"...Apprendre à se méfier de soi, et surtout quand on se sent le plus sûr d'avoir raison, suspecter toute affirmation qui n apporte point sa preuve, s'incliner devant toute vérité bien démontrée alors même qu'elle trouble, déçoit ou disconvient : voilà, à mon sens, la bonne leçon, qui se dégage de ce petit livre, et qui n'est pas seulement une leçon de vigilance et de discipline intellectuelle, mais aussi d'hygiène morale. "
Nombreux sont ceux et celles qui se disent penseurs libres, penseuses libres. Bravo!
Mais, comme si cela suffisait.
Il est nécessaire qu'existe une organisation de ces penseurs et penseuses libres pour défendre la précieuse liberté de pensée dont l'expression publique internationale est, d'abord, la défense de l'absolue liberté de conscience dont la condition première est la séparation des Eglises et de l'Etat!
Cette organisation dédiée depuis 1848 s'appelle la Libre Pensée.
Saisi notamment par la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la Confédération générale du travail (CGT), la Fédération syndicale unitaire (FSU), l’Union syndicale solidaires, le Syndicat de la magistrature (SM) et le Syndicat des avocats de France (SAF), le juge des référés du Conseil d’État, par une ordonnance du 13 juin 20201, a suspendu l’application, en attendant de l’annuler au fond, de l’article 3 du décret du 31 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid 19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.
Pris sur le fondement de l’article L. 3131-15 du Code de la santé publique, dans sa rédaction issue de la loi du 11 mai 2020 prolongeant l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet 2020, ce texte, repris du décret du 11 mai précédent, prévoit en particulier que « Tout rassemblement, réunion ou activité à un titre autre que professionnel sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes, est interdit sur l’ensemble du territoire de la République » tandis que ceux « […] indispensables à la continuité de la vie de la Nation peuvent être maintenus à titre dérogatoire par le préfet de département, par des mesures réglementaires ou individuelles, sauf lorsque les circonstances locales s’y opposent. »
Le juge des référés du Conseil d’État, après avoir rappelé qu’il « […] peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale […] » a considéré en l’espèce que l’article 3 du décret du 31 mai 2020 institue, en prohibant les rassemblements de plus de dix personnes, une « interdiction […] présentant un caractère général et absolu » de nature à porter « […] une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales […] », notamment à celles protégées par la Constitution et les articles 10 et 11 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950.
Même si, dans le cadre de l’état d’urgence, le juge des référés du Conseil d’État a validé sans audience, au détriment des libertés individuelles fondamentales, le maintien en détention provisoire de personnes présumées innocentes2 au-delà du délai de droit commun, la Fédération nationale de la Libre Pensée estime, en revanche, que sa décision du 13 juin 2020 marque un revers de principe pour l’actuel gouvernement, engagé dans une dérive sécuritaire à la suite de celui qui l’a précédé : atteinte à la liberté de manifester ; introduction dans le droit commun des mesures propres à l’état d’urgence créé par la loi de 1955 (assignations à résidence, visites domiciliaires administratives précédées d’une simple information du juge des libertés et de la détention, instauration par les préfets de périmètres de protection, surveillance des communications hertziennes) ; multiplication des gardes à vue et des condamnations en comparution immédiate pour participation à un rassemblement sur la voie publique ; nombreuses violences policières, encore impunies, ayant entraîné d’importantes mutilations.
La Fédération nationale de la Libre Pensée demande l’abrogation immédiate des mesures d’exception prises dans le cadre de l’urgence sanitaire et, plus généralement, la restauration de toutes les libertés démocratiques.
Voir CE, Ord., 26 mars 2020, n° 439894. Il faut préciser que la Cour de cassation, par deux arrêts du 26 mai, a jugé que l’article 16 de l’ordonnance du 25 mars, prise par le gouvernement dans le cadre de l’habilitation donnée par la loi du 23 mars instaurant l’état d’urgence sanitaire, n’est pas conforme à l’article 5 de la Convention européenne des droits de l’homme dès lors qu’il « […] s’interprète comme prolongeant, sans intervention judiciaire, pour les durées qu’il prévoit, tout titre de détention venant à expiration, mais à une seule reprise au cours de chaque procédure ».
