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 LIBRE PENSEE-Fédération des Alpes de Haute Provence (04)
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France Culture: David Gozlan, Secrétaire général de la Fédération Nationale de la Libre Pensée reçoit Jean-Marie Bonnemayre, Président du CNAFAL

7 Février 2017 , Rédigé par librepensee04

15 avril 2016
France-culture
La Libre Pensée sur France Culture - 10 avril 2016

 

 

Cette émission est animée par David GozlanSecrétaire général de la Fédération Nationale de la Libre Pensée. Il reçoit Jean-Marie BonnemayrePrésident du CNAFAL : Conseil National des Associations Familiales Laïques.

Jean-Marie, bonjour. On va entrer tout de suite dans le vif du sujet. L’action familiale laïque nous intéresse, nous, Libre Pensée. Est-ce que tu peux présenter votre association ?

 

JM Bonnemayre : Mouvement laïque bien évidemment par définition mais le paradoxe c’est peut-être d’avoir juxtaposé le mot famille et le mot laïcité. Pourquoi ? 
Parce que la thématique familialiste et familiale date de 1875 et elle est une réaction contre la république et l’établissement de la république. L’historien du mouvement familial qui est l’Abbé Talmy et qui est imprégné bien sûr de catholicisme, s’y réfère lorsqu’il dit, par exemple, que « à partir de 1789 c’est sur l’individu que la société devra désormais s’édifier, la famille fera les frais de l’émancipation du citoyen » ou bien encore « le même bouleversement qui renverse la monarchie héréditaire détruit la famille. Le divorce est une conséquence de la démocratie car en posant le principe de la souveraineté populaire dans l’Etat et dans l’Eglise, l’Assemblée Constituante a préparé les voies du divorces ». 
Je pourrais multiplier les citations. Tous cela pour montrer que pendant quasiment 70 ans cette idéologie-là va nous conduire à l’établissement du Régime de Vichy.

 

DG : Qui lui a mis en avant la famille justement.

 

JMB : Qui a mis en avant la famille comme cellule de base de la société bien évidemment opposée à la conception citoyenne issue de 1789 et donc au libre arbitre, à la liberté d’expression et à la liberté de pensée. Ce qui est intéressant c’est que se sont justement des déportés et des résistants qui s’étaient battus contre le Régime de Vichy, contre ces conceptions-là, qui décident à partir de 1947 de créer le premier mouvement familial laïque. Pourquoi ? Parce qu’ils ont vécu la montée des idées vichystes et contre-révolutionnaires des années 30 et à partir du moment où De Gaulle avait légalisé à travers l’ordonnance de 1945 qui fait que l’UNAF est une institution de la République, le mouvement familial, ils avaient estimé qu’il fallait aller au contact dans la bataille des idées avec ces conceptions-là. D’où la naissance du mouvement familial laïque mais qui ne s’inscrit pas du tout dans l’idéologie familialiste. On se réfère aux idéaux de la République, à l’émancipation sociale et à tous ce que peut porter le citoyen en termes de liberté.

 

DG : On va revenir sur cette ordonnance de 1945. Vous vous considérez que c’est une avancée parce qu’elle rompt avec le Régime de Vichy. Est-ce qu’aujourd’hui elle est mise à mal ? Est-ce qu’elle est en danger ?

 

JMB : L’UNAF a eu pas mal de vicissitudes au cours de son histoire du fait qu’elle était sur un positionnement très conservateur voir parfois dans certains cas très intégriste. Lorsque nous avons intégré l’UNAF en 1979 les choses avaient peu bougées. Ce qu’a amené l’ordonnance du Général De Gaulle s’est d’instituer véritablement le pluralisme au moins au niveau des statuts de l’UNAF. Après dans la réalité c’est autre chose. Par exemple l’UNAF a à peu près 150 postes de représentation nationale auprès de l’Etat : par exemple à la CNAF il y a 5 représentants familiaux. Il n’y a aucun laïque qui représente cette institution auprès de la CNAF. Quand je dis 150, on a qu’un seul représentant ! On voit bien qu’alors que la mission est de représenter la totalité des familles on est loin du compte ! 
On l’a vu bien sûr avec le mariage pour tous où l’UNAF s’est battue contre et en étant proche bien évidemment de ceux qui défilaient contre le mariage pour tous.

 

DG : Lorsque l’on a vu dans l’actualité la question des familles ressortir récemment, c’est toujours ce fameux mot d’ordre : « Un papa, une maman, deux enfants », qui seraient LA famille. Quelle position avez-vous pris dans cette bataille-là ? 
Beaucoup plus loin : est-ce qu’il y a une véritable offensive cléricale autour de la famille en France ?

 

JMB : Le CNAFAL a toujours déclaré dans sa déclaration de principe qu’il n’y avait pas de famille standard. On a toujours accueilli dans nos rangs les familles monoparentales par exemple. 
En 1990, quand il a été question du PACS on a bien évidemment appuyé le PACS. 
Nous avons défendu l’association des parents gays et lesbiens qui souhaitait faire son entrée à l’UNAF et qui avait été refusé par les dirigeants de l’époque malgré une lettre de Ségolène Royal ! 
A partir de 2012 lorsque la question est revenue sur le tapis, on s’était rencontré bien évidemment rencontré au cours des 15 dernières années avec l’APGL pour unir nos efforts et se battre en faveur de cette loi. Ce qui n’a pas été du tout simple ! On a bien vu à travers cette affaire, une partie de la vieille droite vichyste, maurassienne et bien sûr catholique intégriste, qui déjà avait repointé le nez du temps de l’ère Sarkozy, trouver un boulevard devant elle car mise à part Madame Bertinotti et Christiane Taubira, on ne peut pas dire qu’il y ait eu un grand écho. On a vu des déclarations de députés socialistes comme quoi il fallait laisser tomber cette loi car trop dangereux, et qui était prêt à faire un recul. D’ailleurs Hollande lui-même a reculé après 15 mois lorsqu’il a dit on ne va pas plus loin et on ne fait pas d’ouverture sur la PMA alors que c’était prévu.

 

DG : Pour que les auditeurs comprennent un peu mieux ce qu’est le CNAFAL : en matière de laïcité, même dans le champ social, qu’elles sont vos démarches, vos actions, vos réponses à ces questions-là ?

 

JMB : Sur la laïcité. Nous sommes agréés Organisation Nationale de Consommateurs depuis 35 ans. Cela a été une volonté car nous souhaitions nous inscrire pleinement dans le champ social et ne pas oublier dans la détermination de la destinée des individus le poids de l’économique et le poids du financier. On en voit tous les jours la résultante. 
On se situe comme étant une organisation de consommateurs non consuméristes. Pour nous il ne s’agit pas de replâtrer les effets du régime capitaliste ou libéraliste. Il s’agit de se pencher, à partir du moment où il y a fabrication d’un produit, à partir du moment où il y a des gens derrière qui les fabriquent, de s’intéresser à leurs conditions de travail, à la manière dont un produit est fabriqué et vendu et y compris par rapport à l’extraction de la plus-value. 
De ce point de vue on se situe totalement à gauche et on ne s’interdit rien dans le champ de l’économie et du financier. Et bien sûr que l’on a une critique profonde de ce qui est en train de se passer ces 20 dernières années dans ce champ-là. C’est important de faire de l’éducation du consommateur et également, à travers des stages de formation, de l’accès aux droits dans tous les domaines : logement, santé, travail, consommation etc. 
C’est-à-dire essayer de fabriquer des citoyens au jour le jour et dans la quotidienneté des choses.

 

DG : Il y a un côté éducation populaire encore ?

 

JMB : Tout à fait ! Nous sommes agréés Mouvement d’Education Populaire et notre but, en partant de difficultés de vie concrètes, d’apprendre aux citoyens et citoyennes à se défendre eux-mêmes en leur donnant des éléments juridiques, des chemins pour taper aux bonnes portes soit dans le secteur privé soit dans le secteur public de telle sorte qu’ils puissent faire valoir leurs droits.

 

DG : Dans les enjeux autour de la laïcité, nous pensons en tant que Libre Pensée qu’il y a un nouveau problème mais qui est un problème créé et qui serait celui de l’islam. Pour nous c’est un problème instrumentalisé. 
Qu’en pensez-vous ? J’imagine que vous rencontrez des familles de toute catégorie à la fois dans le milieu urbain et dans le milieu rural. Que pensez-vous de ce qui serait une nouvelle problématique en quelque sorte ?

 

JMB : Le CNAFAL depuis 20 ans, au siège national, a un bureau d’accès aux droits pour les immigrés quel que soit leur statut. Il nous arrive de recevoir des clandestins qui cherchent par la voie légale à obtenir des papiers. C’est un bureau ouvert et nous ne sommes pas subventionnés pour cette action. Nous sommes d’ailleurs reconnus pour notre technicité par le Ministère de l’Intérieur et nous sommes toujours sur le registre de l’accès aux droits.

 

Le CNAFAL a toujours été très prudent par rapport à ceux qui revendiquent la laïcité que par rapport à l’islam. Ces débats-là ont commencé à partir de Charles Pasqua. C’est le premier qui, de ce côté de l’échiquier politique, a mis en avant la laïcité pour combattre l’islam. Il a eu des disciples depuis et l’on a bien vu que depuis 7 ou 8 ans il y a un terrible brouillage politique à ce niveau-là : Marine Le Pen fait de même, des éléments notoires des Républicains également, et à gauche il y a des voix dissonantes.


Ce qui veut dire qu’il faut d’une part revenir aux fondamentaux de la laïcité qui sont bien sûr la liberté de conscience, la liberté de pensée, la liberté d’expression. Il n’y a jamais eu de volonté de mettre à l’index telle religion plutôt que telle autre. Je suis d’ailleurs parfois étonné que certains ne focalisent que sur la question de l’islam alors qu’on ne les a peu ou pas entendu sur la montée de l’intégrisme catholique au cours de ces dernières années. Oubliant que leur emprise sur la société est réelle ne serait-ce que pour le droit de mourir dans la dignité où les catholiques ont fait pression.

Certains utilisent l’islam pour dire que l’intégration à la française ne marche pas. Moi je dis que c’est le contraire. Ça marche plus qu’ailleurs ! Par rapport aux autres pays européens c’est en France qu’il y a le plus de mariages mixtes. 28% de mariages mixtes définis d’une part entre un ou une française « de souche » et des gens natifs du Maghreb ou d’ailleurs mais qui en sont parfois à la 3ème ou 4ème génération.
Je suis d’ailleurs gêné par rapport à cela car on en arrive finalement à qualifier de musulmans ou d’arabes des gens qui sont depuis la 3ème ou 4ème génération en France !


On voit bien que les choses sont pipées et qu’il y a un arrière-plan de discrimination et de racisme. Il y a là aussi des failles de nos gouvernants quels qu’ils soient. Voir le dernier débat sur la politique de la ville. La plupart des élus locaux de droite ou de gauche ont été à la tête d’Offices Publics d’HLM. Ils maitrisaient donc les politiques d’attribution et de peuplement. Qui sont les responsables si effectivement dans certains quartiers il n’y a pas de mixité ? Ce sont bien les élus locaux !


Maintenant je les entends monter au créneau parce que l’on voudrait nous faire croire, et cela vise à faire peur aux gens, qu’en France il y aurait une centaine de « Möllenbeck ».

Il faut arrêter ! On pointe du doigt certaines catégories de la population alors que l’on sait bien que s’est une poignée, que le problème est très complexe, qu’il y a des problèmes de géopolitique et bien sûr si on peut court-circuiter les citoyens dans ce débat on le fera.


Je me refuse à rentrer dans ce type de débat parce que chaque fois on est dans une posture électoraliste, clientéliste et en plus on fait le jeu de l’extrême droite.

 

DG : Jean-Marie merci. Très rapidement as-tu quelque chose à signaler aux auditeurs qui permettrait de garder non seulement espoir mais qui permettrait de voir la lumière au bout du tunnel ?

 

JMB : Deux mots : l’émancipation sociale et l’égalité. Je crois que ce sont les deux boussoles que nous devons avoir dans la période présente où l’on voit bien qu’il y a plein de « pêcheurs » en eau trouble de partout.

 

DG : Merci. Le livre du mois : la revue L’Idée Libre n°312 qui vient de sortir sur le Canada. Disponible dans notre librairie. 

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France Culture: Le Chevalier de La Barre David Gozlan reçoit Dominique Dattola, réalisateur.

7 Février 2017 , Rédigé par librepensee04

15 novembre 2016
France-culture
La Libre Pensée sur France Culture - 10 juillet 2016

 

Thème de l’émission : Le Chevalier de La Barre

 David Gozlan reçoit Dominique Dattola, réalisateur.


