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 LIBRE PENSEE-Fédération des Alpes de Haute Provence (04)

Liberté...libertés!

28 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

 


“Là où l’homme obéit , sans qu’on le suppose bon, il n’y a ni liberté ni patrie.”  

Un peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement.”  

St JUST


  


La répression ne fera pas taire le peuple

On connaît tous l’adage populaire et quelque peu trivial : « La démocratie, c’est : cause toujours ; la dictature, c’est : ferme ta gueule ! » Force est de constater que l’on est aujourd’hui en Macronie plus proche de la dictature que de la démocratie.

Chaque jour, les médias, les associations, les syndicats nous apprennent que des militants ont été réprimés dans des rassemblements et réunions publiques, pourtant convoqués. Perquisitions, gardes à vue, défèrements au tribunal : tout un arsenal est mis en place pour intimider et interdire toute contestation de la politique de ce gouvernement.

A Montendre (17), à Toulouse (31), des personnes sont « visitées » par la police, parce qu’elles ont mis une banderole à leur balcon sur le « macronavrius ». A la SNCF à Paris-Est, des représentants syndicaux sont menacés de licenciement et de sanctions pour des actions syndicales. A Montpellier, des Gilets Jaunes sont harcelés par les forces de l’Ordre sur des ronds-points, alors qu’ils respectent les règles sanitaires. Dans le Tarn, en Ardèche, les manifestants sont systématiquement contrôlés par la police et intimidés pour tenter de les dissuader de manifester leur opposition à la politique réactionnaire du gouvernement.

Et pendant ce temps-là…

Les entreprises licencient, les acquis sociaux et syndicaux sont remis en cause, une union « nationale » tente de se former pour essayer d’imposer la plus grande exploitation au nom de la « reprise économique ». Les suppressions de postes dans la Fonction publique, les postes et les lits d’hôpitaux ne sont pas remplacés ; la destruction du service public continue inlassablement.

Le gouvernement parle et il ment, sur les masques, les mesures sanitaires, les tests. Alors, il lui faut faire taire toute opposition, toute critique.

La Libre Pensée exige qu’il soit mis fin à l’état d’urgence dit « sanitaire » et mis un terme aussi à toute forme d’interdiction arbitraire subie par la population.

Un exemple révélateur

Edition web de Paris-Normandie 22/05/2020

Dans son édition du 22 mai 2020, le journal Paris-Normandie nous apprend que Jean Jayer, ancien Secrétaire confédéral de la CGT-Force Ouvrière, ancien membre du CESE, administrateur de la Fédération nationale de la Libre Pensée, a été entendu par la gendarmerie de Bernay à la suite du dépôt d’une plainte par laquelle Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe, députée La République en marche (LREM) de la troisième circonscription du département de l’Eure, demande l’engagement de poursuites contre notre ami pour « entrave concertée avec menace à la liberté d’expression ». Rien que cela.

Le 12 décembre 2019, en présence de Mme Corinne Vignon, députée LREM de la troisième circonscription du département de la Haute-Garonne, co-rapporteur du projet de loi instituant un régime universel de retraite, Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe organise une réunion publique ayant pour objet de présenter le texte du gouvernement afin d’informer la population et de recueillir éventuellement son soutien. Hostile à cette réforme, Jean Jayer informe les membres de son association Liberté-Égalité-Proximité de l’initiative de Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe.

Certains d’entre eux se rendent au lieu de la réunion. Compte tenu du profond rejet de ce projet dans la population, des Gilets Jaunes et des syndicalistes, sans se donner le mot, se retrouvent également à la salle des fêtes de Bernay. Arrive ce qui doit arriver : les opposants au texte sont nettement plus nombreux que ses partisans, à Bernay comme ailleurs. Mal préparée à affronter la contradiction, Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe ne parvient pas à contenir la bronca de la salle et plie bagage au bout de trente minutes. Une leçon qui aurait dû la faire réfléchir.

Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe a subi la dure loi des réunions publiques dans une nation démocratique. De tous temps dans la République, les estrades ont constitué des lieux où soufflent alternativement le vent de l’enthousiasme de la salle, qui soulève l’orateur, et la tempête du public, qui chahute le rhéteur. La liberté d’expression, la fille turbulente de la liberté de pensée, réside précisément dans la passion qui enflamme les préaux d’école. Mme Marie Tamarelle-Verhaeghe, qui considère que la vie publique doit être un confortable chemin parsemé de roses, l’apprend à ses dépens : la politique n’est pas un bal où l’on danse en souliers vernis sur un parquet ciré.

Au lieu de tirer les enseignements de cet épisode qui ne porte pas à conséquence – personne n’a subi de préjudice, tout au plus une blessure d’amour propre -, Mme Tamarelle-Verhaeghe brandit l’unique réponse du pouvoir en place : elle saisit la justice en espérant voir condamner notre ami Jean Jayer ainsi qu’un candidat d’opposition, M. Pascal Didtsch à l’élection municipale de Bernay, présent lors de la réunion du 12 décembre 2019.

La Libre Pensée apporte son entier soutien à Jean Jayer et Pascal Didtsch et demande le classement sans suite des plaintes contre les intéressés.

Ce cas d’arbitraire en illustre des centaines d’autres. La Fédération nationale de la Libre Pensée s’adresse à l’ensemble du mouvement démocratique, laïque, syndical, ouvrier, aux Elus, aux partis, à tous ceux qui sont attachés à la défense des libertés pour agir ensemble pour défendre la Démocratie. N’est-il pas temps d’agir ensemble pour défendre nos libertés ? La Libre Pensée y est prête.

Ensemble, défendons les libertés démocratiques !

Paris, le 27 mai 2020

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La Raison n°652 – juin 2020- L’éditorial Quo vadis avec le Covid 19 ? Avec vous à la messe, monsieur le Président

26 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

 

La Raison n°652 – juin 2020

L’éditorial

Quo vadis avec le Covid 19 ? Avec vous à la messe, monsieur le Président

Êtes-vous confinés, avez-vous été renvoyés au travail vos enfants ou petits-enfants ont-ils été renvoyés à l’école manu-militari par Blanquer, contre l’avis effaré de la quasi-totalité des syndicats enseignants ? Le vieil homme que je suis sera-t-il libéré un jour, puisque l’échéance de cette délivrance semble être repoussée de jours en jour ? Il n’est pas question, bien sûr, de nier la gravité de la crise sanitaire que nous traversons.

