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 LIBRE PENSEE-Fédération des Alpes de Haute Provence (04)

La Raison n°609 bientôt disponible...s'abonner ligne

29 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

La Raison n°609 bientôt disponible

Extraits de l'éditorial de Jean-Sébastien PIERRE, président de la FNLP

Laïcité, Séparation : les lignes bougent


La reconstitution du mouvement laïque est engagée.

Après le très grand succès du meeting du 5 décembre 2015, nous nous sommes adressés à toutes les organisations laïques du pays pour faire l’inventaire des violations de la laïcité. La Libre Pensée souhaite rencontrer les associations suivantes : Ligue de l’Enseignement, Ligue des Droits de l’Homme, Union rationaliste, Laïcité/Liberté, CNAL, DDEN, FCPE, CGT-FO, CGT, FSU, UNSA, Union des Athées, CNAFAL, Émancipation.
Nos Fédérations ont repris cette démarche pour approfondir toutes les convergences au sein du tissu départemental. Nul ne doute que cela produise ses effets. Face aux multiples reniements du Gouvernement, de l’État et de la plupart des partis, nous avons, les uns et les autres, chacun avec sa propre sensibilité, de multiples chantiers à investir.

Ces reniements sont si nombreux que nous avons dû être sévères dans la sélection des nominés au prix Clericalis. Rappelons que ce prix « récompense » une œuvre conséquente d’actions, de déclarations, de manœuvres ou prises de position pour rendre du pouvoir aux Églises et remettre en cause la Loi de 1905, autrement dit une solide inspiration cléricale. Que Monsieur Aubert se rassure, lui, qui réclamant ouvertement une révision de l’article 28 de la Loi de Séparation propose que l’exhibition de crèches catholiques dans les mairies et autres bâtiments de la République soit explicitement autorisée, il figure en bonne place dans cette triste liste.

Notons que cet intéressant personnage menace de nous traîner en justice pour un éditorial que je n’avais pas encore écrit  ! Je ne sais quelle divinité lui a conféré un don de voyance, car il trouvera effectivement dans ce numéro, sous forme d’un communiqué envoyé à la presse, les propos le concernant et auxquels nous n’avons rien à retrancher. Malgré les qualités indéniables de sa prestation concernant les crèches, il n’est nullement certain de remporter le prix. La sélection finale sera sans doute très difficile. Vous verrez dans nos pages que la Mairie de Paris elle-même cherche à participer, avec un certain talent, il faut le dire.(...)

 

couverture du n°609 (mars 2016

 

Sommaire du n°609

 

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Après l’école, après la laïcité, après les profs, c’est au tour des élèves d’être mis au ban des accusés !

27 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

Après l’école, après la laïcité, après les profs, c’est au tour des élèves d’être mis au ban des accusés !Après l’école, après la laïcité, après les profs, c’est au tour des élèves d’être mis au ban des accusés !

                                   Jaime Semprun (fils de Jorge Semprun) :

 « La question n’est pas quel pays nous allons laisser à nos enfants, mais quels enfants nous allons laisser à notre pays. » 

                       1871 : municipalité du IVe arrondissement :

« La Commune ne prétend froisser aucune foi religieuse, mais elle a pour devoir strict de veiller à ce que l'enfant ne puisse pas à son tour être violenté par des affirmations que son ignorance ne lui permet point de contrôler ni d'accepter librement. »

 

Au moment même où les profs étaient en grève massivement et manifestaient par milliers avec leurs organisations syndicales pour l’abrogation de la réforme des collèges, sortait une bien étrange étude, un bien curieux « sondage réalisé par Ipsos entre avril et juin 2015 : 9.000 jeunes, scolarisés en 5e, 4e et 3e dans des collèges publics et privés des Bouches-du-Rhône ont été interrogés. Partenariat L’Obs-CNRS-France Inter : 

Résultats :

     «   Parmi ces collégiens, 38,8% se définissent sans religion. Après l’école, après la laïcité, après les profs, c’est au tour des élèves d’être mis au ban des accusés !30,4% se disent catholiques ; 25,5% musulmans ; 1,7% protestants et 1,6% juifs.

       83% des adolescents qui se sont déclarés musulmans, 22% des catholiques et 40% des autres confessions (juifs, protestants, etc.) considèrent la religion comme importante ou très importante.

       Et 90,7% des collégiens musulmans se disent fiers de leur religion, contre 49,4% des catholiques. 65,1% des élèves qui se déclarent athées se disent fiers de l'être.

     "Cette montée de la religiosité musulmane est incontestable chez les jeunes et dans les quartiers populaires", confirme Alexandre Piettre, chercheur au CNRS. (…)C'est la première fois qu'une enquête de terrain ausculte sur une grande échelle la force du sentiment religieux des jeunes, sa dimension identitaire et ses conséquences sur l'adhésion aux valeurs de la société française. »

 

Que dire d’un questionnaire qui induit déjà des réponses non conformes aux supposées ''valeurs'' de la république ? : 

Après l’école, après la laïcité, après les profs, c’est au tour des élèves d’être mis au ban des accusés !

« La femme est faite avant tout pour concevoir des enfants et les élever. »

« Les homosexuels sont "des gens comme les autres". » 

CQFD ! On vous l’avait bien dit :

41% des jeunes musulmans les plus dévots des Bouches-du-Rhône et 29% des catholiques les plus pratiquants estiment que "la femme est faite avant tout pour concevoir des enfants et les élever". Ils sont respectivement 47% et 23% à juger que les homosexuels ne sont pas "des gens comme les autres"(…) 

Manipulation grossière et honteuse!

sous couvert du CNRS de surcroît, visant à stigmatiser la jeunesse ! Jean Zay, son fondateur, en pleurerait !… Tout cela relève de l'arsenal de «chasse aux sorcières » de l'inquisiteur, à faire baver les McCarthy, Dzerjinski...