Il y a 250 ans, le 1er juillet 1766 à Abbevile, le chevalier François-Jean Lefebvre de La Barre était supplicié. Il subit la question ordinaire et les brodequins qui consistent à lui broyer les jambes. Après ce supplice il sera décapité sur la place publique, son corps sera jeté dans le bucher ainsi qu’un exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire. 
Le chevalier de La Barre était âgé alors de 20 ans. Pourquoi mourir à 20 ans ? Parce qu’il est soupçonné de ne pas avoir retiré son chapeau devant une procession.

Il y a trois ans, le réalisateur Dominique Dattola, signe un récit-documentaire musical de 110 minutes intitulé « Les trois vies du Chevalier ». 
Bonjour Dominique.

D.D. : Bonjour David.

D.G. : « Les trois vies du chevalier », il s’agit bien du chevalier de La Barre mais pas seulement. Pourquoi partir de ce chevalier et pour aller où ?

D.D. : J’ai souhaité raconté l’histoire de la liberté de penser en France depuis l’Ancien Régime. Une histoire qui petit à petit, en cours de route, devient l’histoire de la laïcité. Le chevalier de La Barre qui a été exécuté en 1766, ne pouvait représenter qu’un épisode de l’Ancien Régime mais tous les défenseurs qui se sont intéressés à son sort, qui ont essayé de le réhabiliter à titre posthume, tous les penseurs qui ont pris le chevalier de La Barre pour exemple jusqu’à aujourd’hui, m’ont été d’un grand secours pour construire le fil conducteur de cette grande histoire de la liberté de penser en France depuis le Siècle des Lumières jusqu’à aujourd’hui.

D.G. : On voit effectivement qu’il y a un récit autour du chevalier de La Barre. En ces temps d’intolérance ton récit-documentaire est vraiment d’une actualité prégnante car aujourd’hui cette question de l’intolérance est sur le devant de la scène. 
Comment ce film a été reçu ? Est-ce qu’il a été plébiscité ? Je sais notamment que tu as reçu le prix de l’initiative laïque 2013 aux rendez-vous de l’histoire de Blois. 
Peux-tu nous dire quel a été l’accueil de la part des citoyens et citoyennes et revenir sur ce prix, ce qu’il t’a apporté ?

D.D. : Produire un film sur la liberté de penser c’est une gageure ! Il n’y a pas eu grand monde, producteurs et diffuseurs, qui se soit précipiter pour financer cet ouvrage. 
Le film est sorti assez confidentiellement le 1er mai 2013. La sortie nationale dans les salles de cinéma s’est faite en avril 2014. Tous ceci s’est passé assez discrètement mais entre les deux il y a eu ce prix d’initiative laïque des Rendez-vous de l’histoire de Blois. C’est un prix prestigieux mais qui est surtout le plébiscite de l’Education Nationale. L’exposition de ce film a donc été petit à petit grandissante. De plus en plus de citoyens et citoyennes se sont intéressés à l’ouvrage malheureusement au fil des événements tragiques qui ont émaillés la vie de notre république. Je parle des attentats de Charlie et bien évidemment des attentats au Bataclan.

Au fur et à mesure que l’interrogation allait grandissante sur « qu’est-ce que c’est que la laïcité ? » - tu sais comme moi que l’on a à peu près entendu tout et n’importe quoi – il y a eu de la part des institutions, des organisations laïques, un besoin d’outils ressource pour expliquer correctement ce que c’était que la laïcité. Bien entendu je ne suis pas le seul à avoir créé des outils ressource, mais ce film a retenu l’attention par exemple des EFPE (écoles de formation des enseignants) qui se sont emparées de ce film pour enseigner la laïcité aux jeunes enseignants.

C’est un film qui a démarré lentement et qui petit à petit trouve son essor à travers une multitude de projections – débat : 90 séances au jour d’aujourd’hui, quelques projections à l’étranger notamment au Québec.

D.G. : C’est intéressant ! Cela veut dire qu’il y a une dimension universelle du film non ?

D.D. : Je pense que le problème est planétaire et que tout le monde est à la recherche d’outils.
Si je compte l’AHQ (Association des Humanistes du Québec), en discussion avec le gouvernement sur la fameuse Charte des valeurs, qui serait notre laïcité à la québécoise, eux avaient besoin de ce film pour pouvoir s’éclairer les uns les autres. 
Je reviens de Singapour où j’ai été faire une projection à la demande de la Sorbonne et de l’Ambassade de France, pour conclure un débat sur Islam et laïcité. C’est la première projection que je fais dans ce sens-là. Il est bien évident que le film ne parle pas du tout de l’islam. Je ne suis pas du tout spécialiste, je ne suis pas journaliste mais réalisateur. J’ai fait un film, un film de mémoire sur une période historique. Je suis bien content que l’on commence à comprendre que les dérives d’une religion, en l’occurrence la religion catholique, éclairent les dérives d’autres religions.

D.G. : Je sais aussi qu’il y a eu des projections en Belgique même si elles sont plus minimes. 
Dans les 90 projections qu’il y a eu sur le territoire national quel a été le ressentit des citoyens et citoyennes, quelles ont été les questions ? Est-ce que certains en sont sortis enrichis d’une expérience ?

D.D. : Pour être tout à fait sincère, les projections ont démarré dans « l’entre soi ». C’est-à-dire que les premiers intéressés étaient les associations laïques que ce soit l’Union Rationaliste, la Libre Pensée – qui je dois l’avouer m’a beaucoup aidée sur ce projet sans jamais faire pression sur moi, sur la ligne éditoriale, ce qui n’a pas été le cas de tout le monde – ou bien d’autres organisations comme la Ligue de l’Enseignement ou la Ligue des Droits de l’Homme qui ont souhaité organiser des projections du film.

Il est bien évident que tous ce public-là était avant tout un public de prescripteurs donc déjà avertis du sujet et qui l’ont plébiscité y compris les réseaux universitaires qui ont validé le film.
Petit à petit du « vrai public » est venu et là se fut des bonnes surprises. Le mot laïcité qui était jusqu’à présent assez ringard, qui venait d’un coup dans le feu des projecteurs, on leur en donnait une explication et on leur proposait un débat à la fin des projections. Il n’y a pas eu énormément de débats houleux. Il y en a eu quelques-uns mais les commentaires autour des projections ont plus été faits autour de l’actualité. C’est-à-dire comment le film pouvait éclairer l’actualité.

C’était mon but : faire un film d’ouverture au débat citoyen. M’arrêter volontairement en 2005. Ne pas traiter l’actualité, non pas par lâcheté mais parce que je n’en suis pas dépositaire, et laisser au champ du débat la possibilité de pouvoir exprimer les opinions, les craintes du moment.

D.G. : La date de 2005 n’est pas un hasard, c’est le 100ème anniversaire de la loi de 1905 et les manifestations et célébrations qui ont eu lieu. 
Quelle est pour toi la prochaine étape ? Le film a vécu à travers les débats, à travers les projections, il vit au niveau international, mais quelle est la prochaine étape, en que réalisateur pour « ton enfant ». On peut en parler comme ça.

D.D. : Oui on peut en parler comme ça. Pour avoir travaillé pendant 15 ans sur ce sujet, avoir agrégé plus de 150 personnes pour pouvoir fabriquer ce film en dehors des circuits classiques de production : oui on peut parler d’un enfant. 
Maintenant l’enfant grandi, je peux commencer à le lâcher. Je continu à participer à des projections-débat mais la prochaine étape c’est quand même l’international puisque nous avons une copie en anglais réalisée par une scénariste américaine, pure voltairienne et enthousiasmée par le film. On peut donc diffuser le film à l’étranger.

On parle maintenant des éditions DVD. La première édition montée en partenariat avec la MAIF et la MGEN sera distribuée gratuitement aux lycées à la rentrée de septembre.
Une deuxième édition à destination des médiathèques, des collectivités territoriales y compris celles qui sont sous l’emprise du Ministère des affaires étrangères, est déjà en place depuis le 1er mai. 
L’édition grand public sera mise en place dans les bonnes librairies, dont celle de la Libre Pensée à Paris, à la rentrée.

D.G. : Tu as dit « J’ai souhaité en faire un film grand public, un film d’ouverture au débat citoyen » et ça je pense que tu l’as démontré dans tes propos, et tu as également dit aussi « un film dédié à l’éternelle jeunesse ». Est-ce que tu peux revenir en quelques mots là-dessus s’il te plait ?

D.D. : Comme tu l’as dit en début d’émission, le chevalier de La Barre est mort entre 19 et 20 ans. Il a été la victime expiatoire d’un système qui avait besoin de faire un exemple car ils n’arrivaient pas à attraper Voltaire. Comme l’avait dit le juge à l’époque : « A défaut de bruler les auteurs, nous brulerons leurs lecteurs. ». 
Ce chevalier de La Barre qui n’était pas révolutionnaire, ni à proprement parler libre penseur, ni un trublion politique, était un jeune gens de son temps comme tous les jeunes gens de tous les temps. 
Si ce film je l’ai dédié à l’éternelle jeunesse c’est bien entendu pour la mettre en garde d’une liberté qu’elle a et qu’on pourrait lui reprendre.

D.G. : Cela veut dire que n’importe quel jeune peut s’y retrouver. 
Tu as eu des jeunes dans les débats des différentes projections ?

D.D. : On ne va pas dire que ce soit la jeunesse qui soit spécialement venue aux projections sauf les classes du secondaire et on a eu des débats absolument magnifiques !

D.G. : c’est très intéressant car cela veut dire que les jeunes se sont aussi retrouvés dans cette figure du chevalier de La Barre.

D.D. : Ils se sont non seulement retrouvés mais lorsque j’en était à faire des projections test se sont des jeunes gens qui m’ont orienté sur la façon de terminer le film. 
C’est un film collaboratif où des jeunes gens (élèves de Troisième) m’ont fait des suggestions pour les finitions de ce film, qui n’ont pas toutes été adoptées, mais l’ont été dans un grand ensemble.

D.G. : Dominique je te remercie. As-tu quelque chose à ajouter autour de ce film et de son devenir ? Un dernier mot ?

D.D. : La liberté de penser et la première de toutes les libertés !

D.G. : Merci Dominique d’avoir participé à cette émission. 
Je rappelle le titre du film : « Les trois vies du chevalier ». Les collectivités territoriales, les collèges, les enseignants savent qu’il est à leur disposition.

Avant de rentre l’antenne je vais vous présenter le livre du mois qui est ce mois-ci la revue Idée Libre de la Libre Pensée. Elle vient de sortir un dossier exceptionnelle intitulé « Le parfum envoutant de la trahison – Quelques figures de renégats ». Ce n’est pas simplement truculent mais extrêmement intéressant d’un point de vue historique de voir ce qu’est un renégat et sa typologie. C’est un dossier qui a été réalisé par Jean-Marc Schiappa, historien et Président de l’IRELP (Institut de Recherche de la Libre Pensée).

Une autre idée de lecture pour votre été : Les religions contre les femmes. Ouvrage collectif sous la direction de Hansi Brémond.

Je vous retrouve en septembre. Bon été !

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France Culture: Le Chevalier de La Barre David Gozlan reçoit Dominique Dattola, réalisateur.

7 Février 2017 , Rédigé par librepensee04

15 novembre 2016
France-culture
La Libre Pensée sur France Culture - 10 juillet 2016

 

Thème de l’émission : Le Chevalier de La Barre

 David Gozlan reçoit Dominique Dattola, réalisateur.


Il y a 250 ans, le 1er juillet 1766 à Abbevile, le chevalier François-Jean Lefebvre de La Barre était supplicié. Il subit la question ordinaire et les brodequins qui consistent à lui broyer les jambes. Après ce supplice il sera décapité sur la place publique, son corps sera jeté dans le bucher ainsi qu’un exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire. 
Le chevalier de La Barre était âgé alors de 20 ans. Pourquoi mourir à 20 ans ? Parce qu’il est soupçonné de ne pas avoir retiré son chapeau devant une procession.

Il y a trois ans, le réalisateur Dominique Dattola, signe un récit-documentaire musical de 110 minutes intitulé « Les trois vies du Chevalier ». 
Bonjour Dominique.

D.D. : Bonjour David.

D.G. : « Les trois vies du chevalier », il s’agit bien du chevalier de La Barre mais pas seulement. Pourquoi partir de ce chevalier et pour aller où ?