Cependant, le gouvernement a fort à faire pour tenter de gommer son incurie, ses responsabilités et celle des gouvernements précédents dans la gravité qu’elle a prise. Puisque nous sommes, selon lui, en guerre, rappelons la débâcle de 1940, débâcle d’une armée gouvernée par des généraux obtus, mais colossalement imbus de leur personne, qui retardaient d’une guerre et ont mené à l’incarcération de milliers de prisonniers, à la mort de milliers de civils fuyant éperdus l’avancée des troupes nazies. Puis, à l’établissement catastrophique du régime corporatiste, puis fascisant et très clérical de Pétain, alors maréchal.

Ainsi, malgré les expériences chinoises et italiennes la population s’est-elle trouvée dans le plus complet dénuement sanitaire. Manque de lits d’hôpitaux, Macron et ses prédécesseurs les ayant supprimés par milliers au nom de la maîtrise des dépenses de santé, manque – effarant – de masques dont on apprends que les réserves avaient été détruites et non-renouvelées, toujours au nom de cette criminelle « maîtrise », manque de gel hydroalcoolique pour les endroits publics, où il est nécessaire de se rendre, que ce soit pour se nourrir ou pour acheter ses médicaments. Tout a été faite pour que cette crise sanitaire se double d’une crise sociale sous-jacente. On comprend que le gouvernement de Messieurs Macron et Philippe appréhendent le déconfinement tout en aspirant à remettre « la France au travail » dans n’importe quelles conditions.

Dans mon précédent éditorial, j’ironisais sur la faiblesse des opérations de repentance collectives des Églises actuelles par rapport à celles du passé. Elles se rattrapent. Nos pages 22 et 24 en font largement état. Ajoutons à cela quelques manœuvres de la Présidence de la République. Macron a tenté de réunir ce qu’il a nommé « les autorités morales et religieuses » du pays par vidéoconférence. Las, comme le souligne notre communiqué, la Libre Pensée ne s’est jamais considérée comme une « autorité morale ». Il y avait là une sorte de pilarisme, tel que le connait la Belgique, où les laïques sont considérés comme une religion.

Au-delà de cela, Emmanuel Macron appelle « à l’union des forces spirituelles ». Quelle laïcité ! Merci, nous n’en sommes pas. Nous avons appris également que, ni la Ligue de l’Enseignement, ni la Ligue des Droits de l’Homme n’étaient invités à ce rassemblement œcuménique des hommes de bonne volonté. Voilà, au passage, une petite manœuvre destinée à diviser le camp laïque. Nous n’y fume donc pas. Je me permets une nouvelle fois de citer notre communiqué (page 11 et suivantes) : « Comment ne pas voir que l’opération « Tous derrière mon panache blanc élyséen » vise à camoufler l’énorme responsabilité des gouvernements successifs dans les ravages de cette pandémie ? » On en revient toujours là.

Les contorsions et les prières publiques du pape et de l’Eglise catholique en diverses contrées du Monde, n’empêchent pas ses ennuis juridiques de se poursuivre. Si l’acquittement du cardinal Pell a pu choquer, voire indigner nombre de victimes de la pédophilie surdéveloppée qui règne dans cette Eglise, notre ami et camarade Keith Porteous Wood, dans une déclaration de l’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP) nous informe qu’il n’est pas sorti de l’auberge pour autant.

Reflet de l’activité d’une Libre Pensée confinée mais non muselée, vous avez entre les mains un numéro fort copieux et riche en informations. Vous lirez, je pense avec intérêt notre « discours virtuel pour des banquets virtuels » puisque, malheureusement, nos Fédérations n’ont pu inviter nos lecteurs et adhérents à notre traditionnel repas gras du « vendredi-dit-saint ». Je vous souhaite d’avoir pu, en bonne santé, célébrer cette soirée avec vins et cochonnailles en vous gaussant des interdits religieux.

Jean-Sébastien Pierre, Président de la Libre Pensée

La couverture

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La Raison n°652 – juin 2020- L’éditorial Quo vadis avec le Covid 19 ? Avec vous à la messe, monsieur le Président

26 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

 

La Raison n°652 – juin 2020

L’éditorial

Quo vadis avec le Covid 19 ? Avec vous à la messe, monsieur le Président

Êtes-vous confinés, avez-vous été renvoyés au travail vos enfants ou petits-enfants ont-ils été renvoyés à l’école manu-militari par Blanquer, contre l’avis effaré de la quasi-totalité des syndicats enseignants ? Le vieil homme que je suis sera-t-il libéré un jour, puisque l’échéance de cette délivrance semble être repoussée de jours en jour ? Il n’est pas question, bien sûr, de nier la gravité de la crise sanitaire que nous traversons.

Cependant, le gouvernement a fort à faire pour tenter de gommer son incurie, ses responsabilités et celle des gouvernements précédents dans la gravité qu’elle a prise. Puisque nous sommes, selon lui, en guerre, rappelons la débâcle de 1940, débâcle d’une armée gouvernée par des généraux obtus, mais colossalement imbus de leur personne, qui retardaient d’une guerre et ont mené à l’incarcération de milliers de prisonniers, à la mort de milliers de civils fuyant éperdus l’avancée des troupes nazies. Puis, à l’établissement catastrophique du régime corporatiste, puis fascisant et très clérical de Pétain, alors maréchal.

Ainsi, malgré les expériences chinoises et italiennes la population s’est-elle trouvée dans le plus complet dénuement sanitaire. Manque de lits d’hôpitaux, Macron et ses prédécesseurs les ayant supprimés par milliers au nom de la maîtrise des dépenses de santé, manque – effarant – de masques dont on apprends que les réserves avaient été détruites et non-renouvelées, toujours au nom de cette criminelle « maîtrise », manque de gel hydroalcoolique pour les endroits publics, où il est nécessaire de se rendre, que ce soit pour se nourrir ou pour acheter ses médicaments. Tout a été faite pour que cette crise sanitaire se double d’une crise sociale sous-jacente. On comprend que le gouvernement de Messieurs Macron et Philippe appréhendent le déconfinement tout en aspirant à remettre « la France au travail » dans n’importe quelles conditions.

