Eklablog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
 LIBRE PENSEE-Fédération des Alpes de Haute Provence (04)

Pétition « Pour nous, c’est définitivement non ! »

30 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

Pétition « Pour nous, c’est définitivement non ! »

Communiqué commun

Ainsi le président de la République a décidé de modifier la Constitution dans le pire sens qui soit. Nous appelons les citoyens et les citoyennes à manifester d’ores et déjà leur opposition à ces projets en signant la pétition suivante :

« Pour nous, c’est définitivement non !

Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l'effroi légitime suscité par les attentats.

Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels.

Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester. »

A l’initiative de :
AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Altertour, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association femmes solidaires comité Saint-Denis, Association France Palestine solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip), Attac, Cadac, Cedetim, CGT Police Paris,  Centre islamique Philippe Grenier (CIPG), Cercle Condorcet de Paris, Collectif BDS Saint-Etienne, Collectif CGT Insertion-Probation (UGFF-CGT), Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Collectif féministes pour l’égalité, Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP), Collectif Mémorial 98, Collectif national des Faucheurs volontaires, Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif Stop le contrôle au faciès, Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Commission islam et laïcité, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Confédération générale du travail (CGT), Coordination de l’action non-violente de l’Arche (Canva), Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI), Droit solidarité, Emmaüs international, Espace franco-algérien, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Femmes égalité, Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Halte OPGM07, Ipam, Justice et libertés Strasbourg , La Cimade, Le Gisti, Le Mouvement de la paix, Liberpensula Frakcio de Sat, Ligue des droits de l’Homme, Mamans toutes égales (MTE), Minga-agir ensemble pour une économie équitable, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Osez le féminisme !, Planning familial, Powerfoule,  Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RaidH), Réseaux citoyens Saint-Etienne, Réseau éducation sans frontières (RESF), Revue Inprecor, Revue Regard, Romeurope 94, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat national des journalistes (SNJ), SNJ-CGT, SNPES-PJJ/FSU, Solidaires étudiant-e-s, Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT (UGFF-CGT), Union juive française pour la paix (UJFP), Unef, Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale solidaires.

Paris, le 29 décembre 2015

 

Les signatures sont recueillies à l’adresse suivante

http://www.nousnecederonspas.org/petition/

Lire la suite
Publicité

La Raison n°607 est parue Extrait de l'éditorial de Jean-Sébastien Pierre :

29 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

La Raison n°607 est parue

Extrait de l'éditorial de Jean-Sébastien Pierre :

 

Laïcité, Démocratie, République, Libertés

La Libre Pensée a été saisie d’effroi à l’annonce des attentats du 13 novembre 2015 et de l’horrible carnage qui s’en est suivi. Elle a adressé aux familles des victimes l’expression de son empathie profonde et de sa solidarité. À l’instar du pays tout entier, elle a condamné cette barbarie sanglante.
Après le temps du recueillement et du deuil nécessaire, le temps viendra de s’interroger pour comprendre ce qui s’est passé, comment une telle infamie a pu se produire. Ce que nous avons connu dans cette tragédie n’est pas l’apanage de notre seul pays. Dans de nombreuses contrées, du monde,les peuples connaissent cette situation.En 2008, au moment des attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya, Robert Bowman, vétéran de la guerre du Vietnam comme pilote de bombardier déclarait lucidement : « Nous ne sommes pas haïs parce que nous pratiquons la démocratie, aimons la liberté ou défendons les droits de l’Homme. Nous sommes détestés parce que notre gouvernement refuse tout cela aux pays du Tiers-Monde dont les ressources naturelles sont convoitées par nos multinationales. Cette haine que nous avons semée est revenue nous hanter sous la forme du terrorisme...

Au lieu d’envoyer nos fils et nos filles à travers le monde pour tuer des Arabes afin que nous puissions nous emparer du pétrole qui dort sous les sables de leurs déserts,
nous devrions les y envoyer pour les aider à reconstruire leurs infrastructures, leur fournir de l’eau potable et nourrir leurs enfants affamés [...] En bref, nous devrions faire le bien au lieu du mal. Qui voudrait nous en empêcher  ? Qui pourrait nous haïr pour cela  ? Qui voudrait nous bombarder  ? C’est cette vérité-là que le peuple américain devrait entendre. »

C’était hier vu des USA, c’est aujourd’hui en France, nul ne peut échapper à de telles interrogations. (...)

 

 

Lire la suite

A propos de la conférence de presse du 1er ministre du 23 décembre 2015

25 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

25 décembre 2015
Communiqués
A propos de la conférence de presse du 1er ministre du 23 décembre 2015
Les mots et les maux

La Fédération nationale de la Libre Pensée condamne le maintien de l’état d’urgence, sa constitutionnalisation visant à le rendre normal dans un Etat de droit, la proposition de destitution de la nationalité française pour les citoyens binationaux ayant été condamnés pour des faits de terrorisme, mesure qui est une régression antidémocratique et qui rappelle les temps du Régime de Vichy.

Le gouvernement indique lui-même que cette mesure n’aura aucun effet pratique dans les faits et qu’elle se situe dans une démarche symbolique. Il n’est nullement symbolique de pratiquer la course à l’échalote sur le délire sécuritaire avec la droite et le Front national. Ce n’est qu’une manœuvre électoraliste qui ne trompe personne, mais qui peut avoir des conséquences dramatiques contre les libertés démocratiques..

Le Front national a clairement indiqué que c’était une mesure issue de son programme. Il est des compliments qui sont les pires des condamnations.

Avec la Ligue des Droits de l’Homme et plus d’une centaine d’associations et d‘organisations syndicales qui exigent la levée immédiate de l’état d’urgence, la Libre Pensée agit pour la défense des libertés démocratiques.

Si les mots ont un sens

La Libre Pensée s’adresse à monsieur Manuel Valls : Monsieur le Premier Ministre, vous avez indiqué dans votre discours d’ouverture de la conférence de presse : « Tuer aveuglement des compatriotes au nom d’une idéologie, c’est exprimer un reniement sanglant, total et définitif de toute volonté de vivre ensemble sans distinction d’origine ou de religion. C’est renier l’âme de la Nation. »

Nous n’avons aucune compétence, visiblement à l’inverse de vous, pour débattre des questions de l’âme, fût-elle celle de la Nation, mais votre propos nous a rappelé qu’entre 1914 et 1918, il y a eu 639 Fusillés pour l’exemple, compatriotes « tués aveuglement au nom d’une idéologie », celle de l’Etat militarisé, celle de la guerre et de la barbarie à tout prix. Il s’agissait là aussi de terrorisme.

Alors, si les mots ont un sens et les mots ont un sens :

Pourquoi n’en tirez-vous pas les conclusions nécessaires et indispensables :

la réhabilitation collective des 639 Fusillés pour l’exemple de 1914 - 1918 ?

Paris, le 25 décembre 2015

Lire la suite

ETAT D’URGENCE

18 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

ETAT D’URGENCE 

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée s’associe à nouveau à la démarche de la Ligue des Droits de l’Homme qui demande la levée de l’état d’urgence en apportant toute fois une réserve exprimée dans cette lettre :

 

Chers amis de la LDH,

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée signe ce nouveau texte, en indiquant  qu’elle manifeste une très grande réserve avec cette phrase : » Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser. » 

 

Pour la Libre Pensée, l’état d’urgence constitue en lui-même un abus qui ne peut que générer cette situation.

 

Meilleurs sentiments,

 

Christian Eyschen, vice-Président de la Libre Pensée

 

 

 

 

Après l’appel « Nous ne céderons pas ! », une centaine d’organisations ont rendu public le texte « Sortir de l’état d’urgence » au cours d’une conférence de presse, le 17 décembre 2015. 

 

Sortir de l’état d’urgence
 
En réaction à l’horreur des attentats, l’état d’urgence a été décrété par le gouvernement, puis aggravé et prolongé pour une durée de trois mois. Nos organisations ont immédiatement exprimé leurs craintes vis-à-vis de ce régime d’exception ; ces craintes sont aujourd’hui confirmées par l’ampleur des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines. Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser.
 
La volonté de se rassembler et de manifester ensemble a prévalu après les attentats commis à Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Elle prévaut encore. Or, depuis le 13 novembre 2015, les interdictions visant les mobilisations sur la voie publique se multiplient. Manifester n’est plus un droit, et les rares concessions accordées par les préfectures, qui attendent souvent le dernier moment pour informer de leurs intentions, entravent dans les faits son exercice.
 
Le ministère de l’Intérieur justifie tout cela par son incapacité à sécuriser les parcours alors même qu’il autorise, dans le même temps, les rencontres sportives et des événements tels que les marchés de Noël, qui se tiennent sur la voie publique. L’interdiction des rassemblements et manifestations entraîne la multiplication des arrestations, des gardes à vue, des assignations à résidence, un fichage policier des militants, et, pour quelques-uns,  des condamnations. Qui peut croire que cela soulage les autorités ? La censure, ici, s’avère doublement contreproductive…
 
L’état d’urgence autorise par ailleurs des perquisitions sur ordre des préfectures, de jour comme de nuit, en dehors de tout cadre judiciaire, sur le fondement de fiches possiblement erronées, de dénonciations, d’informations et de soupçons sujets à caution. Plus de deux mille six cents intrusions discrétionnaires sont intervenues à domicile, dans des mosquées, des commerces, interventions souvent violentes, sans qu’aucune mise en examen pour terrorisme n’ait eu lieu. Rien n’indique qu’une telle frénésie va s’arrêter, chacun peut en être victime.
 
Les assignations à résidence se multiplient sur la base de motifs aussi vagues que la présence sur le lieu d’une manifestation ou le fait de « connaître » tel ou tel individu. Ces graves restrictions sont appliquées, sans distinction, et de manière massive, d’autant que les juridictions administratives ont montré qu’elles s’en accommodent, quitte à ce que les libertés en souffrent. Elles reprennent à leur compte toutes les allégations du ministère de l’Intérieur et, comble de la démission, sont nombreuses à considérer qu’il n’y aurait pas d’urgence à statuer sur l’état d’urgence.
 
L’état d’urgence et le climat de guerre intérieure alimenté par le gouvernement contribuent au renforcement des amalgames et aux pratiques discriminantes, notamment de la part des forces de police. Ce ne sont pas «  les terroristes qui sont terrorisés », ce sont des jeunes et des populations victimes de l’arbitraire en raison de leur origine et/ou de leur religion qui voient leur situation encore davantage fragilisée.
 
Reprenant à son compte les exigences de l’extrême droite, FN en tête, le gouvernement s’engage honteusement dans une modification de la Constitution visant à étendre la déchéance de la nationalité aux binationaux nés en France. 
 
Ces multiples atteintes portées au contrat démocratique sont une mauvaise réponse aux actes terroristes. Notre pays a été blessé, mais loin d’en apaiser les plaies, l’état d’urgence risque de les exacerber en appauvrissant notre démocratie, en délégitimant notre liberté.
 