D.D. : J’ai souhaité raconté l’histoire de la liberté de penser en France depuis l’Ancien Régime. Une histoire qui petit à petit, en cours de route, devient l’histoire de la laïcité. Le chevalier de La Barre qui a été exécuté en 1766, ne pouvait représenter qu’un épisode de l’Ancien Régime mais tous les défenseurs qui se sont intéressés à son sort, qui ont essayé de le réhabiliter à titre posthume, tous les penseurs qui ont pris le chevalier de La Barre pour exemple jusqu’à aujourd’hui, m’ont été d’un grand secours pour construire le fil conducteur de cette grande histoire de la liberté de penser en France depuis le Siècle des Lumières jusqu’à aujourd’hui.

D.G. : On voit effectivement qu’il y a un récit autour du chevalier de La Barre. En ces temps d’intolérance ton récit-documentaire est vraiment d’une actualité prégnante car aujourd’hui cette question de l’intolérance est sur le devant de la scène. 
Comment ce film a été reçu ? Est-ce qu’il a été plébiscité ? Je sais notamment que tu as reçu le prix de l’initiative laïque 2013 aux rendez-vous de l’histoire de Blois. 
Peux-tu nous dire quel a été l’accueil de la part des citoyens et citoyennes et revenir sur ce prix, ce qu’il t’a apporté ?

D.D. : Produire un film sur la liberté de penser c’est une gageure ! Il n’y a pas eu grand monde, producteurs et diffuseurs, qui se soit précipiter pour financer cet ouvrage. 
Le film est sorti assez confidentiellement le 1er mai 2013. La sortie nationale dans les salles de cinéma s’est faite en avril 2014. Tous ceci s’est passé assez discrètement mais entre les deux il y a eu ce prix d’initiative laïque des Rendez-vous de l’histoire de Blois. C’est un prix prestigieux mais qui est surtout le plébiscite de l’Education Nationale. L’exposition de ce film a donc été petit à petit grandissante. De plus en plus de citoyens et citoyennes se sont intéressés à l’ouvrage malheureusement au fil des événements tragiques qui ont émaillés la vie de notre république. Je parle des attentats de Charlie et bien évidemment des attentats au Bataclan.

Au fur et à mesure que l’interrogation allait grandissante sur « qu’est-ce que c’est que la laïcité ? » - tu sais comme moi que l’on a à peu près entendu tout et n’importe quoi – il y a eu de la part des institutions, des organisations laïques, un besoin d’outils ressource pour expliquer correctement ce que c’était que la laïcité. Bien entendu je ne suis pas le seul à avoir créé des outils ressource, mais ce film a retenu l’attention par exemple des EFPE (écoles de formation des enseignants) qui se sont emparées de ce film pour enseigner la laïcité aux jeunes enseignants.

C’est un film qui a démarré lentement et qui petit à petit trouve son essor à travers une multitude de projections – débat : 90 séances au jour d’aujourd’hui, quelques projections à l’étranger notamment au Québec.

D.G. : C’est intéressant ! Cela veut dire qu’il y a une dimension universelle du film non ?

D.D. : Je pense que le problème est planétaire et que tout le monde est à la recherche d’outils.
Si je compte l’AHQ (Association des Humanistes du Québec), en discussion avec le gouvernement sur la fameuse Charte des valeurs, qui serait notre laïcité à la québécoise, eux avaient besoin de ce film pour pouvoir s’éclairer les uns les autres. 
Je reviens de Singapour où j’ai été faire une projection à la demande de la Sorbonne et de l’Ambassade de France, pour conclure un débat sur Islam et laïcité. C’est la première projection que je fais dans ce sens-là. Il est bien évident que le film ne parle pas du tout de l’islam. Je ne suis pas du tout spécialiste, je ne suis pas journaliste mais réalisateur. J’ai fait un film, un film de mémoire sur une période historique. Je suis bien content que l’on commence à comprendre que les dérives d’une religion, en l’occurrence la religion catholique, éclairent les dérives d’autres religions.

D.G. : Je sais aussi qu’il y a eu des projections en Belgique même si elles sont plus minimes. 
Dans les 90 projections qu’il y a eu sur le territoire national quel a été le ressentit des citoyens et citoyennes, quelles ont été les questions ? Est-ce que certains en sont sortis enrichis d’une expérience ?

D.D. : Pour être tout à fait sincère, les projections ont démarré dans « l’entre soi ». C’est-à-dire que les premiers intéressés étaient les associations laïques que ce soit l’Union Rationaliste, la Libre Pensée – qui je dois l’avouer m’a beaucoup aidée sur ce projet sans jamais faire pression sur moi, sur la ligne éditoriale, ce qui n’a pas été le cas de tout le monde – ou bien d’autres organisations comme la Ligue de l’Enseignement ou la Ligue des Droits de l’Homme qui ont souhaité organiser des projections du film.

Il est bien évident que tous ce public-là était avant tout un public de prescripteurs donc déjà avertis du sujet et qui l’ont plébiscité y compris les réseaux universitaires qui ont validé le film.
Petit à petit du « vrai public » est venu et là se fut des bonnes surprises. Le mot laïcité qui était jusqu’à présent assez ringard, qui venait d’un coup dans le feu des projecteurs, on leur en donnait une explication et on leur proposait un débat à la fin des projections. Il n’y a pas eu énormément de débats houleux. Il y en a eu quelques-uns mais les commentaires autour des projections ont plus été faits autour de l’actualité. C’est-à-dire comment le film pouvait éclairer l’actualité.

C’était mon but : faire un film d’ouverture au débat citoyen. M’arrêter volontairement en 2005. Ne pas traiter l’actualité, non pas par lâcheté mais parce que je n’en suis pas dépositaire, et laisser au champ du débat la possibilité de pouvoir exprimer les opinions, les craintes du moment.

D.G. : La date de 2005 n’est pas un hasard, c’est le 100ème anniversaire de la loi de 1905 et les manifestations et célébrations qui ont eu lieu. 
Quelle est pour toi la prochaine étape ? Le film a vécu à travers les débats, à travers les projections, il vit au niveau international, mais quelle est la prochaine étape, en que réalisateur pour « ton enfant ». On peut en parler comme ça.

D.D. : Oui on peut en parler comme ça. Pour avoir travaillé pendant 15 ans sur ce sujet, avoir agrégé plus de 150 personnes pour pouvoir fabriquer ce film en dehors des circuits classiques de production : oui on peut parler d’un enfant. 
Maintenant l’enfant grandi, je peux commencer à le lâcher. Je continu à participer à des projections-débat mais la prochaine étape c’est quand même l’international puisque nous avons une copie en anglais réalisée par une scénariste américaine, pure voltairienne et enthousiasmée par le film. On peut donc diffuser le film à l’étranger.

On parle maintenant des éditions DVD. La première édition montée en partenariat avec la MAIF et la MGEN sera distribuée gratuitement aux lycées à la rentrée de septembre.
Une deuxième édition à destination des médiathèques, des collectivités territoriales y compris celles qui sont sous l’emprise du Ministère des affaires étrangères, est déjà en place depuis le 1er mai. 
L’édition grand public sera mise en place dans les bonnes librairies, dont celle de la Libre Pensée à Paris, à la rentrée.

D.G. : Tu as dit « J’ai souhaité en faire un film grand public, un film d’ouverture au débat citoyen » et ça je pense que tu l’as démontré dans tes propos, et tu as également dit aussi « un film dédié à l’éternelle jeunesse ». Est-ce que tu peux revenir en quelques mots là-dessus s’il te plait ?

D.D. : Comme tu l’as dit en début d’émission, le chevalier de La Barre est mort entre 19 et 20 ans. Il a été la victime expiatoire d’un système qui avait besoin de faire un exemple car ils n’arrivaient pas à attraper Voltaire. Comme l’avait dit le juge à l’époque : « A défaut de bruler les auteurs, nous brulerons leurs lecteurs. ». 
Ce chevalier de La Barre qui n’était pas révolutionnaire, ni à proprement parler libre penseur, ni un trublion politique, était un jeune gens de son temps comme tous les jeunes gens de tous les temps. 
Si ce film je l’ai dédié à l’éternelle jeunesse c’est bien entendu pour la mettre en garde d’une liberté qu’elle a et qu’on pourrait lui reprendre.

D.G. : Cela veut dire que n’importe quel jeune peut s’y retrouver. 
Tu as eu des jeunes dans les débats des différentes projections ?

D.D. : On ne va pas dire que ce soit la jeunesse qui soit spécialement venue aux projections sauf les classes du secondaire et on a eu des débats absolument magnifiques !

D.G. : c’est très intéressant car cela veut dire que les jeunes se sont aussi retrouvés dans cette figure du chevalier de La Barre.

D.D. : Ils se sont non seulement retrouvés mais lorsque j’en était à faire des projections test se sont des jeunes gens qui m’ont orienté sur la façon de terminer le film. 
C’est un film collaboratif où des jeunes gens (élèves de Troisième) m’ont fait des suggestions pour les finitions de ce film, qui n’ont pas toutes été adoptées, mais l’ont été dans un grand ensemble.

D.G. : Dominique je te remercie. As-tu quelque chose à ajouter autour de ce film et de son devenir ? Un dernier mot ?

D.D. : La liberté de penser et la première de toutes les libertés !

D.G. : Merci Dominique d’avoir participé à cette émission. 
Je rappelle le titre du film : « Les trois vies du chevalier ». Les collectivités territoriales, les collèges, les enseignants savent qu’il est à leur disposition.

Avant de rentre l’antenne je vais vous présenter le livre du mois qui est ce mois-ci la revue Idée Libre de la Libre Pensée. Elle vient de sortir un dossier exceptionnelle intitulé « Le parfum envoutant de la trahison – Quelques figures de renégats ». Ce n’est pas simplement truculent mais extrêmement intéressant d’un point de vue historique de voir ce qu’est un renégat et sa typologie. C’est un dossier qui a été réalisé par Jean-Marc Schiappa, historien et Président de l’IRELP (Institut de Recherche de la Libre Pensée).

Une autre idée de lecture pour votre été : Les religions contre les femmes. Ouvrage collectif sous la direction de Hansi Brémond.

Je vous retrouve en septembre. Bon été !

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France Culture: Le Chevalier de La Barre David Gozlan reçoit Dominique Dattola, réalisateur.

7 Février 2017 , Rédigé par librepensee04

15 novembre 2016
France-culture
La Libre Pensée sur France Culture - 10 juillet 2016

 

Thème de l’émission : Le Chevalier de La Barre

 David Gozlan reçoit Dominique Dattola, réalisateur.


Il y a 250 ans, le 1er juillet 1766 à Abbevile, le chevalier François-Jean Lefebvre de La Barre était supplicié. Il subit la question ordinaire et les brodequins qui consistent à lui broyer les jambes. Après ce supplice il sera décapité sur la place publique, son corps sera jeté dans le bucher ainsi qu’un exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire. 
Le chevalier de La Barre était âgé alors de 20 ans. Pourquoi mourir à 20 ans ? Parce qu’il est soupçonné de ne pas avoir retiré son chapeau devant une procession.

Il y a trois ans, le réalisateur Dominique Dattola, signe un récit-documentaire musical de 110 minutes intitulé « Les trois vies du Chevalier ». 
Bonjour Dominique.

D.D. : Bonjour David.

D.G. : « Les trois vies du chevalier », il s’agit bien du chevalier de La Barre mais pas seulement. Pourquoi partir de ce chevalier et pour aller où ?

D.D. : J’ai souhaité raconté l’histoire de la liberté de penser en France depuis l’Ancien Régime. Une histoire qui petit à petit, en cours de route, devient l’histoire de la laïcité. Le chevalier de La Barre qui a été exécuté en 1766, ne pouvait représenter qu’un épisode de l’Ancien Régime mais tous les défenseurs qui se sont intéressés à son sort, qui ont essayé de le réhabiliter à titre posthume, tous les penseurs qui ont pris le chevalier de La Barre pour exemple jusqu’à aujourd’hui, m’ont été d’un grand secours pour construire le fil conducteur de cette grande histoire de la liberté de penser en France depuis le Siècle des Lumières jusqu’à aujourd’hui.

D.G. : On voit effectivement qu’il y a un récit autour du chevalier de La Barre. En ces temps d’intolérance ton récit-documentaire est vraiment d’une actualité prégnante car aujourd’hui cette question de l’intolérance est sur le devant de la scène. 
Comment ce film a été reçu ? Est-ce qu’il a été plébiscité ? Je sais notamment que tu as reçu le prix de l’initiative laïque 2013 aux rendez-vous de l’histoire de Blois. 
Peux-tu nous dire quel a été l’accueil de la part des citoyens et citoyennes et revenir sur ce prix, ce qu’il t’a apporté ?