Dans mon précédent éditorial, j’ironisais sur la faiblesse des opérations de repentance collectives des Églises actuelles par rapport à celles du passé. Elles se rattrapent. Nos pages 22 et 24 en font largement état. Ajoutons à cela quelques manœuvres de la Présidence de la République. Macron a tenté de réunir ce qu’il a nommé « les autorités morales et religieuses » du pays par vidéoconférence. Las, comme le souligne notre communiqué, la Libre Pensée ne s’est jamais considérée comme une « autorité morale ». Il y avait là une sorte de pilarisme, tel que le connait la Belgique, où les laïques sont considérés comme une religion.

Au-delà de cela, Emmanuel Macron appelle « à l’union des forces spirituelles ». Quelle laïcité ! Merci, nous n’en sommes pas. Nous avons appris également que, ni la Ligue de l’Enseignement, ni la Ligue des Droits de l’Homme n’étaient invités à ce rassemblement œcuménique des hommes de bonne volonté. Voilà, au passage, une petite manœuvre destinée à diviser le camp laïque. Nous n’y fume donc pas. Je me permets une nouvelle fois de citer notre communiqué (page 11 et suivantes) : « Comment ne pas voir que l’opération « Tous derrière mon panache blanc élyséen » vise à camoufler l’énorme responsabilité des gouvernements successifs dans les ravages de cette pandémie ? » On en revient toujours là.

Les contorsions et les prières publiques du pape et de l’Eglise catholique en diverses contrées du Monde, n’empêchent pas ses ennuis juridiques de se poursuivre. Si l’acquittement du cardinal Pell a pu choquer, voire indigner nombre de victimes de la pédophilie surdéveloppée qui règne dans cette Eglise, notre ami et camarade Keith Porteous Wood, dans une déclaration de l’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP) nous informe qu’il n’est pas sorti de l’auberge pour autant.

Reflet de l’activité d’une Libre Pensée confinée mais non muselée, vous avez entre les mains un numéro fort copieux et riche en informations. Vous lirez, je pense avec intérêt notre « discours virtuel pour des banquets virtuels » puisque, malheureusement, nos Fédérations n’ont pu inviter nos lecteurs et adhérents à notre traditionnel repas gras du « vendredi-dit-saint ». Je vous souhaite d’avoir pu, en bonne santé, célébrer cette soirée avec vins et cochonnailles en vous gaussant des interdits religieux.

Jean-Sébastien Pierre, Président de la Libre Pensée

La couverture

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La Raison n°652 – juin 2020- L’éditorial Quo vadis avec le Covid 19 ? Avec vous à la messe, monsieur le Président

26 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

 

La Raison n°652 – juin 2020

L’éditorial

Quo vadis avec le Covid 19 ? Avec vous à la messe, monsieur le Président

Êtes-vous confinés, avez-vous été renvoyés au travail vos enfants ou petits-enfants ont-ils été renvoyés à l’école manu-militari par Blanquer, contre l’avis effaré de la quasi-totalité des syndicats enseignants ? Le vieil homme que je suis sera-t-il libéré un jour, puisque l’échéance de cette délivrance semble être repoussée de jours en jour ? Il n’est pas question, bien sûr, de nier la gravité de la crise sanitaire que nous traversons.

Cependant, le gouvernement a fort à faire pour tenter de gommer son incurie, ses responsabilités et celle des gouvernements précédents dans la gravité qu’elle a prise. Puisque nous sommes, selon lui, en guerre, rappelons la débâcle de 1940, débâcle d’une armée gouvernée par des généraux obtus, mais colossalement imbus de leur personne, qui retardaient d’une guerre et ont mené à l’incarcération de milliers de prisonniers, à la mort de milliers de civils fuyant éperdus l’avancée des troupes nazies. Puis, à l’établissement catastrophique du régime corporatiste, puis fascisant et très clérical de Pétain, alors maréchal.

Ainsi, malgré les expériences chinoises et italiennes la population s’est-elle trouvée dans le plus complet dénuement sanitaire. Manque de lits d’hôpitaux, Macron et ses prédécesseurs les ayant supprimés par milliers au nom de la maîtrise des dépenses de santé, manque – effarant – de masques dont on apprends que les réserves avaient été détruites et non-renouvelées, toujours au nom de cette criminelle « maîtrise », manque de gel hydroalcoolique pour les endroits publics, où il est nécessaire de se rendre, que ce soit pour se nourrir ou pour acheter ses médicaments. Tout a été faite pour que cette crise sanitaire se double d’une crise sociale sous-jacente. On comprend que le gouvernement de Messieurs Macron et Philippe appréhendent le déconfinement tout en aspirant à remettre « la France au travail » dans n’importe quelles conditions.

Dans mon précédent éditorial, j’ironisais sur la faiblesse des opérations de repentance collectives des Églises actuelles par rapport à celles du passé. Elles se rattrapent. Nos pages 22 et 24 en font largement état. Ajoutons à cela quelques manœuvres de la Présidence de la République. Macron a tenté de réunir ce qu’il a nommé « les autorités morales et religieuses » du pays par vidéoconférence. Las, comme le souligne notre communiqué, la Libre Pensée ne s’est jamais considérée comme une « autorité morale ». Il y avait là une sorte de pilarisme, tel que le connait la Belgique, où les laïques sont considérés comme une religion.

Au-delà de cela, Emmanuel Macron appelle « à l’union des forces spirituelles ». Quelle laïcité ! Merci, nous n’en sommes pas. Nous avons appris également que, ni la Ligue de l’Enseignement, ni la Ligue des Droits de l’Homme n’étaient invités à ce rassemblement œcuménique des hommes de bonne volonté. Voilà, au passage, une petite manœuvre destinée à diviser le camp laïque. Nous n’y fume donc pas. Je me permets une nouvelle fois de citer notre communiqué (page 11 et suivantes) : « Comment ne pas voir que l’opération « Tous derrière mon panache blanc élyséen » vise à camoufler l’énorme responsabilité des gouvernements successifs dans les ravages de cette pandémie ? » On en revient toujours là.

Les contorsions et les prières publiques du pape et de l’Eglise catholique en diverses contrées du Monde, n’empêchent pas ses ennuis juridiques de se poursuivre. Si l’acquittement du cardinal Pell a pu choquer, voire indigner nombre de victimes de la pédophilie surdéveloppée qui règne dans cette Eglise, notre ami et camarade Keith Porteous Wood, dans une déclaration de l’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP) nous informe qu’il n’est pas sorti de l’auberge pour autant.

