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 LIBRE PENSEE-Fédération des Alpes de Haute Provence (04)
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Blasphème ou insulte envers un groupe de personnes ? La toile s’emballe sous l’aiguillon de sombres arrière-pensées

3 Février 2020 , Rédigé par librepensee04

Télécharger « Affaire Mila.pdf »

***

Blasphème ou insulte envers un groupe de personnes ?

La toile s’emballe sous l’aiguillon de sombres arrière-pensées

Sur le réseau social Instagram, un jeune homme fait des avances appuyées à une jeune fille qui vient de signaler sa passion pour le chant. Homosexuelle, elle lui signifie qu’il doit cesser de l’importuner, ce qui est parfaitement son droit. L’éconduit l’aurait alors qualifiée de « sale lesbienne » et accusée de racisme et d’hostilité envers les musulmans. En réplique, elle poste une vidéo sur ce réseau, dans laquelle elle soutient que « L’islam c’est de la merde […] Je ne suis pas raciste, pas du tout. [Mais] votre religion c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le c…, au revoir. » Depuis lors, elle fait l’objet d’une campagne de harcèlement, comportant des menaces de viol et de mort, au point qu’elle a dû interrompre momentanément ses études. Le parquet a ouvert une double information judiciaire, l’une pour menaces de mort et de viol ayant entraîné une déscolarisation temporaire, l’autre pour provocation à la haine religieuse. La seconde vient d’être classée sans suite.

La Libre Pensée condamne les menaces de haine et de mort contre la jeune lycéenne

La garde des sceaux se lance dans des propos dont elle reconnaît par la suite, qu’ils sont inappropriés

Au lieu d’alimenter à nouveau la réflexion sur les dérives auxquelles peut conduire un usage irraisonné des réseaux sociaux, cette affaire nourrit au contraire une polémique irrationnelle où s’expriment à la fois des propos ineptes, des concessions inadmissibles aux cultes de la part de certaines autorités publiques, ainsi que des arrière-pensées politiques haineuses. Le délégué du Conseil français du culte musulman, M. Abdallah Zekri, soutient que l’adage « Qui sème le vent récolte la tempête » s’applique à la jeune fille, ce qui n’est pas de nature à calmer une campagne de haine inadmissible contre l’intéressée. La Garde des Sceaux affirme à tort, de son côté, que « L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience», alors que celle-ci comporte la possibilité de critiquer toutes les croyances, même de façon estimée insultante par les cultes. Elle vient de concéder que ces propos sont inappropriés. Des politiciens hostiles aux musulmans, qui se dissimulent en général derrière le paravent d’une pseudo-laïcité de combat frelatée et ici celui de la liberté d’expression, éructent et bavent de haine. Enfin, des juristes ont publié une tribune dans le journal Le Figaro, dans laquelle ils écrivent sans craindre l’excès : « Le parquet amorce le basculement de tous les dangers pour la liberté d’expression. »

La subtilité du droit s’accommode mal des passions tristes

Plutôt que de hurler avec les loups, la Fédération nationale de la Libre Pensée préfère rappeler le cadre juridique applicable en pareilles circonstances. Le droit de critiquer les religions, auquel elle est très attachée dans la mesure où, par sa nature même, elle défend la liberté absolue de conscience, ne comporte pas automatiquement celui d’insulter, individuellement ou collectivement, les croyants ni de les stigmatiser.

La notion de blasphème a largement été utilisée par les religions, notamment toutes les formes de christianisme et appelle la condamnation de toute parole jugée outrageante envers Dieu. De leur côté, les musulmans préfèrent le mot apostasie. Le délit de blasphème pollue encore le droit applicable dans bien des États démocratiques : les articles 198 et 199 du Code pénal grec, le Defamation Act en Irlande, entré en vigueur le 1er janvier 2010, les articles 166 du Code pénal allemand, 188 de celui de l’Autriche ou 724 de celui de la République italienne en témoignent.

La Libre Pensée ne revendique pas un « droit au blasphème »,  ce qui serait reconnaître un dogme religieux et l’institutionnaliser, mais se prononce pour une totale liberté d’expression et de critique.

