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 LIBRE PENSEE-Fédération des Alpes de Haute Provence (04)
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La Libre Pensée a été auditionnée Place Beauvau sur le projet de loi sur le « séparatisme »

20 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

La Libre Pensée a été auditionnée Place Beauvau sur le projet de loi sur le « séparatisme »

Le jeudi 19 novembre 2020, la Fédération nationale de la Libre Pensée a été auditionnée par madame la Ministre Marlène Schiappa pour donner son point de vue sur le projet de loi qui a changé plusieurs fois de noms et d‘objets. Pendant plus d’une heure, la Libre Pensée a pu donner son analyse et entendre les réponses de la ministre.

En préalable, La Libre Pensée a souhaité connaître quelles associations le ministère de l’Intérieur allait auditionner, en insistant pour que la Ligue des Droits de l’Homme et la Ligue de l’Enseignement soient bien entendues, contrairement à ce qui s’était passé il y a deux ans, sur un sujet voisin.

La Libre Pensée s’est aussi étonnée que le ministère n’ait pas cru bon de lui envoyer le projet de loi, alors qu’il a été envoyé aux deux Chambres parlementaires, à la presse, aux cultes et aux Obédiences maçonniques, mais pas à la Libre Pensée. Nous avons pu l’obtenir par le biais d’un culte, comme quoi « les voies du Seigneur sont bien impénétrables ».

La Libre Pensée a donc pu développer son analyse, que nous publions ici.

La ministre a répondu qu’il n’y aurait pas de modifications du Code du Travail sur la question de la neutralité des entreprises ayant un contrat avec les services publics. Les associations ne partageant pas les « valeurs de la République » à la manière du gouvernement pourront continuer à exister, mais il sera interdit de les subventionner. Pour la Libre Pensée, c’est une remise en cause de la liberté d’association et c’est la mise en place d’une « idéologie d ‘Etat »

Le gouvernement a indiqué qu’il n’organisera pas les cultes, mais c’est lui qui « labellisera » les nouvelles associations cultuelles. Si ce n’est pas l’organisation de fait du culte, qu’est-ce donc ? De plus, la labellisation des nouvelles associations cultuelles pour 5 ans entraînera une inégalité avec les anciennes.

A la question de la Libre Pensée qui dénonçait la proposition gouvernementale de revenir à l’article 38 de la loi dite de confiance (retoqué par le Parlement), qui permettait l’acquisition de biens de valeurs et d‘en tirer un profit pour les associations cultuelles (et ce en opposition avec le principe de non-financement public des cultes, ce qui impose que l’Etat ne se mêle pas des affaires financières des cultes de quelque manière que ce soit), le ministère a indiqué que désormais toutes les associations délivrant des reçus fiscaux de déduction des impôts seront étroitement contrôlées. Cela sera une ingérence supplémentaire dans le droit d’association.

Il a été convenu que madame la Ministre recevra à nouveau la Libre Pensée pour débattre de l’évolution du projet de loi.

Il est clair maintenant qu’il va falloir s’engager dans la mobilisation laïque la plus large et la plus unitaire possible pour faire échouer ce projet liberticide.

Paris, le 20 Novembre 2020

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Humanisme ou xénophobie, chacun devra choisir

18 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

Humanisme ou xénophobie, chacun devra choisir

(article publié sur le blog Mediapart de la Libre Pensée)

« Ce cri de protestation d’Antigone face à Créon reste toujours aussi actuel et il ne saurait être question de sacrifier en quoi que ce soit les droits de la personne au profit de l’État. Nous serons toujours du côté d’Antigone contre Créon. Créon fait tuer Antigone, qui obéit à son devoir et non à la loi. »
 Henri Caillavet –

Une campagne démesurée et hystérique, aux conséquences dramatiques incalculables, est en train de se dérouler dans notre pays. C’est la ratonnade médiatique, c’est à qui frappera le plus fort et le plus ignominieusement contre nos concitoyens d‘origine (réelle ou supposée) arabo-musulmane.

Rien n’arrête la fureur sauvage des nouveaux Torquemada. Ainsi, des collégiens à Montpellier qui disent n’importe quoi (c’est le privilège de l’âge pour se distinguer auprès de leurs copains) se font arrêter, garder à vue, inculper pour « apologie du terrorisme » pour avoir dit « J’en ai rien à foutre de Samuel Paty ». C’est profondément stupide, condamnable et nauséabond, mais « Apologie du terrorisme », pour des enfants ?

Et que dire des entrées en force de la police à l’heure du laitier de sinistre mémoire à Albertville pour arrêter des enfants. En voici le récit fait par une mère : « Elle a pourtant appris un mot ce jeudi 5 novembre, quand la police a fait irruption en nombre dans l’appartement de la cité HLM des Contamines, où la famille vit depuis 19 ans, pour interpeller sa petite fille Emira, 10 ans. « Apologie, je ne connaissais pas. Le policier me dit : “Votre fille est inculpée d’apologie du terrorisme.’’ J’ai crié : “Ma fille a 10 ans et elle est terroriste ?! Mais vous êtes fou” », se souvient-elle.

Il est à peine 7 heures du matin, ce jeudi, quand de forts coups résonnent à la porte. Sept ou huit hommes font irruption dans le logement. Deux sont en uniforme de policier. Les autres sont en civil, brassard au bras, cagoulés. « Ils avaient des fusils ou des mitraillettes en travers de la poitrine. Non, ils ne nous ont pas visés, mais tout ce monde dans l’entrée et la tension, ça faisait très peur », dit le fils aîné de 22 ans, qui s’apprêtait à partir au travail. »

En s’attaquant aussi brutalement aux enfants, sans aucun recours à une quelconque pédagogie, ce ne peut-être que l’embrasement généralisé que le pouvoir cherche à provoquer dans ce pays, pour mieux faire passer ses plans antisociaux et ses menées liberticides.

Le sens de la mesure n’existerait-il plus dans notre pays ?

Comme d’habitude, le mendigot politique errant d’Espagne à la France, et de la France à l’Espagne pour obtenir une place (il accepterait tout, c’est vous dire qu’il courbe si bien l’échine devant la bienpensance), je veux nommer Manuel Valls, est le premier à enfourcher son destrier pour crier « Sus aux Sarrazins ». Pour un peu, il ferait passer Philippe de Villiers pour un modéré.