Dans ces circonstances, nous appelons les pouvoirs publics à :

  • jouer leur rôle de garants de la défense des droits et des libertés publiques ;
  • rétablir, sans délai, le droit plein et entier de manifester ;
  • cesser les perquisitions et les assignations à résidence arbitraires et à agir dans le cadre de procédures judiciaires ;
  • mettre en place des garanties effectives de contrôle ;
  • lever l’état d’urgence ;
  • renoncer à une réforme constitutionnelle préparée dans l’urgence et au contenu inacceptable.

 
 
Paris, le 17 décembre 2015

 
Signataires :
AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Altertour, L'Appel des appels, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association Grèce France Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association des Marocains en France (AMF), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip),  Attac, Cadac, Cedetim, Centre islamique Philippe Grenier (CIPG), Centre de recherche et d'information pour le développement (Crid), CGT-Police Paris, Collectif 3C, Collectif des 39, Collectif CGT Insertion-Probation (UGFF-CGT), Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP), Collectif Stop le contrôle au faciès, Confédération générale du travail (CGT), Confédération nationale du logement (CNL), Confédération paysanne, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE),  Collectif Memorial 98, Collectif des musulmans de France (CMF), Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Confédération syndicale des familles (CSF), Coordination de l’action non-violente de l’Arche (Canva), Coordination des collectifs AC !, Droits devant !, Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Emmaüs France, Emmaüs International, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Femmes Solidaires, Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Fondation Danielle Mitterrand France Libertés,  Genepi, Ipam, La Cimade, La Ligue de l'enseignement, La Quadrature du Net, Le Gisti, Le Mouvement de la paix, Les Amoureux au ban public, Les Céméa, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Minga-agir ensemble pour une économie équitable, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), Observatoire international des prisons (OIP) - section française, Organisation de femmes égalité, Osez le féminisme !, Planning familial, Réseau d'alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme (RaidH), Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF), Réseau Immigration Développement Démocratie (IDD), SNPES-PJJ/FSU, Solidaires étudiant-e-s, Solidarité laïque, Sud Intérieur, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat français des artistes interprètes (SFA), Syndicat de la magistrature, Syndicat de la médecine générale, Syndicat national des arts vivants (Synavi), Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national unitaire interministériel des territoires, de l'agriculture et de la mer (SNUITAM – FSU), SNJ-CGT, Unef, Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT (UGFF-CGT), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale Solidaires, Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit).
 
Associations locales et autres :
Asti 93, Collectif 07 stop au gaz et huile de schiste, Collectif BDS Saint-Etienne, Collectif Justice & Libertés (Strasbourg), Collectif Maquis de Corrèze, Collectif Romeurope 94, la revue Ecole émancipée, Espace franco-algérien, Faucheurs volontaires de la Loire, la revue Inprecor, le journal Regards, Réseaux citoyens Saint-Etienne, Vigilance OGM 18.

 

Lire la suite
Publicité

IRELP / QU'EST-CE QUE L'HISTOIRE?

18 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

Lire la suite

IRELP / QU'EST-CE QUE LA PHILOSOPHIE?

18 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

Lire la suite

HISTORIQUE DE LA LIBRE PENSEE FRANCAISE IRELP L'Institut de Recherche et d'Etudes de la Libre Pensée

16 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

HISTORIQUE DE LA LIBRE PENSEE FRANCAISE
IRELP L'Institut de Recherche et d'Etudes de la Libre Pensée