 

Comment l'Education nationale, sa ministre ont pu autoriser que des collégiens soient soumis à un tel questionnaire?

Enterrés !... Jules Ferry et sa « Lettre aux instituteurs » du 17 novembre 1883 ! : « Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon,  parlez hardiment ».

Depuis la loi Jospin de 1989 qui a introduit par son article 10 la « liberté d'expression », y compris religieuse pour les élèves, les contempteurs de l’école de la république, décomplexés à mort, tels Caton contre Carthage, répètent à l’envi : Il faut détruire l’école publique !  

 

 « Quels enfants allons-nous laisser à notre pays ? »,

se demandait très justement Jaime Semprun.

 

La Commune en 1871 avait déjà répondu à la question  (IVe arrondissement Paris) :

 

« L'école est un terrain neutre, sur lequel tous ceux qui aspirent à la science doivent se rencontrer et se donner la main. C'est surtout dans l'école qu'il est urgent d'apprendre à l'enfant que toute conception philosophique doit subir l'examen de la raison et de la science. La Commune ne prétend froisser aucune foi religieuse, mais elle a pour devoir strict de veiller à ce que l'enfant ne puisse pas à son tour être violenté par des affirmations que son ignorance ne lui permet point de contrôler ni d'accepter librement. Apprendre à l'enfant à aimer et respecter ses semblables, lui inspirer l'amour de la justice, lui enseigner également qu'il doit s'instruire en vue de l'intérêt de tous, tels sont les principes de morale sur lesquels reposera désormais l'éducation publique communale. »  

 

Aussi, la Libre Pensée a-t-elle raison de maintenir son combat intransigeant pour la laïcité institutionnelle (Loi de 1905 & lois scolaires Ferry-Buisson de 1881-1886) avec la Ligue de l’Enseignement, la Ligue des Droits de l’Homme, l’Union Rationaliste, les Confédérations CGT et CGT-FO...comme à Japy, le 05-12-2015 !

G.Bruno

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La Libre Pensée reçoit la Ligue de l’Enseignement à France-Culture

27 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

La Libre Pensée reçoit la Ligue de l’Enseignement à France-Culture

La Libre Pensée reçoit la Ligue de l’Enseignement à France-CultureEmission animée par David Gozlan, Secrétaire Général de la Fédération nationale de la Libre Pensée sur France-Culture. Invité : Jean-Michel Ducomte, Président de la Ligue de l’Enseignement et auteur de nombreux ouvrages et notamment : Laïcité, Laïcité(s) ? (Ed. Privat), Anthologie de l’éducation populaire (Ed. Privat) et Jean Macé, militant de l’éducation populaire (Ed. Privat).

 

David Gozlan : Bonjour Jean-Michel. Nous reviendrons en fin d’émission sur l’actualité de la Ligue de l’Enseignement, mais je voudrais aborder directement avec Jean-Michel l’actualité de la laïcité. Depuis 3 semaines, le microcosme laïque a été touché par des remous, par l’affaire de l’Observatoire de la Laïcité. Je vais partir d’un article de Médiapart qui date du jeudi 3 février, et qui explique : "Reçu à Matignon jeudi dernier, le Président de l’Observatoire de la laïcité Jean-Louis Bianco a été confirmé à son poste. Manuel Valls l’avait mis en cause lors d’une rencontre des Amis du CRIF. Finalement, la montagne de colère a accouché d’une souris. Le Président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, mis en cause par Manuel Valls dix jours plus tôt, a rencontré jeudi 28 janvier le Premier ministre à Matignon". "L’entretien a été très cordial", assure Bianco à Mediapart. "Nous avons échangé sur tous les sujets qui touchent à la laïcité. La polémique est close. » Bianco, de même que son numéro deux, le Secrétaire général Nicolas Cadène, également visé par Valls, restent à leur poste. »

Jean-Michel, on voit bien que sur cette actualité de la laïcité il y a eu un couac. S’agit-il vraiment d’un couac ? Que s’est-il passé ?

 

Jean-Michel Ducomte : Il me semble que cet épisode est significatif de la nervosité ambiante qui domine les débats autour de la laïcité. Ce qui a été à l’œuvre lors de cet épisode de crise était déjà sous-jacent. Comme si pour certains, être laïque interdisait d’être lucide ou intelligent. Il faut être attentif à l’émergence du discours  d’un certain nombre de laïques, réels ou prétendus, sincères ou opportunistes, qui portent la laïcité en bandoulière, en considérant qu’elle est là pour purger l’univers social de ce qui altère l’identité devant laquelle il faudrait que chacun fasse acte de capitulation.

Donc ce débat est  un débat ancien qui me semble-t-il se traduit par le fait que pour certains la laïcité est devenue une idéologie. Alors que pour d’autres, et c’est la position à la fois de la Ligue de l’Enseignement et de la Libre Pensée et de la Ligue des Droits de l’Homme, la laïcité c’est à la fois un ordre juridique fondé sur la neutralisation confessionnelle de l’Etat, afin de garantir à chacun le droit de croire ou de ne pas croire et une attitude fondé sur un souci émancipateur. Et là, ceux qui voudraient en faire une idéologie se sont pris un peu les pieds dans le tapis essentiellement en utilisant un terme : celui d’islamophobie. Façon de dire, grosso modo, que les musulmans, globalement considérés, auraient un problème avec la République, donc avec la laïcité.