Manuel Valls est un homme de conviction : républicain intransigeant à Paris, monarchiste énamouré à Barcelone. C’est le retournement de veste permanent. Certains le taxent de « rocardisme », c’est aller un peu vite en besogne. En 1959, Michel Rocard dénonce, dans un rapport qui fera grand bruit, le regroupement de plus d’un million de fellahs dans des camps. Il sauvera ainsi la vie de plusieurs milliers d’Algériens. Un épisode fondateur dans son parcours. On peut penser tout ce que l’on veut de Michel Rocard, mais la rigueur de son éthique protestante lui interdisait de commettre les bassesses de Manuel Valls qui serait plutôt pour les camps où l’on enferme ceux qu’il désigne à la vindicte populaire.

Voici ce que rapporte le HuffingtonPost du 18 octobre 2020 à) propos de Manuel Valls : « Et d’appeler Emmanuel Macron à prendre des mesures concrètes, l’actuel Président de la République et son rival du temps où ils étaient ministres ensemble s’étant longuement opposés sur ce sujet. “Il faut agir pour éradiquer l’islamisme partout”, a donc lancé Manuel Valls ce dimanche, “dans les quartiers, dans les rues, dans les associations  ».  C’est la ratonnade généralisée comme au temps de la guerre d’Algérie.

Islamisme, dites-vous ?

On pourrait gloser à souhait sur « islamisme radical, islamistes-terroristes », mais « islamisme », il s’agit bien de la religion et de ses adeptes. L’Islamisme est aux musulmans, ce que le Catholicisme est aux partisans du Vatican, le protestantisme aux adeptes de Luther et de Calvin, le Judaïsme aux héritiers de Moïse et le Bouddhisme à Bouddha. Il s’agit bien alors d’une discrimination raciste quand est distingué l’Islam des autres religions.

La folie souffle dans beaucoup de cerveaux. Ainsi, on apprend qu’un « Collectif » dit « laïque » qui n’a de collectif et de laïque que le nom, fait un communiqué le 19 octobre 2020 intitulé « Ne plus tergiverser face à l’offensive islamiste ». On n’a jamais vu un communiqué de cette « structure » – qui ne représente pas grand-chose, hormis peut-être les Obédiences maçonniques, dont la participation et l’accord est d’ailleurs à géométrie variable – faire un communiqué dénonçant l’offensive du catholicisme contre l’IVG, le mariage pour tous, la GPA et la PMA. Ce qui sous-entend que l’Islam n’est pas une religion comme les autres. Qu’est-ce donc, sinon du racisme et de la discrimination ? Le cléricalisme, l’intégrisme, le radicalisme, ne concerneraient que l’Islam ? Voici une position qui est aux antipodes de la laïcité qui traite toutes les religions à égales distances de la chose publique.

Il n’en fallait pas plus non plus pour que les sicaires sans morale du « Printemps républicain » (qu’on devrait plutôt renommer « Hiver de la conscience ») s’en prennent violemment au maire de Grenoble qui refuse de mettre en place une « Charte liberticide de la laïcité ». Voici ce qu’en rapportent les médias : « Un rejet condamné par le Printemps républicain. Qui pointe aussi le refus du maire de Grenoble d’exiger le remboursement des 3 800 euros de subventions versées au CCIF. « À défaut de manifester des convictions clairement républicaines et laïques, ces décisions ont au moins le mérite de la clarté », souligne-t-il. Flic un jour, flic toujours.

Sigmund, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Il est toujours intéressant d’analyser en matière psychanalytique que ce que reprochent les détraqués aux autres est souvent le produit de leurs fantasmes et de leurs désirs refoulés. Il est frappant de constater que la question de l’argent (premiers de cordées, ruissellement, subventions sous conditions, etc.) est la marque du régime de la Macronie.

On aimait bien Brassens « Pas d’argent, pas d’épices », on déteste « Pas de soumission, pas de subvention ».

On assiste bien à une tentative totalitaire de renverser les valeurs démocratiques issues de la Révolution française.

Adolphe Thiers, sors de ce corps !

Quant à nous libres penseurs, laïques, démocrates, vrais républicains, syndicalistes, militants ouvriers, nous affirmerons toujours qu’entre le pouvoir (quel qu’il soit) et notre conscience et nos idées, nous choisirons toujours notre conscience, quitte à être des révoltés, ceux qui disent Non comme le rappelait Albert Camus.

Entre Créon et Antigone, nous avons fait notre choix.

Christian Eyschen

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En direct avec Pierre Stambul

16 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

En direct avec Pierre Stambul

La Raison : Bonjour, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Pierre Stambul : Je suis professeur de mathématiques retraité, issu d’une famille juive athée venue d’un pays disparu (la Bessarabie). Mes parents, communistes dans leur jeunesse, ont été pendant la Seconde guerre mondiale des résistants dans la MOI (Main d’Œuvre Immigrée). Ma mère a été la seule survivante d’une famille exterminée. Mon père, membre du groupe Manouchian, a été déporté à Buchenwald.

Depuis Mai 1968, je suis communiste libertaire, mais je n’ai jamais appartenu à un groupe politique. J’ai milité dans des comités d’action, des groupes de soutien aux prisonniers politiques sud-américains, au MLAC (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et la Contraception). Mais surtout comme syndicaliste enseignant, dans l’École Émancipée puis, après la scission, dans la tendance syndicale révolutionnaire « Émancipation« .

J’ai adhéré à l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) en 2002 avec beaucoup d’hésitations au départ, le « J » me posait problème. Depuis cette adhésion, j’ai fait plusieurs séjours en Israël/Palestine et notamment deux séjours à Gaza qui m’ont fortement marqué. Je suis auteur ou co-auteur de plusieurs livres contre le sionisme et sur la Palestine. Le dernier s’appelle « La Nakba ne sera jamais légitime« . Il y a deux livres sur Gaza.