La commission Histoire de la Fédération Nationale de la Libre Pensée a publié deux cahiers portant pour le premier sur la période 1847-1938 et pour le second sur la période 1939-1980
Plusieurs chercheurs travaillent aujourd'hui sur l'Histoire des Libres Penseurs en France.
Histoire de la Libre Pensée (1847 - 1980)
1847 : Fondation de la revue " La Liberté de penser "qui va défendre jusqu’en novembre 1851 les principes de la Libre Pensée et de la philosophie laïque. C’est elle qui lança l’expression de " parti clérical " pour désigner le clergé et ses alliés . Elle critiqua les dogmes, dénonça les actes d’intolérance et fit une guerre acharnée au ministre Falloux. Ses fondateurs sont Jules Simon et Amédée Jacques.
1848 : Apparition de la " société démocratique des libres penseurs ". Elle était présidée par Jules Simon et son vice - président était Jules Barni. 1848 . L’action du libre penseur Victor Schoelcher fait supprimer l’esclavage des noirs dans toutes les colonies françaises. A la suite du coup d’Etat du 2 décembre 1851, les meilleures militants de Paris et de la province furent dispersés de par le monde.
Réfugiés en Belgique, à Londres, à Jersey, en Suisse, en Amérique, ils devaient continuer en terre d’exil leur propagande démocratique. Ils furent les pionniers des premiers cercles de Libre Pensée de Belgique et ailleurs, des adversaires déterminés de l’Eglise.
1860 à 1862 : Parution d’un hebdomadaire " Le libre penseur du XIXème siècle. Journal des idées nouvelles ".
1863 : Fondation à Bruxelles de La Libre Pensée, association pour l’émancipation des consciences par l’instruction et l’organisation des enterrements civils.
1864 : Les libres penseurs de France et particulièrement les proscrits du 2 décembre 1851 jouent un rôle de premier plan dans la création à Londres de l’A.I.T. (Association internationale des travailleurs), plus connue sous le nom de Première Internationale, en compagnie de Karl Marx, Bakounine, Engels, etc.
1866 : Parution de La Libre Pensée, hebdomadaire parisien dont le gérant est Emile Eudes, qui sera général de la Commune. Le journal a été lancé par les blanquistes. Ainsi fut lancé, non seulement un journal, mais un mot qui devait servir d’enseigne à tout le mouvement anticlérical et antireligieux.
Les enterrements civils, sous Napoléon III, étaient une occasion de manifestations où de retrouvaient ouvriers et étudiants. Il va sans dire qu’en dehors des enterrements civils, les libres penseurs se réunissaient pour faire de la politique active et parler de la révolution. Parmi eux Louise Michel, la future " vierge rouge ".
Les libres penseurs de France et des autres pays se rencontrèrent à la fin de l’Empire à Genève, au Congrès de la Libre Pensée et au Congrès de la Paix. Victor Hugo, Louis Blanc, Clémenceau, Ledru - Rollin assistèrent à ces congrès et collaborèrent à leurs travaux. En Italie, lors du Concile Vatican I en 1870, s’est tenu à Naples un anti- concile international au cours duquel on développa les principes de la Libre Pensée et du rationalisme et on critiqua ardemment la politique de la Papauté.
1871 : La Commune de Paris. Les libres penseurs se retrouvent parmi les républicains les plus énergiques et les révolutionnaires les plus décidés. Le décret du 2 avril prononce à la fois la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la suppression du budget des cultes ; les biens, dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, meubles ou immeubles, sont déclarés propriétés nationales.
1880 : Fondation de l’Internationale de la Libre Pensée, qui tint à Bruxelles son premier congrès la même année. Parmi les fondateurs de l’Internationale libre penseuse, on relève les noms de Louis Buchner, le grand savant matérialiste allemand (auteur du célèbre " Force et matière "), Wilhem Liebknecht, le seul député allemand qui eut le courage, avec Bebel, de protester au Reichstag en 1871 contre l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine ; Herbert Spencer, le grand sociologue, Charles Bradlaugh Bonner, le premier député anglais qui osa refuser de prêter serment sur la Bible et qui fut, pour cela, expulsé de la Chambre des Communes ; César de Paepe, un des fondateurs du Parti ouvrier belge, Charles Renouvier, illustre philosophe français, Clémence Royer, Vogt (Suisse) et Moleschott (Italie) physiologistes, Eugène Hins et Désirée Brismée, Belges qui avaient fait partie de la Première Internationale.Suite à l’amnistie des communards, le mouvement libre penseur se structure.
1881 : Le congrès international de Paris définit la Libre Pensée comme une " société rationaliste et athéistique ".
Septembre 1889 : Congrès universel à Paris de la Libre Pensée qui affirme " La libre pensée a été, est et sera la véritable émancipation de l’humanité ". Losqu’elle aura accompli son oeuvre " nous pourrons voir notre idéal se réaliser, c’est - à - dire voir :
1°) la paix internationale,
2°) la paix intérieure,
3°) l’outil à l’ouvrier, la terre au laboureur, enfin la fortune publique à tous,
4°) la Liberté, l’Egalité , la Fraternité ne plus être de vains mots, et la République être triomphante ".
1890 : Création de la Fédération française de la Libre Pensée.
Novembre 1902 : A l’initiative de Victor Charbonnel, directeur de l’Hebdomadaire anticlérical La Raison formation d’une Association nationale des libres penseurs de France qui " agira parallèlement à la fédération française ". Dans la Commission exécutive :
- des dreyfusards comme Alphonse Aulard
- des radicaux comme Ferdinand Buisson
- des socialistes comme Jean Allemane, Aristide Briand, Marcel Sembat,
- des anarchistes comme Sébastien Faure.
Janvier 1903 : Marcelin Berthelot, rejoint un peu plus tard par Anatole France, acceptait la présidence d’honneur du mouvement. A cette époque La Raison tirait à 37.000 exemplaires et évaluait le nombre de ses lecteurs à 150.000. La Raison faisait campagne contre les infiltrations cléricales dans l’Université, soutenait sans défaillance la politique de Combes. L’Association nationale contribua largement, sous la direction de Ferdinand Buisson, à créer l’atmosphère et à propager l’état d’esprit d’où devait sortir la séparation.
1904 : Congrès de Rome, avec grand défilé à la Porta Pia au chant des hymnes révolutionnaires. Son succès fut éclatant par le nombre et la valeur des personnalités qui participèrent à ses travaux. Le Congrès de Rome marque une date mémorable dans l’histoire de la Libre Pensée mondiale.
La Libre Pensée détermine sa position à partir des trois grands principes définis par le charte qui fut adoptée à l’unanimité au Congrès international de Rome (22 septembre 1904).
" La Libre Pensée est démocratique, laïque et sociale. Au nom de la dignité humaine, elle rejette le triple joug :
- du dogmatisme dans tous les domaines et en particulier, en matière religieuse et morale,
- du privilège en matière politique
- du profit en matière économique ".
1905 : Congrès mondial à Paris au palais du Trocadéro, auquel assiste André Lorulot, marqué par une solennelle réception des congressistes à l’Hôtel de Ville et par l’inauguration, le 3 septembre, face au Sacré - Coeur, de la statue du chevalier de la Barre. Le Congrès se montre favorable à l’adhésion des libres penseurs aux sociétés pacifistes, au désarmement général, à l’arbitrage international imposé et adopte la devise " Guerre à la guerre ". A l’occasion du congrès la Fédération française de la Libre Pensée devient la Fédération nationale de la Libre pensée.
9 décembre 1905 : La loi de séparation des Eglises et de l’Etat est promulguée. La Libre Pensée triomphe.
Octobre 1912 : Constitution à la Rochelle de l’Union fédérative de la Libre Pensée de France et des colonies.
1921 : Nouvelle scission. Création de la Fédération National de la Libre Pensée et d’Action Sociale, sous la direction d’un animateur qui tiendra désormais une place de premier plan dans le monde libre penseur : André Lorulot.
1925 : réunification. Naissance de la Fédération Nationale des libres penseurs de France et des colonies. La charte dénonçait " l’esprit de caste, l’appétit des oligarchies et les provocations nationalistes aussi néfastes que l’obscurantisme religieux " et fixait comme but à la Libre Pensée "l’instauration d’une société libre, sans exploitation ni tyrannie d’aucune sorte ". Elle précisait : " Indépendante de tous les partis, la Libre Pensée fait appel à tous les hommes d’avant - garde sans exception : républicains, radicaux, socialistes, communistes, libertaires ".
1925 : La même année, scission internationale avec l’apparition de la Fédération internationale de la Libre Pensée prolétarienne plus connue sous le nom d’Organisation des Travailleurs sans Dieu. La nouvelle Fédération Nationale continua à faire partie de l’ancienne internationale toujours installée à Bruxelles.
16 août 1935 : La nouvelle Fédération nationale adhère au Front populaire et à la Commission du plan de la C.G.T.
29 décembre 1935 : A la mutualité, à l’appel de la Libre Pensée, constitution du Front laïque qui groupait, aux côtés des organisations laïques et rationalistes, tous les partis du Front populaire et qui reprenait le programme traditionnel de la Fédération nationale :
- suppression de l’ambassade au Vatican,
- suppression de toutes les subventions aux oeuvres de caractère confessionnel,
- suppression des émissions de caractère religieux aux postes radiophoniques de l’Etat,
- fermeture des écoles congréganistes illégalement ouvertes,
- abrogation des derniers vestiges de la loi Falloux et du statut scolaire spécial de l’Alsace - Moselle.
1936 : Congrès mondial à Prague. Réunification de deux internationales. Ce résultat fut obtenu en grande partie grâce à la ténacité de la section française.
13 au 15 août 1936 : Congrès national d’unification avec les Travailleurs sans Dieu. les 3.918 membres de Sans - Dieu vinrent rejoindre les 24.300 membres de la Fédération nationale.
1938 : Congrès de Londres. Modification du titre de l’Internationale qui porte depuis lors, le nom d’Union Mondiale des Libres Penseurs.
1939 : La Libre Pensée, réunie en congrès à Clermont - Ferrand, se prononce pour le maintien des testaments des libres penseurs et l’interrogation des candidats lors des élections. Le congrès dénonce un projet de loi en préparation par Daladier qui autoriserait le retour des congrégations religieuses. En Septembre, la Libre Pensée, journal de la Fédération Nationale parait sur 4 pages en titrant à la une : " La Libre Pensée continue ! " et publie l’appel du Bureau National pour le maintien de l’Association. le journal " La Vague " remplace provisoirement La Calotte.
1940 : En Janvier, André Lorulot condamne l’agression soviétique contre la Finlande et appelle " au maintien des tendances de gauche et d’extrême - gauche au sein de la Libre Pensée ".La Libre Pensée édite des tracts et des médailles pour les soldats au front afin qu’il fasse respecter leur désir de funérailles civiles.
1940 - 1944 : L’Idée Libre cesse de paraître après son ultime numéro de Juin 1940. Elle reparaîtra en Mars 1945. En octobre 1940, le gouvernement du Maréchal Pétain interdit la Libre Pensée, mais par le biais de la solidarité, une action clandestine perdure cependant. Pendant la guerre, l’abbé Bergey de la Gironde demande l’arrestation de Lorulot.
1945 : Le gouvernement provisoire refuse la parution du journal La Libre Pensée et que l’association parle à la radio. En Avril, parution de la Libre Pensée N°1 qui titre : " L’Ecole laïque en danger " et dénonce les catholiques infiltrés dans la Résistance pour protéger le clergé collaborationniste. André Lorulot dénonce l’Union nationale imposée qui interdit l’allocution radio de la Libre Pensée. Il rend hommage aux libres penseurs disparus pendant la guerre : Joseph Turmel et Sébastien Faure, notamment. En Novembre, la Libre Pensée titre : " Le M.R.P., voilà l’ennemi ! " Jean Cotereau propose la reconstitution du Front Laïque.
1946 : Le Groupe d’Abbeville réorganise la manifestation La Barre le premier dimanche de Juillet. Il existe alors diverses associations de libres penseurs qui fusionnent le plus souvent sous l’égide de la Fédération Nationale. Le Front Laïque reconstitué s’appelle désormais le Cartel d’Action Laïque. Le congrès national se tient à Dijon et propose de créer un journal de propagande " La Raison militante ", qui sort en Décembre et dont le Rédacteur en chef est Jean Cotereau. La Libre Pensée se prononce pour la laïcisation de l’Alsace - Moselle, pour la nationalisation des pompes funèbres et exige la ré - érection de la statue du chevalier de La Barre à Montmartre. Jean Cotereau devient délégué permanent à la Propagande.
1947 : La Libre Pensée rend hommage au professeur Langevin qui vient de disparaître. Elle condamne les interventions militaires en Indochine et propose la reconstitution d’un inter - groupe parlementaire des libres - penseurs.
1948 : La liste de tous les préfets et Elus, bafouant la laïcité en allant à des cérémonies religieuses, est publiée. En Mars, la Libre Pensée dénonce les subventions publiques aux écoles privées, et André Lorulot conclut son éditorial : " La bataille va donc s’engager à fond : pour ou contre les subventions aux écoles catholiques, c’est - à - dire pour ou contre l’Ecole laïque.
1949 :Après le Congrès Mondial de 1938 à Londres, se réunit pour la première fois depuis le Congrès de l’Union Mondiale à Rome, sous le patronage de Jean Rostand, Becquerel, Albert Bayet, Couchoud, Prosper Alfaric et Joliot - Curie.
1950 : En Mai, il titre son éditorial : " Les Munichois contre la laïcité et écrit : " Et l’on voit d’excellents laïques (et même des " révolutionnaires " intrépides) considérer les libres penseurs comme des maniaques de l’anticléricalisme et des " bouffeurs de curés " sans idéal ".
1951 : A l’occasion des élections, la Libre Pensée interroge les candidats sur le subventionnement public des écoles privées. Il se tient un camp international de la Libre Pensée en Angleterre. André Lorulot dénonce la collusion de la gauche et du M.R.P.
1952 : André Lorulot dénonce " Le Nouvel Ordre Moral " et rend hommage à Ferdinand Buisson pour le 20ème anniversaire de sa disparition. La Libre Pensée écrit au gouvernement pour dénoncer les pèlerinages militaires à Lourdes. Pour la première fois, la Libre Pensée tient son congrès à Nantes et condamne le fait que l’on retire le socle de la statue d’Etienne Dolet, place Maubert après que les nazis en aient retiré la statue. Lorulot écrit à Edouard Herriot, Président de l’Assemblée Nationale, à ce sujet. En août, se tient le XXXème Congrès International de la Libre Pensée à Bruxelles.
1953 : La Libre Pensée dénonce Eisenhower qui a déclaré que " la France est décadente parce que la moitié des Français sont athées ". Le Parisien Libéré justifie la disparition du socle de la statue d’Etienne Dolet pour des problèmes de circulation. La Libre Pensée émet une virulente protestation. La CAN condamne le versement de primes données par le gouvernement pour la reconstruction des presbytères. En Mars, le Bureau National prend position en faveur des enfants Finaly que l’Eglise catholique refuse de rendre à leur famille.
1954 : La Libre Pensée dénonce " Gerlier le fasciste ", toujours Primat des Gaules. En Avril, la Libre Pensée titre : " Des prêtres - ouvriers aux prêtres - chiffonniers, laïques, méfiez - vous ! ". Le 27 Juin se tient une manifestation à la Butte Montmartre pour exiger la ré - érection de la statue du Chevalier de la Barre. Le congrès se tient à Niort, salué par le camarade Gaillard et honore Colette qui vient de disparaître. André Lorulot adresse son salut à Messali Hadj, leader nationaliste algérien. Le congrès exige la fin de sa résidence forcée. Une délégation officielle de la Libre Pensée (avec Lorulot et Cotereau, notamment) lui rend visite. Jean Cotereau appelle à l’union de toutes les forces laïques. Congrès de l’Union Mondiale au Luxembourg.
1955 : En Janvier, la Libre Pensée dénonce " le mensonge de la prétendue démocratie - chrétienne " et condamne le déplacement forcé de Messali Hadj en Vendée. La CAN adresse un texte aux organisations laïques pour créer " un front commun pour l’action anticléricale ". En Juin, le congrès se tient à Marseille et sur proposition du Groupe de Lorient, il adopte un voeu pour la constitution d’un Front Laïque.
La section d’Alger se prononce pour l’égalité des droits entre tous les habitants de l’Algérie, pour des élections libres dans un collège unique, pour la séparation des Eglises et de l’Etat. En Décembre, le monument d’Etienne Dolet à Orléans est inauguré grâce à une souscription nationale de la Libre Pensée.
1956 : La Libre Pensée s’adresse aux partis de gauche qui viennent de remporter les élections : " Abrogez la loi Barangé ! ". En Mai, André Lorulot dénonce l’abandon de la laïcité par la gauche au pouvoir au nom du slogan " Ne réveillez pas la guerre scolaire " et conclut : " Aucune subvention ne doit être accordée à des établissements privés! ".
1957 : Dans un texte paru en début d’année, intitulé " Qu’est - ce que la Libre Pensée ? ", on peut lire : " Les libres penseurs demandant l’abrogation de toutes les lois antilaïques...Les fonds publics ne doivent aller qu’aux écoles publiques ".
1958 : En Mars, la Libre Pensée dénonce le silence organisé autour du scandale du curé d’Uruffe. Jean Cotereau dénonce le coup de force du 13 Mai 1958. La Libre Pensée participe à la manifestation du 28 Mai, de la Nation à la République " Pour la défense des libertés républicaines et démocratiques menacées ". La Libre Pensée condamne le référendum gaulliste.
Elle appelle à voter pour les candidats qui se prononcent pour :
- l’abrogation de la loi Barrangé.
- l’abrogation du Statut d’Alsace - Moselle.
- le respect de la loi de Séparation.
1959 : Dans un éditorial intitulé "Et maintenant ? ", la Libre Pensée dénonce le projet de l’Eglise : " Mettre sur le même plan, l’école confessionnelle et l’école officielle ". En Mars, la Libre Pensée s’inquiète des projets du Ministre Boulloche (SFIO) en matière scolaire et s’interroge : " Est - ce la fin de l’Ecole laïque ? " En Mai, est publiée une lettre ouverte à Michel Debré (Président du Conseil) et à M.Michelet (Garde des Sceaux) contre l’obligation annoncée des jurés de prêter serment " devant Dieu et devant les hommes ". Cette disposition ne sera abrogée qu’en 1972. André Lorulot salue l’élection de Jean Rostand à l’Académie Française.
1960 : En Janvier, la Libre Pensée dénonce la loi Debré. Jean Cotereau écrit : " Fille aînée, fille soumise ". Il critique " cet étranglement dans la nuit ". En Février, la Libre Pensée s’associe à la pétition du CNAL pour l’abrogation de la loi Debré et appelle tous les groupements affiliés à la faire signer massivement.
La Raison annonce qu’au 20 Mars, la pétition du CNAL a recueilli 5.900.000 signatures. René Labrégère représente la CAN au grand rassemblement laïque du 19 Juin 1960 où sont rassemblées les 10.813.697 signatures contre la loi Debré et où voté le serment de Vincennes.
1961 : En Avril, la Libre Pensée réclame l’abrogation des lois Debré et Marie - Barangé. Elle condamne le putsch des généraux d’Alger
1962 : Le 13 février, la Libre Pensée participe à la manifestation contre les assassinats de Charonne. En Juin, elle soutient la grève de la faim de Louis Lecoin. La Libre Pensée se prononce pour le NON au référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel.
1963 : En Mars, mort d’André Lorulot, Président de la Libre Pensée.
1967 : La Libre Pensée s’oppose à la circulaire du 27 Décembre sur les aumôneries.
1970 : La Libre Pensée proteste contre le procès de Burgos.
1971 : Le 20 Février, la Libre Pensée soutient le lycéen Gilles Guyot. Elle participe le 14 Mars au Centenaire de la Commune de Paris.
1973 : En Septembre, la Libre Pensée condamne le coup d’Etat du général Pinochet et salue la mémoire du Président Allende.
1974 : En Mars, la Libre Pensée condamne la réforme Haby. Le 7 Juin, la Libre Pensée emménage au 10/12 rue des Fossés - Saint - Jacques, à l’endroit de l’ancien hôtel des mousquetaires du Roi.
1976 : les 15 et 16 Mai, la Libre Pensée rend hommage à la mémoire de Prosper Alfaric.
1977 : En Septembre, disparaît Jean Rostand, Président d’Honneur de la Libre Pensée. La Fédération Nationale proteste contre la récupération par l’Eglise du grand libre penseur qu’il fût. En Décembre, après le vote de la loi Guermeur, la Libre Pensée " se situe en situation d’insurrection laïque ".
1978 - 1979 : La Libre Pensée participe aux campagnes pour le droit à l’avortement.
1980 : A l’occasion du voyage du pape en France, est inaugurée la plaque sur le siège national en hommage à Ferdinand Buisson et à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905. En Octobre, la Libre Pensée condamne le lâche attentat de la rue Copernic.