Reflet de l’activité d’une Libre Pensée confinée mais non muselée, vous avez entre les mains un numéro fort copieux et riche en informations. Vous lirez, je pense avec intérêt notre « discours virtuel pour des banquets virtuels » puisque, malheureusement, nos Fédérations n’ont pu inviter nos lecteurs et adhérents à notre traditionnel repas gras du « vendredi-dit-saint ». Je vous souhaite d’avoir pu, en bonne santé, célébrer cette soirée avec vins et cochonnailles en vous gaussant des interdits religieux.

Jean-Sébastien Pierre, Président de la Libre Pensée

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La liberté pédagogique confinée : L’indulgence est un crime !

20 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

La liberté pédagogique confinée : L’indulgence est un crime !

Jean-Pierre Dubois, professeur des Universités, spécialiste de droit constitutionnel et Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, a été suspendu de ses fonctions jusqu’au 31 juillet. C’est une décision disciplinaire de la Présidente de l’Université-Paris-Saclay.

Il est accusé d’avoir mal utilisé une plateforme informatique destinée aux examens dématérialisés, opération qui aurait permis « à une large majorité d’étudiants » d’obtenir d’excellents résultats. Il y aurait là un « manquement à ses obligations professionnelles » et une « infraction pénale ». En bref, le voilà suspendu pour avoir donné un examen « trop facile ». Cela ne s’est jamais vu.

Au-delà des conséquences pour cet enseignant-chercheur ayant dédié 45 années au service public, cette décision interroge les principes de l’enseignement supérieur et de la recherche. Par cette décision, l’université sanctionne durement un enseignant-chercheur pour une décision pédagogique. Il en va de la liberté pédagogique des enseignants-chercheurs et de leur indépendance.

Face à ces accusations de « faute grave », Jean-Pierre Dubois, qui doit prendre sa retraite le 1er septembre après quarante-cinq ans de carrière, se dit « humilié ». « J’ai mis en place une épreuve de QCM que j’ai faite volontairement très facile, bien plus facile que ce qu’on fait les autres années, affirme-t-il. En cela, j’ai répondu à la demande de la Présidente de faire preuve d’une extrême bienveillance compte tenu des circonstances exceptionnelles de passation des examens. »

En bref, et malgré les consignes officielles, l’indulgence pour des étudiants maintenus depuis près de deux mois dans un confinement qui souvent les précarise, est regardée comme un délit.

Une pétition circule en ligne pour exiger l’abandon de cette sanction incroyable qui témoigne d’un rétrécissement général des libertés. La Libre Pensée se joint à la protestation qui s’élève contre ce fait. La Libre Pensée s’est toujours prononcée pour la liberté pédagogique des enseignants. Cette liberté inclut le choix des modalités d’examen dans l’enseignement supérieur. Plus généralement, la Libre Pensée défend les Franchises universitaires. Les Présidents d’université ne sont pas les supérieurs hiérarchiques des professeurs, ce sont des pairs. Nous ne nous lasserons jamais de le répéter.

Abandon des sanctions disciplinaires contre le Professeur Dubois !

Respect de la liberté pédagogique et des franchises universitaires !

Paris, le 20 mai 2020

Dernière minute : Le journal Le Monde vient d’annoncer que Jean-Pierre Dubois vient d’être réintégré. La Libre Pensée ne peut que se féliciter de cette décision.

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Contre la répression Pour la défense des libertés démocratiques : De Montendre (17) à Toulouse (31) La Libre Pensée agit dans l’unité

12 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

à l’initiative de la LDH
 
Contre la répression Pour la défense des libertés démocratiques

De Montendre (17) à Toulouse (31) La Libre Pensée agit dans l’unité

  

Communiqué commun des organisations politiques et démocratiques : Parti Ouvrier indépendant, Libre Pensée, La France Insoumise, Nouveau Parti Anti-capitaliste, du Parti Communiste Français, Ligue des Droits de l’Homme, le 6 mai 2020

À l’occasion du 1er mai, Journée Internationale des Travailleurs, une habitante de Montendre avait déployé sur sa maison une banderole « Macronavirus à quand la fin ? » reprenant un dessin déjà utilisé en couverture de Charlie-Hebdo (29 janvier).

Des gendarmes sont intervenus, ont confisqué la banderole et auditionné la personne le samedi 2 mai à la gendarmerie. Refusant de donner ses empreintes digitales et de se faire prendre en photo, estimant n’avoir commis aucun délit, on lui a signifié qu’elle était sous le coup de deux chefs d’inculpation : diffamation envers le Président et refus d’obtempérer à une injonction policière.

Comment ne pas être éberlué et scandalisé par cette agression, qui rappelle non seulement l’Ancien-Régime (crime de lèse-majesté), mais aussi les heures les plus sombres du XXe siècle, les heures des milices de la pensée. La République, c’est la liberté d’expression, la liberté de se moquer, de critiquer, de caricaturer. Déjà, le 23 avril, une habitante de Toulouse a été placée en garde à vue et inculpée pour les mêmes raisons. Manifestement, il s’agit de mesures concertées ! Le Président se rêve-t-il donc en monarque absolu et intouchable ?

Comment ne pas être inquiet !

Ce gouvernement qui aligne les mesures arbitraires, incohérentes et liberticides dans sa gestion de la crise sanitaire, ne peut supporter qu’on ne se courbe pas devant lui : restez chez vous et taisez-vous ! Seuls pourront donc parler, comme ces derniers mois, les matraques, LBD et gaz lacrymogènes, dont le stock vient dernièrement d’augmenter?

En tout cas, M. Macron ne se prive pas, lui, d’injurier les travailleurs et leur histoire quand, intervenant le 1er mai, il traite avec condescendance de « chamailleries » leurs combats séculaires pour l’émancipation, souvent confrontés à des répressions sanglantes!

Ce gouvernement aux abois, qui utilise l’arbitraire pour tenir aura beau faire, rien ne saura calmer la colère et les revendications : les deux sont légitimes. Notre soutien sans restriction va à cette habitante de Montendre.

Nous exigeons l’arrêt immédiat de toutes les poursuites !
Ces pratiques doivent cesser !
Toutes les ordonnances liberticides doivent être abrogées !

Le 6 mai 2020

* * *

La Fédération nationale de la Libre Pensée ajoute pour sa part qu’il faut aussi noter  l’histoire des banderoles de Toulouse, où on a appris que le parquet avait mandaté la police pour mettre en garde à vue une citoyenne qui avait affiché une petite banderole intitulée : « Macronavirus, à quand la fin ? », histoire à propos de laquelle le juriste Régis de Castelnau écrit qu’il s’agit de « criminaliser l’opposition à Macron ».