Pour information de la part de la Fédération nationale de la Libre Pensée
JUSTICE POUR STEVE! Communiqué intersyndical
Bonjour
le 21 juin 2019, fête de la musique, certains parlent de solstice d'été, quinze personnes qui dansaient furent précipitées dans la Loire par une charge policière violente. Dont Steve Maia Caniço, jeune homme de 24 ans qui périt noyé.
-Vous trouverez en pj un communiqué intersyndical sur ce sujet.
-Un rassemblement se tiendra au miroir d'eau demain dimanche à 15h
-Ci-dessous une évocation musicale sur l'évènement:
L’Association internationale de la Libre Pensée mène une action résolue pour que justice soit rendue aux victimes de l’Eglise catholique. Auteur de plusieurs rapports à l’ONU sur les crimes de pédophilie dans l’institution catholique, notre ami Keith Porteous Wood mène une action résolue.
Après l’interview de monsieur Pierre Vignon, le prêtre qui a demandé la démission de l’archevêque Barbarin, la Libre Pensée publie l’Interview de François Devaus, Président de la Parole libérée:
Le 20 juin 1992 a eu lieu, à l'initiative de la Libre Pensée, le procès des évêques catholiques pour leur rôle sous le régime de Vichy. Les lecteurs de La Raison trouveront dans ce numéro l...
« Je fais le mal, et je suis le premier à brailler » - Shakespeare
Sur la liberté de conscience
Voici le 2e numéro de Liaisons. Il semble que le premier ait été bien accueilli, au sens que certains de nos lecteurs aient jugé utile de le faire circuler. A dire vrai, l’approbation en circuit fermé ne nous concerne guère. Il ne s’agit pas d’être élogieux entre soi comme Diogène était vertueux en son tonneau. La pensée n’existe que tournée vers l’extérieur.
Une remarque a été faite et nous en comprenons, pensons-nous, la portée. Est-il bien judicieux que cette lettre soit non signée ? Certes, il ne faut pas verser dans la personnalisation mais … Le Conseil d’Administration de l’IRELP du 12 septembre discutera et tranchera. Il y aura peut-être une ou deux lettres avant cette décision mais décision il y aura et vous en connaitrez évidemment la teneur. Plus précisément, vous connaitrez le contenu de la discussion. Parce qu’une décision sans contenu, ma foi, autant envoyer un tambour-major…
Nous sommes le jour anniversaire du Rassemblement de Vincennes contre la Loi Debré (19 juin 1960).
Beaucoup - et c’est normal et ce sont leurs prérogatives - ont expliqué et expliquent beaucoup de choses, très souvent intelligentes. Peut-être même un peu trop. Pour notre part, IRELP, nous ne sommes qu’un Institut de Recherches et nous nous contentons banalement de publier (voire de republier) ici un article constituant un chapitre de Histoire de la Libre Pensée.
Quand Michel Debré prend la parole pour présenter la loi à laquelle il va donner son nom, ses premiers mots sont pour remercier André Boulloche, ministre socialiste, qui avait préparé cette loi avec lui.
Comme en 1960 contre la loi Debré Il faut rassembler le mouvement laïque et les laïques. Pour s’opposer à toute modification de la loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 par le gouvernement Macron/Philippe
Lorsque, en 1959, la loi Debré institutionnalise le financement public des écoles privées dans le cadre de contrats simples ou d’associations, les laïques descendent dans la rue par centaines de milliers et se rassemblent sur la pelouse du bois de Vincennes le 19 juin 1960.
400 000 personnes représentant 10 813 697 citoyens pétitionnaires prononcent le Serment de Vincennes :
« Nous faisons le serment solennel
de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ;
de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ;
et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse. »
Cette pétition fut signée par la majorité du corps électoral de cette époque, massivement signée aussi dans les départements qui restent toujours soumis au Concordat de 1801 et au statut clérical scolaire d’exception d’Alsace-Moselle. La loi Debré a été une des attaques principales contre la loi de 1905, aujourd’hui menacée, c’est pourquoi la Libre Pensée continue à revendiquer l’abrogation de la loi Debré.