Lire la suite

HISTORIQUE DE LA LIBRE PENSEE FRANCAISE IRELP L'Institut de Recherche et d'Etudes de la Libre Pensée

16 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

HISTORIQUE DE LA LIBRE PENSEE FRANCAISE
IRELP L'Institut de Recherche et d'Etudes de la Libre Pensée

La commission Histoire de la Fédération Nationale de la Libre Pensée a publié deux cahiers portant pour le premier sur la période 1847-1938 et pour le second sur la période 1939-1980
Plusieurs chercheurs travaillent aujourd'hui sur l'Histoire des Libres Penseurs en France.
Histoire de la Libre Pensée (1847 - 1980)
1847 : Fondation de la revue " La Liberté de penser "qui va défendre jusqu’en novembre 1851 les principes de la Libre Pensée et de la philosophie laïque. C’est elle qui lança l’expression de " parti clérical " pour désigner le clergé et ses alliés . Elle critiqua les dogmes, dénonça les actes d’intolérance et fit une guerre acharnée au ministre Falloux. Ses fondateurs sont Jules Simon et Amédée Jacques.
1848 : Apparition de la " société démocratique des libres penseurs ". Elle était présidée par Jules Simon et son vice - président était Jules Barni. 1848 . L’action du libre penseur Victor Schoelcher fait supprimer l’esclavage des noirs dans toutes les colonies françaises. A la suite du coup d’Etat du 2 décembre 1851, les meilleures militants de Paris et de la province furent dispersés de par le monde.
Réfugiés en Belgique, à Londres, à Jersey, en Suisse, en Amérique, ils devaient continuer en terre d’exil leur propagande démocratique. Ils furent les pionniers des premiers cercles de Libre Pensée de Belgique et ailleurs, des adversaires déterminés de l’Eglise.
1860 à 1862 : Parution d’un hebdomadaire " Le libre penseur du XIXème siècle. Journal des idées nouvelles ".
1863 : Fondation à Bruxelles de La Libre Pensée, association pour l’émancipation des consciences par l’instruction et l’organisation des enterrements civils.
1864 : Les libres penseurs de France et particulièrement les proscrits du 2 décembre 1851 jouent un rôle de premier plan dans la création à Londres de l’A.I.T. (Association internationale des travailleurs), plus connue sous le nom de Première Internationale, en compagnie de Karl Marx, Bakounine, Engels, etc.
1866 : Parution de La Libre Pensée, hebdomadaire parisien dont le gérant est Emile Eudes, qui sera général de la Commune. Le journal a été lancé par les blanquistes. Ainsi fut lancé, non seulement un journal, mais un mot qui devait servir d’enseigne à tout le mouvement anticlérical et antireligieux.
Les enterrements civils, sous Napoléon III, étaient une occasion de manifestations où de retrouvaient ouvriers et étudiants. Il va sans dire qu’en dehors des enterrements civils, les libres penseurs se réunissaient pour faire de la politique active et parler de la révolution. Parmi eux Louise Michel, la future " vierge rouge ".
Les libres penseurs de France et des autres pays se rencontrèrent à la fin de l’Empire à Genève, au Congrès de la Libre Pensée et au Congrès de la Paix. Victor Hugo, Louis Blanc, Clémenceau, Ledru - Rollin assistèrent à ces congrès et collaborèrent à leurs travaux. En Italie, lors du Concile Vatican I en 1870, s’est tenu à Naples un anti- concile international au cours duquel on développa les principes de la Libre Pensée et du rationalisme et on critiqua ardemment la politique de la Papauté.
1871 : La Commune de Paris. Les libres penseurs se retrouvent parmi les républicains les plus énergiques et les révolutionnaires les plus décidés. Le décret du 2 avril prononce à la fois la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la suppression du budget des cultes ; les biens, dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, meubles ou immeubles, sont déclarés propriétés nationales.
1880 : Fondation de l’Internationale de la Libre Pensée, qui tint à Bruxelles son premier congrès la même année. Parmi les fondateurs de l’Internationale libre penseuse, on relève les noms de Louis Buchner, le grand savant matérialiste allemand (auteur du célèbre " Force et matière "), Wilhem Liebknecht, le seul député allemand qui eut le courage, avec Bebel, de protester au Reichstag en 1871 contre l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine ; Herbert Spencer, le grand sociologue, Charles Bradlaugh Bonner, le premier député anglais qui osa refuser de prêter serment sur la Bible et qui fut, pour cela, expulsé de la Chambre des Communes ; César de Paepe, un des fondateurs du Parti ouvrier belge, Charles Renouvier, illustre philosophe français, Clémence Royer, Vogt (Suisse) et Moleschott (Italie) physiologistes, Eugène Hins et Désirée Brismée, Belges qui avaient fait partie de la Première Internationale.Suite à l’amnistie des communards, le mouvement libre penseur se structure.
1881 : Le congrès international de Paris définit la Libre Pensée comme une " société rationaliste et athéistique ".
Septembre 1889 : Congrès universel à Paris de la Libre Pensée qui affirme " La libre pensée a été, est et sera la véritable émancipation de l’humanité ". Losqu’elle aura accompli son oeuvre " nous pourrons voir notre idéal se réaliser, c’est - à - dire voir :
1°) la paix internationale,
2°) la paix intérieure,
3°) l’outil à l’ouvrier, la terre au laboureur, enfin la fortune publique à tous,
4°) la Liberté, l’Egalité , la Fraternité ne plus être de vains mots, et la République être triomphante ".
1890 : Création de la Fédération française de la Libre Pensée.
Novembre 1902 : A l’initiative de Victor Charbonnel, directeur de l’Hebdomadaire anticlérical La Raison formation d’une Association nationale des libres penseurs de France qui " agira parallèlement à la fédération française ". Dans la Commission exécutive :
- des dreyfusards comme Alphonse Aulard
- des radicaux comme Ferdinand Buisson
- des socialistes comme Jean Allemane, Aristide Briand, Marcel Sembat,
- des anarchistes comme Sébastien Faure.
Janvier 1903 : Marcelin Berthelot, rejoint un peu plus tard par Anatole France, acceptait la présidence d’honneur du mouvement. A cette époque La Raison tirait à 37.000 exemplaires et évaluait le nombre de ses lecteurs à 150.000. La Raison faisait campagne contre les infiltrations cléricales dans l’Université, soutenait sans défaillance la politique de Combes. L’Association nationale contribua largement, sous la direction de Ferdinand Buisson, à créer l’atmosphère et à propager l’état d’esprit d’où devait sortir la séparation.
1904 : Congrès de Rome, avec grand défilé à la Porta Pia au chant des hymnes révolutionnaires. Son succès fut éclatant par le nombre et la valeur des personnalités qui participèrent à ses travaux. Le Congrès de Rome marque une date mémorable dans l’histoire de la Libre Pensée mondiale.
La Libre Pensée détermine sa position à partir des trois grands principes définis par le charte qui fut adoptée à l’unanimité au Congrès international de Rome (22 septembre 1904).
" La Libre Pensée est démocratique, laïque et sociale. Au nom de la dignité humaine, elle rejette le triple joug :
- du dogmatisme dans tous les domaines et en particulier, en matière religieuse et morale,
- du privilège en matière politique
- du profit en matière économique ".
1905 : Congrès mondial à Paris au palais du Trocadéro, auquel assiste André Lorulot, marqué par une solennelle réception des congressistes à l’Hôtel de Ville et par l’inauguration, le 3 septembre, face au Sacré - Coeur, de la statue du chevalier de la Barre. Le Congrès se montre favorable à l’adhésion des libres penseurs aux sociétés pacifistes, au désarmement général, à l’arbitrage international imposé et adopte la devise " Guerre à la guerre ". A l’occasion du congrès la Fédération française de la Libre Pensée devient la Fédération nationale de la Libre pensée.
9 décembre 1905 : La loi de séparation des Eglises et de l’Etat est promulguée. La Libre Pensée triomphe.
Octobre 1912 : Constitution à la Rochelle de l’Union fédérative de la Libre Pensée de France et des colonies.
1921 : Nouvelle scission. Création de la Fédération National de la Libre Pensée et d’Action Sociale, sous la direction d’un animateur qui tiendra désormais une place de premier plan dans le monde libre penseur : André Lorulot.
1925 : réunification. Naissance de la Fédération Nationale des libres penseurs de France et des colonies. La charte dénonçait " l’esprit de caste, l’appétit des oligarchies et les provocations nationalistes aussi néfastes que l’obscurantisme religieux " et fixait comme but à la Libre Pensée "l’instauration d’une société libre, sans exploitation ni tyrannie d’aucune sorte ". Elle précisait : " Indépendante de tous les partis, la Libre Pensée fait appel à tous les hommes d’avant - garde sans exception : républicains, radicaux, socialistes, communistes, libertaires ".
1925 : La même année, scission internationale avec l’apparition de la Fédération internationale de la Libre Pensée prolétarienne plus connue sous le nom d’Organisation des Travailleurs sans Dieu. La nouvelle Fédération Nationale continua à faire partie de l’ancienne internationale toujours installée à Bruxelles.
16 août 1935 : La nouvelle Fédération nationale adhère au Front populaire et à la Commission du plan de la C.G.T.
29 décembre 1935 : A la mutualité, à l’appel de la Libre Pensée, constitution du Front laïque qui groupait, aux côtés des organisations laïques et rationalistes, tous les partis du Front populaire et qui reprenait le programme traditionnel de la Fédération nationale :
- suppression de l’ambassade au Vatican,
- suppression de toutes les subventions aux oeuvres de caractère confessionnel,
- suppression des émissions de caractère religieux aux postes radiophoniques de l’Etat,
- fermeture des écoles congréganistes illégalement ouvertes,
- abrogation des derniers vestiges de la loi Falloux et du statut scolaire spécial de l’Alsace - Moselle.
1936 : Congrès mondial à Prague. Réunification de deux internationales. Ce résultat fut obtenu en grande partie grâce à la ténacité de la section française.
13 au 15 août 1936 : Congrès national d’unification avec les Travailleurs sans Dieu. les 3.918 membres de Sans - Dieu vinrent rejoindre les 24.300 membres de la Fédération nationale.
1938 : Congrès de Londres. Modification du titre de l’Internationale qui porte depuis lors, le nom d’Union Mondiale des Libres Penseurs.
