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 LIBRE PENSEE-Fédération des Alpes de Haute Provence (04)

REECOUTER La Libre Pensée sur France Culture. Dimanche 8 novembre 2020. Le rôle de Jean Jaurès dans l’élaboration de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État.

10 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

 

La Libre Pensée sur France Culture. Dimanche 8 novembre 2020

En soutenant dans l’article 4 de la loi que :  

Dans le délai d’un an à partir de la promulgation de la présente loi, les biens mobiliers et immobiliers des menses, fabriques, conseils presbytéraux, consistoires et autres établissements publics du culte, seront, avec toutes les charges et obligations qui les grèvent et avec leur affectation spéciale, transférés par les représentants légaux de ces établissements aux associations qui, en se conformant aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice, se seront légalement formées,

Jean Jaurès ouvrait la voie à l’acceptation de la loi. Les cultes étaient libres de s’organiser comme bon leur semblait.

Emission présentée par Christophe Bitaud, Vice-Président de la Libre Pensée, qui reçoit Christian Eyschen, secrétaire général de la Libre Pensée.

Sujet : Le rôle de Jean Jaurès dans l’élaboration de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État.

Ch.Bitaud : Christian, bonjour.

Ch.Eyschen : Bonjour.

Tout d’abord nous constatons que Jean Jaurès est utilisé à tort et à travers dans les affaires de laïcité pour lui faire porter des propos qui n’étaient pas les siens.

Je voudrais donc rappeler l’historique des choses.

C’est Jaurès qui a été la clé de voûte et l’ouvrier de la loi de séparation des Églises et de l’Etat de 1905 parce qu’il en avait une conception très libérale au sens philosophique du terme....

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REECOUTER La Libre Pensée sur France Culture. Dimanche 8 novembre 2020. Le rôle de Jean Jaurès dans l’élaboration de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État.

10 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

 

La Libre Pensée sur France Culture. Dimanche 8 novembre 2020

En soutenant dans l’article 4 de la loi que :  

Dans le délai d’un an à partir de la promulgation de la présente loi, les biens mobiliers et immobiliers des menses, fabriques, conseils presbytéraux, consistoires et autres établissements publics du culte, seront, avec toutes les charges et obligations qui les grèvent et avec leur affectation spéciale, transférés par les représentants légaux de ces établissements aux associations qui, en se conformant aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice, se seront légalement formées,

Jean Jaurès ouvrait la voie à l’acceptation de la loi. Les cultes étaient libres de s’organiser comme bon leur semblait.

Emission présentée par Christophe Bitaud, Vice-Président de la Libre Pensée, qui reçoit Christian Eyschen, secrétaire général de la Libre Pensée.

Sujet : Le rôle de Jean Jaurès dans l’élaboration de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État.

Ch.Bitaud : Christian, bonjour.

Ch.Eyschen : Bonjour.

Tout d’abord nous constatons que Jean Jaurès est utilisé à tort et à travers dans les affaires de laïcité pour lui faire porter des propos qui n’étaient pas les siens.

Je voudrais donc rappeler l’historique des choses.

C’est Jaurès qui a été la clé de voûte et l’ouvrier de la loi de séparation des Églises et de l’Etat de 1905 parce qu’il en avait une conception très libérale au sens philosophique du terme....

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REECOUTER La Libre Pensée sur France Culture. Dimanche 8 novembre 2020. Le rôle de Jean Jaurès dans l’élaboration de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État.

10 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

 

La Libre Pensée sur France Culture. Dimanche 8 novembre 2020

En soutenant dans l’article 4 de la loi que :  

Dans le délai d’un an à partir de la promulgation de la présente loi, les biens mobiliers et immobiliers des menses, fabriques, conseils presbytéraux, consistoires et autres établissements publics du culte, seront, avec toutes les charges et obligations qui les grèvent et avec leur affectation spéciale, transférés par les représentants légaux de ces établissements aux associations qui, en se conformant aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice, se seront légalement formées,

Jean Jaurès ouvrait la voie à l’acceptation de la loi. Les cultes étaient libres de s’organiser comme bon leur semblait.