Cette campagne laïque fut menée par la Ligue de l’Enseignement, la FCPE, les DDEN, le SNI et la FEN regroupés dans le CNAL et soutenue par la Libre Pensée, l’Union rationaliste, la LDH, la CGT, la CGT-FO , l’UNEF, le Grand Orient de France, le Droit Humain, la Fédération nationale des Combattants républicains et les partis PSA, UGS, Parti socialiste SFIO, Parti Radical et Radical-Socialiste et le PCF.
A l’occasion du 60e anniversaire du Serment de Vincennes du 19 juin 1960 La Libre Pensée propose à l’ensemble du mouvement laïque une manifestation nationale ou un rassemblement national pour défendre la loi de 1905 !
Préserver la liberté de conscience en défendant la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat
Notre liberté est menacée, nos libertés sont attaquées.
Personne n’a oublié les violences d’État perpétrées dans un passé tout récent contre les « Gilets jaunes », ni plus anciennement contre les élèves-infirmières dont on découvre bien tardivement l’irremplaçable utilité sociale. Dans les deux cas, plus que de violences policières, nous préférons parler de violences d’État, décidées et couvertes aux plus hauts sommets de l’édifice républicain.
La Libre Pensée défend le droit à toute forme d’expression et de manifestation, d’autant plus légitimes dans un pays marqué par d’intolérables inégalités sociales qui sont elles-mêmes un danger pour la démocratie.
Nous revendiquons l’abrogation de la loi d’urgence « sanitaire » et la liberté de manifester !
Visiblement, le gouvernement n’a pas renoncé à ses contre-réformes réactionnaires. Il entend s’en prendre à nouveau à la loi du 9 décembre 1905 qui garantit la liberté de conscience par l’organisation réelle et effective de la Séparation des Églises et de l’Etat. C’est la liberté des libertés qui est menacée !
Police des Cultes ou Culte de la Police ?
Et dans le même temps, les libertés démocratiques sont remises en cause sur tous les plans. Un carcan totalitaire se met en place pour nous imposer un nouvel ordre social, politique et même sanitaire. Le gouvernement Macron/Philippe propose, dans son projet de révision de la loi de 1905, que l’État puisse dissoudre n’importe quelle association à partir d’une déclaration jugée « dangereuse » d‘un de ses membres. Qui jugera du caractère « terroriste » d’une déclaration ? : la puissance publique qui deviendra alors juge et partie. C’est le retour de la responsabilité collective de sinistre mémoire. Nos libertés sont attaquées !
Raymond Queneau dans son Traité des Vertus démocratiques disait : « Liberté : en soi, mot non significatif. Il prend un sens en face de sa négation : dans une tyrannie, libre devient significatif. » Nous sommes désormais dans cette situation.
La liberté de conscience ne peut être garantie que par une ignorance de la puissance publique des croyances et des institutions religieuses. L’État doit être neutre en matière métaphysique.
Un État qui dit « crois » ou un État qui dirait « ne crois pas » est un État totalitaire, car il se mêle alors de ce qui ne le regarde pas et qui est le plus précieux à l’Humanité : sa liberté de penser.
Quand le Président de la République en appelle à « la convergence des forces spirituelles », quand il organise des visio-conférences en choisissant « ses » interlocuteurs, il s’ingère dans un domaine spirituel, alors que son action doit rester dans le temporel. Mais comme il a fait faillite dans le Temporel, il essaie de se refaire une virginité politique par le Spirituel
Certains ont couru à la soupe, tant ils avaient soif de reconnaissance et d’avantages. Ils ne s’en sortiront pas grandis. De quel doit (divin ?) le Président de la République peut dire : celui-là peut venir, pas celui-ci ? Quelles compétences « spirituelles » a-t-il pour trier le bon grain spirituel de l’ivraie des croyances ? N’est-ce pas le retour de la formule de la Monarchie d’Ancien-Régime : « Un Roi, une Foi » ?
La Libre Pensée a dit Non !