Une conférence de presse unitaire à l’initiative de la LDH a eu lieu à Toulouse, la Libre Pensée en était partie prenante.

Sous le couvert de lutte contre la pandémie, on assiste à une forte remise en cause du socle républicain, les libertés régressent et la démocratie diminue. C’est le cas, notamment, de la loi du 23 mars 2020 et de la loi organique du 30 mars 2020 (qui forment « l’état d’urgence sanitaire »). L’Express en date du 2 mai considère que « l’état d’urgence sanitaire est plus liberticide que l’Etat d’urgence classique » et estime que « chez nous, l’État de droit aussi est l’un des grands perdants de la crise. » Notons qu’aucun autre état européen confronté à la pandémie n’a eu recours à de telles lois.

Ensemble, défendons les libertés démocratiques !

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La RAISON en direct avec monsieur Pierre Vignon, prêtre

11 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

  

En direct avec monsieur Pierre Vignon, prêtre

La Raison : M. Pierre Vignon, d’abord, nous vous remercions de livrer votre opinion à la revue mensuelle de la Libre Pensée. Pourriez-vous, en premier lieu, vous présenter à nos lecteurs ?

Pierre Vignon

Pierre Vignon : Je désire commencer par remercier votre revue qui s’adresse à moi en tant que prêtre. J’y suis sensible. Au-delà de ce choix de vie que j’ai fait il y a quarante ans, c’est au nom de notre humanité que je suis heureux de faire ce bref partage avec vous. J’ai eu de bons parents, bons citoyens, travailleurs syndiqués, et fervents chrétiens, qui ont enseigné à leurs trois enfants un profond respect pour la personne de l’autre et un très grand amour de la liberté. Étant issu d’une famille résistante du Vercors, deux insultes graves étaient réservées pour les cas limites à la maison : « sale milico » (milicien) et « calotin ». Peut-être pas très charitable penseront certains, mais terriblement efficace pour des situations embrouillées.

Toujours est-il que j’ai hérité de cet esprit et que je ne m’en suis jamais départi, étant gêné durant toute ma vie par les manifestations parfois étroites de certains esprits obtus dans le milieu clérical. On gagne toujours à chercher à comprendre les raisons profondes, et parfois cachées, des réactions des autres. On comprend vite qu’on aurait réagi de façon pire, si on s’était retrouvé dans les mêmes conditions. Bref, il se trouve que j’ai eu l’occasion de rencontrer des chrétiens et des prêtres heureux dans mon enfance, qu’ils étaient tout sauf sectaires, et j’ai fait ce choix de la vie sacerdotale, respectant le plus possible la liberté d’autrui, en essayant de la lui rendre s’il voulait s’en dispenser.

LR : Alors que votre ministère vous avait depuis longtemps donné l’occasion de connaître des cas d’abus sexuels au sein de l’Église, pourquoi avez-vous éprouvé le besoin, en 2018, au prix d’une entorse au devoir d’obéissance à votre évêque, de lancer une pétition adressée au pape pour demander la démission – ce n’est pas rien – du cardinal Philippe Barbarin, après la découverte de l’ampleur des agressions sexuelles commises par M. Bernard Preynat, sur des mineurs de moins de quinze ans ? La circonstance que la Cour d’appel de Lyon ait relaxé M. Philippe Barbarin en raison de la prescription probable des faits qui lui étaient reprochés vous conduit-elle à regarder différemment votre initiative ?

PV : L’obéissance à son évêque pour un prêtre ne consiste pas dans le fait d’épouser ses opinions particulières, politiques ou autres. Si j’avais dû promettre cela, je ne serais jamais devenu prêtre. L’obéissance consiste à répondre favorablement aux nominations pour le ministère, s’il n’y a pas d’objection raisonnable à y faire. La relation d’obéissance du prêtre n’est pas celle des religieux et religieuses dans le cadre de leurs vœux. Et là encore, il y a beaucoup de précisions à apporter, car il ne s’agit pas d’aliéner sa liberté fondamentale.

Lorsqu’un responsable religieux, évêque, supérieur(e), outrepasse ses prérogatives, c’est un devoir de le dénoncer et de s’y opposer. Pour en venir à la situation du cardinal Philippe Barbarin, il n’était pas mon évêque mais, désolé pour la cuisine interne, l’archevêque métropolitain de Lyon dont relève Valence. Il était le responsable du Tribunal pour les affaires ecclésiastiques dans lequel je travaillais, mais je n’avais pas à dépendre de lui dans mes choix de juge qui relèvent toujours en dernier lieu de l’intime conviction. De façon générale, je n’approuvais pas la façon de gouverner son diocèse par le cardinal archevêque. Je lui reprochais de ne pas écouter, ce qui n’était pas le cas de ses prédécesseurs, d’être impulsif dans ses décisions, et de les imposer sans tenir compte des objections raisonnables qui pouvaient lui être faites. Ayant observé et analysé ce comportement, et comme la lucidité n’est pas un péché pour un prêtre, bien au contraire, je me suis tenu à distance par précaution.

Il se trouve que je m’occupais de fait de défendre les dossiers de personnes qui se trouvaient coincées d’une façon ou de l’autre dans l’institution « Église ». D’abord dans le domaine des dérives sectaires, quand un(e) supérieur(e) abuse de sa situation pour mettre un ou plusieurs sujets plus fragiles sous son emprise. Ce travail, mené de front avec d’autres, a abouti à la création d’une cellule contre les dérives sectaires internes à l’Église au sein de la Conférence des Evêques de France. C’est actuellement Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne, qui la dirige. Bien qu’il reste encore à faire dans ce domaine, la France est la première à s’occuper de ces questions dans l’Église. Et c’est comme naturellement que je suis passé, sans l’avoir cherché, tout simplement à cause de l’écoute des victimes, au chapitre des abus sexuels. Afin de mieux pouvoir aider, en particulier pour l’établissement d’un dossier, je suis resté longtemps en retrait.