D.D. : Produire un film sur la liberté de penser c’est une gageure ! Il n’y a pas eu grand monde, producteurs et diffuseurs, qui se soit précipiter pour financer cet ouvrage. 
Le film est sorti assez confidentiellement le 1er mai 2013. La sortie nationale dans les salles de cinéma s’est faite en avril 2014. Tous ceci s’est passé assez discrètement mais entre les deux il y a eu ce prix d’initiative laïque des Rendez-vous de l’histoire de Blois. C’est un prix prestigieux mais qui est surtout le plébiscite de l’Education Nationale. L’exposition de ce film a donc été petit à petit grandissante. De plus en plus de citoyens et citoyennes se sont intéressés à l’ouvrage malheureusement au fil des événements tragiques qui ont émaillés la vie de notre république. Je parle des attentats de Charlie et bien évidemment des attentats au Bataclan.

Au fur et à mesure que l’interrogation allait grandissante sur « qu’est-ce que c’est que la laïcité ? » - tu sais comme moi que l’on a à peu près entendu tout et n’importe quoi – il y a eu de la part des institutions, des organisations laïques, un besoin d’outils ressource pour expliquer correctement ce que c’était que la laïcité. Bien entendu je ne suis pas le seul à avoir créé des outils ressource, mais ce film a retenu l’attention par exemple des EFPE (écoles de formation des enseignants) qui se sont emparées de ce film pour enseigner la laïcité aux jeunes enseignants.

C’est un film qui a démarré lentement et qui petit à petit trouve son essor à travers une multitude de projections – débat : 90 séances au jour d’aujourd’hui, quelques projections à l’étranger notamment au Québec.

D.G. : C’est intéressant ! Cela veut dire qu’il y a une dimension universelle du film non ?

D.D. : Je pense que le problème est planétaire et que tout le monde est à la recherche d’outils.
Si je compte l’AHQ (Association des Humanistes du Québec), en discussion avec le gouvernement sur la fameuse Charte des valeurs, qui serait notre laïcité à la québécoise, eux avaient besoin de ce film pour pouvoir s’éclairer les uns les autres. 
Je reviens de Singapour où j’ai été faire une projection à la demande de la Sorbonne et de l’Ambassade de France, pour conclure un débat sur Islam et laïcité. C’est la première projection que je fais dans ce sens-là. Il est bien évident que le film ne parle pas du tout de l’islam. Je ne suis pas du tout spécialiste, je ne suis pas journaliste mais réalisateur. J’ai fait un film, un film de mémoire sur une période historique. Je suis bien content que l’on commence à comprendre que les dérives d’une religion, en l’occurrence la religion catholique, éclairent les dérives d’autres religions.

D.G. : Je sais aussi qu’il y a eu des projections en Belgique même si elles sont plus minimes. 
Dans les 90 projections qu’il y a eu sur le territoire national quel a été le ressentit des citoyens et citoyennes, quelles ont été les questions ? Est-ce que certains en sont sortis enrichis d’une expérience ?

D.D. : Pour être tout à fait sincère, les projections ont démarré dans « l’entre soi ». C’est-à-dire que les premiers intéressés étaient les associations laïques que ce soit l’Union Rationaliste, la Libre Pensée – qui je dois l’avouer m’a beaucoup aidée sur ce projet sans jamais faire pression sur moi, sur la ligne éditoriale, ce qui n’a pas été le cas de tout le monde – ou bien d’autres organisations comme la Ligue de l’Enseignement ou la Ligue des Droits de l’Homme qui ont souhaité organiser des projections du film.

Il est bien évident que tous ce public-là était avant tout un public de prescripteurs donc déjà avertis du sujet et qui l’ont plébiscité y compris les réseaux universitaires qui ont validé le film.
Petit à petit du « vrai public » est venu et là se fut des bonnes surprises. Le mot laïcité qui était jusqu’à présent assez ringard, qui venait d’un coup dans le feu des projecteurs, on leur en donnait une explication et on leur proposait un débat à la fin des projections. Il n’y a pas eu énormément de débats houleux. Il y en a eu quelques-uns mais les commentaires autour des projections ont plus été faits autour de l’actualité. C’est-à-dire comment le film pouvait éclairer l’actualité.

C’était mon but : faire un film d’ouverture au débat citoyen. M’arrêter volontairement en 2005. Ne pas traiter l’actualité, non pas par lâcheté mais parce que je n’en suis pas dépositaire, et laisser au champ du débat la possibilité de pouvoir exprimer les opinions, les craintes du moment.

D.G. : La date de 2005 n’est pas un hasard, c’est le 100ème anniversaire de la loi de 1905 et les manifestations et célébrations qui ont eu lieu. 
Quelle est pour toi la prochaine étape ? Le film a vécu à travers les débats, à travers les projections, il vit au niveau international, mais quelle est la prochaine étape, en que réalisateur pour « ton enfant ». On peut en parler comme ça.

D.D. : Oui on peut en parler comme ça. Pour avoir travaillé pendant 15 ans sur ce sujet, avoir agrégé plus de 150 personnes pour pouvoir fabriquer ce film en dehors des circuits classiques de production : oui on peut parler d’un enfant. 
Maintenant l’enfant grandi, je peux commencer à le lâcher. Je continu à participer à des projections-débat mais la prochaine étape c’est quand même l’international puisque nous avons une copie en anglais réalisée par une scénariste américaine, pure voltairienne et enthousiasmée par le film. On peut donc diffuser le film à l’étranger.

On parle maintenant des éditions DVD. La première édition montée en partenariat avec la MAIF et la MGEN sera distribuée gratuitement aux lycées à la rentrée de septembre.
Une deuxième édition à destination des médiathèques, des collectivités territoriales y compris celles qui sont sous l’emprise du Ministère des affaires étrangères, est déjà en place depuis le 1er mai. 
L’édition grand public sera mise en place dans les bonnes librairies, dont celle de la Libre Pensée à Paris, à la rentrée.

D.G. : Tu as dit « J’ai souhaité en faire un film grand public, un film d’ouverture au débat citoyen » et ça je pense que tu l’as démontré dans tes propos, et tu as également dit aussi « un film dédié à l’éternelle jeunesse ». Est-ce que tu peux revenir en quelques mots là-dessus s’il te plait ?

D.D. : Comme tu l’as dit en début d’émission, le chevalier de La Barre est mort entre 19 et 20 ans. Il a été la victime expiatoire d’un système qui avait besoin de faire un exemple car ils n’arrivaient pas à attraper Voltaire. Comme l’avait dit le juge à l’époque : « A défaut de bruler les auteurs, nous brulerons leurs lecteurs. ». 
Ce chevalier de La Barre qui n’était pas révolutionnaire, ni à proprement parler libre penseur, ni un trublion politique, était un jeune gens de son temps comme tous les jeunes gens de tous les temps. 
Si ce film je l’ai dédié à l’éternelle jeunesse c’est bien entendu pour la mettre en garde d’une liberté qu’elle a et qu’on pourrait lui reprendre.

D.G. : Cela veut dire que n’importe quel jeune peut s’y retrouver. 
Tu as eu des jeunes dans les débats des différentes projections ?

D.D. : On ne va pas dire que ce soit la jeunesse qui soit spécialement venue aux projections sauf les classes du secondaire et on a eu des débats absolument magnifiques !

D.G. : c’est très intéressant car cela veut dire que les jeunes se sont aussi retrouvés dans cette figure du chevalier de La Barre.

D.D. : Ils se sont non seulement retrouvés mais lorsque j’en était à faire des projections test se sont des jeunes gens qui m’ont orienté sur la façon de terminer le film. 
C’est un film collaboratif où des jeunes gens (élèves de Troisième) m’ont fait des suggestions pour les finitions de ce film, qui n’ont pas toutes été adoptées, mais l’ont été dans un grand ensemble.

D.G. : Dominique je te remercie. As-tu quelque chose à ajouter autour de ce film et de son devenir ? Un dernier mot ?

D.D. : La liberté de penser et la première de toutes les libertés !

D.G. : Merci Dominique d’avoir participé à cette émission. 
Je rappelle le titre du film : « Les trois vies du chevalier ». Les collectivités territoriales, les collèges, les enseignants savent qu’il est à leur disposition.

Avant de rentre l’antenne je vais vous présenter le livre du mois qui est ce mois-ci la revue Idée Libre de la Libre Pensée. Elle vient de sortir un dossier exceptionnelle intitulé « Le parfum envoutant de la trahison – Quelques figures de renégats ». Ce n’est pas simplement truculent mais extrêmement intéressant d’un point de vue historique de voir ce qu’est un renégat et sa typologie. C’est un dossier qui a été réalisé par Jean-Marc Schiappa, historien et Président de l’IRELP (Institut de Recherche de la Libre Pensée).

Une autre idée de lecture pour votre été : Les religions contre les femmes. Ouvrage collectif sous la direction de Hansi Brémond.

Je vous retrouve en septembre. Bon été !

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France Culture: Nicole Aurigy, vice-président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée reçoit Maurice Montet de l’Union Pacifiste et Yves-Jean Gallas du Mouvement de la Paix.

7 Février 2017 , Rédigé par librepensee04

La Libre Pensée sur France Culture - Dimanche 13 novembre 2016

 

Nicole Aurigy, vice-président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée reçoit Maurice Montet de l’Union Pacifiste et Yves-Jean Gallas du Mouvement de la Paix.

 


N.A. : Bonjour, pouvez-vous présenter vos associations en quelques phrases ?
 
M.M. : L’Union Pacifiste, regroupe en France les pacifistes intégraux. Nous refusons toutes les guerres quelques soient leurs justifications. Elle est née en 1961 dans la lignée de mouvements plus anciens en particulier la Ligue Internationale des Combattants de la Paix, très active entre les deux guerres mondiales. L’Union Pacifiste est la section française de l’Internationale des Résistants à la Guerre fondée en 1921, dont le siège est à Londres et dont la déclaration est : « La guerre est un crime contre l’humanité. Pour cette raison nous sommes résolus à n’aider aucune espèce de guerre et à lutter pour l’abolition de toutes ses causes. Nous dénonçons la militarisation de la société, la fabrication et la vente des armes, l’assassinat de civils pour de sordides intérêts économiques, les protocoles armée/école, les investissements de budgets énormes pour la guerre au détriment des budgets et besoins sociaux. Nous soutenons particulièrement les objecteurs de conscience, les insoumis, les déserteurs de tous les pays du monde et de toutes les époques. Nous considérons que toute l’énergie et tous les investissements pour la guerre devraient l’être pour la paix. »
 
N.A. : Merci Maurice Montet. Yves-Jean Gallas pour le Mouvement de la Paix.
 
YJ.G. : Le Mouvement de la Paix a été créé juste après la guerre par des résistants, notamment du Conseil National de la Résistance, et nous sommes très fiers d’avoir dans les signataires des premiers statuts Lucie et Raymond Aubrac. 
Dans notre ADN, la lutte contre l’arme nucléaire, l’appel de Stockholm sont des éléments très importants qui restent, hélas, toujours d’actualité. 
Nous luttons également contre le commerce des armes, pour la clarification de l’ensemble de ces réseaux opaques, et depuis une dizaine d’années un élément important de notre activité est dans la culture de la paix telle qu’elle a été énoncée par les Nations Unies et l’UNESCO. Le Mouvement de la Paix regroupe environ 3500 adhérents dans 150 comités répartis en France et nous participons à divers collectifs internationaux contre l’arme nucléaire, pour la paix ou dans des objectifs très précis.
 
 
N.A. : Merci. Depuis une trentaine d’années la Libre Pensée a repris le combat des Fusillés pour l’exemple et chaque année c’est une centaine de rassemblements, autour de cette question, qui sont organisés en France. Comment et pourquoi vos associations se sont engagées dans ce combat et en quoi ce combat pour les Fusillés est-il pour vous actuel ?
 
M.M. : Pour nous les Fusillés pour l’exemple de la Guerre 14/18 représentent une des plus grandes injustices de l’histoire de notre humanité. Elle s’ajoute à l’absurdité de la guerre. Déjà dans les années 1930 nos anciens s’étaient engagés auprès de familles, en particulier Roger Monclin, auteur de « Les Damnés de la Guerre », a soutenu Blanche Maupas dans son combat pour la réhabilitation de son mari et de ses camarades. Notre Internationale, dès 1921, demandait la réhabilitation des fusillés, des mutins et des réfractaires. Nous pensons que la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple serait un acte de justice qui devrait s’imposer. Il nous a paru opportun de nous joindre à un collectif d’associations pour défendre cette cause. Puisque les autorités du pays n’ont pas prononcé cette réhabilitation, c’est à nous, les associations de la société civile, de rendre hommage aux Fusillés pour l’exemple. C’est pour cela que l’Union Pacifiste s’associe à l’initiative d’ériger un monument à la mémoire de ces doubles victimes de la guerre. 
Pour l’Union Pacifiste ce combat reste actuel puisque l’injustice demeure envers ces hommes et envers leurs familles.
 