La Libre Pensée ne se considère pas comme une « autorité spirituelle ». Elle n’a jamais mis personne sur le bûcher, ni proscrit des livres par l’Index ou forcé les consciences par l’Inquisition. Elle se veut indépendante de tous les pouvoirs et ne cherche pas à « influencer » le pouvoir pour obtenir une « reconnaissance » ou des prébendes.
Comme le disait l’Empereur Julien, poursuivi d’une haine multiséculaire par l’Église catholique qui le surnommait « l’Apostat », alors qu’il n’a jamais été chrétien : « Le déclin de Rome était dû à l’extension du christianisme, et l’extension du christianisme due à une usurpation ».
La spiritualité, les spiritualités (il y en a presqu’autant que de convictions), devrait-on dire, ne peuvent être de l’ordre du « politique ». L’être humain n’est pas qu’un tube digestif, dès qu’il pense, fantasme, rêve et réalise, il fait preuve de « spiritualité ». Celle-ci est le produit de l’activité de son cerveau.
La laïcité étant la neutralité des institutions par rapport au domaine de la métaphysique, il ne saurait y avoir de « spiritualité laïque », car la spiritualité est le produit d’une conviction et une conviction ne peut jamais être neutre. Elle a un avis. Autre chose est la spiritualité humaniste qui met l’Homme au centre de sa condition, car c’est refuser toute oppression qui brime l’humain dans son réel.
Mettre les forces spirituelles sous la coupe du gouvernement, c’est du totalitarisme. Car c’est mettre l’esprit des hommes et des femmes sous le boisseau d’une puissance politique.
La « convergence des forces spirituelles » est une tentative néo-concordataire d’embrigader les consciences sous la houlette d’un régime à l’agonie qui veut reprendre la main par un tour de prestidigitateur
Toute organisation du culte musulman par le pouvoir est un Concordat
Cette tentative néo-concordataire puise aux mêmes sources d’ingérence et d’intolérance que de vouloir imposer aux musulmans l’Organisation forcée d’UN Culte musulman. IL n’y a pas UN, mais DES cultes musulmans. Proclamer qu’il faut UN culte, c’est s’ingérer dans le domaine du religieux, c’est la négation pure et simple de la Séparation des Églises et de l’État. C’est alors l’État qui gouverne les consciences et qui fixe le dogme religieux, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas en matière de religion. C’est dénier le droit à ceux qui se réclament de l’Islam de s’organiser librement.
L’argument est de dire : il faut un interlocuteur musulman à l’État. Cet interlocuteur deviendra donc le « miroir » de l’Etat, il n’y a plus dès lors « Séparation » mais « Identification » d’un culte à l’État. Si l’un est l’image et l’autre le reflet, il y a « réparation du lien entre la religion et l’État » par la construction d’un nouveau système institutionnel qui met les religions sous la coupe de l’État. Cela s’appelle un concordat.
L’accepter pour un culte, c’est l’accepter demain pour tous les cultes.
Voilà le véritable contenu sous-jacent de la volonté présidentielle de réviser la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat !
La révision-trahison macroniste de la loi de 1905 s’avance masquée. Nous la dévoilerons au grand jour face à l’opinion publique laïque.
Bas les masques ! A bas le Néo-Concordat ! Ne touchez pas à la loi de 1905 !
La Fédération nationale de la Libre Pensée s’adresse une nouvelle fois au mouvement laïque dans sa diversité associative, syndicale, politique : N’est-il pas temps de dire, tous ensemble et clairement : si le gouvernement persiste dans sa volonté de réviser la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, Alors nous organiserons une grande marche nationale à Paris pour la défense de la laïcité !
Vincennes, le 19 juin 2020
Partisans de l’unité des laïques pour la défense du principe de Séparation des Églises et de l’état et de la loi de 1905, nous informons d’un document de la Ligue de l’enseignement sur le Serment de Vincennes : https://memoires.laligue.org/actualite/le-serment-de-vincennes
Le 29 octobre 2019, en présence de huit cents personnes, le Président de la République assiste à l’inauguration du Centre européen du judaïsme (CEJ), un ensemble immobilier de près de 5 000 m² édifié dans le périmètre de l’ancienne zone d’action concertée de la porte de Champerret. Celui-ci comprend une synagogue de six cents places, ainsi que deux immeubles affectés aux activités institutionnelles et culturelles du culte israélite. Le Consistoire israélite de Paris et d’Île-de-France y occupe d’ailleurs des bureaux.