La liberté sans l’offense pour les croyants : la Cour européenne des droits de l’Homme sur une ligne de crête

La Cour européenne des Droits de l’Homme

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) qui est chargée de contrôler l’application de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950, s’emploie à reconnaître aux États membres du Conseil de l’Europe « une marge d’appréciation » pour articuler « La liberté de pensée, de conscience et de religion » et « La liberté d’expression », respectivement protégées par les articles 9 et 10 de cette Convention.

En cas de difficulté de conciliation de ces deux libertés, sa jurisprudence constante a été de reconnaître à chacun le droit de tenir des propos qui « heurtent, choquent et inquiètent » les croyants ou proférer une parole qui les « blesse, choque ou dérange. » (1) En même temps, elle considère que chacun est tenu à « des devoirs et responsabilités », parmi lesquels « s’agissant des croyances religieuses, figure l’exigence générale d’assurer la jouissance pacifique des droits garantis par l’article 9 aux personnes partageant ces croyances, ce qui inclut le devoir d’éviter autant que possible l’expression d’opinions offensant autrui à propos d’objets de de vénération. » (2) D’ailleurs, dans une recommandation n° 1805 de 2007, le Conseil de l’Europe souligne qu’en ce qui concerne « […] les insultes à caractère religieux et les discours de haine contre les personnes au motif de leur religion, il incombe à l’État de déterminer ce qui est à considérer comme infraction pénale dans les limites imposées par la jurisprudence de la CEDH. »

La plus large liberté d’expression sans appel à la discrimination, ni à la haine :

La République dans le droit fil de la Révolution française

En France, le délit de blasphème n’existe plus depuis la Révolution française (1792). La loi du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et la citoyenneté a même abrogé l’article 166 du Code pénal allemand, appliqué en Alsace-Moselle depuis 1871. Pour autant, la liberté d’expression ne saurait aller dans la République jusqu’à l’offense envers les personnes à raison de leur religion : le législateur les protège de ces dérives.

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi 

Les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789, qui a valeur constitutionnelle depuis la décision du Conseil constitutionnel n° 71-44 DC du 16 juillet 1971, disposent respectivement : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » ; « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Ni le Code criminel de 1810, publié dans le contexte du Concordat de 1801, ni la loi sur le sacrilège du 20 avril 1825 n’ont réussi à remettre en cause ces principes. La loi du 29 juillet 1881 sur la presse consacre la liberté d’expression. Son article 1er affirme que « L’imprimerie et la librairie sont libres », une formulation qui s’applique aux écrits circulant sur Internet. Par conséquent, chacun est libre, s’il le juge utile, de critiquer les religions, même au moyen d’une formulation que d’aucuns estiment violente.

Néanmoins, le législateur a prévu de réprimer ceux qui, sous couvert de liberté d’expression exercée contre une religion, appellent à la discrimination ou incitent à la haine contre une personne ou un groupe de personnes. Le nouvel article 24 de la loi du 29 juillet 1881, dans sa rédaction issue de celle du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté, dispose que « Seront punis de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende […] / Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23 [notamment écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image], auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Ainsi, poursuivi et sanctionné pénalement par les juges du fond pour avoir notamment dit qu’il fallait donner aux musulmans « le choix entre l’Islam et la France », afin d’enrayer le processus infligeant au pays « depuis trente ans une invasion » en vue d’ « islamiser le territoire », M. Éric Zemmour, bien qu’il ait invoqué les articles 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 et 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse, a vu confirmée sa condamnation par la Cour de cassation : les « […] passages incriminés, compris ensemble, visent les musulmans dans leur globalité et contiennent une exhortation implicite à la discrimination » (3).

Dans l’affaire Mila, il n’appartient pas à la Libre Pensée de juger du caractère pénalement répréhensible ou non des propos tenus par cette jeune fille, ni de ceux de son insulteur.  Au fond l’essentiel est ailleurs : l’instrumentalisation de Mila par tous ceux qui se prévalent frauduleusement de la liberté d’expression et du droit au blasphème pour montrer du doigt une communauté tout entière est sans doute le syndrome le plus inquiétant dans cette affaire.

OUI à la critique sans concession de toutes les religions !