La résolution de la crise, telle qu’elle résulte de l’entretien entre le Premier ministre - qui s’était permis lui aussi d’utiliser le terme islamophobie dans un contexte que je trouve particulièrement dérangeant – et Jean-Louis Bianco, semble aujourd’hui, au moins pour un temps, avoir remis la laïcité à la place qui est la sienne : un mode d’organisation sociale qui permet précisément à chacun de croire ou de ne pas croire. Quelque chose d’assez banal, mais que certains voudraient utiliser dans une logique de purification de ce que pour eux doit être l’espace social.

 

DG : Tu as bien redonné le contexte. Il est vrai que nos associations, Ligue de l’Enseignement, Libre Pensée et Ligue des Droits de l’Homme, ont pris position et ont engagé un texte qui appelait à défendre le Président de l’Observatoire de la Laïcité et son rapporteur, sans par ailleurs partager les positions des uns et des autres. Chacune des associations a été, à un moment donné de l’histoire de cet Observatoire de la Laïcité depuis 2 ans, entendue sur diverses questions : le statut d’Alsace-Moselle, la laïcité en entreprise. Cet observatoire, qui travaille, qui donne des rapports annuel, des avis, a toute sa place.

Son apport juridique, pour nous, est incontestable. Ses avis et recommandations donnés, qui s’appuient sur la loi et rien que sur la loi, et c’est pour cela que là aussi la question de la laïcité est importante, sont nécessaires. Cette pétition engagée par nos trois associations a recueillie plus de 10 000 signatures. Peux-tu nous dire pourquoi la Ligue de l’Enseignement s’est engagée sur cette pétition ?

 

JMD. : Il y a deux raisons complémentaires. D’abord, notre démarche ne constituait pas un acte d’adhésion à la totalité des positions que l’Observatoire a pu prendre. On a dans certains domaines, l’occasion d’avoir des nuances, des réserves à l’égard de certaines de ses prises de position. Mais nous considérons, et c’est la première raison, que l’ Observatoire a cet immense mérite – dans un débat où le droit doit retrouver sa place – de dire le droit et de solliciter des avis de la part d’associations représentatives des attentes et des aspirations de la société civile afin de mieux circonscrire les conditions d’application et d’évolution du corpus juridique laïque.

Deuxième élément qui me parait important : jusqu’à ce jour l’Observatoire de la laïcité - c’est une raison supplémentaire de le défendre – n’a jamais articulé son travail sur une prise de partie concernant ce que devait être la laïcité. Il a, avec une prudence extrême et je pense une intelligence assez remarquable, toujours refusé de considérer que la laïcité dont il assurait la promotion, dont il assurait l’élucidation, était une conviction politique. Ce qui nous a permis aux uns et aux autres, me semble-t-il, d’avoir une interlocution à la fois transparente et claire avec cet observatoire. Nous aurions considéré que c’était une défaite pour la laïcité que de donner raison à ceux qui étaient à l’origine de sa mise en cause.

La crise n’est pas simplement née d’une sorte d’illumination qu’aurait eu le Premier ministre sur ce qu’aurait mal fait l’Observatoire. Ce sont trois des membres de l’Observatoire, deux parlementaires et un membre désigné à raison de ses compétences en matière de laïcité, trois personnes qui dans un geste de mépris absolu à l’égard du rapporteur général de l’Observatoire, ont considéré qu’il était aujourd’hui impossible d’articuler une démarche de critique à l’égard d’une prise de position qui pouvait apparaitre comme critiquable. Ils considéraient qu’il y avait comme une sorte de crime de « lèse-intellectuel », de « lèse-philosophe », de « lèse-Badinter ».

 

DG : Il y aurait en fait des bien-pensants et des mal-pensants !

 

JMD : Voilà tout à fait ! Et les mal-pensants devaient se taire à ce moment-là !

 

DG : Là on le voit bien on est au cœur du problème et de tout ce qui touche à la laïcité. Parler de la laïcité cela implique toujours, comme tu l’as déjà dit, un effort permanent d’explication et un travail constant d’éducation. Tu es revenu sur le fait que parler de laïcité cela crée toujours une nervosité. Régis Debray dit la chose suivante : « Dès qu’on touche aux questions de laïcité, il y a une nervosité générale. Entre la confusion et l’hystérie il suffit d’un mot, d’un titre pour enclencher toute une escalade de réponses plus ou moins furieuses, généralement à contresens. » Comment devons, Jean-Michel Ducomte, parler maintenant de laïcité ? Est-ce qu’il faut toujours s’énerver ? Quelle est la méthode pour la Ligue de l’Enseignement, pour toi pour parler de la laïcité ?

 

JMD : Je pense que la laïcité, comme beaucoup d’autres notions, doit passer par le filtre de l’Education populaire. On a aujourd’hui à notre disposition à la fois une littérature considérable et surtout, et ça me parait le plus important, des textes, des jurisprudences autour desquels on peut construire une vision sur ce qu’est la laïcité. Il suffit souvent de se référer au texte de la loi de 1905 pour avoir, sinon réponse à tout, du moins, si on retient les principes posés par deux premiers articles de la loi et que l’on se réfère à ce que disent les autres dispositions sur la police des cultes, réponse à peu près à toutes les questions. Je pense qu’il faut s’en tenir là.