Quand l’affaire de La Parole Libérée a éclaté, c’est tout naturellement que je me suis adressé discrètement à son Président, François Devaux, pour lui apporter mon soutien. Sans l’avoir cherché, j’étais le premier, et hélas l’un des rares prêtres, à le faire. Là aussi il a été entendu que je pouvais apporter une aide plus utile en n’occupant pas le devant de la scène. C’est le 20 août 2018 que le pape François a fait un coup d’éclat en publiant un document totalement original dans l’Histoire de l’Église, la Lettre au Peuple de Dieu, où il invitait tous les chrétiens à s’emparer du dossier des abus, en particulier sexuels.

Le soir du 20 août, j’ai rédigé un texte pour le cardinal Barbarin à qui j’avais déjà écrit personnellement pour lui demander de changer d’attitude dans l’affaire Preynat, et j’en ai donné connaissance à François Devaux et à Aymeri Suarez-Pazos, Présidents de deux associations de défense des victimes. François Devaux m’a demandé si j’accepterais que ma lettre soit mise en ligne avec une pétition. J’ai répondu favorablement, à condition que je ne m’occupe pas de la pétition. Cette lettre et cette pétition ont eu un écho mondial auquel nous ne nous attendions pas. Et puisque j’étais projeté sous les feux de la rampe sans l’avoir cherché, pour les victimes, en conscience, j’ai décidé de ne pas reculer.

  

LR : Vous avez été longtemps juge à l’officialité interdiocésaine de Lyon, avant d’être démis de vos fonctions. Vous êtes donc en mesure de nous donner une réponse éclairée de juriste, mais aussi d’homme sur les questions suivantes. D’une part, si le droit canonique regarde les atteintes sexuelles sur mineurs comme un délit, en revanche il impose le secret à tous ceux qui ont connaissance de l’infraction. Cette culture du secret n’est-elle pas un problème majeur ? D’autre part, s’agissant de la loi civile, les délais de prescription fixés par le Code de procédure pénale et applicables au délit vous semblent-ils suffisants ?

PV : Le secret de l’instruction dans une procédure est une chose positive en soi, car il protège les personnes dans les affaires particulièrement délicates. L’histoire du secret dans les affaires juridiques est intéressante à faire. La difficulté a surgi avec la prise en compte des victimes dans notre société. Pendant des millénaires, les victimes se sont donné la mort ou se sont tues. Libérer la parole est un fait nouveau dans l’histoire de l’Humanité et ce fait gêne toutes les institutions. Dans le cas de l’Église, cela se complique du fait que l’Église, depuis la Révolution française, s’est souvent senti attaquée et a pris des mesures pour se protéger. L’une d’elles était le renforcement du secret. Devant l’émergence de la parole des victimes, cette façon de faire s’est révélée nocive.

C’est un des premiers points qui a été mis en avant dans les différents lieux où les questions d’abus sont étudiées si bien que le pape François a pris une décision, qu’on peut qualifier d’historique, le 17 décembre dernier : il a levé le secret pontifical dans les cas de violences sexuelles et d’abus sur mineurs commis par des membres du clergé. Pour ce qui relève des délais de prescription dans le Code de procédure pénale, des progrès ont été réalisés. Compte tenu des découvertes de la psychologie et des sciences cognitives, il faudra encore avancer, non seulement pour les délais de prescription, mais aussi pour les facilités concernant le signalement des abus, en particulier par les médecins et ceux qui s’occupent de l’enfance et de la jeunesse.

LR : Pour achever cet entretien, nous souhaiterions connaître votre point de vue sur la situation actuelle et l’évolution éventuelle de l’Église, confrontée à une crise très profonde du fait des infractions commises par des prêtres sur des mineurs sur tous les continents. Par ailleurs, s’agissant de l’Église de France, qu’attendez-vous de la commission présidée par M. Jean-Marc Sauvé, vice-président honoraire du Conseil d’État ? Peut-elle, selon vous, répondre à la douleur immense des victimes auxquelles vous ne ménagez pas votre soutien ?

PV : De mon point de vue, je considère positivement la crise que nous traversons. Si nous sommes touchés par une telle gangrène, notre intérêt est de la diagnostiquer, de l’éradiquer et d’en guérir définitivement. Le fait nouveau de la libération de la parole atteint tous les milieux sociaux et toutes les formes d’institution. Je ne partage pas la mentalité complotiste de certains chrétiens. Les médias, les associations de défense des victimes et autres nous aident à faire le ménage, quand nos responsables rechignent à le faire. C’est dans ce sens que j’ai un regard très positif sur la Commission Sauvé, d’une part à cause des indéniables qualités de son Président, d’autre part pour ses préconisations qui nous seront très utiles pour sortir de l’esprit d’abus qui réside dans le cléricalisme. Elle ne fera pas tout, mais beaucoup et rien que cela sera un bien pour les victimes. Il faut encore du temps. De bonnes mesures ont déjà été prises. D’autres sont encore à venir. Nul doute que la Commission aidera à avancer

(Propos recueillis par Christian Eyschen)

Image mise en avant : Hannah Assouline

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La Raison n°651 Mai 2020 Posté le3 mai 2020Auteuradmin L’Editorial de Jean-Sébastien Pierre, président de la FNLP Incarcerati ! (emprisonnés)

3 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

La Raison n°651 Mai 2020

L’Editorial de Jean-Sébastien Pierre, président de la FNLP

Incarcerati ! (emprisonnés)

À l’heure où j’écris ces lignes, je ne peux savoir si nous serons libérés de notre incarcération à domicile en raison d’une souche virale mal connue. La période est difficile à vivre pour nombre de citoyennes et de citoyens : approvisionnement, garde des enfants, déplacements réglementés. Pour certains, confinés avec leur famille dans des logements exigus avec des salaires réduits, voire absents (comme les vacataires de tous ordres, les autoentrepreneurs ubérisés), elle peut être dramatique. Pour les milliers de gens sans domicile fixe, c’est pire qu’un cauchemar. La nécessité de ces mesures sanitaires n’est pas contestable. Cependant les difficultés rencontrées montrent à quel point ce qui fait la civilisation a été fragilisé, attaqué voire méprisé depuis des décennies.

Est-ce une surprise si les hôpitaux publics se trouvent en état de crise, les urgences débordées, les appareils d’assistance respiratoire en trop petits nombres, les lits d’accueil manquants ? En 15 ans, par soumission aux impératifs fous de rentabilisation des hôpitaux publics, 72 000 lits ont été supprimés. Madame Buzyn, qui, sans vergogne, taclait le gouvernement, dont elle a été membre, en a fermé plus de 4 000. Elle est restée pendant des mois sourde à la grève des personnels urgentistes qui alertaient sur leurs conditions de travail et sur les dangers que ces conditions faisaient courir aux patients.