NON à la discrimination et à la haine !

Paris, le 3 Février 2020

  1. Voir CEDH, 25 mai 1993, Kokkinakis c/ Grèce ; CEDH, 20 septembre 1994, Otto Preminger Institut c/ Autriche ; CEDH, 25 octobre 2018, ES c/ Autriche

  2. CEDH, 25 octobre 2018, ES c/ Autriche
  3. Cour de cassation, 17 septembre 2019, n° 18-85299.

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Blasphème ou insulte envers un groupe de personnes ? La toile s’emballe sous l’aiguillon de sombres arrière-pensées

3 Février 2020 , Rédigé par librepensee04

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Blasphème ou insulte envers un groupe de personnes ?

La toile s’emballe sous l’aiguillon de sombres arrière-pensées

Sur le réseau social Instagram, un jeune homme fait des avances appuyées à une jeune fille qui vient de signaler sa passion pour le chant. Homosexuelle, elle lui signifie qu’il doit cesser de l’importuner, ce qui est parfaitement son droit. L’éconduit l’aurait alors qualifiée de « sale lesbienne » et accusée de racisme et d’hostilité envers les musulmans. En réplique, elle poste une vidéo sur ce réseau, dans laquelle elle soutient que « L’islam c’est de la merde […] Je ne suis pas raciste, pas du tout. [Mais] votre religion c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le c…, au revoir. » Depuis lors, elle fait l’objet d’une campagne de harcèlement, comportant des menaces de viol et de mort, au point qu’elle a dû interrompre momentanément ses études. Le parquet a ouvert une double information judiciaire, l’une pour menaces de mort et de viol ayant entraîné une déscolarisation temporaire, l’autre pour provocation à la haine religieuse. La seconde vient d’être classée sans suite.

La Libre Pensée condamne les menaces de haine et de mort contre la jeune lycéenne

La garde des sceaux se lance dans des propos dont elle reconnaît par la suite, qu’ils sont inappropriés

Au lieu d’alimenter à nouveau la réflexion sur les dérives auxquelles peut conduire un usage irraisonné des réseaux sociaux, cette affaire nourrit au contraire une polémique irrationnelle où s’expriment à la fois des propos ineptes, des concessions inadmissibles aux cultes de la part de certaines autorités publiques, ainsi que des arrière-pensées politiques haineuses. Le délégué du Conseil français du culte musulman, M. Abdallah Zekri, soutient que l’adage « Qui sème le vent récolte la tempête » s’applique à la jeune fille, ce qui n’est pas de nature à calmer une campagne de haine inadmissible contre l’intéressée. La Garde des Sceaux affirme à tort, de son côté, que « L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience», alors que celle-ci comporte la possibilité de critiquer toutes les croyances, même de façon estimée insultante par les cultes. Elle vient de concéder que ces propos sont inappropriés. Des politiciens hostiles aux musulmans, qui se dissimulent en général derrière le paravent d’une pseudo-laïcité de combat frelatée et ici celui de la liberté d’expression, éructent et bavent de haine. Enfin, des juristes ont publié une tribune dans le journal Le Figaro, dans laquelle ils écrivent sans craindre l’excès : « Le parquet amorce le basculement de tous les dangers pour la liberté d’expression. »

La subtilité du droit s’accommode mal des passions tristes

Plutôt que de hurler avec les loups, la Fédération nationale de la Libre Pensée préfère rappeler le cadre juridique applicable en pareilles circonstances. Le droit de critiquer les religions, auquel elle est très attachée dans la mesure où, par sa nature même, elle défend la liberté absolue de conscience, ne comporte pas automatiquement celui d’insulter, individuellement ou collectivement, les croyants ni de les stigmatiser.

La notion de blasphème a largement été utilisée par les religions, notamment toutes les formes de christianisme et appelle la condamnation de toute parole jugée outrageante envers Dieu. De leur côté, les musulmans préfèrent le mot apostasie. Le délit de blasphème pollue encore le droit applicable dans bien des États démocratiques : les articles 198 et 199 du Code pénal grec, le Defamation Act en Irlande, entré en vigueur le 1er janvier 2010, les articles 166 du Code pénal allemand, 188 de celui de l’Autriche ou 724 de celui de la République italienne en témoignent.