Certes, la société française de 2016 n’est pas celle de 1905. Il y avait ALORS une vraie connivence idéologique reposant sur une surdétermination du catholicisme. Aujourd’hui, on a la chance de vivre dans une société diverse, plurielle, complexe. C’est précisément parce que la société a gagné en complexité que la laïcité, dans sa simplicité, dans l’épure qui résulte de l’approche de la loi de 1905, doit et peut être appliquée. Mais n’allons pas compliquer les choses par un discours idéologique qui nécessairement est par nature antilaïque. Revenons aux fondamentaux, revenons aux textes, revenons à la jurisprudence et appliquons concrètement dans le cadre de positions laïques et non pas de postures laïques, ce que nous dit la loi de 1905.

 

DG : Positions laïques et pas postures laïques. Je pense effectivement que c’est la question du droit qui doit être dite. Quels sont pour toi aujourd’hui les enjeux de la laïcité ? Nous sommes en état d’urgence. Est-ce que la laïcité ne peut pas être mise à mal à travers cela ? Est-ce que cette question de l’état d’urgence et même des libertés publiques ne pose pas là aussi un problème qui dépasse le cadre de la laïcité en tant que telle ?

 

JMD : Je pense que l’état d’urgence, comme tout état d’exception, doit toujours être manié avec une extrême prudence d’autant qu’aujourd’hui, me semble-t-il, l’état d’urgence traduit plus la volonté de répondre à un sentiment d’insécurité que celle de résoudre des problèmes réels de sécurité. Il s’agit d’apporter une réponse apaisante à l’opinion publique. Or, je pense que traiter ainsi le peuple conduit à l’infantiliser. Je pense que nos concitoyens ont la capacité à la fois de mesurer ce qui est aujourd’hui en danger et mérite un engagement clair de la puissance publique et de déterminer lucidement ce qui relève aussi de leur propre implication dans la gestion des difficultés présentes articulées, pour partie autour de la gestion la différence sociale et de la diversité culturelle.

Ne les infantilisons pas en considérant que c’est par le biais de l’intervention de la puissance publique, dans le cadre d’un « dormez tranquilles, on s’occupe de tous » qu’on résoudra le problème. Je pense que dans une société démocratique il faut en permanence demander aux citoyens de se prendre eux-mêmes en charge quitte à ce que la puissance publique apporte sa contribution à cette prise en charge. Evitons ces symboles insupportables, négateurs de la fraternité républicaine que constituent des mesures comme la déchéance de la nationalité. Evitons de rendre l’exception désirable.

DG : On voit donc bien le positionnement et cela apporte au débat. Quand je disais qu’au contact de Jean-Michel Ducomte on apprenait des choses, c’est que derrière Jean-Michel Ducomte, il y a 150 ans d’histoire. La Ligue de l’Enseignement fête ses 150 ans cette année. Je sais qu’un certain nombre d’ouvrages sont sortis, notamment L’essentiel de la Ligue de l’Enseignement, ouvrage rédigé et dirigé par Pierre Tournemire, dans la collection « Les essentiels » de Milan. Il y a aussi, sorti en février L’utopie citoyenne. Une histoire républicaine de la Ligue de l’Enseignement, écrit par Jean-Michel Djian, Ed. La Découverte. Vous avez donc une actualité extrêmement vivante même 150 ans après !

 

JMD : Oui, car 150 ans après, les raisons qui ont conduit à créer La Ligue  sont toujours pertinentes. Pour nous, évoquer nos 150 ans cela veut dire aussi faire parler de nous et nous utilisons très largement les différents médias mis à notre disposition. Il y a effectivement toute une politique éditoriale qui aujourd’hui est à l’œuvre avec, notamment un film devrait être pour la première fois projeté sur la chaine publique «Public Sénat » le 13 mars 2016, suivi d’une diffusion sur France 5. Il y a, il y aura des émissions de radio et des émissions de télévision consacrée à la Ligue de l’Enseignement.

Nous ne souhaitons pas donner une dimension nostalgique à cette commémoration, considérant que nous avons encore beaucoup à faire dans le présent et beaucoup à dire sur l’avenir souhaitable. Nous souhaitons interroger les motifs qui ont conduit, il y a 150 ans, Jean Macé à appeler à créer la Ligue de l’Enseignement, pour vérifier si ces raisons restent pertinentes. Je pense qu’elles le sont. Il convient encore et toujours de former des citoyens libres et responsables. Il importe, encore aujourd’hui, de permettre à des individus de faire un usage cohérent, transparent, lucide, éduqué, des droits qu’ils ont conquis.  La dissidence civique, le développement de votes d’adhésion à ses propositions populistes, la montée de repliements xénophobes et haineux démontrent la nécessité de ne point déserter le chantier.

Donc les 150 ans seront une occasion de reprendre en quelque sorte toutes les raisons qui ont conduit à construire la Ligue, tous les combats que la Ligue a eu l’occasion de conduire au cours de son histoire. Je pense que l’on vérifiera, sans aucune difficulté, qu’aucun de ces combats n’a perdu aujourd’hui de sa pertinence.

 

DG : Est-ce qu’il y a un temps fort cette année où des citoyens pourront rencontrer la Ligue ?

 

JMD : Il y aura un temps fort qui sera le congrès de la Ligue de l’Enseignement à la fin du mois de juin à Strasbourg et qui va nous amener à inviter toute une série de partenaires pour que nous débattions ensembles de ce qui nous rapproche et éventuellement de ce qui nous sépare. Il n’est jamais difficile d’aborder des désaccords éventuels dès lors que cela se fait honnêtement.

Ensuite, chacune de nos Fédérations est invitée à organiser des manifestations, à prendre contact avec les associations qui la constituent, à solliciter les centaines de millier de citoyens qui en sont membres, pour tisser construire un nouveau pacte civil, civique et social.