L.R : Tu es un des animateurs de l’Union Juive Française pour la Paix. Peux-tu nous dire quelles sont les analyses de cette association sur le conflit au Moyen-Orient et quelles solutions préconise-t-elle ?

P.S : Je n’aime pas le mot conflit. Il s’agit de la guerre coloniale menée par un État sur-armé contre un peuple désarmé. Il n’y a aucune symétrie. Je n’aime pas non plus qu’on commence à parler des solutions. Pour l’instant, il n’y a aucun rapport de force pour une « solution juste » quelle qu’elle soit.

L’UJFP est une association juive laïque qui existe depuis 1994. Au début, ses positions se résument à « Pas de crimes en notre nom » sur le mode : « nous sommes des Juifs propres sur nous« , nous n’avons rien à voir avec les crimes commis par l’armée israélienne. Très vite, nous avons découvert les mots qu’il faut mettre sur cette guerre : occupation, colonisation, apartheid, racisme, crimes de guerre, crimes contre l’Humanité. J’ai été de ceux qui ont poussé pour que l’UJFP passe d’un positionnement « non sioniste » à l’antisionisme. C’est chose faite à présent. Pour nous, le sionisme est un crime contre les Palestiniens et une injure à notre histoire, notre mémoire et nos identités. Toute paix juste signifie la fin du sionisme. Et nous considérons les accords d’Oslo comme une mystification qui a exigé de l’occupé qu’il assure la sécurité de l’occupant et qui a permis au rouleau compresseur colonial d’avancer sans obstacle.

L’UJFP fait partie de BDS France (BDS = Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Nous souscrivons totalement à cet appel palestinien aux sociétés civiles du monde entier qui date de 2005 et propose contre Israël une stratégie semblable à celle utilisée contre l’apartheid sud-africain. Rappelons les trois revendications du BDS : 1) Liberté (fin de l’occupation, de la colonisation, destruction du mur qui balafre la Palestine, libération de tous les prisonniers, fin du blocus de Gaza …). 2) Égalité (cela concerne essentiellement les Palestiniens d’Israël et ceux de Jérusalem. 3) Justice (cela veut dire le droit au retour des réfugiés palestiniens puisque le crime fondateur, commis en 1948, a été leur expulsion).

Le sionisme est au départ une théorie de la séparation et, de ce fait, il est complice de l’antisémitisme, puisqu’il veut séparer les Juifs du reste de l’Humanité. C’est aussi un roman national meurtrier (la fable de l’exil et du retour), un colonialisme de remplacement, un nationalisme qui a inventé le peuple, la langue et la terre et aujourd’hui une idéologie suprématiste qui a arrimé l’Etat d’Israël et ses soutiens à l’impérialisme. Pour nous au Proche-Orient comme en France, il n’y a pas d’alternative au « vivre ensemble dans l’égalité des droits« .

L.R : On assiste aujourd’hui à un véritable délire antimusulman. L’UJFP l’a comparé à l’atmosphère pogromique des années 1930. Pouvez-vous expliquer ?

P.S : Si on prend toutes les horreurs qui sont dites aujourd’hui contre les musulmans et si on remplace le mot « musulman » par le mot « juif« , on a le discours des années 1930. Nous n’avons pas oublié que les Juifs ont été les « parias asiatiques inassimilables » de l’Europe. Et que l’antisémitisme a été pendant un siècle le dénominateur commun de toutes les idéologies d’extrême droite. Nous savons dans notre chaire à quoi a mené ce discours.

Aujourd’hui, l’islamophobie (ou le délire antimusulman si ce mot dérange) occupe la même place centrale. Le musulman est désigné comme l’ennemi intérieur, cela justifie toutes les discriminations au travail ou au logement dont ils sont victimes ou l’amoncèlement de lois (la dernière contre le « séparatisme ») qui les stigmatisent et les visent spécifiquement. Si de façon générale, les incroyables bavures policières de ces dernières années sont restées impunies, celles visant les musulmans le sont systématiquement. Les médias (Valeurs actuelles, Causeur …), les idéologues (Zemmour …), les politiciens (Ciotti, Darmanin …) n’hésitent plus à les désigner comme des terroristes en puissance. Certains poussent la stigmatisation jusqu’à prôner l’interdiction de la viande halal. Le même pouvoir qui confond sciemment antisionisme et antisémitisme se lâche sans retenue contre l’Islam coupable de tous les maux. Sauf évidemment contre l’Islam des féodaux du Golfe. Ceux-là sont nos alliés et nous les armons.

Nous assistons aussi à un détournement de la laïcité. Les supporters les plus effrénés de l’école privée ou du démantèlement des services publics essaient de transformer la laïcité ou les « valeurs républicaines » en une machine de guerre contre les musulmans.

La répression contre les migrants et les Sans-Papiers s’ajoute à ce racisme assumé. En 1938, la Conférence d’Évian avait conclu qu’on pouvait laisser crever les Juifs qui fuyaient l’Allemagne Nazie. Aujourd’hui l’Europe « libérale » laisse crever en Méditerranée ceux qui fuient la misère que ce monde capitaliste a créée.
L’UJFP est clairement solidaire avec le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) menacé de dissolution dans le cadre d’un véritable racisme d’État. Nous travaillons depuis des années avec eux, mais aussi avec la « Voix des Roms » et la « Brigade Anti-négrophobie« , parce que nous considérons qu’il faut lutter contre le racisme sous toutes ses formes. Si les musulmans ont créé une association luttant spécifiquement contre le racisme qui les vise, c’est sans doute parce qu’ils se sentent mal défendus. Darmanin en vient à nier le droit du CCIF à exister puisque « l’islamophobie n’existe pas« . Donc pour lui, dénoncer ce que subissent les musulmans, c’est du terrorisme !

L.R : L’UJFP est-elle une sorte de continuité dans le temps du célèbre Bund qui réunissait les révolutionnaires du Yiddishland ? 

P.S : Bien sûr le Bund fait partie des nombreuses voix juives antisionistes dont nous nous réclamons. Le Bund est lié à la Pologne et aux pays baltes. Mais il y a eu et il y a toujours aujourd’hui des voix juives antisionistes dans le monde arabo-musulman, en Allemagne, aux États-Unis, en Israël … Nous sommes en train d’écrire un ouvrage collectif qui va publier de nombreux textes juifs contre le sionisme de toutes époques et de toutes les régions du monde.