La Libre Pensée ne revendique pas un « droit au blasphème »,  ce qui serait reconnaître un dogme religieux et l’institutionnaliser, mais se prononce pour une totale liberté d’expression et de critique.

La liberté sans l’offense pour les croyants : la Cour européenne des droits de l’Homme sur une ligne de crête

La Cour européenne des Droits de l’Homme

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) qui est chargée de contrôler l’application de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950, s’emploie à reconnaître aux États membres du Conseil de l’Europe « une marge d’appréciation » pour articuler « La liberté de pensée, de conscience et de religion » et « La liberté d’expression », respectivement protégées par les articles 9 et 10 de cette Convention.

En cas de difficulté de conciliation de ces deux libertés, sa jurisprudence constante a été de reconnaître à chacun le droit de tenir des propos qui « heurtent, choquent et inquiètent » les croyants ou proférer une parole qui les « blesse, choque ou dérange. » (1) En même temps, elle considère que chacun est tenu à « des devoirs et responsabilités », parmi lesquels « s’agissant des croyances religieuses, figure l’exigence générale d’assurer la jouissance pacifique des droits garantis par l’article 9 aux personnes partageant ces croyances, ce qui inclut le devoir d’éviter autant que possible l’expression d’opinions offensant autrui à propos d’objets de de vénération. » (2) D’ailleurs, dans une recommandation n° 1805 de 2007, le Conseil de l’Europe souligne qu’en ce qui concerne « […] les insultes à caractère religieux et les discours de haine contre les personnes au motif de leur religion, il incombe à l’État de déterminer ce qui est à considérer comme infraction pénale dans les limites imposées par la jurisprudence de la CEDH. »

La plus large liberté d’expression sans appel à la discrimination, ni à la haine :

La République dans le droit fil de la Révolution française

En France, le délit de blasphème n’existe plus depuis la Révolution française (1792). La loi du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et la citoyenneté a même abrogé l’article 166 du Code pénal allemand, appliqué en Alsace-Moselle depuis 1871. Pour autant, la liberté d’expression ne saurait aller dans la République jusqu’à l’offense envers les personnes à raison de leur religion : le législateur les protège de ces dérives.

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi 

Les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789, qui a valeur constitutionnelle depuis la décision du Conseil constitutionnel n° 71-44 DC du 16 juillet 1971, disposent respectivement : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » ; « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Ni le Code criminel de 1810, publié dans le contexte du Concordat de 1801, ni la loi sur le sacrilège du 20 avril 1825 n’ont réussi à remettre en cause ces principes. La loi du 29 juillet 1881 sur la presse consacre la liberté d’expression. Son article 1er affirme que « L’imprimerie et la librairie sont libres », une formulation qui s’applique aux écrits circulant sur Internet. Par conséquent, chacun est libre, s’il le juge utile, de critiquer les religions, même au moyen d’une formulation que d’aucuns estiment violente.

Néanmoins, le législateur a prévu de réprimer ceux qui, sous couvert de liberté d’expression exercée contre une religion, appellent à la discrimination ou incitent à la haine contre une personne ou un groupe de personnes. Le nouvel article 24 de la loi du 29 juillet 1881, dans sa rédaction issue de celle du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté, dispose que « Seront punis de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende […] / Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23 [notamment écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image], auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Ainsi, poursuivi et sanctionné pénalement par les juges du fond pour avoir notamment dit qu’il fallait donner aux musulmans « le choix entre l’Islam et la France », afin d’enrayer le processus infligeant au pays « depuis trente ans une invasion » en vue d’ « islamiser le territoire », M. Éric Zemmour, bien qu’il ait invoqué les articles 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 et 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse, a vu confirmée sa condamnation par la Cour de cassation : les « […] passages incriminés, compris ensemble, visent les musulmans dans leur globalité et contiennent une exhortation implicite à la discrimination » (3).