Ce gouvernement qui a réprimé les Gilets jaunes, puis toutes les manifestations, y compris celles des pompiers et des hospitaliers se permet, par la voix du Président de la République, de faire maintenant l’éloge de ces derniers et de les appeler à l’héroïsme avec des accents guerriers. « Nous sommes en guerre » a-t-il dit, en essayant de rallier toutes les forces politiques existantes dans l’union sacrée. Pendant près de deux ans il a été en guerre contre les Gilets jaunes, puis contre les citoyens qui contestaient le recul social incarné par sa réforme des retraites.

Pendant ce même laps de temps, il a maintenu et financé de ruineuses et criminelles opérations extérieures, notamment en Afrique. Et maintenant, il faudrait remettre le compteur à zéro et s’unir avec son gouvernement failli ? Les professionnels de santé sont bien en guerre : contre le coronavirus et contre Macron et son gouvernement qui les a placés dans cette situation impossible.

Au début du confinement, les professionnels de santé comme les simples citoyens n’avaient pas de masques de protection en quantité suffisante, plus de gels hydroalcooliques, était-ce une fatalité ? La politique des « flux tendus » s’est généralisée dans tous les secteurs : il ne faut produire que ce que l’on est certain d’écouler rapidement. Cette politique généralisée, dans une logique capitaliste et comptable, fait la chasse aux stocks. Ils ont gagné : plus de stocks, plus de réserves, même pas pour la sécurité sanitaire de la population.

Devant l’arrivée de la pandémie, que les autorités ont pu suivre pas à pas de Wuhan à Milan, puis en France, depuis près de trois mois, cette situation n’était-elle pas prévisible ? Elle l’était. Rien n’a été commandé à l’avance aux entreprises capables de les produire. Les commandes se sont faites au moment du confinement, avec plus d’un mois de retard. La société affronte la pandémie dans le dénuement sanitaire.

Les élections municipales ont été maintenues apparemment en dépit de toute raison, immédiatement suivies de la consigne de confinement. Combien de contaminations ont-elles entrainées ? Madame Buzyn qui prétend avoir demandé leur annulation s’y est cependant précipitée avec le succès que l’on connait. L’hypocrisie règne.

L’Église et l’ensemble des religions ont été plutôt silencieux sur le sujet. Ils n’ont pas osé suggérer que le fléau nous était envoyé en punition de nos péchés. Le monde et les temps changent. Pas de processions de flagellants pour expier, pas de prières publiques pour arrêter l’épidémie, pas d’appel à la repentance. L’activité ecclésiastique a bien baissé depuis le Moyen-Âge ! Jorge Bergoglio connu actuellement sous le nom de « pape François » a tout de même confié au journal La Repubblica qu’il avait demandé la fin de la pandémie au Seigneur dans ses prières. C’est bien le moins. Cela n’a pas changé d’un iota les courbes épidémiologiques, même en Italie. L’archevêque de Paris a recommandé de limiter les offices et de vider les bénitiers. Le prélat serait-il sceptique, quant au caractère aseptique et aux vertus antiseptiques de l’eau bénite. La science a fait bien du mal à la foi !

Ne portons pas peine pour eux : qu’il s’agisse du sabre ou du goupillon, ils seront toujours du côté du manche, du côté de la réaction.

Jean-Sébastien Pierre, Président de la Libre Pensée

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3 Mai 2020 , Rédigé par librepensee04

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Incarcerati ! (emprisonnés)

À l’heure où j’écris ces lignes, je ne peux savoir si nous serons libérés de notre incarcération à domicile en raison d’une souche virale mal connue. La période est difficile à vivre pour nombre de citoyennes et de citoyens : approvisionnement, garde des enfants, déplacements réglementés. Pour certains, confinés avec leur famille dans des logements exigus avec des salaires réduits, voire absents (comme les vacataires de tous ordres, les autoentrepreneurs ubérisés), elle peut être dramatique. Pour les milliers de gens sans domicile fixe, c’est pire qu’un cauchemar. La nécessité de ces mesures sanitaires n’est pas contestable. Cependant les difficultés rencontrées montrent à quel point ce qui fait la civilisation a été fragilisé, attaqué voire méprisé depuis des décennies.

Est-ce une surprise si les hôpitaux publics se trouvent en état de crise, les urgences débordées, les appareils d’assistance respiratoire en trop petits nombres, les lits d’accueil manquants ? En 15 ans, par soumission aux impératifs fous de rentabilisation des hôpitaux publics, 72 000 lits ont été supprimés. Madame Buzyn, qui, sans vergogne, taclait le gouvernement, dont elle a été membre, en a fermé plus de 4 000. Elle est restée pendant des mois sourde à la grève des personnels urgentistes qui alertaient sur leurs conditions de travail et sur les dangers que ces conditions faisaient courir aux patients.

Ce gouvernement qui a réprimé les Gilets jaunes, puis toutes les manifestations, y compris celles des pompiers et des hospitaliers se permet, par la voix du Président de la République, de faire maintenant l’éloge de ces derniers et de les appeler à l’héroïsme avec des accents guerriers. « Nous sommes en guerre » a-t-il dit, en essayant de rallier toutes les forces politiques existantes dans l’union sacrée. Pendant près de deux ans il a été en guerre contre les Gilets jaunes, puis contre les citoyens qui contestaient le recul social incarné par sa réforme des retraites.

Pendant ce même laps de temps, il a maintenu et financé de ruineuses et criminelles opérations extérieures, notamment en Afrique. Et maintenant, il faudrait remettre le compteur à zéro et s’unir avec son gouvernement failli ? Les professionnels de santé sont bien en guerre : contre le coronavirus et contre Macron et son gouvernement qui les a placés dans cette situation impossible.

Au début du confinement, les professionnels de santé comme les simples citoyens n’avaient pas de masques de protection en quantité suffisante, plus de gels hydroalcooliques, était-ce une fatalité ? La politique des « flux tendus » s’est généralisée dans tous les secteurs : il ne faut produire que ce que l’on est certain d’écouler rapidement. Cette politique généralisée, dans une logique capitaliste et comptable, fait la chasse aux stocks. Ils ont gagné : plus de stocks, plus de réserves, même pas pour la sécurité sanitaire de la population.