1939 : La Libre Pensée, réunie en congrès à Clermont - Ferrand, se prononce pour le maintien des testaments des libres penseurs et l’interrogation des candidats lors des élections. Le congrès dénonce un projet de loi en préparation par Daladier qui autoriserait le retour des congrégations religieuses. En Septembre, la Libre Pensée, journal de la Fédération Nationale parait sur 4 pages en titrant à la une : " La Libre Pensée continue ! " et publie l’appel du Bureau National pour le maintien de l’Association. le journal " La Vague " remplace provisoirement La Calotte.
1940 : En Janvier, André Lorulot condamne l’agression soviétique contre la Finlande et appelle " au maintien des tendances de gauche et d’extrême - gauche au sein de la Libre Pensée ".La Libre Pensée édite des tracts et des médailles pour les soldats au front afin qu’il fasse respecter leur désir de funérailles civiles.
1940 - 1944 : L’Idée Libre cesse de paraître après son ultime numéro de Juin 1940. Elle reparaîtra en Mars 1945. En octobre 1940, le gouvernement du Maréchal Pétain interdit la Libre Pensée, mais par le biais de la solidarité, une action clandestine perdure cependant. Pendant la guerre, l’abbé Bergey de la Gironde demande l’arrestation de Lorulot.
1945 : Le gouvernement provisoire refuse la parution du journal La Libre Pensée et que l’association parle à la radio. En Avril, parution de la Libre Pensée N°1 qui titre : " L’Ecole laïque en danger " et dénonce les catholiques infiltrés dans la Résistance pour protéger le clergé collaborationniste. André Lorulot dénonce l’Union nationale imposée qui interdit l’allocution radio de la Libre Pensée. Il rend hommage aux libres penseurs disparus pendant la guerre : Joseph Turmel et Sébastien Faure, notamment. En Novembre, la Libre Pensée titre : " Le M.R.P., voilà l’ennemi ! " Jean Cotereau propose la reconstitution du Front Laïque.
1946 : Le Groupe d’Abbeville réorganise la manifestation La Barre le premier dimanche de Juillet. Il existe alors diverses associations de libres penseurs qui fusionnent le plus souvent sous l’égide de la Fédération Nationale. Le Front Laïque reconstitué s’appelle désormais le Cartel d’Action Laïque. Le congrès national se tient à Dijon et propose de créer un journal de propagande " La Raison militante ", qui sort en Décembre et dont le Rédacteur en chef est Jean Cotereau. La Libre Pensée se prononce pour la laïcisation de l’Alsace - Moselle, pour la nationalisation des pompes funèbres et exige la ré - érection de la statue du chevalier de La Barre à Montmartre. Jean Cotereau devient délégué permanent à la Propagande.
1947 : La Libre Pensée rend hommage au professeur Langevin qui vient de disparaître. Elle condamne les interventions militaires en Indochine et propose la reconstitution d’un inter - groupe parlementaire des libres - penseurs.
1948 : La liste de tous les préfets et Elus, bafouant la laïcité en allant à des cérémonies religieuses, est publiée. En Mars, la Libre Pensée dénonce les subventions publiques aux écoles privées, et André Lorulot conclut son éditorial : " La bataille va donc s’engager à fond : pour ou contre les subventions aux écoles catholiques, c’est - à - dire pour ou contre l’Ecole laïque.
1949 :Après le Congrès Mondial de 1938 à Londres, se réunit pour la première fois depuis le Congrès de l’Union Mondiale à Rome, sous le patronage de Jean Rostand, Becquerel, Albert Bayet, Couchoud, Prosper Alfaric et Joliot - Curie.
1950 : En Mai, il titre son éditorial : " Les Munichois contre la laïcité et écrit : " Et l’on voit d’excellents laïques (et même des " révolutionnaires " intrépides) considérer les libres penseurs comme des maniaques de l’anticléricalisme et des " bouffeurs de curés " sans idéal ".
1951 : A l’occasion des élections, la Libre Pensée interroge les candidats sur le subventionnement public des écoles privées. Il se tient un camp international de la Libre Pensée en Angleterre. André Lorulot dénonce la collusion de la gauche et du M.R.P.
1952 : André Lorulot dénonce " Le Nouvel Ordre Moral " et rend hommage à Ferdinand Buisson pour le 20ème anniversaire de sa disparition. La Libre Pensée écrit au gouvernement pour dénoncer les pèlerinages militaires à Lourdes. Pour la première fois, la Libre Pensée tient son congrès à Nantes et condamne le fait que l’on retire le socle de la statue d’Etienne Dolet, place Maubert après que les nazis en aient retiré la statue. Lorulot écrit à Edouard Herriot, Président de l’Assemblée Nationale, à ce sujet. En août, se tient le XXXème Congrès International de la Libre Pensée à Bruxelles.
1953 : La Libre Pensée dénonce Eisenhower qui a déclaré que " la France est décadente parce que la moitié des Français sont athées ". Le Parisien Libéré justifie la disparition du socle de la statue d’Etienne Dolet pour des problèmes de circulation. La Libre Pensée émet une virulente protestation. La CAN condamne le versement de primes données par le gouvernement pour la reconstruction des presbytères. En Mars, le Bureau National prend position en faveur des enfants Finaly que l’Eglise catholique refuse de rendre à leur famille.
1954 : La Libre Pensée dénonce " Gerlier le fasciste ", toujours Primat des Gaules. En Avril, la Libre Pensée titre : " Des prêtres - ouvriers aux prêtres - chiffonniers, laïques, méfiez - vous ! ". Le 27 Juin se tient une manifestation à la Butte Montmartre pour exiger la ré - érection de la statue du Chevalier de la Barre. Le congrès se tient à Niort, salué par le camarade Gaillard et honore Colette qui vient de disparaître. André Lorulot adresse son salut à Messali Hadj, leader nationaliste algérien. Le congrès exige la fin de sa résidence forcée. Une délégation officielle de la Libre Pensée (avec Lorulot et Cotereau, notamment) lui rend visite. Jean Cotereau appelle à l’union de toutes les forces laïques. Congrès de l’Union Mondiale au Luxembourg.
1955 : En Janvier, la Libre Pensée dénonce " le mensonge de la prétendue démocratie - chrétienne " et condamne le déplacement forcé de Messali Hadj en Vendée. La CAN adresse un texte aux organisations laïques pour créer " un front commun pour l’action anticléricale ". En Juin, le congrès se tient à Marseille et sur proposition du Groupe de Lorient, il adopte un voeu pour la constitution d’un Front Laïque.
La section d’Alger se prononce pour l’égalité des droits entre tous les habitants de l’Algérie, pour des élections libres dans un collège unique, pour la séparation des Eglises et de l’Etat. En Décembre, le monument d’Etienne Dolet à Orléans est inauguré grâce à une souscription nationale de la Libre Pensée.
1956 : La Libre Pensée s’adresse aux partis de gauche qui viennent de remporter les élections : " Abrogez la loi Barangé ! ". En Mai, André Lorulot dénonce l’abandon de la laïcité par la gauche au pouvoir au nom du slogan " Ne réveillez pas la guerre scolaire " et conclut : " Aucune subvention ne doit être accordée à des établissements privés! ".
1957 : Dans un texte paru en début d’année, intitulé " Qu’est - ce que la Libre Pensée ? ", on peut lire : " Les libres penseurs demandant l’abrogation de toutes les lois antilaïques...Les fonds publics ne doivent aller qu’aux écoles publiques ".
1958 : En Mars, la Libre Pensée dénonce le silence organisé autour du scandale du curé d’Uruffe. Jean Cotereau dénonce le coup de force du 13 Mai 1958. La Libre Pensée participe à la manifestation du 28 Mai, de la Nation à la République " Pour la défense des libertés républicaines et démocratiques menacées ". La Libre Pensée condamne le référendum gaulliste.
Elle appelle à voter pour les candidats qui se prononcent pour :
- l’abrogation de la loi Barrangé.
- l’abrogation du Statut d’Alsace - Moselle.
- le respect de la loi de Séparation.
1959 : Dans un éditorial intitulé "Et maintenant ? ", la Libre Pensée dénonce le projet de l’Eglise : " Mettre sur le même plan, l’école confessionnelle et l’école officielle ". En Mars, la Libre Pensée s’inquiète des projets du Ministre Boulloche (SFIO) en matière scolaire et s’interroge : " Est - ce la fin de l’Ecole laïque ? " En Mai, est publiée une lettre ouverte à Michel Debré (Président du Conseil) et à M.Michelet (Garde des Sceaux) contre l’obligation annoncée des jurés de prêter serment " devant Dieu et devant les hommes ". Cette disposition ne sera abrogée qu’en 1972. André Lorulot salue l’élection de Jean Rostand à l’Académie Française.
1960 : En Janvier, la Libre Pensée dénonce la loi Debré. Jean Cotereau écrit : " Fille aînée, fille soumise ". Il critique " cet étranglement dans la nuit ". En Février, la Libre Pensée s’associe à la pétition du CNAL pour l’abrogation de la loi Debré et appelle tous les groupements affiliés à la faire signer massivement.
La Raison annonce qu’au 20 Mars, la pétition du CNAL a recueilli 5.900.000 signatures. René Labrégère représente la CAN au grand rassemblement laïque du 19 Juin 1960 où sont rassemblées les 10.813.697 signatures contre la loi Debré et où voté le serment de Vincennes.
1961 : En Avril, la Libre Pensée réclame l’abrogation des lois Debré et Marie - Barangé. Elle condamne le putsch des généraux d’Alger
1962 : Le 13 février, la Libre Pensée participe à la manifestation contre les assassinats de Charonne. En Juin, elle soutient la grève de la faim de Louis Lecoin. La Libre Pensée se prononce pour le NON au référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel.
1963 : En Mars, mort d’André Lorulot, Président de la Libre Pensée.
1967 : La Libre Pensée s’oppose à la circulaire du 27 Décembre sur les aumôneries.
1970 : La Libre Pensée proteste contre le procès de Burgos.
1971 : Le 20 Février, la Libre Pensée soutient le lycéen Gilles Guyot. Elle participe le 14 Mars au Centenaire de la Commune de Paris.
1973 : En Septembre, la Libre Pensée condamne le coup d’Etat du général Pinochet et salue la mémoire du Président Allende.
1974 : En Mars, la Libre Pensée condamne la réforme Haby. Le 7 Juin, la Libre Pensée emménage au 10/12 rue des Fossés - Saint - Jacques, à l’endroit de l’ancien hôtel des mousquetaires du Roi.
1976 : les 15 et 16 Mai, la Libre Pensée rend hommage à la mémoire de Prosper Alfaric.
1977 : En Septembre, disparaît Jean Rostand, Président d’Honneur de la Libre Pensée. La Fédération Nationale proteste contre la récupération par l’Eglise du grand libre penseur qu’il fût. En Décembre, après le vote de la loi Guermeur, la Libre Pensée " se situe en situation d’insurrection laïque ".
1978 - 1979 : La Libre Pensée participe aux campagnes pour le droit à l’avortement.
1980 : A l’occasion du voyage du pape en France, est inaugurée la plaque sur le siège national en hommage à Ferdinand Buisson et à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905. En Octobre, la Libre Pensée condamne le lâche attentat de la rue Copernic.