Dans l’affaire Mila, il n’appartient pas à la Libre Pensée de juger du caractère pénalement répréhensible ou non des propos tenus par cette jeune fille, ni de ceux de son insulteur.  Au fond l’essentiel est ailleurs : l’instrumentalisation de Mila par tous ceux qui se prévalent frauduleusement de la liberté d’expression et du droit au blasphème pour montrer du doigt une communauté tout entière est sans doute le syndrome le plus inquiétant dans cette affaire.

OUI à la critique sans concession de toutes les religions !

NON à la discrimination et à la haine !

Paris, le 3 Février 2020

  1. Voir CEDH, 25 mai 1993, Kokkinakis c/ Grèce ; CEDH, 20 septembre 1994, Otto Preminger Institut c/ Autriche ; CEDH, 25 octobre 2018, ES c/ Autriche

  2. CEDH, 25 octobre 2018, ES c/ Autriche
  3. Cour de cassation, 17 septembre 2019, n° 18-85299.

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L’Idée Libre n°327- En défense de la science – décembre 2019

2 Février 2020 , Rédigé par librepensee04

L’Idée Libre n°327- En défense de la science – décembre 2019

Présentation du dossier :

En défense de la science

Depuis la nuit des temps, l’Humanité est avide de connaître le monde du vivant. Au cours des siècles cette quête irrépressible a rencontré et rencontre encore les obstacles des forces obscurantistes. « C’est la guerre pour la connaissance que livre éternellement l’Humanité » (Stefan Zweig).

La science se définit par ses méthodes et par son objectif d’élaborer des connaissances vérifiables et vérifiées par des observateurs indépendants : des connaissances objectives qui, dès lors, ont une portée universelle.

Le but de la science est de construire des connaissances universelles partageables et partagées.

« L’ignorance naturelle est semblable au jeune arbre qui absorbe la pluie et les rayons du soleil et qui va en croissant ; l’ignorance instruite est semblable au tonneau cerclé de fer ; on peut le remplir d’eau la plus pure ou de vin le plus fin, il n’en tire aucun avantage et reste le même vieux tonneau de bois mort jusqu’à ce qu’il devienne pourri ».[1] Le dogme contre la science !

La science dit le vrai. Ni le bien, ni le mal. Elle n’est pas le domaine des certitudes. Sans cesse de nouvelles données accumulées remettent en cause des connaissances que l’on jugeait autrefois solides. « La science va se raturant elle-même. Ratures fécondes » (Victor Hugo). Et ainsi, toute activité scientifique requiert la liberté de pensée, le libre cours de l’imagination. Aucune autorité, aucune injonction, aucune contrainte.

Je reprendrai à mon compte cette réflexion de Pascal Picq ( Il était une fois la paléoanthropologie. Quelques millions d’années et trente ans plus tard ) :« Les « ce que je crois«  et les « quêtes de sens«   n’ont jamais fait avancer les connaissances. C’est pour cela que la science est l’entreprise à la fois la plus humble et la plus noble de l’esprit humain car elle s’en remet toujours à la validation des faits par une démarche objectiviste (observation, comparaison, expérimentation et modélisation )».

Alors peut-on assigner des limites à cette activité humaine ?

Nous remercions vivement les scientifiques, médecins, chercheurs… que nous avons sollicités pour mettre en lumière la Science.

Puissent ces pages nourrir la curiosité, la réflexion du lecteur, l’aider à penser par lui-même. Et l’inciter à défendre la liberté de la recherche scientifique.

« La compréhension des lois de la nature est un levier puissant pour l’émancipation humaine » [2].

[1] Actes du congrès mondial de la Libre Pensée à Rome en 1904

[2] « Vers un Manifeste de la Libre Pensée pour la science » publié dans la collection Arguments de la Libre Pensée: Sciences et Libre Pensée

Martine Boussel

La couverture :

L’Idée Libre n°327- En défense de la science – décembre 2019


Le Sommaire

L’Idée Libre n°327- En défense de la science – décembre 2019

 

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Les fusillés pour l'exemple 14-18 à l'assemblée nationale

31 Janvier 2020 , Rédigé par librepensee04

Les fusillés pour l’exemple à l’assemblée nationale
Jean-Marc Schiappa président de l’IRELP : 
« ce que l’Assemblée de Corse a fait, l’Assemblée nationale doit le faire. Tel est le sens d’une proposition de loi soutenue par la Libre Pensée et soumise à différents groupes parlementaires. »
***