Emission présentée par Christophe Bitaud, Vice-Président de la Libre Pensée, qui reçoit Christian Eyschen, secrétaire général de la Libre Pensée.

Sujet : Le rôle de Jean Jaurès dans l’élaboration de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État.

Ch.Bitaud : Christian, bonjour.

Ch.Eyschen : Bonjour.

Tout d’abord nous constatons que Jean Jaurès est utilisé à tort et à travers dans les affaires de laïcité pour lui faire porter des propos qui n’étaient pas les siens.

Je voudrais donc rappeler l’historique des choses.

C’est Jaurès qui a été la clé de voûte et l’ouvrier de la loi de séparation des Églises et de l’Etat de 1905 parce qu’il en avait une conception très libérale au sens philosophique du terme....

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Les Maccarthystes d’aujourd’hui n’ont pas les moyens de ceux d’hier !

4 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

Les Maccarthystes d’aujourd’hui n’ont pas les moyens de ceux d’hier !

Déclaration de Jean-Sébastien Pierre
Professeur émérite à l’Université de Rennes 1,
Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

Sous la signature d’une centaine d’universitaires, un texte sidérant vient d’être publié dans Le Monde : reprenant les propos indignes de Jean-Michel Blanquer au Sénat (« [il y a] des courants islamo-gauchistes très puissants dans les secteurs de l’Enseignement supérieur qui commettent des dégâts sur les esprits. Et cela conduit à certains problèmes, que vous êtes en train de constater. ») en l’approuvant bruyamment, ils appellent ouvertement à la délation et à la répression contre les sujets même de recherche de toute une frange de l’Université.

« Les idéologies indigéniste, racialiste et « décoloniale » (transférées des campus nord-américains) y sont bien présentes, nourrissant une haine des blancs et de la France ». C’est une véritable désignation de l’Université à la vindicte publique. Le texte se termine par un appel à la fermeté de la ministre : « Nous demandons à la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de mettre en place des mesures de détection des dérives islamistes, de prendre clairement position contre les idéologies qui les sous-tendent, et d’engager nos universités dans ce combat pour la laïcité et la République en créant une instance chargée de faire remonter directement les cas d’atteintes aux principes républicains et à la liberté académique, et d’élaborer un guide de réponses adaptées, comme cela a été fait pour l’Éducation nationale. »

Joseph McCarthy (à gauche) en compagnie de son conseiller Roy Cohn.

En bref, une instance de surveillance, de flicage et de délation, une véritable chasse aux sorcières menée par l’État. Que ce texte odieux ose, en plus, se référer à la liberté académique pour justifier son entreprise maccarthyste alors qu’il fleure bon la lettre anonyme à la Kommandantur que l’on a connue en d’autres époques, c’est hallucinant.

Sur quoi se base ce texte ? Sur rien. Éventuellement sur l’orientation de recherche d’une partie des enseignants en Sciences de l’Homme et de la Société. Comme chercheur en Sciences de la Nature, je n’ai aucun jugement valable à porter sur le bien-fondé des recherches de ces collègues, mais comme chercheur et professeur tout court, je soutiens leur droit à effectuer librement leur recherche et à enseigner ce qu’ils pensent juste dans les limites ordinaires assignées à tout discours universitaire.

Sortirait-on de ces limites ? Y aurait-il dans l’Université française des discours appelant à la haine et au terrorisme professés ex-cathedra ? Qui en a connaissance ? En 2015 un de nos collègues de l’IUT de Saint-Denis a fait les frais d’une campagne de dénonciation calomnieuse en ce sens. Elle était basée sur les manipulations du Directeur de l’IUT, Samuel Mayol, que l’on retrouve sans surprise parmi les signataires. Est-ce que ce genre de procès en sorcellerie doit se généraliser ?

Rappelons que le Tribunal Administratif de Montreuil a condamné le 24/03/2015 l’Université pour un acte accompli par le Directeur de l’IUT (Samuel Mayol). On constate également que l’hebdomadaire Marianne, qui avait diffamé ce collègue, a été condamné par la Cour d’Appel de Paris le 07/02/2018.

A la suite d’attentats douloureux il est sans doute malheureux de faire de l’humour, mais les rédacteurs de ce texte me font penser à ces enfants qui jouaient, il y a quelque temps au Pokémon-go. Avec le filtre adéquat, on voit un terroriste derrière chaque buisson du campus. On peut y rajouter un accessoire très répandu dans les jeux vidéo : le fusil d’assaut qui permet de les exploser.

Au passage, ce pamphlet douteux égratigne madame la ministre Frédérique Vidal pour n’avoir pas dénoncé l’islamisme rampant qui gangrénerait nos universités, et cependant c’est à elle qu’ils s’adressent pour mettre sur pied un équivalent universitaire de la « House Un-American Activities Comittee » de sinistre mémoire aux USA. Il faut pourtant lui reconnaître d’avoir déjà fait beaucoup contre les libertés académiques. La loi qu’elle a fait voter en urgence, dite Loi de Programmation de la Recherche (LPR) succédant au projet dit Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) met à mal gravement une des bases des libertés académiques : le jugement par les pairs.

Déjà adoptée et amendée de manière désastreuse par l’Assemblée Nationale, elle a encore été aggravée par le Sénat qui a fait sauter d’un trait de plume les prérogatives du CNU (Conseil National de Universités) et la nécessité de qualification des Maîtres de Conférences. Il n’y aura donc plus aucune barrière, ni limite aux recrutements à partir du privé, à la discrétion des Conseils d’Administration des UniversitésLa Libre Pensée écrivait, dans un communiqué récent sur cette loi : « Peut-on attendre un sursaut de raison lors du passage au Sénat ? C’est bien peu probable, tant une loi inamendable ne saurait être amendée positivement». La Libre Pensée ne se réjouit pas d’avoir eu raison dans ce pronostic.

Le besoin, c’est de restaurer pleinement les libertés académiques sous le seul contrôle des pairs, certainement pas de créer une police interne aux universités pour débusquer les « islamistes » supposés. Il y a cependant loin de la coupe aux lèvres, le maccarthysme d’hier était appuyé par toutes les forces de l’État américain d’après-guerre, celui d’aujourd’hui, malgré les vociférations insultantes de Blanquer, n’est même pas certain d’avoir celui d’un pouvoir en crise, profondément discrédité dans l’opinion.

Plus de 2 000 universitaires lèvent le drapeau de liberté d’expression et de recherche contre ce texte nauséabond qui fleure bon l’Inquisition. « On ne répondra pas à une attaque contre la démocratie en jouant le jeu de la polarisation, en renonçant aux libertés publiques et en remplaçant la liberté d’expression par le salut au drapeau« , ajoutent également d’autres universitaires dans une tribune au Monde le 2 novembre 2020.

Un dernier mot : Ces thuriféraires de la répression et de la censure n’ont comme seuls mots à la bouche qu’« islamo-gauchistes » pour dénoncer les « présumés complices » du« fascisme islamiste ». Mais si les mots ont un sens, alors pourquoi n’emploient-ils pas l’expression « Islamo-lepenistes » comme le relève le professeur Éric Fassin, sociologue à l’Université Paris VIII ? Parce que fréquentant les mêmes clubs, ils emploient d’autres mots pour camoufler leur identité de vue (identité est le bon mot, par contre) ? Cela s’appelle une restriction mentale. Cachez ce fascisme-là que je ne saurais voir ici.

Tartuffes !

Paris, le 4 novembre 2020

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Inquisition 2020 : "Cujus regio, ejus religio" (tel prince, telle religion, XVIe siècle)

3 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

 SI TU N'ES PAS ISLAMOGAUCHISTE, TU ES ISLAMOPHOBE, ET RECIPROQUEMENT!

 

 

 

"Cujus regio, ejus religio" (tel prince, telle religion, XVIe siècle)

 

 

 

Le Roy est catholique, donc tu es catholique!

 

 

 

Le président est catholique, donc tu es catholique!

 

 

 

Tu n'es pas catholique?

 

Qu'à cela ne tienne, tu devras le devenir, de gré ou de force!

 

 

 

Choisis ton camp! De toute façon on l'a choisi pour toi!

 

 

 

Tu n'es pas islamophobe? Donc tu es islamogauchiste!

 

 

 

Tu n'es pas islamogauchiste? Donc tu es islamophobe!

 

 

 

Choisis ton camp! De toute façon on l'a choisi pour toi!

 

 

 

Quoi?!

 

Qu'est-ce que tu racontes?

 

Tu es partisan de la laïcité?!

 

De la liberté de conscience?!

 

 

 

Mais non, tu le fais exprès!

 

 

 

Tu es catholique, puisque tu es français!

 

Tu es islamophobe puisque tu es français!

 

Telles sont les racines chrétiennes de la France!

 

Telles sont tes racines!

 

De toute façon, on a choisi pour toi! 

 

 

 

Non?!

 

 

 

Alors tu es islamogauchiste et je vais te dénoncer de ce pas!

 

 

 

 
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« En finir avec les idées fausses sur la laïcité » de Nicolas Cadène

3 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

« En finir avec les idées fausses sur la laïcité » de Nicolas Cadène

«  Là où sont les livres, là sont les hommes libres  »
(Les Humanistes du XVIe siècle)

Il n’est de vraie pédagogie que dans la répétition, dit-on. Cet ouvrage de Nicolas Cadène, préfacé par Jean-Louis Bianco, tous deux responsables de l’Observatoire de la laïcité, devrait être lu, relu et surtout médité par tous les contempteurs de l’Observatoire.

Il y a eu naguère les jardins de l’Observatoire (sympathiques et bucoliques), il y a aujourd’hui les Inquisiteurs de l’Observatoire (qui confondent la force des arguments avec l’argument de la force). Ce sont toujours les mêmes intolérants, dogmatiques, sectaires, bref : les nouveaux Torquemada de salon.

Je suis toujours stupéfait de la bêtise crasse  (pour ne pas dire de l’ignorance pure et simple) et profonde des critiques contre l’Observatoire. On lui reproche de ne pas être une organisation de combat laïque qui pourfendrait les Sarrazins, car c’est bien de cela qu’il s‘agit. Mais son objet n’est pas d’être une organisation militante, loin s’en faut.

Celui-ci est un organisme paragouvernemental, sous la responsabilité du Premier Ministre, chargé de dire le droit et non de le faire. Quand un problème se pose, les autorités (ou même des associations ou des particuliers, ce qui montre sa grande ouverture) lui demandent quel est l’état du droit en la matière et il répond. Il peut parfois faire des suggestions, mais en aucun cas, il ne fait le droit.

Ce qui doit faire le droit, au nom du principe de la séparation des pouvoirs, c’est le Législatif et quelque fois le Judicaire par le biais des jugements prononcés qui créent une jurisprudence d’interprétation.

Si d’aventure, l’Observatoire de la laïcité se mettait à émettre des prescriptions juridiques de Droit, pour un peu que celles-ci déplaisent aux héritiers de Charles Martel, qui ne sont jamais descendus de cheval depuis 732 à Poitiers ; ceux-ci se mettraient à hurler à la violation de la Séparation des pouvoirs.

Ces nouveaux tortionnaires de la pensée libre ont fait leur depuis longtemps la formule : le concept précède la preuve. Peu importe ce que dit le 101 rue de Grenelle, il a tort. Il a tort par définition, il a tort parce qu’il existe, il a tort parce qu’il ne rejoint pas la meute des vallsistes en tout genre.

Dans le mitan des années 1920, les partisans de Staline attaquaient les participants des réunions de l’Opposition de gauche animée par Léon Trotsky en se servant de livres comme de projectiles. Celui-ci leur répondait : «  Ne jetez pas les livres, lisez les !  ».

C’est le même conseil que je donnerai à la meute actuelle qui est aux basques de Nicolas Cadène et de Jean-Louis BiancoLisez et vous serez éclairés ! (peut-être).

Cet ouvrage, parrainé par la Ligue des Droits de l’Hommela Ligue de l’Enseignement et Solidarité laïque, répond très pédagogiquement et didactiquement à 95 fausses affirmations concernant la laïcité. C’est extrêmement bien fait et très clairs et compréhensible immédiatement. On peut féliciter l’auteur pour ce travail de clarté. Nous avons indéniablement une pensée commune avec l’auteur sur l’ensemble de ces questions.

Je prendrai quelques éléments très éclairants. A en croire les torturés du bulbe rachidien, les musulmans sont partout, ils nous envahissent, les mosquées sortent de terre partout. Cet ouvrage met les choses au point. Il y a en France (avec l’Outre-Mer) 2  600 lieux de culte musulmans, 42  258 églises et chapelles catholiques, 4  720 temples protestants. Pour comparer, indiquons que l’estimation est de quatre millions de musulmans pour deux millions de protestants. Et pourtant, il y a plus de deux fois plus de temples protestants que de mosquées. Et que de dire des églises catholiques !

Un sondage récent indiquait que les Français entre 18 et 50 ans étaient au nombre de 27 millions. Les catholiques (pratiquant au moins une fois par mois) représentent donc 42% et les musulmans 11% de la population dans cette tranche d’âge. Pour les lieux de cultes, l’Eglise catholique en possède 84,50% et l’Islam n’en a que 5,20%. Il avait raison Patrick Timsit dans son sketch : « Ils sont partout… les catholiques ».

Dans cet ouvrage, il est indiqué très clairement à qui s’applique la laïcité et comment ; pour le Conseil d’Etat : « la laïcité s’impose directement aux institutions publiques, ce qui justifie une obligation de neutralité pour les agents publics dans l’exercice de leurs missions. En revanche, elle ne peut s’imposer directement à la société ou aux individus qu’en raison des exigences propres à certains services publics ». En dehors de cela, dans la sphère privée, la laïcité ne s’impose pas.

Les maniaques qui veulent interdire le voile partout et autoriser la croix partout sont donc dans l’illégalité la plus totale. Et le fait qu’ils sont parfois aux affaires publiques n’en rend que plus problématique et dangereux pour la paix civile leurs comportements.

On me permettra une digression

Charles Péguy est assis à droite

Un dernier mot, car la lecture de cet ouvrage ne sera jamais remplacé par des propos ou des résumés. Il faut toujours aller à la source pour s’abreuver. Il y est cité Charles Péguy et «ses fameux hussards noirs de la République ». C’est souvent repris comme un hommage aux instituteurs laïques. C’est tout le contraire. Péguy est un antimoderne qui conspuait Ferdinand Buisson (le véritable père fondateur de l’Ecole laïque) qu’il comparaît au Ministre de l’Intérieur. Péguy était un réactionnaire qui aspirait à la transmission de la Tradition (avec un grand T) et, ce, de manière militaire à l’École. En faire un chantre de l’École laïque est un non-sens pour les libres penseurs.

Il glorifiait la guerre et l’Union sacrée : «  Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre ! Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés !  » proclamait-il. Lieutenant de réserve, il part en campagne dès la mobilisation en août 1914, dans la  19e  compagnie du  276e  régiment d’infanterie. Il meurt le 5 septembre, en  Goële, près de  Meaux, lieu essentiel des combats  de la  bataille de l’Ourcq  à la veille de la  première bataille de la Marne, tué d’une balle au front, alors qu’il exhortait sa compagnie à ne pas céder un pouce de terre française à l’ennemi.

Péguy avait dit aussi que «  l’homme n’est jamais libre qu’au régiment. […] Hors des servitudes civiles ; hors des émoussements civils. Sensible au bon procédé, sensible au mauvais ; sensible au mot courtois, sensible à l’injure ; suivant jusqu’à la mort le chef ami, le chef aimé, le chef courtois,  haïssant à mort le chef discourtois, le chef injurieux, tel est le Français, tel est le peuple, tels nous sommes  ».

Il a vécu comme un réactionnaire,  il est mort comme un con. Au moins, reconnaissons-lui qu’il a été fidèle à ses idées, même si elles n’étaient pas les nôtres.

Vous pouvez vous abstenir de lire Péguy, mais surtout pas l’ouvrage de Nicolas Cadène.

Christian Eyschen, Secrétaire général de la Libre Pensée

En finir avec les idées fausses sur la laïcité par Nicolas Cadène, Préface de Jean-Louis Bianco – Les Editions de l’Atelier -170 pages – 10€

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