Lire la suite
Publicité

HISTORIQUE DE LA LIBRE PENSEE FRANCAISE IRELP L'Institut de Recherche et d'Etudes de la Libre Pensée

16 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

HISTORIQUE DE LA LIBRE PENSEE FRANCAISE
IRELP L'Institut de Recherche et d'Etudes de la Libre Pensée

La commission Histoire de la Fédération Nationale de la Libre Pensée a publié deux cahiers portant pour le premier sur la période 1847-1938 et pour le second sur la période 1939-1980
Plusieurs chercheurs travaillent aujourd'hui sur l'Histoire des Libres Penseurs en France.
Histoire de la Libre Pensée (1847 - 1980)
1847 : Fondation de la revue " La Liberté de penser "qui va défendre jusqu’en novembre 1851 les principes de la Libre Pensée et de la philosophie laïque. C’est elle qui lança l’expression de " parti clérical " pour désigner le clergé et ses alliés . Elle critiqua les dogmes, dénonça les actes d’intolérance et fit une guerre acharnée au ministre Falloux. Ses fondateurs sont Jules Simon et Amédée Jacques.
1848 : Apparition de la " société démocratique des libres penseurs ". Elle était présidée par Jules Simon et son vice - président était Jules Barni. 1848 . L’action du libre penseur Victor Schoelcher fait supprimer l’esclavage des noirs dans toutes les colonies françaises. A la suite du coup d’Etat du 2 décembre 1851, les meilleures militants de Paris et de la province furent dispersés de par le monde.
Réfugiés en Belgique, à Londres, à Jersey, en Suisse, en Amérique, ils devaient continuer en terre d’exil leur propagande démocratique. Ils furent les pionniers des premiers cercles de Libre Pensée de Belgique et ailleurs, des adversaires déterminés de l’Eglise.
1860 à 1862 : Parution d’un hebdomadaire " Le libre penseur du XIXème siècle. Journal des idées nouvelles ".
1863 : Fondation à Bruxelles de La Libre Pensée, association pour l’émancipation des consciences par l’instruction et l’organisation des enterrements civils.
1864 : Les libres penseurs de France et particulièrement les proscrits du 2 décembre 1851 jouent un rôle de premier plan dans la création à Londres de l’A.I.T. (Association internationale des travailleurs), plus connue sous le nom de Première Internationale, en compagnie de Karl Marx, Bakounine, Engels, etc.
1866 : Parution de La Libre Pensée, hebdomadaire parisien dont le gérant est Emile Eudes, qui sera général de la Commune. Le journal a été lancé par les blanquistes. Ainsi fut lancé, non seulement un journal, mais un mot qui devait servir d’enseigne à tout le mouvement anticlérical et antireligieux.
Les enterrements civils, sous Napoléon III, étaient une occasion de manifestations où de retrouvaient ouvriers et étudiants. Il va sans dire qu’en dehors des enterrements civils, les libres penseurs se réunissaient pour faire de la politique active et parler de la révolution. Parmi eux Louise Michel, la future " vierge rouge ".
Les libres penseurs de France et des autres pays se rencontrèrent à la fin de l’Empire à Genève, au Congrès de la Libre Pensée et au Congrès de la Paix. Victor Hugo, Louis Blanc, Clémenceau, Ledru - Rollin assistèrent à ces congrès et collaborèrent à leurs travaux. En Italie, lors du Concile Vatican I en 1870, s’est tenu à Naples un anti- concile international au cours duquel on développa les principes de la Libre Pensée et du rationalisme et on critiqua ardemment la politique de la Papauté.
1871 : La Commune de Paris. Les libres penseurs se retrouvent parmi les républicains les plus énergiques et les révolutionnaires les plus décidés. Le décret du 2 avril prononce à la fois la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la suppression du budget des cultes ; les biens, dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, meubles ou immeubles, sont déclarés propriétés nationales.
1880 : Fondation de l’Internationale de la Libre Pensée, qui tint à Bruxelles son premier congrès la même année. Parmi les fondateurs de l’Internationale libre penseuse, on relève les noms de Louis Buchner, le grand savant matérialiste allemand (auteur du célèbre " Force et matière "), Wilhem Liebknecht, le seul député allemand qui eut le courage, avec Bebel, de protester au Reichstag en 1871 contre l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine ; Herbert Spencer, le grand sociologue, Charles Bradlaugh Bonner, le premier député anglais qui osa refuser de prêter serment sur la Bible et qui fut, pour cela, expulsé de la Chambre des Communes ; César de Paepe, un des fondateurs du Parti ouvrier belge, Charles Renouvier, illustre philosophe français, Clémence Royer, Vogt (Suisse) et Moleschott (Italie) physiologistes, Eugène Hins et Désirée Brismée, Belges qui avaient fait partie de la Première Internationale.Suite à l’amnistie des communards, le mouvement libre penseur se structure.
1881 : Le congrès international de Paris définit la Libre Pensée comme une " société rationaliste et athéistique ".
Septembre 1889 : Congrès universel à Paris de la Libre Pensée qui affirme " La libre pensée a été, est et sera la véritable émancipation de l’humanité ". Losqu’elle aura accompli son oeuvre " nous pourrons voir notre idéal se réaliser, c’est - à - dire voir :
1°) la paix internationale,
2°) la paix intérieure,
3°) l’outil à l’ouvrier, la terre au laboureur, enfin la fortune publique à tous,
4°) la Liberté, l’Egalité , la Fraternité ne plus être de vains mots, et la République être triomphante ".
1890 : Création de la Fédération française de la Libre Pensée.
Novembre 1902 : A l’initiative de Victor Charbonnel, directeur de l’Hebdomadaire anticlérical La Raison formation d’une Association nationale des libres penseurs de France qui " agira parallèlement à la fédération française ". Dans la Commission exécutive :
- des dreyfusards comme Alphonse Aulard
- des radicaux comme Ferdinand Buisson
- des socialistes comme Jean Allemane, Aristide Briand, Marcel Sembat,
- des anarchistes comme Sébastien Faure.
Janvier 1903 : Marcelin Berthelot, rejoint un peu plus tard par Anatole France, acceptait la présidence d’honneur du mouvement. A cette époque La Raison tirait à 37.000 exemplaires et évaluait le nombre de ses lecteurs à 150.000. La Raison faisait campagne contre les infiltrations cléricales dans l’Université, soutenait sans défaillance la politique de Combes. L’Association nationale contribua largement, sous la direction de Ferdinand Buisson, à créer l’atmosphère et à propager l’état d’esprit d’où devait sortir la séparation.
1904 : Congrès de Rome, avec grand défilé à la Porta Pia au chant des hymnes révolutionnaires. Son succès fut éclatant par le nombre et la valeur des personnalités qui participèrent à ses travaux. Le Congrès de Rome marque une date mémorable dans l’histoire de la Libre Pensée mondiale.
La Libre Pensée détermine sa position à partir des trois grands principes définis par le charte qui fut adoptée à l’unanimité au Congrès international de Rome (22 septembre 1904).
" La Libre Pensée est démocratique, laïque et sociale. Au nom de la dignité humaine, elle rejette le triple joug :
- du dogmatisme dans tous les domaines et en particulier, en matière religieuse et morale,
- du privilège en matière politique
- du profit en matière économique ".
1905 : Congrès mondial à Paris au palais du Trocadéro, auquel assiste André Lorulot, marqué par une solennelle réception des congressistes à l’Hôtel de Ville et par l’inauguration, le 3 septembre, face au Sacré - Coeur, de la statue du chevalier de la Barre. Le Congrès se montre favorable à l’adhésion des libres penseurs aux sociétés pacifistes, au désarmement général, à l’arbitrage international imposé et adopte la devise " Guerre à la guerre ". A l’occasion du congrès la Fédération française de la Libre Pensée devient la Fédération nationale de la Libre pensée.
9 décembre 1905 : La loi de séparation des Eglises et de l’Etat est promulguée. La Libre Pensée triomphe.
Octobre 1912 : Constitution à la Rochelle de l’Union fédérative de la Libre Pensée de France et des colonies.
1921 : Nouvelle scission. Création de la Fédération National de la Libre Pensée et d’Action Sociale, sous la direction d’un animateur qui tiendra désormais une place de premier plan dans le monde libre penseur : André Lorulot.
1925 : réunification. Naissance de la Fédération Nationale des libres penseurs de France et des colonies. La charte dénonçait " l’esprit de caste, l’appétit des oligarchies et les provocations nationalistes aussi néfastes que l’obscurantisme religieux " et fixait comme but à la Libre Pensée "l’instauration d’une société libre, sans exploitation ni tyrannie d’aucune sorte ". Elle précisait : " Indépendante de tous les partis, la Libre Pensée fait appel à tous les hommes d’avant - garde sans exception : républicains, radicaux, socialistes, communistes, libertaires ".
1925 : La même année, scission internationale avec l’apparition de la Fédération internationale de la Libre Pensée prolétarienne plus connue sous le nom d’Organisation des Travailleurs sans Dieu. La nouvelle Fédération Nationale continua à faire partie de l’ancienne internationale toujours installée à Bruxelles.
16 août 1935 : La nouvelle Fédération nationale adhère au Front populaire et à la Commission du plan de la C.G.T.
29 décembre 1935 : A la mutualité, à l’appel de la Libre Pensée, constitution du Front laïque qui groupait, aux côtés des organisations laïques et rationalistes, tous les partis du Front populaire et qui reprenait le programme traditionnel de la Fédération nationale :
- suppression de l’ambassade au Vatican,
- suppression de toutes les subventions aux oeuvres de caractère confessionnel,
- suppression des émissions de caractère religieux aux postes radiophoniques de l’Etat,
- fermeture des écoles congréganistes illégalement ouvertes,
- abrogation des derniers vestiges de la loi Falloux et du statut scolaire spécial de l’Alsace - Moselle.
1936 : Congrès mondial à Prague. Réunification de deux internationales. Ce résultat fut obtenu en grande partie grâce à la ténacité de la section française.
13 au 15 août 1936 : Congrès national d’unification avec les Travailleurs sans Dieu. les 3.918 membres de Sans - Dieu vinrent rejoindre les 24.300 membres de la Fédération nationale.
1938 : Congrès de Londres. Modification du titre de l’Internationale qui porte depuis lors, le nom d’Union Mondiale des Libres Penseurs.