 

DG : Merci Jean-Michel. L’émission se termine. Je vous recommande ce mois-ci le livre « Gracchus Babeuf, pour le bonheur commun » de Jean-Marc Schiappa, aux Editions Spartacus.

 

Télécharger « La Libre Pensée reçoit Jean-Michel Ducomte.pdf »

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Enseignement catholique, "caractère propre" et mise en concurrence au détriment de l'Ecole laïque

27 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

 

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Rythmes scolaires: le lapsus révélateur de Madame le ministre de l'Education Nationale...

ECOUTEZ L'EXTRAIT:

Rythmes scolaires: le lapsus révélateur de Madame le ministre de l'Education Nationale...

 Mme Vallaud Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, interviewée mardi 7 octobre dans l'émission "le téléphone sonne" sur France Inter par une journaliste qui lui pose la question sur la fuite des élèves vers le privé fait un lapsus révélateur :
La journaliste : "Ça peut faire fuir, le changement des rythmes scolaires , des parents et des enfants dans le privé, vous l'avez constaté ?"
La ministre : "Non... pas l'afflux qu'on avait imaginé...."
La journaliste : "Ah! que vous aviez imaginé !"

 

Réécoutez l'émission:

Rythmes scolaires: le lapsus révélateur de Madame le ministre de l'Education Nationale...

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=980746

 

>ABROGATION DE LA LOI DEBRE!

>CONTRE LA MUNICIPALISATION-DENATIONALISATION-PRIVATISATION DE L'ECOLE DE LA REPUBLIQUE!

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Bataille de Verdun : 1916 – 2016

26 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

-Communiqué FNLP-
Bataille de Verdun : 1916 – 2016

 

700 000 victimes
Et toujours 55 Fusillés pour l’exemple non-réhabilités !

Le faste des cérémonies à l’occasion du centième anniversaire du déclenchement de la bataille de Verdun a été une nouvelle occasion pour l’Etat d’occulter la mémoire des Fusillés pour l’exemple et de manifester son profond mépris pour l’établissement de la Justice pour les victimes de la guerre. Le Gouvernement de messieurs Hollande et Valls se sont fait, une nouvelle, les complices des assassins.

La bataille de Verdun a débuté le 21 février 1916 et s’est terminée le 15 décembre 1916. Bilan : aucun gain territorial, aucune avancée militaire décisive ; mais plus de 700 000 victimes (306 000 tués et 406 00 blessés dans les deux camps).

C’est une bataille pour rien : Erich von Falkenhayn, chef d’Etat-major de l’armée allemande voulait « saigner de manière décisive l’armée française ». Du même coup, il a saigné l’armée allemande dans la même proportion. Une boucherie pour rien. Comme celle de l’offensive Nivelle de 1917 pour conquérir des positions (Chemin des dames) que Falkenhayn avait déjà décidé d’abandonner pour réorganiser le front des armées allemandes.

Durant ces mois de boucherie effroyable, il y eut un grand nombre d’exécutions sommaires pour « forcer » la troupe (Code de Justice militaire). Le 14 mai 1916, le 140e Régiment d’Infanterie alla même jusqu’à se mutiner « les bras croisés » pour refuser de remonter à l’assaut. Il fallait faire des exemples, on fusilla donc « pour l’exemple » 55 soldats durant cette bataille. Des centaines de soldats passent au moulinet des Conseils de guerre, beaucoup sont condamnés et exécutés.

Voici le décompte qu’en a fait le Général Bach dans ses travaux : Février  1916 : 2 ; Mars : 5 ; Avril : 3 ; Mai : 20 ; Juin : 6 ; Juillet : 6 ; Août : 5 ; Septembre : 2 ; Octobre : 0 ; Novembre : 3 ; Décembre 1916 : 3. Soit un total : 55 Fusillés à Verdun  sur les 106  de l’année 1916

Voici le commentaire du général Diez, présent  à ce moment-là sur le théâtre des opérations : « Si l’on ne doit pas excuser les actes d’indiscipline,  le commandement devrait bien réfléchir à quelles causes il convient d’attribuer le refus d’obéissance et s’il n’est pas coupable dans sa façon de commander. »

Hier comme aujourd’hui, les assassins ne seront pas jugés ;

Les victimes ne seront pas réhabilitées !

Hier comme aujourd’hui, il fallait taire la responsabilité des généraux et de l’Etat-major. Hier comme aujourd’hui, le gouvernement jette le manteau de Noé sur les crimes de guerre. Responsables et coupables, vous ne serez jamais inquiété par le pouvoir à la botte du militarisme et, hier comme aujourd’hui, à la tête des opérations coloniales et impérialistes, dite « opérations extérieures ».

La Libre Pensée n’accepte pas !

Parce que le peuple souverain, c’est la République en marche, parce que nous sommes aussi la République, au nom de l’Humanité nous proclamerons que les 639 Fusillés pour l’exemple (dont les 55 de Verdun) sont réhabilités collectivement, qu’ils n’ont ni fauté ni trahi. Ils étaient des hommes au Front sous les bombes, les obus et la mitraille.

Ils étaient dans la boue, le sang et l’horreur des tranchées. Ils ont dit NON à la mort inutile. Ils ont dit NON à des ordres imbéciles aboyés par une hiérarchie militaire qui se  souciait comme d’une guigne de la vie humaine.

La Fédération nationale de la Libre Pensée appelle tous ceux qui se reconnaissent dans cette démarche de justice à souscrire massivement pour l’érection d’un monument sur la ligne de Front  en hommage aux 639 Fusillés pour l’exemple.