Après la guerre de 14/18 on disait : « plus jamais la guerre ». Aujourd’hui on assiste à une recrudescence du nationalisme et du militarisme, à de nombreuses guerres dans le monde avec des victimes civiles. 
La France s’enorgueillie de vendre des armes dans le monde entier, consacre des sommes folles pour préparer la guerre, au détriment des besoins sociaux. Nous devons prévenir les guerres et investir pour la paix.
YJ.G. : Nous savons bien maintenant l’étendue des massacres de civiles et de militaires tout au long de la première guerre mondiale. Les commémorations actuelles de son centenaire viennent opportunément nous les rappeler pour que nous n’oublions pas.
 
Nous savons aussi maintenant comment le Traité de Versailles est directement à l’origine de la deuxième Guerre Mondiale, et comment celui de Sèvres, suivi par celui de Lausanne, est à l’origine de la décomposition du Moyen-Orient dont nous vivons actuellement un paroxysme.
 
Les mouvements qui ont existés notamment en 1917 parmi les civiles et les soldats français sur le front étaient significatifs de la prise de conscience de la l’abomination et de l’aberration de cette guerre. Parmi les Fusillés pour l’exemple figurent des soldats qui avaient compris ce qui était en jeu dans ce massacre organisé, mais la majorité d’entre eux a été choisie au hasard ou pour des raisons de rivalité personnelle. Leurs familles ont toutes vécues l’enfer de l’opprobre de leurs concitoyens et elles ont souvent été obligées de déménager.
 
Il n’est que temps que justice soit rendue à ces victimes de la folie des généraux et qu’enfin ces hommes soient réhabilités par la République et leurs noms inscrits sur les monuments aux morts pour y être honorés.
 
Il n’est que temps que l’on puisse enfin affirmer, en rappelant cet épisode peu glorieux de l’histoire de France, que nous devons remplacer les réflexes de violence qui n’engendrent que la violence, par une éducation à la culture de la paix et par la mise en œuvre de ses huit domaines d’actions concrètes comme nous y invite avec force les Nations Unies. 
Les milliers de personnes qui ont marché pour la paix le 24 septembre dernier à l’initiative du Mouvement de la Paix, envoient bien ce message de paix qui est une demande de plus en plus forte.
 
En quoi ce combat est-il actuel ? Les Fusillés pour l’exemple sont l’exemple suprême de la censure de la parole de paix. Sans aller jusqu’à cette extrémité, il est important que les militants de la paix de toutes les organisations, dont les nôtres autour de cette table, soient écoutés dans un vrai dialogue.
 
N.A. : Concernant la Libre Pensée, nous avons appelé toutes les autorités à réhabiliter les Fusillés pour l’exemple. 
Le mot réhabilitation, depuis deux ans que nous commémorons la guerre de 14 n’a toujours pas été prononcé et en revanche le Président de la République a pris l’initiative de réaliser une salle consacrée en partie aux Fusillés au musée de l’Armée et du coup les fusillés se retrouvent aux côtés des généraux fusilleurs. Cela est inacceptable ! C’est pourquoi la Libre Pensée a décidé d’ériger un monument en l’honneur des Fusillés pour l’exemple, sur la ligne de front dans le département de l’Aisne. Un monument en pierre de 4 mètres de haut de façon à ce qu’on le voit bien et que l’on puisse ainsi rendre hommage à tous ces hommes.
 
Nous constatons depuis le début des commémorations que la question des fusillés est une question qui ne passe pas. Dans beaucoup de villages dont sont originaires un certain nombre de soldats, on érige des stèles, on appose des plaques pour commémorer leur combat, leur martyr.
La Libre Pensée rend aujourd’hui publique une lettre, un Appel à la République, signé par les familles des descendants des Fusillés pour l’Exemple. On trouve par exemple les noms des descendants de Blanche Maupas, de Lucien Bersot, des fusillés de Vingré et des mutins de 1917.
 
Nous lançons aujourd’hui un appel aux familles des descendants de fusillés qui voudraient prendre contact avec nous pour signer cet appel. Elles peuvent le faire en contactant la Libre Pensée 10/12 rue des Fossés St Jacques 75005 Paris.
D’autre part nous organisons un colloque relatif à la guerre qui aura lieu à Toulouse et le thème sera : « La lutte entre les nations, la guerre contre les nations ».
Si vous voulez participer à l’érection du monument vous pouvez envoyer des dons à La Libre Pensée. A partir de 50 euros vous recevrez un reçu fiscal pour une déduction de 66 %.
 
YJ. G. : Il est grand temps que cette sinistre histoire des Fusillés pour l’exemple sorte, que toutes ces personnes sortent de l’anonymat et que partout on les prenne pour ce qu’ils sont c’est-à-dire des martyrs de la paix et non pas comme des traitres comme on a essayé de le faire. 
La voix doit être donnée partout à ces paroles de paix pour remplacer tous les bruits de bottes un petit peu partout dans le monde. Et d’une certaine manière, la censure qui est faite souvent sur les véritables raisons de conflits doit cesser et parole doit être donnée à tous ceux qui veulent avancer réellement vers la concorde, la paix contre la violence.
 
N.A. : Ce combat pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple, il a été mené dès la fin de la fin de la guerre de 14 par les associations et notamment la Ligue des Droits de l’Homme. Ce combat a obtenu au cours des années qui ont suivi la guerre, jusque dans les années 30, la réhabilitation de 38 ou 39 fusillés. Il en reste donc aujourd’hui plus de 600, répertoriés par le Ministère des Armées comme fusillés pour désobéissance militaire, à réhabiliter.
 
M.M. : Je crois effectivement qu’il est temps de réparer cette injustice.
 
YJ.G. : Je pense effectivement que tous ces hommes méritent d’être réhabilités et que la nation, tous les citoyens, dont nous sommes, reconnaisse cette erreur absolument abominable qui a été faite à leur égard.
 
N.A. : Je pense qu’il faut insister sur le fait que nous demandons la réhabilitation collective et non pas au cas par cas. Aujourd’hui bien des dossiers ont été perdu, il n’y a plus de témoins possibles de cela, mais nous connaissons l’immense chagrin, la honte subit par les familles de ces soldats, au point qu’aujourd’hui encore certaines n’osent pas se faire connaître, et certaines ignorent le sort de leur ancêtre.
 
Nous savons aussi que pour les familles qui osent aujourd’hui prendre la parole, c’est pour elles, comme elles nous le disent, un grand apaisement, un réconfort de voir que l’honneur peut être rendu à leurs ancêtres qui n’ont rien fait d’autre que d’être des hommes et de dire non à la boucherie dans laquelle ils étaient engagés lors de la guerre de 14/18.
 
Je voudrais également parler du rassemblement national qui a eu lieu à Gentioux, ainsi que l’hommage rendu aux soldats de La Courtine. Soldats russes rassemblés en 1917 à La Courtine et qui ont été ensuite bombardés. Eux aussi refusaient la guerre, eux aussi s’étaient organisé pour la paix et cela n’a pas été toléré. 
Cela a été le cas également pour les soldats qui en 17, au chemin des Dames, se sont organisé, ont manifesté, demandaient la paix, voulaient aller à Paris pour faire part de cette volonté. Ils ont bien sûr été arrêtés avant, passés devant les conseils de guerre et fusillés.
 
Les rassemblements autour du 11 novembre dans toute la France vont permettre aux citoyens de montrer leur attachement à la paix, et comme l’ont dit Maurice Montet et Yves-Jean Gallas, il ne s’agit pas seulement de la paix il y a 100 ans mais de la paix aujourd’hui. De refuser aujourd’hui les guerres, de refuser les « va-t’en guerre », de faire en sorte que la paix puisse s’instaurer dans les pays.
 
Je voudrais remercier les citoyens, citoyennes, auditeurs et auditrices d’avoir écouté cette émission et vous invite à participer aux rassemblements et à faire des dons pour l’érection du monument en hommage aux Fusillés.
 
Merci à Maurice Montet et à Yves-Jean Gallas pour leur participation.
 
 
* * * * * * 
 
Nos amis de l’Association Républicaine des Anciens Combattants n’ont pu venir à notre émission de Novembre. Ils nous ont fait parvenir leurs réponses à nos questions :
 
L'ARAC : Association des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. Combattants pour l'Amitié, la Solidarité, la Mémoire, l'Antifascisme et la Paix, est née en novembre 1917, en pleine Guerre 1914 1917.
 
Il est intéressant d'étudier comment cette rencontre entre, George Bruyère l'ouvrier qui en avait eu l'idée, les deux jeunes intellectuels Raymond Lefebvre et Paul Vaillant Couturier,amis de jeunesse, tous deux élèves au lycée Jeanson de Sailly, a abouti à solliciter Henri Barbusse , l'auteur du « Feu » prix Goncourt de Novembre 1916, au début de l'année 1917 pour créer cette association.
 
Paul Vaillant Couturier parle d'Henri Barbusse « Il délivrait nos consciences de combattants. L'esprit des tranchées s'exprimait en lui. De notre rencontre, dans un entracte du meurtre est née l'ARAC. Ensuite ce fut un engagement total au service des idées de Paix et de Progrès en France et dans le Monde. Encore aujourd'hui l'ARAC est au cœur des débats républicains, elle œuvre pour un monde de Paix et d'Amitié entre les peuples, défend la dignité humaine, mène une bataille pour la Mémoire, c'est aussi une défense des Droits des Anciens Combattants et Victime de Guerre.
 
Depuis sa création elle mène le Combat des Fusillés pour l'Exemple. Cela a commencé par le récit du Chapitre « X » Argoval dans le « Feu ». Il décrit le cas du poilu Cajard qui avait été fusillé le matin même. Ils étaient deux, coupant aux tranchées et rentrés en douce au campement. Pour faire l'exemple l'un avait écopé de deux ans et Cajard qui avait de mauvais antécédents a été fusillé pour l'exemple. Sur le poteau, une croix de guerre gribouillée par les soldats : « A Cajard, mobilisé depuis août 1914, la France reconnaissante ».
 
C'est aussi la lutte incessante depuis 100 ans pour réhabiliter les 639 poilus fusillés pour l'exemple.
Pour la protection du combattant, dès la naissance de l'association, elle fut réalisée de diverses façons, mais notamment par une collaboration personnelle et restée jusqu'ici inconnue, avec le ministre de la Guerre Paul Painlevé une navette avait été entre le Cabinet du Ministre et l'ARAC- Painlevé demandait que lui fussent signalés tous les faits survenus dans les unités qui nous paraissaient regrettables ou scandaleux.
 
Il s'en produisait tellement que la liaison fut quotidienne. Naturellement, nous ne donnions aucune indication de provenance. Informés les uns et les autres par les permissionnaires et nos correspondants, nous indiquions les faits, avec plus de précisions qu'il se pouvait. Cette liaison s'est poursuivie après la chute du ministère Ribot et jusqu'à l'événement « clémencisme » - Painlevé, entre temps, avait pris la présidence du Conseil. Peu avant sa mort, Painlevé nous disait encore quel souvenir il avait gardé de ces mois où il put, grâce à nos informations, empêcher bien des exécutions, prévenir bien des incidents, préserver bien des combattants- d'une façon hélas ! Insuffisante, trop de pouvoirs restant délégués au Grand Quartier Général (CQG).
 
Depuis pendant cent ans : Ce sont les familles de ces malheureux. C’est juste rendre l'honneur perdu à celui qui a été fusillé et à sa famille qui pourra être enfin apaisée. C'est la gauche militante indignée : les hommes, les femmes dont des associations militantes, l'ARAC, la Libre Pensée la Ligue des Droits de l'Homme, qui, tout au long des années après la fin de cette guerre, à l'occasion du 11 novembre, se réunissent pour honorer dans plusieurs communes de France la mémoire de ces « sacrifiés ». Comme le beau rassemblement dans la Creuse.
 
Ce sont de nombreux livres depuis.
C'est aussi le cinéma. Censuré au départ, il a témoigné sur ces tristes événements.
C'est la télévision.
Ce sont les bandes dessinées.
Ce sont les propos de Lionel Jospin, Premier Ministre en 1998 à Craonne.
C'est en 2008, Nicolas Sarkozy, Président de la République qui évoque ces poilus.
 
Il est nécessaire d'aller plus loin car lors de l'arrivée d François Hollande comme Président, nous pensions que notre demande allait être exaucée lors de la première année de commémoration de la guerre 1914- 1918 souhaitée par le gouvernement.
 