Devant l’arrivée de la pandémie, que les autorités ont pu suivre pas à pas de Wuhan à Milan, puis en France, depuis près de trois mois, cette situation n’était-elle pas prévisible ? Elle l’était. Rien n’a été commandé à l’avance aux entreprises capables de les produire. Les commandes se sont faites au moment du confinement, avec plus d’un mois de retard. La société affronte la pandémie dans le dénuement sanitaire.

Les élections municipales ont été maintenues apparemment en dépit de toute raison, immédiatement suivies de la consigne de confinement. Combien de contaminations ont-elles entrainées ? Madame Buzyn qui prétend avoir demandé leur annulation s’y est cependant précipitée avec le succès que l’on connait. L’hypocrisie règne.

L’Église et l’ensemble des religions ont été plutôt silencieux sur le sujet. Ils n’ont pas osé suggérer que le fléau nous était envoyé en punition de nos péchés. Le monde et les temps changent. Pas de processions de flagellants pour expier, pas de prières publiques pour arrêter l’épidémie, pas d’appel à la repentance. L’activité ecclésiastique a bien baissé depuis le Moyen-Âge ! Jorge Bergoglio connu actuellement sous le nom de « pape François » a tout de même confié au journal La Repubblica qu’il avait demandé la fin de la pandémie au Seigneur dans ses prières. C’est bien le moins. Cela n’a pas changé d’un iota les courbes épidémiologiques, même en Italie. L’archevêque de Paris a recommandé de limiter les offices et de vider les bénitiers. Le prélat serait-il sceptique, quant au caractère aseptique et aux vertus antiseptiques de l’eau bénite. La science a fait bien du mal à la foi !

Ne portons pas peine pour eux : qu’il s’agisse du sabre ou du goupillon, ils seront toujours du côté du manche, du côté de la réaction.

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À l’heure où j’écris ces lignes, je ne peux savoir si nous serons libérés de notre incarcération à domicile en raison d’une souche virale mal connue. La période est difficile à vivre pour nombre de citoyennes et de citoyens : approvisionnement, garde des enfants, déplacements réglementés. Pour certains, confinés avec leur famille dans des logements exigus avec des salaires réduits, voire absents (comme les vacataires de tous ordres, les autoentrepreneurs ubérisés), elle peut être dramatique. Pour les milliers de gens sans domicile fixe, c’est pire qu’un cauchemar. La nécessité de ces mesures sanitaires n’est pas contestable. Cependant les difficultés rencontrées montrent à quel point ce qui fait la civilisation a été fragilisé, attaqué voire méprisé depuis des décennies.

Est-ce une surprise si les hôpitaux publics se trouvent en état de crise, les urgences débordées, les appareils d’assistance respiratoire en trop petits nombres, les lits d’accueil manquants ? En 15 ans, par soumission aux impératifs fous de rentabilisation des hôpitaux publics, 72 000 lits ont été supprimés. Madame Buzyn, qui, sans vergogne, taclait le gouvernement, dont elle a été membre, en a fermé plus de 4 000. Elle est restée pendant des mois sourde à la grève des personnels urgentistes qui alertaient sur leurs conditions de travail et sur les dangers que ces conditions faisaient courir aux patients.

Ce gouvernement qui a réprimé les Gilets jaunes, puis toutes les manifestations, y compris celles des pompiers et des hospitaliers se permet, par la voix du Président de la République, de faire maintenant l’éloge de ces derniers et de les appeler à l’héroïsme avec des accents guerriers. « Nous sommes en guerre » a-t-il dit, en essayant de rallier toutes les forces politiques existantes dans l’union sacrée. Pendant près de deux ans il a été en guerre contre les Gilets jaunes, puis contre les citoyens qui contestaient le recul social incarné par sa réforme des retraites.

Pendant ce même laps de temps, il a maintenu et financé de ruineuses et criminelles opérations extérieures, notamment en Afrique. Et maintenant, il faudrait remettre le compteur à zéro et s’unir avec son gouvernement failli ? Les professionnels de santé sont bien en guerre : contre le coronavirus et contre Macron et son gouvernement qui les a placés dans cette situation impossible.

Au début du confinement, les professionnels de santé comme les simples citoyens n’avaient pas de masques de protection en quantité suffisante, plus de gels hydroalcooliques, était-ce une fatalité ? La politique des « flux tendus » s’est généralisée dans tous les secteurs : il ne faut produire que ce que l’on est certain d’écouler rapidement. Cette politique généralisée, dans une logique capitaliste et comptable, fait la chasse aux stocks. Ils ont gagné : plus de stocks, plus de réserves, même pas pour la sécurité sanitaire de la population.

Devant l’arrivée de la pandémie, que les autorités ont pu suivre pas à pas de Wuhan à Milan, puis en France, depuis près de trois mois, cette situation n’était-elle pas prévisible ? Elle l’était. Rien n’a été commandé à l’avance aux entreprises capables de les produire. Les commandes se sont faites au moment du confinement, avec plus d’un mois de retard. La société affronte la pandémie dans le dénuement sanitaire.

Les élections municipales ont été maintenues apparemment en dépit de toute raison, immédiatement suivies de la consigne de confinement. Combien de contaminations ont-elles entrainées ? Madame Buzyn qui prétend avoir demandé leur annulation s’y est cependant précipitée avec le succès que l’on connait. L’hypocrisie règne.

L’Église et l’ensemble des religions ont été plutôt silencieux sur le sujet. Ils n’ont pas osé suggérer que le fléau nous était envoyé en punition de nos péchés. Le monde et les temps changent. Pas de processions de flagellants pour expier, pas de prières publiques pour arrêter l’épidémie, pas d’appel à la repentance. L’activité ecclésiastique a bien baissé depuis le Moyen-Âge ! Jorge Bergoglio connu actuellement sous le nom de « pape François » a tout de même confié au journal La Repubblica qu’il avait demandé la fin de la pandémie au Seigneur dans ses prières. C’est bien le moins. Cela n’a pas changé d’un iota les courbes épidémiologiques, même en Italie. L’archevêque de Paris a recommandé de limiter les offices et de vider les bénitiers. Le prélat serait-il sceptique, quant au caractère aseptique et aux vertus antiseptiques de l’eau bénite. La science a fait bien du mal à la foi !

Ne portons pas peine pour eux : qu’il s’agisse du sabre ou du goupillon, ils seront toujours du côté du manche, du côté de la réaction.

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