Le Bund s’adressait à ce que Shlomo Sand appelle le « peuple yiddish« . En 1881, il y a 6 millions de Juifs dans l’Empire russe sur 135 millions d’habitants. Cela représente probablement les 2/3 des Juifs du monde entier. Leur prolétarisation et les pogroms organisés par la police vont détacher toute une partie de ce prolétariat de la religion et provoquer une adhésion assez massive à la nécessité de la Révolution.

Tous les Juifs révolutionnaires de cette époque considèrent que leur émancipation, en tant que minorité opprimée, passe par l’émancipation de l’Humanité. En ce sens l’UJFP, qui défend, au nom des droits fondamentaux, ceux des Palestiniens, est dans une tradition ancienne qu’on retrouve aussi ailleurs chez des Juifs du monde arabe comme Abraham Serfaty ou Henri Curiel.

Ce qui différencie les membres du Bund de tous les partis ou mouvements bolcheviks, mencheviks, socialistes révolutionnaires, anarchistes de l’époque, c’est qu’ils ne considèrent pas que leur spécificité, leur langue ou leur culture, doivent disparaître. L’égalité des droits ne suppose pas l’uniformité et l’effacement des différences. Au contraire, on doit s’enrichir avec la différence de « l’autre« .

L.R : Comment analyses-tu le Bund, son apport, ses faiblesses éventuelles et ce qu’il en reste aujourd’hui, au-delà de la mémoire nécessaire ?

P.S : Le Bund a été accusé de séparatisme. Rejeté par la Troisième internationale, il se retrouvera dans la Deuxième, au côté de ceux qui ont participé à la boucherie de 1914-1918 en prônant « l’Union Sacrée« . Cela n’enlève rien au fait que sa revendication « d’autonomie culturelle« , c’est-à-dire le droit d’avoir sa langue, ses écoles, ses journaux, son théâtre sur place, sans territoire spécifique, est une splendide réponse aux sionistes et aux nationalistes de toute espèce. J’ai été enthousiasmé en constatant qu’un des partis palestiniens d’Israël (le Balad, l’extrême-gauche) reprend cette revendication d’autonomie culturelle.

Le Bund a été farouchement antisioniste. Pour lui, le sionisme, c’était le parti de la bourgeoisie, nettement minoritaire et trop souvent complice des antisémites. Sionistes et antisémites ont toujours partagé l’idée que Juifs et non-Juifs ne pouvaient pas vivre ensemble et qu’il fallait vider l’Europe de ses Juifs. Le Bund a entrevu que la colonisation de la Palestine était une injustice majeure creusant un fossé jusque-là inexistant entre Juifs et Arabes.

L’histoire n’a pas donné raison à ceux qui croyaient que la Révolution ferait disparaître le racisme et le nationalisme. De l’élimination des révolutionnaires tchèques, hongrois, polonais, bulgares, roumains d’origine juive après 1945 au pogrom de Kielce (1946), au complot des « blouses blanches » en passant par l’expulsion des Juifs polonais en 1968, le monde stalinien a prolongé le racisme de l’époque tsariste.

Le Bund était lié au Yiddishland. Les Nazis n’ont pas seulement exterminé six millions de Juifs. Ils ont détruit de façon irréversible les sociétés dans lesquelles cette culture avait vécu. En poussant les rescapés à partir pour Israël, les vainqueurs de 1945 ont contribué à éradiquer ce qui avait produit le Bund.

L.R : Veux-tu rajouter quelque chose pour nos lecteurs, notamment comment vous contacter s’ils le désirent ?

P.S : L’UJFP a un site très fourni qui publie en permanence nos textes, ceux des Palestiniens, des anticolonialistes israéliens ou des antiracistes d’ici. Nous avons un local au CICP, 21 ter rue Voltaire 75011, Paris. Nous sommes partie prenante de nombreux collectifs. Nous apportons une aide directe à la société civile palestinienne et nous sommes très fiers de ce que, avec le mouvement de solidarité français, nous avons pu réaliser pour que les paysans de la Bande de Gaza puissent vivre de leur production et nourrir la population sous blocus hermétique.

Nous ne sommes pas religieux, nous ne sommes pas communautaires. Nous refusons de laisser les soutiens à un régime militariste et raciste, allié de tout ce que le monde compte comme soudards brutaux, parler au nom des Juifs et encore plus, au nom de la mémoire du génocide.

Vous avez constaté que je n’ai pas parlé de la problématique un État/deux États qui vous est probablement chère. Pour nous l’État juif, discriminatoire et né d’un nettoyage ethnique prémédité, n’a aucune légitimité. Et il n’y a pas d’alternative au « vivre ensemble dans l’égalité des droits« . C’est sur cette base qu’un avenir sera possible si on parvient à infliger au sionisme le sort qu’a connu l’Apartheid sud-africain.

(Propos recueillis par Christian Eyschen)

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Avec l'article 24 de la loi « Sécurité Globale » Un nouveau délit-bâillon contre la liberté d’informer: l’interdiction de la diffusion d’images de policiers !

16 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

 

Chers amis, chers camarades,

Nous vous invitons à participer au Rassemblement contre le projet de loi « Sécurité globale », à l’initiative de l’Observatoire des libertés publiques (auquel participe la Libre Pensée), et de la Ligue des Droits de l’Homme.

La LDH propose également un projet de lettre pour interpeller les députés contre la loi sur la sécurité globale : loi sécurité globale mais libertés minimales !
https://www.ldh-france.org/loi-securite-globale-interpellez-vos-deputes/#

Nous comptons sur vous.

Amitiés libres penseuses

Christian Baqué

Président de la Fédération de la Gironde

 

Vous pouvez cocher la case 1 « déplacements professionnels ne pouvant être différés »… ou la case de votre choix. N’oubliez pas votre masque, ils sont obligatoires à Bordeaux.

 

Avec l'article 24 de la loi « Sécurité Globale »

Un nouveau délit-bâillon contre la liberté d’informer:

l’interdiction de la diffusion d’images de policiers !