Nous sommes aussi la République !

Nous réhabiliterons les 639 Fusillés pour l’exemple !

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Souscription

Je verse : ………………………€ pour l’érection du monument aux Fusillés pour l’exemple.

Nom : …………………………………………… Prénom :………………………………………..

Association : ………………………………………………………………………………………….

Qualités : ……………………………………………………………………………………………..

Adresse : ……………………………………………………………………………………………..

Chèque à l’ordre de : « A.E.M.H.F.E. » Association pour l’érection d’un monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple

A envoyer à : Nicole Aurigny - AEMF -  49 rue Quentin Barré 02100 Saint-Quentin

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"Corporatisme" La doctrine sociale de l’Eglise, 2000 ans d’expérience!

25 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

"Corporatisme" La doctrine sociale de l’Eglise, 2000 ans d’expérience!

A la base du corporatisme:  le "syndicalisme intégral"( patrons-ouvriers ) de Mussolini, vanté par l’Encyclique "Quadragesimo anno" (1932)qui inspirera la charte du travail et le syndicat unique de Pétain*

http://www.doctrine-sociale-catholique.fr/117-quadragesimo-anno#p147:

  extraits où est vantée l’expérience mussolinienne par Pie XI

98.   

Récemment, ainsi que nul ne l’ignore, a été inaugurée une organisation syndicale et corporative d’un genre particulier. L’objet même de notre encyclique nous fait un devoir de la mentionner et de lui consacrer quelques réflexions opportunes.

99.  

L’État accorde au syndicat une reconnaissance légale qui n’est pas sans conférer à ce dernier un caractère de monopole, en tant que seul le syndicat reconnu peut représenter respectivement les ouvriers et les patrons, que seul il est autorisé à conclure les contrats ou conventions collectives de travail. L’affiliation au syndicat est facultative, et c’est dans ce sens seulement que l’on peut qualifier de libre cette organisation syndicale, vu que la cotisation syndicale et d’autres contributions spéciales sont obligatoires pour tous ceux qui appartiennent à une catégorie déterminée, ouvriers aussi bien que patrons, comme sont aussi obligatoires les conventions collectives de travail conclues par le syndicat légal. Il est vrai qu’il a été officiellement déclaré que le syndicat légal n’exclut pas l’existence d’associations professionnelles de fait.

100.   

Les corporations sont constituées par les représentants des syndicats ouvriers et patronaux d’une même profession ou d’un même métier et, ainsi que de vrais et propres organes ou institutions d’État, dirigent et coordonnent l’activité des syndicats dans toutes les matières d’intérêt commun.

101.   

Grève et lock-out sont interdits ; si les parties ne peuvent se mettre d’accord, une magistrature arbitrale intervient.

102.   

Pas n’est besoin de beaucoup de réflexion pour découvrir les avantages de l’institution, si sommairement que Nous l’ayons décrite : collaboration pacifique des classes, éviction de l’action et des organisations socialistes, influence modératrice d’une magistrature spéciale.

 

 

BIEN SÛR, RIEN A VOIR AVEC L'ACTUALITE, N'EST-CE PAS?"Corporatisme" La doctrine sociale de l’Eglise, 2000 ans d’expérience!

*''Les causes de la lutte des classes ne pourront être supprimées que si le prolétaire qui vit aujourd'hui, accablé par son isolement, retrouve, dans une communauté de travail, les conditions d'une vie digne et libre, en même temps que des raisons de vivre et d'espérer.''1941 Philippe Pétain

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La Libre Pensée reçue par l’Association des Maires de France (AMF)

25 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

FNLP– COMMUNIQUÉ DE PRESSE  

La Libre Pensée reçue par

 l’Association des Maires de France (AMF)

 

La Libre Pensée reçue par   l’Association des Maires de France (AMF)Le mercredi 3 février, une délégation composée de Christian Baqué, président de l’association nationale des Elus locaux et amis de la Libre Pensée (ANELALP) et de David Gozlan, secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée a été reçue par Monsieur François Baroin, Président de l’Association des Maires de France.

Dans un premier temps, soulignant que nous avions pris connaissance du dernier vadémécum sur la laïcité publié par l’AMF en novembre 2015, nous avons remis à monsieur François Baroin, notre propre guide de la laïcité à l’intention des Elus, produit de deux ans de travaux des 100 Fédérations et regroupements de la Libre Pensée.

Nous avons ensuite abordé différents points qui nous semblent importants, à savoir :

1-     La question des salles municipales ou mise à disposition par les mairies pour les obsèques civiles, attirant l’attention de l’AMF sur un projet de loi déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale et en attente d’être discuté.

2-     La question des lieux de cultes et de sépulture afin que les cimetières respectent le cadre de neutralité nécessaire à la garantie de la liberté de conscience du citoyen.

3-     La présence des Elus, avec leur écharpe et en leur qualité, lors des cérémonies religieuses qui entrave le principe de laïcité. L’exemple des cérémonies du 11 novembre où certains élus invitent les citoyens à participer à des messes a été relevé.

4-     Le problème de gestion des églises, comme bâtiment, et la nécessité d’avoir un mode d’emploi pour les élus. Leur gestion pondérant largement les finances municipales selon notre association d’élus.

Monsieur François Baroin, président de l’Association des maires de France, a pris note de ces dossiers. La discussion a été cordiale et reste ouverte afin que la laïcité s’applique pleinement dans les 36 000 communes de France.