Réhabilitation des « Fusillés pour l’exemple » de 14 -18 via un projet de loi ? Initiative de P.-A. Colombani (député Libertés & Territoires) et de l’historien J.-M. Schiappa : voici une opération mémorielle transpartisane autour du film « Aio Zidelli ! » en présence de G. Simeoni (Pd Conseil Exécutif), J.-G. Talamoni (Pd Assemblée de Corse), S. Pinel (L&T), Alexis Corbière (LFI).
A lire:

 


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La Raison n°648 – février 2020

31 Janvier 2020 , Rédigé par librepensee04

La Raison n°648 – février 2020

L’éditorial

Pudenda sed dolorosa (parties honteuses, mais douloureuses)

Le dossier de La Raison nous entretient de nos parties intimes et des tortures qui leur sont infligées pour des raisons religieuses ou traditionnelles. Affectées du genre neutre en grec (ta aidoia), les pudenda du latin ont le sens à la fois de « sacrées » et de « honteuses » en ce sens qu’elles ne doivent pas être dévoilées en public, qu’elles sont strictement personnelles. Avec le christianisme, ce caractère privé devient synonyme de honte. Ce sont, définitivement les « parties honteuses ». Aldrovandi, immense naturaliste de la Renaissance par ailleurs, disait qu’elles étaient comparables aux lieux infects du monde, à l’Enfer, à ses ténèbres, aux damnés qui sont comme les excréments de l’Univers. C’est probablement le « pas touche » associé qui fit abandonner la pratique juive de la circoncision.

Le légendaire Jésus-Christ fut donc le dernier circoncis dans l’histoire ecclésiastique officielle. Le devenir de son prépuce atteignit aux XVIIe et XVIIIe siècles une considérable notoriété parmi les reliques les plus prisées. Tel le crane de Saint-Antoine de Padoue, le saint-prépuce fut revendiqué par nombre de reliquaires assortis de récits de voyages et de découvertes fantastiques. Les théologiens s’en mêlèrent tel Leo Allatius, qui, dans “De Praeputio Domini Nostri Jesu Christi Diatriba” (discussions sur le prépuce de notre Seigneur Jésus-Christ), a proposé une autre hypothèse : le prépuce, monté au ciel par ses propres moyens, se serait transformé en anneau de Saturne. Non, vous ne rêvez pas. Cette dernière stupidité a bel et bien été émise par un théologien grec, profitant de l’invention de la lunette galiléenne pour délirer sur cet anneau nouvellement découvert.

Le dossier aborde un problème encore grave : la persistance des mutilations génitales rituelles pour des raisons religieuses ou traditionnelles. La circoncision est-elle librement choisie ? La Libre Pensée le conteste pour le baptême, alors que dire d’une intervention corporelle infantile ? L’excision des filles est un problème dramatique dans une grande partie du monde, condamnant les femmes à de sévères problèmes tout au long de leur vie. Lors du colloque de Tunis, dont les actes sont disponibles, une militante mauritanienne avait entretenu les participants de la question et des actions entreprises pour faire reculer cette pratique.

J’ose inviter également nos lecteurs à méditer et discuter l’argumentaire sur le temps présent de nos pages 26 et suivantes. Au nom de la « lutte contre le terrorisme », les plus hautes instances gouvernementales instillent un climat d’affrontement religieux dans le pays relayé par des plumitifs aux ordres, parmi lesquels on doit compter Michel Onfray. Les citations de sa prose données dans notre texte donnent le frisson. Elles appellent à la délation. Toute personne qui ne dénoncerait pas le port du voile dans l’espace public (attention ! du voile islamique. Ne le confondez surtout pas avec le voile modeste des religieuses catholiques) serait complice des égorgeurs. Et puis, nous revenons aussi sur les questions que j’évoquais plus haut : circoncision, excision, baptême, prise de possession de l’individu par les religions avant qu’il puisse donner son consentement éclairé, irréversibilité voulue de ces « sacrements ». Ce n’est pas tout. D’autres exemples sont donnés qui concernent Monsieur Blanquer, ministre de l’Éducation nationale.