Rassemblement

Mardi 17 novembre 2020 à 18h

Parvis des droits de l'homme à Bordeaux.

Le nouveau délit que vise à créer la proposition de loi Sécurité Globale interdira toute diffusion, soi-disant malveillante, d’images non-floutées de policiers ou de gendarmes.

Son objectif réel de restreindre le droit des journalistes et de la presse, et plus largement le droit d’informer, notamment des observateurs et observatrices ou des simples citoyens et citoyennes. Derrière cette proposition de loi, il s’agit d’empêcher la dénonciation des violences policières que les images professionnelles et amateurs ont permis de révéler ces dernières années.

Cette disposition, censée viser la protection des policiers, est disproportionnée par rapport à la réalité de la menace qui pèserait sur eux.

La protection des forces de l’ordre, objectif légitime dans une société démocratique, est déjà assurée dans le Code pénal et la loi de 1881 qui sanctionnent le cyberharcèlement, la provocation à la commission d’un crime ou d’un délit et les menaces de commettre un délit ou un crime.

La condition posée à la constitution du délit, relatif au but de porter atteinte à l’intégrité « physique ou psychique » des policiers ou gendarmes est un leurre. Derrière l’intégrité psychique, notion vague, se cache en réalité toute image qui dérangerait les forces de l’ordre, à commencer par celles qui font état de violences commises par elles.

Ce nouveau délit permettrait d’interpeller tout journaliste ou toute personne qui filme et est soupçonnée de diffuser en direct une opération de police, de le placer en garde à vue et de l’envoyer devant un tribunal en saisissant son matériel professionnel. Seul le tribunal sera à même de déterminer si l’intention malveillante est établie. Le mal serait déjà fait. Un simple soupçon de diffusion malveillante servira ainsi mettre en place des procédures baillons ou d’intimidation.

Ces procédures auront tout de procédures-baillons. Elles dissuaderont les personnes qui voudraient dénoncer les atteintes aux droits humains de le faire. La vidéo est pourtant le seul outil de protection contre ces violences commises par ceux qui doivent en protéger.

Nous appelons donc à la suppression pure et simple de cette disposition.

Nos organisations se rassembleront dans le respect des règles sanitaires le mardi 17 novembre 2020, premier jour du vote à l'Assemblée de ce texte, à 18h sur le Parvis des droits de l'Homme, à Bordeaux. 

Signataires :

L’Observatoire girondin des libertés publiques (OGLP), Ligue des droits de l’Homme (Bordeaux et Gironde), Libre Pensée Fédération de la Gironde, FSU 33, SAF Bordeaux, AC! Gironde, Club de la presse de Bordeaux- Nouvelle Aquitaine, CFDT-Journalistes, SNJ-CGT 33, La Clé des Ondes, Collectif Macadam Press, Greenpeace Bordeaux, Amnesty International Bordeaux, Union Juive française pour la Paix - Aquitaine, Collectif Bienvenue.

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Avec l'article 24 de la loi « Sécurité Globale » Un nouveau délit-bâillon contre la liberté d’informer: l’interdiction de la diffusion d’images de policiers !

16 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

 

Chers amis, chers camarades,

Nous vous invitons à participer au Rassemblement contre le projet de loi « Sécurité globale », à l’initiative de l’Observatoire des libertés publiques (auquel participe la Libre Pensée), et de la Ligue des Droits de l’Homme.

La LDH propose également un projet de lettre pour interpeller les députés contre la loi sur la sécurité globale : loi sécurité globale mais libertés minimales !
https://www.ldh-france.org/loi-securite-globale-interpellez-vos-deputes/#

Nous comptons sur vous.

Amitiés libres penseuses

Christian Baqué

Président de la Fédération de la Gironde

 

Vous pouvez cocher la case 1 « déplacements professionnels ne pouvant être différés »… ou la case de votre choix. N’oubliez pas votre masque, ils sont obligatoires à Bordeaux.

 

Avec l'article 24 de la loi « Sécurité Globale »

Un nouveau délit-bâillon contre la liberté d’informer:

l’interdiction de la diffusion d’images de policiers !

Rassemblement

Mardi 17 novembre 2020 à 18h

Parvis des droits de l'homme à Bordeaux.

Le nouveau délit que vise à créer la proposition de loi Sécurité Globale interdira toute diffusion, soi-disant malveillante, d’images non-floutées de policiers ou de gendarmes.

Son objectif réel de restreindre le droit des journalistes et de la presse, et plus largement le droit d’informer, notamment des observateurs et observatrices ou des simples citoyens et citoyennes. Derrière cette proposition de loi, il s’agit d’empêcher la dénonciation des violences policières que les images professionnelles et amateurs ont permis de révéler ces dernières années.

Cette disposition, censée viser la protection des policiers, est disproportionnée par rapport à la réalité de la menace qui pèserait sur eux.

La protection des forces de l’ordre, objectif légitime dans une société démocratique, est déjà assurée dans le Code pénal et la loi de 1881 qui sanctionnent le cyberharcèlement, la provocation à la commission d’un crime ou d’un délit et les menaces de commettre un délit ou un crime.

La condition posée à la constitution du délit, relatif au but de porter atteinte à l’intégrité « physique ou psychique » des policiers ou gendarmes est un leurre. Derrière l’intégrité psychique, notion vague, se cache en réalité toute image qui dérangerait les forces de l’ordre, à commencer par celles qui font état de violences commises par elles.

Ce nouveau délit permettrait d’interpeller tout journaliste ou toute personne qui filme et est soupçonnée de diffuser en direct une opération de police, de le placer en garde à vue et de l’envoyer devant un tribunal en saisissant son matériel professionnel. Seul le tribunal sera à même de déterminer si l’intention malveillante est établie. Le mal serait déjà fait. Un simple soupçon de diffusion malveillante servira ainsi mettre en place des procédures baillons ou d’intimidation.

Ces procédures auront tout de procédures-baillons. Elles dissuaderont les personnes qui voudraient dénoncer les atteintes aux droits humains de le faire. La vidéo est pourtant le seul outil de protection contre ces violences commises par ceux qui doivent en protéger.

Nous appelons donc à la suppression pure et simple de cette disposition.