Paris, le 3 février 2016

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Colloque Islam et Laïcité

19 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

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Le retour de l’Inquisition du Moyen-Âge

16 Février 2016 , Rédigé par librepensee04

Le retour de l’Inquisition du Moyen-Âge

En direct avec Rachid Zouhhad
A propos d’un procès en sorcellerie en plein Paris en 2016

L’affaire de l’IUT de Saint Denis a défrayé la chronique. La grosse caisse des tambours de la pensée unique a résonné comme jamais : il y a un complot islamique à l’IUT de Saint-Denis ! Manuel Valls a même décoré le courageux dénonciateur sur le front des troupes néocoloniales. La Libre Pensée suppose deux choses : être libre et penser. Au nom de ce principe, elle donne la parole à une des victimes de ce procès de Moscou à Paris. Chacun pourra ainsi être juge.

La Raison : Rachid Zouhhad, pourriez-vous vous présenter ?

Rachid Zouhhad : Je suis enseignant-chercheur en gestion. J’ai 57 ans, cela fait près de 30 ans que je suis dans l’Education nationale et l’Enseignement supérieur. J’ai enseigné dans des collèges et lycées de la Seine-Saint-Denis et suis actuellement en poste à l’IUT Saint-Denis qui relève de l’Université Paris-13 Villetaneuse. Je suis représentant syndical FO. J’ai siégé dans plusieurs instances universitaires locales et nationales.

LR : Pourriez-vous nous raconter l’incroyable procès médiatique, administratif, politique qui vous a été fait ?

RZ : J’ai été élu par mes collègues chef du département Techniques de Commercialisation (qui forme les étudiants en deux ans dans les domaines technique et professionnel) en 2012. C’était le département TC le plus important de France par ses effectifs. Leur confiance m’a été renouvelée dans une élection en janvier 2014. A partir de cette date, j’ai commencé à être l’objet d’accusations graves, mais confinées à l’IUT. Très peu de temps après, en mars 2014, j’ai été relevé de ma fonction de chef de département par un vote du Conseil d’Administration de l’IUT Saint-Denis, sans qu’aucun document n’ait été soumis à cette instance. A cette occasion, j’ai été accusé, entre autres, d’avoir détourné près de 200 000 euros.

Dès le mois de mai 2014, la presse a relayé ces accusations en indiquant mon nom et mon prénom et en affichant ma photographie dans certains cas. On n’a pas manqué d’y ajouter certaines accusations plus graves encore : sexisme, communautarisme, clanisme et lien avec une association d’étudiants qualifiée d’islamiste. Et comme si cela ne suffisait pas, les plus grands médias nationaux (presse, radio et télévision) ont ajouté des accusations de menaces à l’égard d’un Président d’Université, sa Vice-présidente  et une collègue ; une réputation de coureur de jupons et d’alcoolique.

Enfin, l’Inspection Générale de l’Administration, de l’Education Nationale et de la Recherche (l’IGAENR) a repris presque l’ensemble de ces accusations dans un premier rapport, sans s’encombrer de la nécessité d’apporter un début de commencement de preuve. J’ai répondu aux  accusations de l’IGAENR en 46 pages et plus de 180 pièces justificatives. La presse a continué à se référer au rapport accusatoire de l’IGAENR et à ignorer mes réponses.

J’ai été convoqué par la police en avril 2014 relativement aux menaces alléguées, car à cette date, il n’y avait pas encore d’allégations d’agressions. J’ai été mis en garde à vue en mai 2015 avec un collègue dont le nom laissait à penser qu’il devait être un peu « mahométan », pour reprendre l’expression utilisée par Montesquieu dans « Les lettres persanes ». Nous avons été libérés sans qu’aucune charge relative aux agressions ou menaces n’ait été retenue contre nous. Le même mois, nous avons été déférés devant le Conseil disciplinaire de l’Université Paris-13, avec un troisième collègue, dont le nom fleurait également bon le « mahométan ». C’est triste à dire, mais cela correspond à une réalité objective. Ce collègue a été relaxé. L’autre collègue et moi-même avons été blanchis des accusations les plus graves y compris celle de détournement des fonds.

Pour avoir une idée du décalage entre les accusations qui ont fleuri dans la presse et celles qui ont justifié les sanctions prises à notre encontre par le Conseil disciplinaire de l’Université Paris-13, je me contenterai de préciser que dans le cas de mon collègue, il était initialement et entre autres accusé de « violences et menaces de mort à l’égard de ses collègues ». En fait, cette accusation avait donné lieu à des plaintes au commissariat de Police en mars 2014. Elles ont été classées par le Procureur de la République un peu plus d’un mois après leurs dépôts. Ce fait a été signalé à l’IGAENR, qui l’a ignoré, reprenant ces accusations à l’égard de ce collègue.

LR : Où en êtes-vous aujourd’hui ?

RZ : Aujourd’hui, il n’y a guère qu’une plainte de l’association ANTICOR déposée à mon encontre et visant également d’autres collègues, sur dénonciation de M. Mayol (Directeur de l’IUT et source principale d’information de la presse comme l’ont clairement et distinctement affirmé certains médias). Cette plainte, largement relayée par les médias, nous impute d’avoir détourné les fameux 200 000 euros. Hormis le fait que cela est impossible pour qui connait le fonctionnement des IUT, il y a maintenant des preuves fournies par l’instruction du disciplinaire de l’Université qui démontrent l’absence de tout fondement d’une telle accusation. En revanche, mes collègues et moi-même avons déposé plusieurs plaintes contre les personnes et les médias qui sont à l’origine ou ont relayé les dénonciations calomnieuses, diffamations ou qui se sont commis dans de faux témoignages. De même, il y a eu un signalement au Procureur de la République par l’un de mes collègues relatif à une suspicion de prise illégale d’intérêt. Elle a d’ailleurs été retenue par l’Université dans les motifs du déferrement au disciplinaire de M. Mayol et semble être l’objet d’une instruction en cours.