1939 : La Libre Pensée, réunie en congrès à Clermont - Ferrand, se prononce pour le maintien des testaments des libres penseurs et l’interrogation des candidats lors des élections. Le congrès dénonce un projet de loi en préparation par Daladier qui autoriserait le retour des congrégations religieuses. En Septembre, la Libre Pensée, journal de la Fédération Nationale parait sur 4 pages en titrant à la une : " La Libre Pensée continue ! " et publie l’appel du Bureau National pour le maintien de l’Association. le journal " La Vague " remplace provisoirement La Calotte.
1940 : En Janvier, André Lorulot condamne l’agression soviétique contre la Finlande et appelle " au maintien des tendances de gauche et d’extrême - gauche au sein de la Libre Pensée ".La Libre Pensée édite des tracts et des médailles pour les soldats au front afin qu’il fasse respecter leur désir de funérailles civiles.
1940 - 1944 : L’Idée Libre cesse de paraître après son ultime numéro de Juin 1940. Elle reparaîtra en Mars 1945. En octobre 1940, le gouvernement du Maréchal Pétain interdit la Libre Pensée, mais par le biais de la solidarité, une action clandestine perdure cependant. Pendant la guerre, l’abbé Bergey de la Gironde demande l’arrestation de Lorulot.
1945 : Le gouvernement provisoire refuse la parution du journal La Libre Pensée et que l’association parle à la radio. En Avril, parution de la Libre Pensée N°1 qui titre : " L’Ecole laïque en danger " et dénonce les catholiques infiltrés dans la Résistance pour protéger le clergé collaborationniste. André Lorulot dénonce l’Union nationale imposée qui interdit l’allocution radio de la Libre Pensée. Il rend hommage aux libres penseurs disparus pendant la guerre : Joseph Turmel et Sébastien Faure, notamment. En Novembre, la Libre Pensée titre : " Le M.R.P., voilà l’ennemi ! " Jean Cotereau propose la reconstitution du Front Laïque.
1946 : Le Groupe d’Abbeville réorganise la manifestation La Barre le premier dimanche de Juillet. Il existe alors diverses associations de libres penseurs qui fusionnent le plus souvent sous l’égide de la Fédération Nationale. Le Front Laïque reconstitué s’appelle désormais le Cartel d’Action Laïque. Le congrès national se tient à Dijon et propose de créer un journal de propagande " La Raison militante ", qui sort en Décembre et dont le Rédacteur en chef est Jean Cotereau. La Libre Pensée se prononce pour la laïcisation de l’Alsace - Moselle, pour la nationalisation des pompes funèbres et exige la ré - érection de la statue du chevalier de La Barre à Montmartre. Jean Cotereau devient délégué permanent à la Propagande.
1947 : La Libre Pensée rend hommage au professeur Langevin qui vient de disparaître. Elle condamne les interventions militaires en Indochine et propose la reconstitution d’un inter - groupe parlementaire des libres - penseurs.
1948 : La liste de tous les préfets et Elus, bafouant la laïcité en allant à des cérémonies religieuses, est publiée. En Mars, la Libre Pensée dénonce les subventions publiques aux écoles privées, et André Lorulot conclut son éditorial : " La bataille va donc s’engager à fond : pour ou contre les subventions aux écoles catholiques, c’est - à - dire pour ou contre l’Ecole laïque.
1949 :Après le Congrès Mondial de 1938 à Londres, se réunit pour la première fois depuis le Congrès de l’Union Mondiale à Rome, sous le patronage de Jean Rostand, Becquerel, Albert Bayet, Couchoud, Prosper Alfaric et Joliot - Curie.
1950 : En Mai, il titre son éditorial : " Les Munichois contre la laïcité et écrit : " Et l’on voit d’excellents laïques (et même des " révolutionnaires " intrépides) considérer les libres penseurs comme des maniaques de l’anticléricalisme et des " bouffeurs de curés " sans idéal ".
1951 : A l’occasion des élections, la Libre Pensée interroge les candidats sur le subventionnement public des écoles privées. Il se tient un camp international de la Libre Pensée en Angleterre. André Lorulot dénonce la collusion de la gauche et du M.R.P.
1952 : André Lorulot dénonce " Le Nouvel Ordre Moral " et rend hommage à Ferdinand Buisson pour le 20ème anniversaire de sa disparition. La Libre Pensée écrit au gouvernement pour dénoncer les pèlerinages militaires à Lourdes. Pour la première fois, la Libre Pensée tient son congrès à Nantes et condamne le fait que l’on retire le socle de la statue d’Etienne Dolet, place Maubert après que les nazis en aient retiré la statue. Lorulot écrit à Edouard Herriot, Président de l’Assemblée Nationale, à ce sujet. En août, se tient le XXXème Congrès International de la Libre Pensée à Bruxelles.
1953 : La Libre Pensée dénonce Eisenhower qui a déclaré que " la France est décadente parce que la moitié des Français sont athées ". Le Parisien Libéré justifie la disparition du socle de la statue d’Etienne Dolet pour des problèmes de circulation. La Libre Pensée émet une virulente protestation. La CAN condamne le versement de primes données par le gouvernement pour la reconstruction des presbytères. En Mars, le Bureau National prend position en faveur des enfants Finaly que l’Eglise catholique refuse de rendre à leur famille.
1954 : La Libre Pensée dénonce " Gerlier le fasciste ", toujours Primat des Gaules. En Avril, la Libre Pensée titre : " Des prêtres - ouvriers aux prêtres - chiffonniers, laïques, méfiez - vous ! ". Le 27 Juin se tient une manifestation à la Butte Montmartre pour exiger la ré - érection de la statue du Chevalier de la Barre. Le congrès se tient à Niort, salué par le camarade Gaillard et honore Colette qui vient de disparaître. André Lorulot adresse son salut à Messali Hadj, leader nationaliste algérien. Le congrès exige la fin de sa résidence forcée. Une délégation officielle de la Libre Pensée (avec Lorulot et Cotereau, notamment) lui rend visite. Jean Cotereau appelle à l’union de toutes les forces laïques. Congrès de l’Union Mondiale au Luxembourg.
1955 : En Janvier, la Libre Pensée dénonce " le mensonge de la prétendue démocratie - chrétienne " et condamne le déplacement forcé de Messali Hadj en Vendée. La CAN adresse un texte aux organisations laïques pour créer " un front commun pour l’action anticléricale ". En Juin, le congrès se tient à Marseille et sur proposition du Groupe de Lorient, il adopte un voeu pour la constitution d’un Front Laïque.
La section d’Alger se prononce pour l’égalité des droits entre tous les habitants de l’Algérie, pour des élections libres dans un collège unique, pour la séparation des Eglises et de l’Etat. En Décembre, le monument d’Etienne Dolet à Orléans est inauguré grâce à une souscription nationale de la Libre Pensée.
1956 : La Libre Pensée s’adresse aux partis de gauche qui viennent de remporter les élections : " Abrogez la loi Barangé ! ". En Mai, André Lorulot dénonce l’abandon de la laïcité par la gauche au pouvoir au nom du slogan " Ne réveillez pas la guerre scolaire " et conclut : " Aucune subvention ne doit être accordée à des établissements privés! ".
1957 : Dans un texte paru en début d’année, intitulé " Qu’est - ce que la Libre Pensée ? ", on peut lire : " Les libres penseurs demandant l’abrogation de toutes les lois antilaïques...Les fonds publics ne doivent aller qu’aux écoles publiques ".
1958 : En Mars, la Libre Pensée dénonce le silence organisé autour du scandale du curé d’Uruffe. Jean Cotereau dénonce le coup de force du 13 Mai 1958. La Libre Pensée participe à la manifestation du 28 Mai, de la Nation à la République " Pour la défense des libertés républicaines et démocratiques menacées ". La Libre Pensée condamne le référendum gaulliste.
Elle appelle à voter pour les candidats qui se prononcent pour :
- l’abrogation de la loi Barrangé.
- l’abrogation du Statut d’Alsace - Moselle.
- le respect de la loi de Séparation.
1959 : Dans un éditorial intitulé "Et maintenant ? ", la Libre Pensée dénonce le projet de l’Eglise : " Mettre sur le même plan, l’école confessionnelle et l’école officielle ". En Mars, la Libre Pensée s’inquiète des projets du Ministre Boulloche (SFIO) en matière scolaire et s’interroge : " Est - ce la fin de l’Ecole laïque ? " En Mai, est publiée une lettre ouverte à Michel Debré (Président du Conseil) et à M.Michelet (Garde des Sceaux) contre l’obligation annoncée des jurés de prêter serment " devant Dieu et devant les hommes ". Cette disposition ne sera abrogée qu’en 1972. André Lorulot salue l’élection de Jean Rostand à l’Académie Française.
1960 : En Janvier, la Libre Pensée dénonce la loi Debré. Jean Cotereau écrit : " Fille aînée, fille soumise ". Il critique " cet étranglement dans la nuit ". En Février, la Libre Pensée s’associe à la pétition du CNAL pour l’abrogation de la loi Debré et appelle tous les groupements affiliés à la faire signer massivement.
La Raison annonce qu’au 20 Mars, la pétition du CNAL a recueilli 5.900.000 signatures. René Labrégère représente la CAN au grand rassemblement laïque du 19 Juin 1960 où sont rassemblées les 10.813.697 signatures contre la loi Debré et où voté le serment de Vincennes.
1961 : En Avril, la Libre Pensée réclame l’abrogation des lois Debré et Marie - Barangé. Elle condamne le putsch des généraux d’Alger
1962 : Le 13 février, la Libre Pensée participe à la manifestation contre les assassinats de Charonne. En Juin, elle soutient la grève de la faim de Louis Lecoin. La Libre Pensée se prononce pour le NON au référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel.
1963 : En Mars, mort d’André Lorulot, Président de la Libre Pensée.
1967 : La Libre Pensée s’oppose à la circulaire du 27 Décembre sur les aumôneries.
1970 : La Libre Pensée proteste contre le procès de Burgos.
1971 : Le 20 Février, la Libre Pensée soutient le lycéen Gilles Guyot. Elle participe le 14 Mars au Centenaire de la Commune de Paris.
1973 : En Septembre, la Libre Pensée condamne le coup d’Etat du général Pinochet et salue la mémoire du Président Allende.
1974 : En Mars, la Libre Pensée condamne la réforme Haby. Le 7 Juin, la Libre Pensée emménage au 10/12 rue des Fossés - Saint - Jacques, à l’endroit de l’ancien hôtel des mousquetaires du Roi.
1976 : les 15 et 16 Mai, la Libre Pensée rend hommage à la mémoire de Prosper Alfaric.
1977 : En Septembre, disparaît Jean Rostand, Président d’Honneur de la Libre Pensée. La Fédération Nationale proteste contre la récupération par l’Eglise du grand libre penseur qu’il fût. En Décembre, après le vote de la loi Guermeur, la Libre Pensée " se situe en situation d’insurrection laïque ".
1978 - 1979 : La Libre Pensée participe aux campagnes pour le droit à l’avortement.
1980 : A l’occasion du voyage du pape en France, est inaugurée la plaque sur le siège national en hommage à Ferdinand Buisson et à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905. En Octobre, la Libre Pensée condamne le lâche attentat de la rue Copernic.