Nos organisations se rassembleront dans le respect des règles sanitaires le mardi 17 novembre 2020, premier jour du vote à l'Assemblée de ce texte, à 18h sur le Parvis des droits de l'Homme, à Bordeaux. 

Signataires :

L’Observatoire girondin des libertés publiques (OGLP), Ligue des droits de l’Homme (Bordeaux et Gironde), Libre Pensée Fédération de la Gironde, FSU 33, SAF Bordeaux, AC! Gironde, Club de la presse de Bordeaux- Nouvelle Aquitaine, CFDT-Journalistes, SNJ-CGT 33, La Clé des Ondes, Collectif Macadam Press, Greenpeace Bordeaux, Amnesty International Bordeaux, Union Juive française pour la Paix - Aquitaine, Collectif Bienvenue.

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Avec l'article 24 de la loi « Sécurité Globale » Un nouveau délit-bâillon contre la liberté d’informer: l’interdiction de la diffusion d’images de policiers !

16 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

 

Chers amis, chers camarades,

Nous vous invitons à participer au Rassemblement contre le projet de loi « Sécurité globale », à l’initiative de l’Observatoire des libertés publiques (auquel participe la Libre Pensée), et de la Ligue des Droits de l’Homme.

La LDH propose également un projet de lettre pour interpeller les députés contre la loi sur la sécurité globale : loi sécurité globale mais libertés minimales !
https://www.ldh-france.org/loi-securite-globale-interpellez-vos-deputes/#

Nous comptons sur vous.

Amitiés libres penseuses

Christian Baqué

Président de la Fédération de la Gironde

 

Vous pouvez cocher la case 1 « déplacements professionnels ne pouvant être différés »… ou la case de votre choix. N’oubliez pas votre masque, ils sont obligatoires à Bordeaux.

 

Avec l'article 24 de la loi « Sécurité Globale »

Un nouveau délit-bâillon contre la liberté d’informer:

l’interdiction de la diffusion d’images de policiers !

Rassemblement

Mardi 17 novembre 2020 à 18h

Parvis des droits de l'homme à Bordeaux.

Le nouveau délit que vise à créer la proposition de loi Sécurité Globale interdira toute diffusion, soi-disant malveillante, d’images non-floutées de policiers ou de gendarmes.

Son objectif réel de restreindre le droit des journalistes et de la presse, et plus largement le droit d’informer, notamment des observateurs et observatrices ou des simples citoyens et citoyennes. Derrière cette proposition de loi, il s’agit d’empêcher la dénonciation des violences policières que les images professionnelles et amateurs ont permis de révéler ces dernières années.

Cette disposition, censée viser la protection des policiers, est disproportionnée par rapport à la réalité de la menace qui pèserait sur eux.

La protection des forces de l’ordre, objectif légitime dans une société démocratique, est déjà assurée dans le Code pénal et la loi de 1881 qui sanctionnent le cyberharcèlement, la provocation à la commission d’un crime ou d’un délit et les menaces de commettre un délit ou un crime.

La condition posée à la constitution du délit, relatif au but de porter atteinte à l’intégrité « physique ou psychique » des policiers ou gendarmes est un leurre. Derrière l’intégrité psychique, notion vague, se cache en réalité toute image qui dérangerait les forces de l’ordre, à commencer par celles qui font état de violences commises par elles.

Ce nouveau délit permettrait d’interpeller tout journaliste ou toute personne qui filme et est soupçonnée de diffuser en direct une opération de police, de le placer en garde à vue et de l’envoyer devant un tribunal en saisissant son matériel professionnel. Seul le tribunal sera à même de déterminer si l’intention malveillante est établie. Le mal serait déjà fait. Un simple soupçon de diffusion malveillante servira ainsi mettre en place des procédures baillons ou d’intimidation.

Ces procédures auront tout de procédures-baillons. Elles dissuaderont les personnes qui voudraient dénoncer les atteintes aux droits humains de le faire. La vidéo est pourtant le seul outil de protection contre ces violences commises par ceux qui doivent en protéger.

Nous appelons donc à la suppression pure et simple de cette disposition.

Nos organisations se rassembleront dans le respect des règles sanitaires le mardi 17 novembre 2020, premier jour du vote à l'Assemblée de ce texte, à 18h sur le Parvis des droits de l'Homme, à Bordeaux. 

Signataires :

L’Observatoire girondin des libertés publiques (OGLP), Ligue des droits de l’Homme (Bordeaux et Gironde), Libre Pensée Fédération de la Gironde, FSU 33, SAF Bordeaux, AC! Gironde, Club de la presse de Bordeaux- Nouvelle Aquitaine, CFDT-Journalistes, SNJ-CGT 33, La Clé des Ondes, Collectif Macadam Press, Greenpeace Bordeaux, Amnesty International Bordeaux, Union Juive française pour la Paix - Aquitaine, Collectif Bienvenue.

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Le droit à l’avortement attaqué de toutes parts : un symptôme de la crise de la démocratie Posté le13 novembre 2020Auteuradmin

13 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

Le droit à l’avortement attaqué de toutes parts : un symptôme de la crise de la démocratie

Amy Coney Barrett

Là où le droit à disposer librement de son corps est entravé, les libertés, notamment celle de conscience, sont violées. Le 22 octobre 2020, sous l’impulsion des États-Unis d’Amérique, dont la dernière juge nommée à la Cour suprême par Donald TrumpAmy Coney Barrett est ouvertement hostile à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et tentera de remettre en cause l’arrêt Roe vs Wade de janvier 1973 qui en reconnaît la légalité, trente-deux États ont adopté une déclaration commune aux termes de laquelle « Il n’y a pas de droit international à l’avortement, ni d’obligation des États de financer ou de faciliter l’avortement ».

Selon eux, il s’agit de garantir la santé des femmes, de renforcer la famille et de préserver la vie humaine. Cette position est celle du canon 1398 du code de Droit canonique catholique, de l’encyclique Evangelium vitæ de 1995, des dogmes enseignés par l’Église orthodoxe, diverses sectes protestantes, notamment évangéliques, ou de nombreux religieux musulmans, même si le Coran ne dit rien de cette question. Parmi ces pays figurent des États qui restreignent sérieusement les libertés démocratiques, tels le Brésil, l’Égypte, la Hongrie, le Bélarus et la Pologne.