Cette dénonciation n’est évidemment pas anonyme, car nous n’adhérons pas à ce type de procédé. Ces précisions ne doivent pas faire oublier que j’ai été le premier à rappeler la nécessité du respect de la présomption d’innocence dont devait bénéficier M. Mayol (voir lpld.fr). L’oubli de ce droit dans notre cas ne doit pas nous conduire à reproduire cela pour autrui.

Enfin, j’attends, comme mes collègues, les conclusions du nouveau rapport de l’IGAENR (l’Inspection Générale de l’Administration, de l’Education Nationale et de la Recherche) qui portent sur le malaise des personnels de l’IUT à la suite des événements rappelés précédemment. Nos étudiant(e)s ont également souffert de l’image ainsi donnée à l’IUT dans la presse. Il en a résulté une fonte de l’effectif total de l’IUT de près de 30 % si l’on prend comme référence l’année de la prise de fonction de M. Mayol en tant que Directeur. Dans le même temps, le nombre d’étudiant(e)s est en augmentation sur le plan national. Pour la seule spécialité Techniques de Commercialisation, le recul est de près de 50 % ! Certaines de nos Licences Professionnelles ont vu leurs effectifs divisés par 3 !

LR : Vous demandez la réhabilitation collective de toutes les victimes de ce procès en sorcellerie. Que voulez-vous précisément ?

RZ : Sur un plan général, je souhaiterais simplement que cette expérience serve à toutes et tous. On ne s’imagine pas le torrent d’insultes, d’injures et de propos xénophobes qui ont envahi l’internet et qui constituent déjà en tant que tels une punition. Je souhaite également que l’on n’instrumentalise plus des étudiant(e)s d’une vingtaine d’années, dont nous avons la responsabilité et à qui nous devons apprendre un métier et que l’on doit également aider à se construire en tant qu’adultes.

Pour ce qui concerne mes compagnons d’infortune et moi-même, nous réclamons avant tout et  simplement la justice. Qu’elle se prononce sur les faits dont nous avons été accusés et qu’elle reconnaisse clairement notre innocence. Que la justice fasse son travail pour retrouver les responsables de ce que je considère être une cabale. Qu’elle se prononce également sur la responsabilité des inspecteurs de l’IGAENR qui ont relayé et proféré des accusations particulièrement graves, dénuées de tout fondement sérieux et dont certaines ont à mon sens une connotation particulièrement choquantes. C’est d’ailleurs ce qui a conduit l’un de mes collègues à les assigner en  justice. Reste à celle-ci à démontrer que le fait d’appartenir à un corps d’inspection n’exonère nullement de la responsabilité de ses actes et propos.

Mes collègues et moi-même attendons de notre Administration qu’elle prenne ses responsabilités en affirmant clairement et officiellement que nous sommes simplement innocents des faits graves qui nous ont été imputés et que tout prouve maintenant qu’ils n’étaient nullement fondés. Que le Ministère de l’Education Nationale, qui nous a complètement ignorés jusqu’à présent, et qui s’est contenté de ne publier que la seule partie accusatoire du premier rapport de l’IGAENR, omettant notre réponse à celle-ci, assume ses responsabilités en affirmant officiellement que nous sommes innocents des faits graves qui nous ont été reprochés.

Enfin, que l’Université et le Ministère assument la responsabilité qui est la leur lorsque des fonctionnaires sont attaqués dans l’exercice de leur fonction. Mes collègues et moi-même, produits du système éducatif public, avons choisi notre métier, l’aimons et n’avons assurément pas été attirés par l’appât du gain ou de salaires à cinq, six ou sept chiffres. Mais il est pour le moins indécent, oui indécent, de laisser peser sur nous des dépenses qui non seulement excèdent largement ce que nous gagnons, mais qui en plus ne sont pas dues aux fautes dont certains et la presse nous a accusés pendant près de deux ans. L’issue de cette rocambolesque histoire est maintenant connue et notre Administration ne se déshonorerait assurément pas de prendre ce coût à sa charge, pour éviter que cela ne constitue le prix de fautes acquitté par des fonctionnaires qui précisément ne les ont pas commises.  

Enfin, et surtout, je souhaiterais que l’Administration ne reste plus jamais sans réaction lorsque ses fonctionnaires sont attaqués sur le fondement de leur nom « exotique » ou de leur appartenance réelle ou supposée à une quelconque religion. S’ils sont fautifs, alors ils en répondront naturellement comme tout un chacun devant les instances disciplinaires et la justice.

LR : Souhaitez-vous rajouter quelque chose ?

RZ : Notre principal détracteur a été « décoré » au nom de la laïcité par M. Manuels Valls. Il me semblait comme la majorité de ce pays, que la laïcité c’est d’abord le respect de la liberté de conscience de chacun et de tous. Dans cette triste affaire de procès en sorcellerie, où étaient la laïcité et la liberté de conscience ? A son tour, notre détracteur est au cœur d’une suspension pour manipulation de faits. C’est l’arroseur-arrosé. Il est heureux que dans cette affaire, M. Jean-Loup Salzmann, Président de l’Université, ait réagi avec courage et discernement pour permettre le retour de la sérénité à l’IUT. Il reste maintenant à s’assurer que tel sera le cas.

 

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