Bien que l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la Séparation des Églises et de l’État dispose que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », en l’espèce, non seulement le Président a fait se pencher à tort la République sur le berceau du CEJ, mais les collectivités publiques ont fait preuve d’une extrême générosité en faveur des promoteurs du centre.
Des aides directes confortables de l’État et de la région
En premier lieu, alors même que les dons des fidèles font déjà légalement l’objet d’un abattement fiscal, soit ici une somme de cinq millions d’euros environ sur les huit versés par des fondations et des mécènes au Consistoire de Paris, l’État aurait accordé au surplus, selon une information publiée dans la rubrique laïcité, tenue par la Ligue de l’enseignement, du journal électronique Médiapart du 10 juin 2020, une aide directe de deux millions d’euros et la région une autre d’un million – probablement au titre des activités présumées « culturelles » comme l’avait fait en son temps Jack Lang pour le musée d’art sacré, désespérément vide, de la cathédrale d’Évry. Néanmoins, une contribution encore plus massive de la Ville de Paris complète celles de l’État et de la région.
Une aide indirecte très importante de la Ville de Paris
En second lieu, en effet, en dépit des maladresses juridiques ayant retardé le dénouement de l’affaire, la Ville de Paris a consenti, sur le fondement des articles L. 251-1 à L. 251-9 du Code de l’habitation et de la construction, un bail à construction très avantageux à l’association consistoriale israélite de Paris (ACIP).
Le projet remonte à 1991 : par une délibération du 27 mai le Conseil de Paris présidé par Jacques Chirac déclasse du domaine public, aux fins de l’aliéner ou d’en donner la jouissance à un tiers par emphytéose, le terrain qui supporte désormais le CEJ. Près de dix ans plus tard, le 29 janvier 2001, cette instance décide de consentir un bail à construction au Consistoire israélite de Paris et d’Île-de-France. Le 22 novembre 2006, en application d’une délibération des 3 et 4 avril précédents, la Ville de Paris signe une promesse de bail à construction avec l’ACIP. Néanmoins, cette promesse ne devient effective qu’en 2013 : la Ville de Paris avait omis de désaffecter la parcelle convoitée à sa destination scolaire. Cette erreur est réparée en 2013 seulement, par un arrêté du 24 juillet, après avis favorable du préfet et du recteur.
Malgré la lenteur de la procédure administrative aboutissant à la conclusion du bail à construction en 2013, les stipulations financières du contrat, d’une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans, demeurent celles initialement prévues en 2006. D’une part, l’ACIP bénéficie d’une franchise de loyer durant la période de réalisation des travaux. D’autre part, la redevance exigée de l’ACIP paraît nettement sous évaluée. Elle s’élève à 50 000 euros par an en prix de base, soit 10 euros du mètre carré bâti. Il s’agit d’un prix d’ami. À titre de comparaison, la Ville de Paris a conçu un dispositif ingénieux d’accession à la propriété dans Paris de familles relativement modestes pour un prix de 5 000 euros le mètre carré seulement.
Pour parvenir à ce résultat, le foncier nécessaire à l’édification des immeubles fait l’objet d’un bail à construction de quatre-vingt-dix-neuf ans avec les opérateurs dont le loyer incombe aux acquéreurs des logements. Il est fixé à 24 euros par an et par mètre carré bâti, soit 2,4 fois le montant de celui exigé de l’ACIP. Sur la durée du bail et compte tenu de la franchise de loyer, la Ville de Paris consent ainsi une aide indirecte qui peut être estimée à plus de sept millions d’euros.