Il ne parle pas de réhabilitation, mais juste une reconnaissance dans une salle qui leur sera consacrée dans le musée des Invalides. Depuis il semblerait que le dossier soit clos. On ne peut en rester là. L'ARAC et d'autres associations amies considèrent que seule la réhabilitation générale de l'ensemble des fusillés pour l'exemple pourra clore définitivement le dossier. 100 ans après il n'est pas question de juger mais de comprendre pour aboutir à apaiser les familles concernées et faire des poilus « fusillés pour l'exemple » de morts par la France des morts pour la France.
 
Seul le Président de la République pourra le faire, manifestant ainsi son courage politique. N'oublions pas qu'en 2009 en tant que président du Conseil Général de Corrèze il a fait voter cette résolution « Reconnaître les fusillés pour l'exemple comme des soldats à part entière, de façon à permettre que leurs noms puissent être légitimement inscrit sur les monuments aux morts... » A chacun sa prise de responsabilités.
 
Pour conclure L'ARAC va fêter en 2017 son Centenaire. Je me réfère aux mots de la fin du livre de Pierre Paraf « L'Aventure continue ». « Oserai-je à mes dernières lignes de mes rendez-vous avec le siècle donner la parole à l'étoile de ma route, celle qui apparaissait pour moi en 1916 dans le ciel de ma tranchée que je retrouvais en 1940 ... Renouvelant sa promesse de ne jamais abandonner ceux qui croient aux lendemains qui chantent, au progrès et au bonheur de l'homme ».
 
Il l'a partagé avec nos fondateurs et cent ans après l'ARAC d’aujourd’hui porte toujours l'héritage.
 
Villejuif le 16 Novembre 2016.
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France Culture : David Gozlan, Secrétaire Général de la Fédération Nationale de la Libre Pensée reçoit la Présidente de l’UNEF, Lilâ Le Bas.

7 Février 2017 , Rédigé par librepensee04

15 novembre 2016
France-culture
La Libre Pensée sur France Culture - Dimanche 9 octobre 2016

Emission animée par David Gozlan, Secrétaire Général de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, qui reçoit la Présidente de l’UNEF, Lilâ Le Bas.

 

Bonjour Lilâ. Peux-tu te présenter et présenter l’UNEF ?

L.LB. : Je suis la nouvelle présidente de l’UNEF. L’UNEF c’est quoi ? C’est l’Union Nationale des Etudiants de France, syndicat étudiant, première organisation étudiante de France. Notre rôle est d’être présent au quotidien sur les campus universitaires pour informer les étudiants, les défendre et aussi organiser la solidarité. Cela se fait au niveau local par les sections locales, et au niveau national pour essayer d’améliorer concrètement les conditions de vie et d’étude des étudiants.

D.G. : Vous êtes implantés dans toutes les universités.

L.LB : Tout à fait.

D.G. : Quelles sont vos relations avec les autres organisations de jeunesse comme l’UNL, la FIDL ?

L.LB : On travaille très bien avec les autres organisations de jeunesse. On l’a d’ailleurs très bien vu ces derniers mois avec la mobilisation contre la loi Travail où 28 organisations de jeunesse se sont réunies dès le mois de mars pour pouvoir mener des batailles en commun et elles continuent à se réunir. Dedans il y a les syndicats lycéens, les organisations d’éducation populaire comme le MRJC, la JOC par exemple, il y a aussi des mouvements politiques de jeunesse qui se réunissent tous ensemble pour porter la voix des jeunes, porter nos aspirations, mener des combats communs. C’est ce que l’on a fait au printemps dernier, c’est ce que l’on continue à faire en cette rentrée sur plein d’autres aspects et c’est ce que l’on continuera à faire dans les mois à venir.

D.G. : C’est vrai qu’il y a de nombreuses organisations. On a souvent vu en tête de manifestation l’UNL, la FIDL et l’UNEF, à côté d’autres organisations confédérées que l’on a déjà reçues dans cette émission. Vous, en tant qu’UNEF, comment analysez-vous la loi El Khomri dite loi Travail, et pourquoi votre syndicat a-t ’il toujours été présent dans ces manifestations et dans la mobilisation ?

L.LB : Cette loi Travail était une attaque sans précédent envers les jeunes pendant ce quinquennat notamment. Les jeunes sont précaires pendant leurs études, ils sont précaires pendant leur insertion professionnelle. On le sait bien aujourd’hui, quand un jeune est diplômé c’est un sas de précarité qui l’attend. Il enchaine les petits boulots, le chômage, les contrats précaires, maintenant les services civiques, en tout cas c’est ce que l’on veut nous promettre. Cette loi Travail nous promettait d’être précaires tout au long de notre vie. Dès que l’on aura passé la barrière du diplôme, que l’on aura trouvé un travail que l’on espère stable, et bien là on aura des protections et des sécurités en moins dans notre entreprise. 
Les jeunes refusent cette précarité qu’on leur propose à vie. Ce ne sont pas leurs aspirations. Ils veulent être respectés. C’est pour cela que l’UNEF a pris toute sa part à côté des organisations professionnelles et lycéennes, au côté de l’intersyndicale pour pouvoir dénoncer ce projet de loi qui n’allait pas dans le bon sens. 
Quand on voit la situation des jeunes ce qu’il faut c’est surcotiser les contrats courts pour leur permettre d’avoir accès aux CDI, c’est leur permettre d’avoir accès aux minima sociaux puisque je le rappelle le RSA n’est pas ouvert au moins de 25 ans. Cela veut dire que les jeunes qui sortent de l’enseignement supérieur avant 25 ans n’ont accès à aucune aide sociale pour pouvoir chercher du travail. Vous imaginez la complexité de la situation pour un jeune de 23 ans qui a un master II et qui se retrouve sans aucune aide sociale pour pouvoir espérer trouver un travail. Il est obligé de prendre des jobs alimentaires qui ne correspondent pas à ses qualifications et encore une fois s’enfermer dans un sas de précarité. 
Ce que l’on a voulu exprimer, c’est qu’il fallait mettre fin à ce bizutage social que l’on impose aux jeunes aujourd’hui, car la société a tendance à nous dire « c’est normal vous êtes jeunes il faut passer par la galère pour un jour y arriver ». Nous pensons que ce n’est pas comme ça que cela doit se passer mais que l’on doit se donner comme ambition de former l’ensemble d’une génération mais aussi leur donner de bonnes conditions d’études et de bonnes conditions de travail, puisque c’est quand même ça l’avenir du pays et non pas que l’on soit tous précaires.

D.G. : On voit bien que c’est le combat contre une certaine précarité qui est engagé. Est-ce que l’on peut dire que les étudiants subissent cette précarité de plein fouet ? Est-ce que cette précarité les empêche de poursuivre leurs études de manière claire et dans quelles mesures ?

L.LB : Un étudiant sur deux, aujourd’hui, est salarié pendant ses études. 
Lorsqu’au début de la mobilisation on disait qu’il était absurde que les jeunes se mobilisent contre ce projet de loi, il faut rappeler qu’ils sont directement touchés par la précarité à la fois pendant leurs études et aussi lorsqu’ils sont en entreprise pour financer justement leurs études. 
La précarité ils la connaissent de deux façons : quand ils sont en entreprise mais aussi quand ils sont étudiants. Quand on voit le système de protection sociale que l’on offre à des étudiants c’est rien du tout. Le système de bourse concerne seulement 28% des étudiants ce qui veut dire que les autres doivent soit se salarier soit faire appel à l’aide de leur famille et on sait bien que cela est de plus en plus compliqué avec la crise financière. Du coup les jeunes sont confrontés au mur de la précarité quand ils font des études et c’est cela la véritable problématique. 
Ce que l’on a voulu mettre en avant c’est qu’aujourd’hui on ne permet pas aux jeunes d’étudier dans de bonnes conditions et en plus on leur promet de devoir faire des compromis tout au long de leur vie. C’est toute l’aspiration à avoir un emploi stable, qualifié à hauteur de notre projet professionnel, qui est tombée en ruine avec ce projet de loi. 
C’est pour cela que les jeunes se sont mobilisés massivement tous le printemps dernier pour revendiquer le retrait et à la rentrée l’abrogation, mais aussi des mesures concrètes pour avancer.
Les jeunes ont réussi à arracher un investissement de 500 millions d’euros pour pouvoir améliorer concrètement leur quotidien. C’est l’augmentation des bourses, la création de places en BTS mais aussi une aide à la recherche du premier emploi qui a été créé pour essayer de palier un petit peu la précarité qui existe chez les jeunes aujourd’hui.

D.G. : Comme tu l’as dit, au printemps c’était pour le retrait, maintenant c’est pour l’abrogation. Quel devenir pour cette mobilisation ? Comment l’UNEF voit la poursuite de cette mobilisation et sous quelle forme ?

L.LB : Je pense que la question « sous quelle forme ? » est la véritable question. 
On l’a vu au printemps dernier, cette mobilisation n’a pas seulement été dans la rue, même si beaucoup de gens y sont descendus pendant 4 mois, mais elle a aussi commencé avec des nouveaux outils de mobilisation. Les jeunes notamment se sont emparés des réseaux sociaux. Il y a une pétition en ligne qui a recueilli plus d’un million de signatures très rapidement et qui a été très virale sur les réseaux sociaux et qui a déclenché une contestation majoritaire dans la société. 
Il y a eu les occupations de places publiques. 
Des youtubers et youtubeuses se sont fait entendre pour refuser ce projet de loi et ce que l’on nous promettait avec cette loi. 
Tout cela est important à prendre en compte et de ne jamais mettre en opposition les différentes formes de mobilisation que l’on a vu apparaître avec cette contestation contre la loi Travail.

Il y a eu le 15 septembre qui a permis de reposer au cœur du débat les questions sociales et maintenant on doit pouvoir apporter des contre-propositions. Qu’est-ce que nous nous verrions dans une loi Travail ? Qu’aurions-nous besoin en tant que jeunes pour ne pas être précaires à vie mais avoir une sécurité quand on s’insère professionnellement ? 
Je pense qu’il faut continuer dans ce sens-là en faisant des propositions avec ce que nous revendiquons, nos aspirations en tant que jeunes. Cela on doit le faire non seulement avec l’ensemble des organisations de jeunesse mais aussi avec l’intersyndicale pour pouvoir se positionner et continuer à mener des batailles de différentes manières. 
On a fait des meetings à la rentrée. On pourra faire des tribunes par la suite, on pourra utiliser d’autres outils mais en tous cas ne jamais mettre ça en opposition mais le faire converger pour que l’on se fasse entendre. 
C’est un élément véritablement intéressant pour faire entendre notre voix, notre contestation contre ce qui est maintenant une loi.

D.G. : Quelle est la situation pour cette rentrée universitaire ?

L.LB : La rentrée universitaire est encore une fois sous tension pour les étudiants puisque 10 jours après la rentrée on a toujours des amphis surchargés, des TD surchargés, des manques de profs pour pouvoir encadrer les étudiants alors que l’on a un afflux de bacheliers à l’université. 32 000 bacheliers en plus cette année rien qu’à l’université alors que les facs sont confrontées à une pénurie budgétaire depuis des années. 
On se rend bien compte que cela rend difficile les conditions d’étude et donc la réussite des étudiants à l’université. 
Nous nous battons pour que les universités aient les moyens nécessaires pour assurer un véritable encadrement. 
Il y a aussi une autre difficulté qui est la précarité sociale des étudiants. On en a parlé tout à l’heure mais quand on voit que le cout de la vie pour les étudiants augmente de 1,23% cette année on se rend bien compte que le système de bourse ne correspond pas à nos attentes, ne prend pas en compte l’autonomie des jeunes, qui prend toujours en compte quand on a 23 ans le revenu de nos parents pour savoir si on a le droit à une aide sociale ou non, c’est complétement incohérent avec les besoins de notre génération et avec la nécessité de former toute une génération. 
Les étudiants sont confrontés à une précarité dans l’université par manque d’encadrement, d’aide pour réussir et manque de pédagogie, et aussi à des barrières sociales puisque l’on voit que les aides sont largement insuffisantes, que les étudiants sont obligés de s’endetter ou de se salarier, ou les deux à la fois, pour espérer décrocher un diplôme qui parfois ne leur garanti pas d’avoir un emploi à la hauteur de leur qualification. 
Je pense qu’il faut repenser tout ça. Repenser le système de protection sociale. Qu’est-ce que l’on veut faire de l’enseignement supérieur, qu’est-ce que l’on veut faire du service public à l’université ? 
On arrive aujourd’hui à une contradiction : on va être une génération mieux formée que nos parents et l’on risque de vivre moins bien qu’eux. C’est la première fois que ça arrive. 
Il faut aller de l’avant pour garantir à cette génération non pas d’être précaire mais de pouvoir s’élever socialement, d’avoir un diplôme qui est protecteur sur le marché du travail.