Des USA à la Pologne : la réaction sur toute la ligne

Wanda Nowicka

Le même jour, comme l’avait justement prévu dès 2017 notre amie Wanda Nowicka, députée à la Diète polonaise, dans un entretien accordé à la Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP), le Tribunal constitutionnel de la République de Pologne, saisi en 2019 par le parti national catholique des très réactionnaires Andrzej Duda et Jaroslaw Kaczynski, improprement intitulé Droit et Justice, a jugé que l’avortement, provoqué même en raison d’une malformation sévère et irréversible du fœtus — la principale cause du nombre très faible des IVG légalement pratiquées chaque année dans ce pays (moins de 1 100 en 2018) — serait contraire à la loi fondamentale. Cela signifie que l’avortement, libre et gratuit de 1956 à 1993, puis fortement restreint depuis lors, n’est plus désormais autorisé en Pologne qu’en cas de viol, d’inceste ou de risque vital pour la mère.

La commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Mme Dunja Mijatovic, a fermement condamné cette décision : « Éliminer les motifs de quasiment tous les avortements légaux équivaut pratiquement à les interdire et à violer les droits de l’Homme. » L’une des dirigeantes de la Plateforme civique, première force d’opposition au régime national-catholique, a publiquement accusé les évêques polonais de créer un « enfer pour les femmes », contraintes de recourir à des IVG clandestines et dangereuses (de 80 000 à 100 000 chaque année) ou d’aller à l’étranger pour avorter. En dépit de l’épidémie de la Covid 19, des milliers d’entre elles se sont mises en grève et l’arrêt du tribunal constitutionnel a suscité d’importantes manifestations de rue pendant plusieurs jours dont certaines étaient dirigées contre les églises, le dimanche 25 octobre 2020. Cette ample mobilisation a contraint le tribunal constitutionnel à suspendre son arrêt, le 4 novembre 2020.

Et en France ?

D’aucuns pourraient penser que la France échappe à cette vague réactionnaire puisque que, le 8 octobre 2020, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, malgré les réticences du gouvernement et surtout du Président de la République, une proposition de loi visant à renforcer le droit à l’avortement, déposée en août dernier par des députés siégeant sur différents bancs, à l’initiative du défunt groupe Écologie, Démocratie, Solidarité (EDS). Ce texte encore en discussion porte de douze à quatorze semaines le délai pendant lequel une IVG peut être pratiquée, et autorise les sages-femmes à procéder, le cas échéant, aux gestes chirurgicaux de l’IVG, de manière à répondre aux besoins des cinq mille femmes actuellement contraintes de se rendre à l’étranger pour avorter. Si cette mesure est par elle-même positive, pour autant elle n’a rien d’exceptionnel et ne permet pas de lever, en tout état de cause, les obstacles qui entravent en pratique le droit à l’avortement en France.

D’une part, des pays autorisent l’IVG pendant des périodes plus longues : vingt-quatre semaines au Royaume-Uni ; vingt-deux semaines aux Pays-Bas ; dix-huit semaines en Suède. La France ne fait que s’aligner sur la situation en vigueur dans les pays, dont on dit pourtant qu’ils sont fortement catholiques comme l’Autriche et l’Espagne. D’autre part, beaucoup de centres d’IVG ont cessé leur activité ou sont appelés à disparaître comme le constate Mme Valentine Becquet, chercheure à l’Institut national de études démographiques (INED) commentant le rapport annuel sur l’IVG de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère chargé des Affaires sociales : « Il y a encore beaucoup de centres d’orthogénie qui ferment et par endroits les femmes ont beaucoup de mal à avorter »

Par suite, les capacités d’accueil des femmes concernées et les moyens consacrés à l’IVG diminuent. Au surplus, le rapport de la DREES met en évidence d’importantes inégalités territoriales qui constituent une difficulté majeure pour les femmes habitant une zone dépourvue d’équipement et souhaitant avorter. Enfin, le texte en cours d’examen au Parlement laisse entier le problème de l’incidence de la clause de conscience reconnue aux praticiens sur l’effectivité du droit à l’avortement, que l’allongement du délai légal risque d’ailleurs de conduire à invoquer très souvent pendant les treizième et quatorzième semaines.

Si le médecin ou, à l’avenir, la sage-femme, sera tenu, comme actuellement, d’« […] informer, sans délai, l’intéressée de son refus et [de] lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention […] », si les Agences régionales de santé seront contraintes de publier « […] un répertoire recensant, sous réserve de leur accord, les professionnels de santé ainsi que l’ensemble des structures pratiquant l’interruption volontaire de grossesse […] », pour autant, en cas d’urgence, cette opposition restera un obstacle infranchissable pour nombre des femmes concernées.

Clause de conscience ou conscience close ?

Par ailleurs, la Libre Pensée considère qu’il faut mettre à nouveau en débat la question de la clause de conscience, qui autorise un médecin à mettre en avant sa conviction personnelle pour ne pas accomplir l’acte médical légal de l’IVG. De fait, ce privilège de conscience du praticien s’oppose au droit à l’IVG et à la libre décision des femmes souhaitant avorter. S’il n’est pas en lui-même illégitime, en revanche, il paraît incompatible avec la mission de service public incombant aux établissements publics de santé où chaque individu doit pouvoir trouver la réponse médicale qu’appelle son état de santé, et que nécessite également l’exercice de ses droits à user librement de son corps, qu’ils soient d’ores et déjà reconnus, comme celui d’interrompre une grossesse, ou à conquérir, comme celui de bénéficier d’une aide médicale à mourir.

Un médecin a parfaitement le droit de refuser de pratiquer une IVG pour des motifs religieux. Toutefois, ce refus doit le conduire à exercer dans des établissements privés n’acceptant pas d’accueillir des femmes souhaitant avorter. La réciproque est d’ailleurs vraie : par exemple, pour des raisons tenant à leurs convictions religieuses, des patientes peuvent fort bien refuser un examen gynécologique pratiqué par un homme, mais doivent pour cela éviter l’hôpital public, dont l’organisation ne saurait dépendre de considérations de cette nature.