Lire la suite

La Raison interviewe Jean-Marie BONNEMAYRE (CNAFAL)

16 Décembre 2015 , Rédigé par librepensee04

La Raison interviewe Jean-Marie BONNEMAYRE (CNAFAL)

 

En direct avec  Jean-Marie Bonnemayre, Président du CNAFAL

– Membre du Haut Conseil de la Famille

(Interview pour la Raison de la Libre Pensée)

Le CNAFAL a apporté tout son soutien au meeting laïque du 5 décembre 2015 au gymnase Japy. La Libre Pensée a rencontré à cette occasion son Président Jean-Marie Bonnemayre.

La Raison : Tu es Président du Conseil National des Associations Familiales Laïques. Peux-tu nous présenter cette association ?

Jean-Marie Bonnemayre : L’idée de créer des associations familiales laïques, a surgi comme une évidence à partir de 1946, dans la tête des militants laïques, anciens résistants et déportés. Mais pour comprendre la volonté de créer un mouvement familial laïque, il faut partir de l’histoire de la IIIème République jusqu’à Vichy. Le mouvement familial, est dès le départ, une réaction au sens littéral du terme, contre les idéaux de 1789 et l’établissement de la République : lisons l’Abbé Talmy dans son histoire du mouvement familial : « Conservateurs et catholiques, les familiaux sont donc appelés à dénoncer un régime républicain et laïque qui, par sa politique religieuse, a désorganisé la famille ». Les hommes de la Révolution opposent à la notion traditionnelle de la famille (société religieuse, autoritaire et hiérarchisée), une conception individualiste et contractuelle, qui trouve sa  consécration dans les lois du divorce et l’affaissement de l’autorité paternelle ». « Combattue et ruinée par la révolution, la famille ne trouve ses premiers défenseurs, que dans les rangs des contre-révolutionnaires ». (SIC).

Tout est dit là et on comprend que Vichy c’est bien la contre-révolution, revanche de 1789 !  En novembre 1942, le gouvernement de Vichy accorde un statut spécial au mouvement familial : une association par canton, seule représentante de la société civile !

N’oublions pas que dès 1940, Vichy ferme les Ecoles normales, les organisations laïques sont dissoutes. L’enseignement privé et confessionnel est renforcé et largement subventionné. Avec Vichy, un tabou avait été levé ! Dès novembre 1944, la Démocrate-chrétienne, nouvellement constituée, fait campagne sur le thème de la liberté de l’enseignement et commence à structurer les parents des écoles confessionnelles pour en faire une « force de frappe ». Mars 1945, c’est aussi la date de création de l’UNAF, institution de la République, chargée de représenter et défendre les familles auprès des pouvoirs publics. Les familiaux qui ont « traversé » Vichy, s’y engouffrent.

C’est alors que le SNI (Syndicat National des Instituteurs) et la Ligue de l’Enseignement, encouragent la création d’associations de parents d’élèves, au sein de la Ligue pour défendre l’Ecole publique et laïque. En octobre 1946, un Conseil National de Vigilance des Parents d’élèves de l’Ecole laïque est créé. La Ligue de l’Enseignement met en place des Conseils familiaux de parents d’élèves de l’Ecole laïque et le 1er janvier 1947, une circulaire est envoyée aux départements pour adapter leurs statuts à la législation des associations familiales. L’idée est née là dans ces circonstances, pour « contrer » l’offensive des cléricaux.

Mais trois obstacles empêcheront l’investissement de l’UNAF, par les laïques dès 1947 :

  • Les membres actifs sont des familles constituées par le mariage et la filiation légitime.
  • L’établissement du suffrage familial pour voter en lieu et place du suffrage universel.
  • Le décret Poinsot-Chapuis, du nom du Ministre MRP, faisant transiter des fonds publics par l’UNAF, pour être distribués aux élèves des écoles privées confessionnelles.

Seule la FOL de Dordogne avec les FRANCA et le SNI, iront jusqu’au bout de la « démarche » et « investiront » avec la création des « premières associations familiales laïques », l’UDAF 24, dont ils prennent la Présidence en 1949. En 1967, le CNAFAL est créé par cette génération de militants, issus de le Résistance, André Fortané (FOL), Lucien Bonnet (Franca), Maurice Piffard (FCPE), André Lebel (Association Familiale Ouvrière).

LR : L’action familiale est le terrain de prédilection de l’Eglise catholique et des religions en général. En quoi consiste alors votre action laïque ?

JMB : Le CNAFAL est promoteur des valeurs de l’émancipation sociale, des valeurs de la République et des concepts de liberté, de justice, de paix, d’égalité ! La liberté de penser, de conscience et d’expression sont nos moteurs. Faciliter l’expression de tous, sans exclusion, contribuer à libérer l’individu de tous les facteurs oppressifs de son environnement, refuser la juxtaposition de communautés. Le CNAFAL est attaché à la Séparation de toutes les Eglises et de l’Etat, à la séparation du pouvoir politique et du pouvoir judiciaire. Il défend tous les services publics qui sont du social condensé !

Dans le champ de la famille, nous sommes pour l’égalité totale homme/femme. Nous avons mené bataille pour la reconnaissance de toutes les familles, y compris homoparentales. L’enfant a droit à une éducation laïque, c’est‑à‑dire dégagée de tous les préjugés, de tous les dogmes, pour le développement de la raison, de l’esprit critique, mais aussi par la contextualisation, en replaçant les événements dans l’histoire.

LR : Dans votre document sur la laïcité de 2011, vous sous-titrez « Laïcité-Islam : le faux débat ». Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

JMB : En effet, certains voudraient nous faire croire que l’Islam est irréductible à la laïcité et à la République. Ils ne focalisent que sur un courant fondamentaliste au sein de l’Islam, oubliant au passage, que d’autres intégrismes, ces dernières années, se sont manifestés avec force (catholique, protestant, dans le champ du droit de la famille, dans le champ de la bioéthique, dans le champ de la conception de la vie et de la mort, etc. Ils oublient que la laïcité a surgi en France, comme une évidence après 8 guerres de religion, toutes aussi barbares que la guerre actuelle entre sunnites et chiites. Ils oublient que la loi de 1905, n’interdit pas la pratique de la religion de son choix. Ce qu’elle interdit, c’est d’interférer dans les débats politiques. Ce qu’elle interdit, c’est le monopole d’une religion ! Certains reprennent les poncifs de la pire droite qui soit, comme si les pratiquants musulmans étaient irréductibles à la République et à la laïcité. Il y a d’ailleurs de plus en plus d’athées dans les communautés issues de l’immigration.

C’est en France qu’il y a le plus fort taux de mariages mixtes (28%), contre une moyenne de 10% en Europe. Quand les gens se mélangent, malgré leur origine ou leur croyance c’est bon signe pour le vivre ensemble ! De nombreuses études du CEVIPOF (Centre d’Etudes de la Vie Politique), montrent qu’en deux générations, ils rejoignent  sur le plan des mœurs, de l’éthique, de la vie sociale, le reste des français. Cibler l’Islam, comme ennemi irréductible, c’est faire le jeu de l’extrême droite… tandis que d’autres religions veulent faire de l’Islam, un levier, pour faire « péter » la loi de 1905…

LR : On comprend mieux pourquoi le CNAFAL a appelé, au grand meeting laïque du 5 décembre et pourquoi aussi l’UFAL s’y est refusé et a apporté sa toute petite pierre à tous ceux qui ont voulu saboter l’Union Laïque. Qu’est‑ce qui vous différencie avec l’UFAL ?

JMB : L’UFAL, organisation récente et opportuniste, archi-minoritaire dans le mouvement familial (déclaration de 2 000 familles adhérentes, chiffre officiel de l’UNAF) a l’habitude d’évoluer d’un bord à l’autre de l’échiquier, mélangeant différents engagements politiques, associatifs, laïques. Je ne peux oublier qu’ils ont « engendré » Riposte Laïque, ce groupuscule fascisant… Ils donnent des leçons de laïcité, mais appuient et appellent à la création  d’associations familiales musulmanes… qu’on a vu surgir à l’occasion de la Manif pour tous… savent-ils encore où ils habitent ? Qu’est-ce que l’UFAL cache et qui cachent-t-ils ? Car on rencontre à la base des militants sincères, mais manipulés.

LR : Comment le CNAFAL envisage-t-il ses relations avec la Libre Pensée ? Celle-ci est tout à fait opposée à toute résurgence d’un « collectif » qui chapeauterait le mouvement laïque, (au nom de qui et au nom de quoi ?). Pour la Libre Pensée, il n’y a ni dieu, ni césar, ni tribun et encore moins de guide suprême ou de Grand Architecte.

JMB : De nombreux Libres Penseurs sont membres du CNAFAL, depuis 4 décennies et nous nous en félicitons… Le CNAFAL détermine sa propre ligne en Assemblée générale et en Conseil d’administration, érigés en « intellectuel collectif ». Nous faisons nôtre, la formulation « ni Dieu, ni Maître, ni César », etc. Nous avons mal à « notre laïcité », lorsqu’on voit les déchirements qui règnent au sein de la « galaxie laïque ». Voir le dernier ouvrage de Jean Baubérot : les 7 laïcités.

La laïcité est recherche permanente d’un équilibre. Le CNAFAL a eu pour posture, avec son regard critique, de participer ponctuellement à des collectifs. Il regrette aussi que le CNAL vivote et ne soit pas élargi… L’éparpillement des forces laïques nous est préjudiciable… Rassembler ce qui est épars, c’est toujours notre fil conducteur et éviter les divisions artificielles, les anathèmes, les ukases. Dans le monde laïque, il ne peut y avoir de leadership…

Lire la suite
1 2 > >>