D.G. : Il y a un autre débat qui risque de faire bouger un peu l’université, c’est la question de la laïcité. D’une manière générale, que pensez-vous de ces problèmes liés à la laïcité et qui ont d’ailleurs défrayés la chronique cet été ?

L.LB. : Il est vrai que la question de la laïcité, et notamment au sein de l’université, est une question qui revient, qui est récurrente et pour nous fondamentale.

Je pense que le débat de cet été sur le burkini est instrumentalisé. La question de savoir si la tenue d’une femme est plus ou moins longue, plus ou moins justifiée, je pense que ces attaques-là sont profondément orientées contre notamment une religion et une pratique religieuse. Ceci est une véritable problématique quand on nous propose aujourd’hui un certain programme pour les élections présidentielles avec l’idée d’interdire le port des signes religieux à l’université. Je pense que ceci est une vraie erreur. 
Pour moi, les principes de laïcité il y en a plusieurs. Bien sûr c’est la neutralité de l’Etat : il doit être laïque, ne pas interférer dans les décisions des religions et les religions ne doivent pas interférer dans les décisions de l’Etat. 
C’est aussi la liberté de conscience : les individus, dans la société, sont libres d’être croyants ou non, de pratiquer une religion ou non. 
Enfin il y a aussi le rôle des politiques publiques pour arriver à créer du commun dans la société et dans la population. 
Par contre je pense que la question du port des signes religieux, notamment à l’université, n’entrave aucun de ces principes de laïcité.
Si on dit que le port de signes religieux empêche les étudiants d’être libre de penser et de faire leurs études, je pense que c’est un argument de mauvaise foi surtout quand on voit les pratiques des politiciens qui portent ces propositions et qui ne se privent pas d’avoir des liens avec certaines religions en tant qu’élus. Quand on veut interdire le port des signes religieux on porte une véritable atteinte à ce qu’est l’université aujourd’hui : temple du savoir, de l’échange entre les jeunes, entre les étudiants. C’est cela qui permet de pouvoir étudier ensemble, d’être ensemble dans un amphi et partager ce qu’est l’université.

C’est comme le débat autour du voile pour savoir s’il est assez long ou pas, si c’est un argument féministe ou pas. 
Je pense que tous ces arguments-là ne sont pas bons et que bien souvent on ne pose jamais la question aux femmes concernées pour savoir si elles sont opprimées ou non. 
Tous ces débats là je pense qu’il faut les exclure. 
A l’UNEF nous sommes contre l’interdiction des signes religieux à l’université. On va dire à des jeunes filles qu’elles n’auront plus le droit d’accéder à l’enseignement supérieur, qu’elles n’auront plus le droit de suivre des cours pour avoir un diplôme et c’est donc encore une fois mettre des gens sur le côté de la route et les empêcher d’avoir accès à l’enseignement supérieur.

D.G. : En tant qu’UNEF, vous seriez d’accord pour toucher ou ne pas toucher à la loi de 1905, qui garantit cette séparation des Eglises et de l’Etat ? Et que pensez-vous du mot d’ordre laïque « Fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privée ? »

L.LB : Je pense que la loi de 1905 est quelque chose qu’il faut d’abord réussir à correctement interpréter et en rappeler les principes. Malheureusement aujourd’hui quand on parle de laïcité on interprète mal ce qui a été fait dans cette loi, séparer les Eglises et l’Etat. Je pense que le travail à faire est de rappeler à chacun ce que garantit cette loi, ce qu’elle permet, ce qu’elle ne permet pas. Je pense que beaucoup d’hommes et de femmes politiques devraient la relire pour pouvoir l’appliquer correctement.

Concernant l’enseignement supérieur, quand on nous parle d’interdiction de port d’insignes religieux je pense que l’on devrait d’abord se questionner sur le financement, le Concordat etc. et toutes ces écoles qui délivrent des diplômes religieux. On n’en parle jamais. 
Il faudrait remettre tous cela à plat et ne pas imposer la laïcité dans un sens unique mais de façon à ce qu’elle garantisse les droits à tous les citoyens d’être libres, de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent dans les cadres qu’ils souhaitent.

D.G. : Lilâ Le Bas merci. Bon dimanche à tous.

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La Libre Pensée sur France Culture - Dimanche 11 janvier 2015 : Nicolas Sadoul, secrétaire national de la Ligue de l’Enseignement.

7 Février 2017 , Rédigé par librepensee04

11 janvier 2015
France-culture
La Libre Pensée sur France Culture - Dimanche 11 janvier 2015 : Nicolas Sadoul, secrétaire national de la Ligue de l’Enseignement.

 

Au micro, David Gozlan, Secrétaire général de la Libre Pensée. 
Je tiens tout d’abord, au nom de la Libre Pensée, à assurer de tout notre soutien les membres de de Charlie Hebdo, l’ensemble de ses journalistes et des familles touchées par ce drame [1].

J’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui Nicolas Sadoul, secrétaire national de la Ligue de l’Enseignement. Peux-tu te présenter en quelques mots à nos auditeurs ?

N. Sadoul  : Je suis donc secrétaire national de la Ligue de l’Enseignement, en charge pour notre confédération générale des œuvres laïques, de la formation, du développement durable et de la laïcité. J’ai donc en charge, avec une équipe, d’animer nos réseaux départementaux et régionaux dans le cadre de notre programme national.

D. Gozlan : Tu viens de le dire, tu es responsable de la laïcité et d’un certain nombre d’autres secteurs. Quels sont vos champs d’action pour les auditeurs qui ne connaissent pas la Ligue de l’Enseignement ? Est-ce que tu peux expliquer quels sont vos domaines de compétences, d’influence, où est-ce que vous agissez ?

N. Sadoul : La Ligue de l’Enseignement est née en 1866, elle va avoir 150 ans en 2016. Elle est à la fois un mouvement d’idées et d’opinions qui vise à promouvoir l’éducation populaire, l’éducation pour tous, les loisirs éducatifs, la culture, en étant porteur d’un projet de transformation sociale profond et qu’elle assume. 
Elle est deuxièmement, un réseau d’associations locales fédérées départementalement, un mouvement associatif, donc près de 30 000 associations locales : des associations sportives, des associations de quartier, des associations culturelles, de théâtre amateur, de chorales, qui vivent, qui sont adhérentes à la Ligue et qu’il faut animer, dont il faut former les militants.
Troisièmement, nous sommes un réseau d’entreprises de l’économie sociale et solidaire, et à ce titre là nous animons des maisons de quartier, des centres sociaux, des organismes de formation professionnelle, des centres de loisirs, des centres de vacances, des réseaux d’ingénierie sociale, bref un tissu d’activités éducatives, citoyennes et culturelles très dense puisque cela concerne à peu près 3 millions d’adhérents.

D. Gozlan : Ce n’est donc pas une petite organisation ! Vous êtes véritablement insérés dans la société et au plus près des citoyens de ce pays. Toi, en tant que responsable de la laïcité, quels sont les messages que la Ligue de l’Enseignement réussi, ou veut faire passer à travers ce réseau ?

N. Sadoul  : La Ligue de l’Enseignement, comme je le disais, est un mouvement d’éducation populaire, né dans la deuxième moitié du 19ème siècle, sous le Second Empire autoritaire et dictatorial. Elle promet la mise en place, après l’échec de la IIe République, d’un mouvement qui vise à instaurer l’école publique, laïque, obligatoire et gratuite. C’est à partir de ce mouvement d’opinion que naît la Ligue et qui aboutira aux grandes lois scolaires de 1881 et 1882.
Pour la Ligue de l’Enseignement, la laïcité est avant tout portée parce qu’elle est associée à l’école publique, laïque et obligatoire. Jusque dans les années 90, du XXe siècle, la laïcité pour les ligueuses et les ligueurs est indissociable d’un travail par et pour l’école de la République. C’est donc une laïcité scolaro-centrée. 
A partir des années 90, prenant en compte le fait que notre société est multi culturelle, que les notions de diversités font partie intégrante de notre société, la laïcité évolue et est perçue par nos militants, nos adhérents comme un fait social, un fait culturel et plus simplement lié et entrevu qu’au travers de la question scolaire même si évidemment la question de la laïcité et celle de l’école de la république sont toujours très intimement liées.
Pour la Ligue de l’Enseignement la question de la laïcité et en même temps un travail autour de la pédagogie – expliquer ce qu’elle est et quelque fois ce qu’elle n’est pas auprès des enseignants, des animateurs, des dirigeants d’associations adhérentes – et un travail d’influence, de production d’outils pédagogiques, de textes, sur ces questions.

D. Gozlan : Je sais que vous allez sortir un ouvrage, peut-être peux-tu nous en dire un mot et rebondir sur cette question et ce questionnement aujourd’hui dans la société qui est la nôtre. Parce que la laïcité est beaucoup décriée, elle est malmenée, elle est utilisée en tant que mot, en tant que terme, elle est fourvoyée, donc cette question de laïcité doit être au centre aussi du contrat social, de la société. Comment vous combattez cette laïcité malmenée et utilisée à mauvais escient ?

N. Sadoul  : D’abord en essayant de se mettre dans une dynamique non pas de défense mais de promotion de la laïcité, d’explication de la laïcité. Rappeler que la laïcité dans notre pays c’est bien sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, qui est une loi de liberté qui affirme dans son article premier l’importance, non pas de la liberté de religion – ce que certains croient – mais la liberté de conscience. C’est de promouvoir que la loi de séparation des Eglises et de l’Etat c’est une loi de liberté qui permet à chacun et à chacune de croire ou de ne pas croire, de changer d’opinion, de changer de croyance, bref de vivre d’une manière libre son aspiration ou non aux spiritualités et d’échanger. 
Aujourd’hui, ce que nous constatons c’est que trop souvent la laïcité est perçue comme liberticide, comme interdisant. Confondant aussi ce qui est applicable à l’espace public. Qu’est-ce que l’espace public dans la République ? C’est pas l’espace commun, ce n’est pas l’agora. L’espace public c’est l’espace des institutions publiques. Et là s’applique la neutralité pour les agents publics. Pour le reste, c’est l’agora. Et la liberté de conscience, la liberté d’expression et donc tous les corolaires à ces libertés, sont possibles, y compris la liberté religieuse. Nous essayons, de manière très massive, importante, d’expliquer cette promotion de la laïcité qui est un facteur de liberté. 
Ce que nous constatons aujourd’hui, y compris au près d’un certain nombre de républicaines et républicains qui pensent bien faire, c’est une promotion de la laïcité non pas comme un élément de liberté mais comme un élément restrictif des libertés publiques y compris ce que nous n’avons pas imposé aux catholiques grâce à Briand, Jaurès et aussi Ferdinand Buisson, c’est-à-dire d’imposer contre les catholiques la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, nous souhaiterions le faire aujourd’hui, au XXIème siècle, pour celles et ceux de nos concitoyens, concitoyennes qui ont choisi d’autres spiritualités, et notamment pour nos concitoyens et concitoyennes arabo-musulmans et musulmans qui l’auraient choisi. 
C’est ce que nous voulons faire en essayant d’éprouvé, d’éreinter les processus éducatifs jusqu’au bout. Nous ne sommes ni juges, ni législateurs, ni docteurs ou moralisateurs, nous sommes avant tout des éducateurs et à partir de là nous poussons jusqu’au bout, y compris dans nos prises de positions, la question de la liberté d’éducation. Par exemple la charte de la laïcité à l’école, que nous avons appelée de nos vœux, que le ministre Peillon a mis en place, nous l’avons soutenue et nous avons créé avec des enseignants, avec des animateurs, un ensemble d’outils pédagogiques visant à la faire connaitre dans le péri-éducatif, mais également pour que ce soit un moyen de discussion avec les parents d’élèves, avec les élus locaux, avec les responsables associatifs, car si la Charte de la laïcité concerne l’école de la République, elle concerne tout un chacun.

D. Gozlan : Vous obtenez des succès en la matière ? Il y a des choses concrètes ou des succès concrets dont tu pourrais nous parler ?