En quelque sorte, il s’agit d’appliquer au domaine de la santé en général et de l’IVG en particulier les principes applicables à l’École : un enseignant qui refuserait de présenter des parties du programme qu’il est chargé d’appliquer pour des raisons d’ordre spirituel ne pourrait exercer dans un établissement scolaire public.

La Libre Pensée entend ouvrir ce débat publiquement.

***

Dans ces conditions, la Fédération Nationale de la Libre Pensée :
1°- Dénonce la déclaration commune du 22 octobre 2020 adoptée par trente-deux États en tant qu’elle met en cause la liberté de conscience et le droit des femmes de disposer librement de leur corps qui en découle ;
2°- Apporte son soutien inconditionnel aux femmes et au peuple polonais dans leur combat pour le droit à l’avortement, interdit par l’Église et le régime national-catholique autoritaire de M. Jaroslaw Kaczynski ;
3°- Exige en France la création des centres d’IVG et la constitution des équipes médicales nécessaires au plein exercice du droit à l’avortement libre et gratuit.
4°- Apporte son soutien plein et entier au Planning familial dans son action quotidienne

Paris le 13 novembre 2020

 

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11 NOVEMBRE 2020/ VIDEO FNLP et video LP04 au monument pacifiste et antimilitariste Victorin Maurel à Château-Arnoux

11 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

 

11 NOVEMBRE 2020/ VIDEO FNLP et video LP04 au monument pacifiste et antimilitariste Victorin Maurel à Château-Arnoux

Rassemblements pacifistes autour du 11 novembre 2020

Télécharger « Rassemblements et initiatives autour du 11 novembre 2020.rtf »

 

VIDEO FNLP:

 

TELECHARGEZ LE DISCOURS FNLP en pdf:

 https://www.fnlp.fr/wp-content/uploads/2020/11/zDiscours-du-11-novembre-2020.pdf

 

 

 

* * * * *

11 NOVEMBRE 2020/ VIDEO FNLP et video LP04 au monument pacifiste et antimilitariste Victorin Maurel à Château-Arnoux

 CHÂTEAU-ARNOUX

11 NOVEMBRE 2020Discours  de la Fédération Nationale de la Libre Pensée et Prises de paroles au monument pacifiste et antimilitariste V.Maurel à Château-Arnoux

 

11 NOVEMBRE 2020/ VIDEO FNLP et video LP04 au monument pacifiste Victorin Maurel à Château-Arnoux

 Marc et Claude de la Libre Pensée 04- Son et vidéo: Bernard

11 NOVEMBRE 2020/ VIDEO FNLP et video LP04 au monument pacifiste Victorin Maurel à Château-Arnoux

" ...la guerre est un crime."

Victorin Maurel

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Discours de la Libre Pensée 04 et du Mouvement de la Paix 04

au monument pacifiste  Victorin Maurel à Château-Arnoux

Le 11 Novembre 2020 à 15H00:

Bandes sonores 

 

> le MOUVEMENT DE LA PAIX 04:

11 NOVEMBRE 2020/ VIDEO FNLP et video LP04 au monument pacifiste et antimilitariste Victorin Maurel à Château-Arnoux

Télécharger « INTERVENTION POUR LE 11.11.20[5325].pdf »

 > La LIBRE PENSEE 04:

11 NOVEMBRE 2020/ VIDEO FNLP et video LP04 au monument pacifiste et antimilitariste Victorin Maurel à Château-Arnoux

 

Télécharger « LP04.mp3 »

Télécharger « DISCOURS LP04 11 11 2020 CASA.pdf » 

 

VIDEO LP04

 

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 Flash sur TV D'ICI

https://www.dici.fr/actu/2020/11/11/alpes-de-haute-provence-une-ceremonie-paix-rehabilitation-fusilles-l-exemple-1461344

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Ah! Enfin la vidéo est en ligne! 11 NOVEMBRE 2020Discours  de la Fédération Nationale de la Libre Pensée et Prises de paroles au monument pacifiste et antimilitariste V.Maurel à Château-Arnoux 

 

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Scandale à la Maréchaussée !* Posté le9 novembre 2020Auteuradmin (article publié sur le blog Mediapart de la FNLP)

10 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

Scandale à la Maréchaussée !*

(article publié sur le blog Mediapart de la FNLP)

Une nouvelle fois, les xénophobes aux petits pieds s’en donnent à cœur-joie contre les présupposés musulmans. Le Point, journal qui n’a aucun rivage à droite, publie le 6 novembre 2020 un article sur le sondage réalisé à la demande du Comité-Laïcité-République, qui en tambours et en trompettes, claironne « Pour 57% des jeunes musulmans, la Charia plus importante que la République ». Eh bien, ma bonne dame !… La même chose est reprise par Marianne, c’est l’union sacrée gauche/droite de sinistre mémoire qui refait surface.

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Télécharger en pdf:

https://www.fnlp.fr/wp-content/uploads/2020/11/Scandale-a-la-Marechaussee.pdf

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https://www.fnlp.fr/2020/11/09/scandale-a-la-marechaussee/

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Scandale à la Maréchaussée !* Posté le9 novembre 2020Auteuradmin (article publié sur le blog Mediapart de la FNLP)

10 Novembre 2020 , Rédigé par librepensee04

Scandale à la Maréchaussée !*

(article publié sur le blog Mediapart de la FNLP)

Une nouvelle fois, les xénophobes aux petits pieds s’en donnent à cœur-joie contre les présupposés musulmans. Le Point, journal qui n’a aucun rivage à droite, publie le 6 novembre 2020 un article sur le sondage réalisé à la demande du Comité-Laïcité-République, qui en tambours et en trompettes, claironne « Pour 57% des jeunes musulmans, la Charia plus importante que la République ». Eh bien, ma bonne dame !… La même chose est reprise par Marianne, c’est l’union sacrée gauche/droite de sinistre mémoire qui refait surface.

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https://www.fnlp.fr/wp-content/uploads/2020/11/Scandale-a-la-Marechaussee.pdf

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