comme représentants officiels des citoyens. C'est la tentative (...)
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Lettre de la Libre Pensée à madame Nathalie Appéré, Maire de Rennes :
Nous ne participerons pas à votre concordat !
Madame La Maire,
Nous avons bien reçu votre courrier en date du 29 janvier 2015 nous invitant à participer au Comité Consultatif pour la Laïcité. Nous avons cependant le regret de décliner cette offre.
Autant la Libre Pensée est disponible pour donner son avis sur la laïcité, autant elle refuse d'en débattre avec les représentants des cultes invités es-qualité. La loi de 1905 indique que la République « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Nous ne voyons pas en quoi les dramatiques événements, auxquels vous faites référence, pourraient changer cette donnée fondamentale. Instituer un collectif, même consultatif, associant les religions es qualité pour élaborer des recommandations applicables à tous, nous semble profondément contraire à la laïcité, mais bien au contraire relevant d'un esprit de concordat. « L'État chez lui, l'Église chez elle » disait Victor Hugo.
La légitime indignation des citoyens devant les attentats de janvier dernier ne justifie en rien la mise en place d'opérations concordataires. Les relations entre l'Etat et les cultes sont parfaitement définies par la loi de 1905. Nous sommes partisans du respect de la Séparation des Églises et de l'État. Nous sommes également partisans de la Séparation de la sphère publique et de la sphère privée.
Permettez-nous d'avoir par ailleurs une nuance d'appréciation quant à ces terribles événements : ce n'est pas la laïcité qui a été mise en cause par l'attentat à Charlie-Hebdo, c'est beaucoup plus fondamentalement la liberté d'expression et la sécurité des citoyens, valeurs républicaines antérieures mêmes à l'instauration de la laïcité.
Permettez-nous de penser que la meilleure des situations pour la laïcité serait d'abord que l'Etat et les institutions de la République la respectent. Nous ne nous lasserons pas de protester contre la totale indécence de la présence du Premier ministre à la canonisation de deux papes à Castelgandolfo.
Il nous semble inconcevable que la municipalité de Rennes, lors des mandats précédent le vôtre, ait pu financer la construction de deux mosquées, d'une synagogue et d'un centre bouddhiste sur fonds publics, au prétexte très répandu de leur inclusion dans des «centres culturels». Il nous semble inconcevable que ni le concordat d'Alsace-Moselle, ni la scandaleuse loi Debré de 1959 n'aient jamais été, et ne soient toujours pas, remis en cause par l'État.
La défense de la laïcité est d'abord pour nous l'abrogation des lois antilaïques édictées par la Vème République. Elles se sont établies de la loi Debré jusqu’à la loi Carle, mais la première est la mère et la condition de toutes les autres. Nous appelons les laïques à une manifestation nationale le 5 décembre 2015, pour l'abrogation de cette loi, à l'occasion du 110ème anniversaire de la loi de 1905.
Veuillez agréer, Madame la Maire, nos meilleures salutations laïques et républicaines.
Pour la Libre Pensée d'Ille-et-Vilaine
Le Président, Jean-Sébastien Pierre
Le Rheu, le 5 février 2015
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