N. Sadoul : En matière de processus éducatif il est très difficile de parler de succès ou d’échec, mais ce que l’on peut voir aujourd’hui c’est qu’il y a véritablement une recrudescence des pédagogies, des dispositifs didactiques qui sont mis en œuvre. D’abord par l’institution, l’Education nationale, avec laquelle nous travaillons, dont on est partenaire. Des véritables programmes, des pédagogies de la laïcité en direction des enseignants au sein des Ecoles supérieures du professorat et d’éducation, mais aussi dans les formations des fonctionnaires, d’un certain nombre de spécialistes et professionnels de l’éducation, sont mis en œuvre. 
Je ne sais pas si on peut parler de succès, en tous les cas là où nous intervenons avec des associations auprès de collectivités, pour que des personnes qui ne partagent pas le même point de vue, puissent dialoguer, élaborer des projets ensembles – que ce soit l’alimentation en collectivité, la prise en compte de la diversité culturelle dans des espaces de formation collective, l’appréhension d’un enseignement des faits religieux, faits religieux qui ne sont pas les religions mais qui sont les faits historiques, sociaux – là nous pouvons dire que nous avançons. 
Je le dit à un moment, même si vous l’avez évoqué en introduction de l’émission, où effectivement la liberté d’expression est touchée de plein fouet puisque des journalistes de Charlie Hebdo ont été assassinés. Il faut que nous soyons très vigilants à ce que justement la laïcité qui permet l’expression de chacun, ne soit pas là aussi contrariée ou fasse l’objet de contresens dans l’agora. C’est un élément très important.

D. Gozlan : Dans ton propos il s’agit de laïcité et de libertés publiques, et il s’agit du titre d’un colloque que nous organisons en commun – Ligue de l’enseignement, Ligue des Droits de l’Homme, Union Rationaliste et Libre Pensée – qui aura lieu le 21 mars prochain, avec des représentants de la Libre Pensée, Christian Eyschen et Michel Godicheau, des responsables de la Ligue de l’Enseignement, Jean-Michel Ducomte et Pierre Tournemire, une communication de Françoise Olivier-Utard pour l’Union Rationaliste et une communication de Michel Tubiana pour la LDH. D’autres intervenants très importants sur cette question de laïcité et libertés publiques : Jean Baubérot, Henri Pena-Ruiz, Philippe Portier, Claire Serre-Combe (porte-parole d’Osez le Féminisme), Patrice Rolland mais aussi Jean-Louis Bianco et Mohammed Moussaoui (Pdt de l’Union des Mosquées, Pdt d’honneur du Conseil français du culte musulman). 
Tous cela pour discuter de cette question de laïcité et de libertés publiques, parce que comme tu l’as dit Nicolas, il y a une utilisation liberticide de la laïcité.

Pour terminer, quelles sont les publications et prévisions de la Ligue de l’Enseignement pour les prochaines années ?

N. Sadoul : Nous avons présenté fin décembre le programme de nos 150 ans qui auront lieu en 2016 avec tout un ensemble de colloques, une ligne éditoriale très féconde avec une histoire générale de la Ligue de l’Enseignement qui sera éditée, un partenariat avec France Télévision, l’INA, une série de documentaires et d’émissions y compris avec Radio France sont prévus. Tous les détails sont sur notre site www.laligue.org
Dans les prochains jours nous éditons et nous présentons un ouvrage aux éditions Privat, dans la collection « Le comptoir des idées », qui s’appelle « Pour un enseignement laïque de la morale » sous la direction d’Eric Favet et de Guy Coq, et qui fait le point aujourd’hui sur ce questionnement au moment où il y a une grande consultation nationale au niveau des enseignants sur la question de l’enseignement laïque de la morale, jusqu’au 22 janvier.
C’est un ouvrage de près de 200 pages qui fait le point sur l’histoire des termes de la morale, les liens morale et éthique, l’histoire de cet enseignement à l’école et surtout un certain nombre de propositions qui sont faites.
Là encore n’hésitez pas à consulter notre site pour plus de détails.

D. Gozlan : Auditrices, auditeurs merci. Pour pouvez soutenir la Libre Pensée en allant sur son site www.fnlp.fr.
Au revoir.



[1] N.B. : cette émission a été enregistrée le mercredi 7 en début d’après-midi, nous venions juste d’apprendre l’attentat contre Charlie Hebdo, mais nous ne savions rien de ce qui allait malheureusement suivre. Nous saluons la mémoire de toutes les victimes de ces jours noirs et apportons notre soutien à toutes les familles touchées par ce drame

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7ème Congrès international de l’AILP Paris, les 21, 22, 23, 24 septembre 2017

4 Février 2017 , Rédigé par librepensee04

 

7ème Congrès international de l’AILP  Paris, les 21, 22, 23, 24 septembre 2017

7ème Congrès international de l’AILP

Paris, les 21, 22, 23, 24 septembre 2017

 

Lettre d’invitation

des Porte-Parole de l’Association internationale de la Libre Pensée

 

 

Mesdames, Messieurs,

Chers amis, chers camarades,

 

Nous avons le plaisir de vous informer de la tenue du 7ème Congrès de l’AILP qui se tiendra à Paris du 22 au 24 septembre 2017 dans des lieux symboliques (Bourse du Travail, Mairie du Xe Arrondissement, Université de Paris). Il sera précédé d’un colloque international de l’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée) et d’un rassemblement square Garibaldi.

 

 

Colloque international de l’IRELP – 21 septembre 2017

 

Salle Léon Jouhaux – Annexe de la Bourse du Travail

67 rue Turbigo - 75003 Paris

 

« Libre Pensée et Libres Penseurs

Hier et aujourd’hui »

 

Sous la Présidence de Jean-Marc Schiappa, Président de l’IRELP

 

Matin:

Co-présidente Mme Faouzia Farida Charfi, Professeur de physique à l’Université de Tunis (Tunisie), ancienne Ministre.

-        « La christianisation, fin de la liberté de pensée » par Jean-Pierre Castel du Cercle Ernest Renan (Paris)

-        « Sylvain Maréchal, un libre penseur dans la Révolution » par Serge Bianchi (Professeur émérite Université Rennes II)

-         « La Commune de Paris essaime la Libre Pensée à travers le monde » par Pierre Roy (Historien, IRELP)

 

v Débat avec la salle

 

 

Après-midi:

Co-président Babacar Diop Buuba Professeur à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal)

-        « La Libre Pensée et le Mouvement ouvrier » par Serge Sebban (Historien, CERMTRI Paris)

-        « La Libre Pensée et la Théologie de la Libération » par Fernando Lozada (Argentine)

-        « Problèmes actuels de la laïcité en France » par Philippe Portier (Professeur Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris)

-        « La Reconquête catholique en Europe de l’Est » par Nina Sankari (Association Kazimir Leszczynski, Pologne)

 

v Débat avec la salle

 

Conclusion : « La Libre Pensée organisée au XXIe siècle » par David Gozlan, secrétaire général de la Libre Pensée, France.

 

 

* * *

7ème Congrès international de l’AILP

Paris, le 21, 22, 23, 24 septembre 2017

Programme provisoire

 

 

Jeudi 21 Septembre : Journée internationale de la Libre Pensée 

 

18h30 : rassemblement Square Garibaldi - Paris

Interventions prévues : Maria Mantello (Italie), Elbio Laxalte (Uruguay), Pierre Gueguen (France)

 

 

Vendredi 22 Septembre :

 

Matin : Session plénière d’ouverture du congrès 

Présidence : Christian Eyschen (France), Antonio Vergara (Chili), Jean-Sébastien Pierre (France).

 

Allocutions de bienvenue et rapports introductifs sur les campagnes de l’AILP

o   Max Wallace (Australie),

o   Keith P. Wood (Royaume-Uni)

o   David Gozlan (France).

 

Après-midi : Session générale sur les droits des femmes 

Présidence : Keith Porteous Wood (Royaume-Uni), Monica Rodriguez (Chili), Maria Mantello (Italie)

 

o   Maria Mantello : Le syndrome machiste et le « féminicide »

o   Un intervenant du Planning familial

o   Nina Sankari (Pologne)

o   Babu Gogineni (Inde)

o   Hansi Brémond (France) – Les enjeux autour des vêtements des femmes

 

v Débat avec la salle

 

-        Samedi 23 Septembre :

 

Matin : Discussion suite aux 3 rapports introductifs 

Présidence : David Rand (Canada), David Silverman (USA), Elbio Laxalte (Uruguay)

 

 

Introductions à la discussion :

o   David Rand Le Communautarisme, principale menace pour le sécularisme au Canada 

o   Michael Nugent (Irlande) – Les discriminations et atteintes aux Droits de l’Homme en Irlande 

o   Paco Delgado (Espagne) - Les financements publics des religions

o   Un responsable de l’IBKA – La Séparation des Eglises et de l’Etat

o   Léo Igwe (Nigeria) - Le financement public des pèlerinages au Nigeria

o   Attila Jakab (Hongrie) – Les atteintes à la laïcité en Hongrie

o   Elbio Laxalte - Démocratie et attaques contre la laïcité en Uruguay

 

v Débat avec la salle

 

Après-midi : Session générale sur le droit de mourir dans la dignité 

Présidence : Nina Sankari (Pologne), Albert Riba (Espagne), Fernando Lozada (Argentine)

 

o   Jean-Luc Roméro (France)

o   Un représentant d’Exit Suisse (Suisse)

o   Jacqueline Herremans (Belgique)  

o   Michael Nugent (Irlande) 

 

v Débat avec la salle

 

Ou : 

 

Soirée :

Balade en bateaux mouches

Banquet des participants

 

Dimanche 24 Septembre :

 

Matin : Session plénière sur la Défense de la Science  

Présidence : Pierre Galand (FHE), Fernando Lozada (Argentine), Paco Delgado (Espagne),

 

o   Jean-Sébastien Pierre (France)

o   Charles Suzanne (Belgique)

o   Gauthier N’Gumbu - Les mythes créationnistes et la Théorie de l’Evolution en Afrique

o   P Galland   

 

v Débat avec la salle

 

Midi : Réunion du Conseil international au siège, salle Marc Blondel au siège de la FNLP

 

Après-midi : Clôture du congrès 

Présidence : Christian Eyschen (France), Roger Lepeix (France), Antonio Vergara (Chili)

 

 

Résumés des débats sur les trois campagnes de l’AILP, résolutions, déclaration finale du congrès, clôture.

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7ème Congrès international de l’AILP  Paris, les 21, 22, 23, 24 septembre 2017

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Fonction publique et Laïcité

29 Janvier 2017 , Rédigé par librepensee04

– COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

Fonction publique et Laïcité

 

La commission "Laïcité et fonction publique" a remis son rapport à la Ministre de la Fonction Publique, le 9 décembre 2016. La commission "Laïcité et Fonction publique", présidée par Émile Zuccarelli, ancien ministre de la Fonction Publique, a été mise en place en juin 2016 « afin d'apporter des réponses concrètes aux agents qui s'interrogent sur l'application du principe de laïcité dans l'exercice de leurs fonctions ».

 

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Fonction publique et Laïcité

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Prix Cléricalis 2017 – Nominations

29 Janvier 2017 , Rédigé par librepensee04

 

Prix Cléricalis 2017 – Nominations

 

Prix Cléricalis 2017 – Nominations

Prix Cléricalis 2017 – Nominations

 

La Libre Pensée a procédé comme chaque année lors de la réunion de sa Commission Administrative Nationale de janvier à la nomination des candidats pour l’attribution du Prix Clericalis de l’année en cours.

 

Les candidats sont proposés soit par les Fédérations départementales, soit par les membres de la CAN de la Fédération nationale de la Libre Pensée.

 

Cette année, ont été retenus exæquo pour le Premier Prix :

 

-          Manuel Valls, ex-Premier ministre pour sa conception de la « laïcité à géométrie variable », selon qu’il s‘agisse de gens présumés d’origine arabo-musulmane à stigmatiser ou qu’il se rende en dévotion au Vatican pour la canonisation de deux papes catholiques qu’il faut vénérer.

 

-          François Fillon, ex-Premier ministre pour son rappel incessant en tant qu’homme politique et Elu de sa « foi chrétienne » et thuriféraire de dogmes moyenâgeux et réactionnaires. Ce qui lui a valu les faveurs des communautaristes catholiques, bas du front et manieurs d’encensoirs, lors de la primaire de la Droite.

Deux nominations pour des accessits ont été aussi attribuées exæquo :

-          A messieurs Laurent Wauquiez et Gérard Collomb pour l’organisation du pèlerinage catholique au Vatican  de 260 Elus de la Région Auvergne-Rhône-Alpes afin de recevoir les ordres politiques du pape.

 

Deux remarques ont été faites lors de la délibération du jury :

-          Monsieur Manuel Valls est un client sérieux pour le Premier Prix 2017. Il a été « Prix de consolation » en 2015 et « 2éme   Accessit » en 2016.

 

-          Monsieur Laurent Wauquiez a obtenu un « petit plus » pour l’installation illégale de la crèche catholique dans le Hall du Conseil régional pour la Noël 2016.

 

La Commission Administrative Nationale de la Libre Pensée départagera les heureux candidats en avril 2017.

 

Paris, le 15 janvier 201

 

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