Un pactole total de dix millions d’euros
En définitive, la somme des aides publiques accordées au Consistoire israélite de Paris et d’Île-de-France, au travers de l’ACIP, ressort à quinze millions d’euros, dont dix millions en violation de la loi du 9 décembre 1905 concernant la Séparation des Églises et de l’État, même si le Conseil d’État a pu juger, en méconnaissance de son article 2, qu’était admissible un loyer d’un euro symbolique pour l’octroi pendant un siècle de droits réels immobiliers à une association musulmane cherchant à construire une mosquée (voir CE, 19 juillet 2011, n° 320796).
Garantir leur pleine liberté de conscience aux individus dans le régime de Séparation impose aux collectivités publiques d’employer l’impôt uniquement pour l’intérêt général et non en faveur d’intérêts religieux particuliers. C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée interpelle les responsables de ces collectivités :
RESPECTEZ LA LOI DU 9 DÉCEMBRE 1905 ! NE TOUCHEZ PAS À LA LOI DU 9 DÉCEMBRE 1905 !
CONTRE LE FINANCEMENT PUBLIC DE L'UNIVERSITÉ CATHOLIQUE A ANNECY
Libre Pensée 74 a lancé cette pétition adressée à Grand Annecy - Région AURA- Département Haute-Savoie
NON AU FINANCEMENT PUBLIC
de la construction d' une UNIVERSITÉ PRIVÉE CATHOLIQUE à Annecy 74
« Fonds publics à l’École Publique, fonds privés à l'école privée »
Appel aux laïques:
Les contribuables soussignés, militants laïques, associatifs, syndicalistes, élus et citoyens :
informés par la presse d'un projet de construction d'une Université privée catholique à ANNECY qui serait financée à 50 % par des fonds publics
informés des détails donnés le 14 novembre à la Maison diocésaine dans une conférence de presse en présence de M. l’Évêque d'Annecy, des responsables de l'enseignement privé et d' élus des collectivités locales
informés du montant de l'investissement de 10 millions d'euros, dont la moitié avec des fonds publics. Le département de Haute-Savoie s’est engagé à apporter 1,5 million d’euros, l’Agglo d’Annecy 1,5 million d'euros et la Région Auvergne-Rhône-Alpes 2 millions d’euros.
Les soussignés considèrent :
qu'il s'agit d'une entorse à la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État. La loi de 1905 institue la République laïque. Elle garantit la liberté de conscience des citoyens, libres de croire ou de ne pas croire et elle institue la neutralité de l’État dans son article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »
que les fonds publics, qui sont le produit de l’impôt donc l'argent des citoyens, doivent être réservés uniquement au financement des services publics qui manquent cruellement de moyens en suivant le principe républicain : « Fonds publics à l’École Publique, fonds privés à l'école privée »
Les soussignés estiment :
que le besoin d'une Université Publique est reconnu en Haute-Savoie. L’État et les Collectivités doivent consacrer les fonds publics nécessaires pour construire une Université Publique de plein exercice et digne de ce nom.
A chaque rentrée universitaire, des milliers d'étudiants subissent la sélection et une orientation non choisie, et bien souvent restent sans affectation faute de places avec la loi ORE et le dispositif Parcoursup. Les bacheliers hauts-savoyards sont contraints de s'externaliser à Chambéry, Grenoble ou Lyon pour rester dans le service public mais beaucoup renoncent faute de moyens financiers pour leur transport et leur hébergement.
L'Université souffre d'asphyxie budgétaire et manque cruellement de moyens, de postes, de locaux…et de bourses pour les étudiants dont beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté (1 sur 5). L'étudiant de Lyon qui s'est immolé par le feu entraînant la révolte légitime de toute la jeunesse est là pour nous le rappeler.
Appel adopté le 9 décembre 2019 (jour-anniversaire du vote de la loi de 1905) par :
Les fils de Noé, qui sortirent de l’arche, étaient Sem, Cham et Japhet. Cham fut le père de Canaan.
Ce sont là les trois fils de Noé, et c’est leur postérité qui peupla toute la terre.
Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne.
Il but du vin, s’enivra, et se découvrit au milieu de sa tente.
Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères.
Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père ; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père.
Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet.
Et il dit : Maudit soit Canaan ! qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères !
Il dit encore : Béni soit l’Éternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave !
Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu’il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave !