M. Aristide Briand, rapporteur. – Messieurs, au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique, qui paraît le préoccuper si fort, n’a pas été le résultat d’une omission, mais bien au contraire d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule (applaudissements et rires au centre et à droite), que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes l’obligation de modifier la coupe de leurs vêtements.
Je ferai du reste observer à l’honorable M. Chabert que le problème n’est pas aussi simple ni aussi facile à résoudre qu’il semble le supposer. Ce que notre collègue voudrait atteindre dans la soutane, c’est le moyen qu’elle procure de se distinguer facilement des autres citoyens.
Mais la soutane une fois supprimée, M. Chabert peut être sûr que, si l’Eglise devait y trouver son intérêt, l’ingéniosité combinée des prêtres et des tailleurs aurait tôt fait de créer un vêtement nouveau, qui ne serait plus la soutane, mais se différencierait encore assez du veston et de la redingote pour permettre au passant de distinguer au premier coup d’œil un prêtre de tout autre citoyen.
L’honorable M. Chabert a visité certains pays ; il a pu constater que les pasteurs protestants ont des chapeaux d’une forme particulière, des redingotes d’une coupe spéciale, qui ne le cèdent en rien à la soutane comme signes distinctifs du caractère de ceux qui les portent.
Quant au prestige dont jouit la religion dans nos campagnes, je crois qu’il serait téméraire de l’attribuer uniquement à la forme du vêtement que portent les prêtres.
L’influence de l’Eglise tient à d’autres causes, moins faciles à détruire ; sinon, il y a longtemps que la libre pensée aurait déjà triomphé du dogme. (Très bien ! très bien ! à gauche.)
Votre commission, messieurs, a pensé qu’en régime de séparation la question du costume ecclésiastique ne pouvait pas se poser. Ce costume n’existe plus pour nous avec son caractère officiel, c’est-à-dire en tant qu’uniforme protégé par l’article 259 du Code pénal. La soutane devient, dès le lendemain de la séparation, un vêtement comme un autre, accessible à tous les citoyens, prêtres ou non. C’est la seule solution qui nous ait paru conforme au principe même de la séparation, et c’est celle que je prie la Chambre de vouloir bien adopter (applaudissements).
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MACRON AUX CURÉS, À ROME : « JE VOUS PORTE DANS MON CŒUR, PRIEZ POUR NOUS »
Lors de son déplacement en Italie le 24 octobre 2022, Emmanuel Macron s’est rendu à la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome, où il porte le titre de chanoine d’honneur, qu’il a reçu et accepté en 2018 (comme d’autres présidents français avant lui). D’après le communiqué officiel de l’Eglise publié après cette visite, Macron « a rappelé le lien historique et spirituel qui unit les présidents français au Latran » et a déclaré aux religieux qui l’accueillaient dans la basilique : « Je vous porte toujours dans mon cœur. Je vous renouvelle mes sentiments de fidélité et d’amitié (…). Je vous demande de prier pour nous, les leaders politiques du monde, d’intercéder et de prier pour nous, parce que c’est une chose qui me tient à cœur. Bizarrement, aucun de ceux qui, en France, s’émeuvent de la taille de certaines robes dans les lycées au nom d’une prétendue laïcité n’ont trouvé à redire de cette visite et de ces déclarations présidentielles. Yan Legoff |
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L’avenir des générations qui viennent est devenu épouvantable. Leur présent est troublé. Que peut être un État qui marche sur sa jeunesse ? Chacun a en mémoire la photographie éprouvante de ces jeunes agenouillés, mains sur la tête, devant des hommes en armes. Rien ne l’effacera.
Depuis des mois et des mois, la 