Mais vous le savez, chers lecteurs, le monde bouge. Nous avons connu, après un an de manifestations et de répressions, les grandes grèves pour défendre les retraites, conquêtes populaires des grands mouvements sociaux de 1936 et de 1945. A l’heure où j’écris ces lignes, je ne peux savoir où en seront ces combats lorsqu’elles paraîtront, mais leur empreinte sera profonde. Avec les droits sociaux, la revendication de la liberté de conscience ne peut que croître.

Je vous souhaite bonne lecture de ce numéro.

Jean-Sébastien Pierre, Président de la Libre Pensée

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Un site de la FNLP complètement rénové / S'abonner à la Newsletter

27 Janvier 2020 , Rédigé par librepensee04

 

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SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

25 Janvier 2020 , Rédigé par librepensee04

SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

 

BANQUET REPUBLICAIN

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Humour !? ...Pas sûr!

SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

[origine et utilité des banquets

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INVITATION

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11h00: Accueil

Maison des associations

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à l'ordre du jour:

Suite aux déclarations de E. macron sur le "séparatisme islamiste"...

La FNLP est invitée par C.Castaner, ministre de l'intérieur et des cultes,

le 24 02, place Bauveau.

 

    -Respect de la loi de 1905 !
-Macron, pas touche à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat!

SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

 Un texte intéressant:

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/islam-la-lettre-alertant-macron-laquelle-il-n-jamais-repondu

 Décrets infâmes de Napoléon , empereur 1808 : discrimination des Juifs

https://www.persee.fr/doc/rhmc_0996-2743_1901_num_3_5_4412

Exagération entretenue à des fins xénophobes :

https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/idees-toutes-faites-sur-les-territoires-conquis-de-l-islamisme,3618 

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OUI à la critique sans concession de toutes les religions !
NON à la discrimination et à la haine !
 -"Affaire Mila", application de la loi de 1905! Respect du droit d'expression garanti depuis 1789!
 Blasphème aboli en France depuis 1789!
 
 
 
 
 
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-pacifisme
 
 -SNU (brochure FNLP : Télécharger « Arguments SNU (4).pdf » )

SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

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    - libertés individuelles et collectives dans une république digne de ce nom!

SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

    - lois bioéthiques et poids des religions dans les comités d’éthique contre la séparation République/Eglises
   
     - "écologie politique" et encyclique papale “Laudate si”, corporatisme et obscurantisme en marche contre la science, la recherche fondamentale  et ses chercheurs.
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 -questionnaire FNLP aux candidats aux municipales 2020 en défense de la laïcité institutionnelle

 

... et toutes autres questions. 

 

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Y a-t-il du R.I.C. dans la constitution de la première république ?

CONSTITUTION DE 1793
De la formation de la loi

 

Article 56. - Les projets de loi sont précédés d'un rapport.

Article 57. - La discussion ne peut s'ouvrir, et la loi ne peut être provisoirement arrêtée que quinze jours après le rapport.

Article 58. - Le projet est imprimé et envoyé à toutes les communes de la République, sous ce titre : loi proposée.

Article 59. - Quarante jours après l'envoi de la loi proposée, si, dans la moitié des départements, plus un, le dixième des Assemblées primaires de chacun d'eux, régulièrement formées, n'a pas réclamé, le projet est accepté et devient loi.

Article 60. - S'il y a réclamation, le Corps législatif convoque les Assemblées primaires.

"Le but de la société est le bonheur commun."

 

SAMEDI 22 Février 2020: BANQUET REPUBLICAIN AUX MEES!

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Il faut savoir terminer une trêve - par Maurice Reztau

18 Janvier 2020 , Rédigé par librepensee04

Il faut savoir terminer une trêve - par Maurice Reztau

 

Cher-e-s Ami-e-s,

Nous vous invitons à prendre connaissance de cette article paru sur notre blog Mediapart :

Nous vivons une curieuse époque. Les salariés se mobilisent nombreux pour faire échec à la contre-réforme des retraites, qui cache mal une volonté de remise en cause des acquis sociaux arrachés depuis 1945. On voit bien que ce qu’il y a derrière est de confier ce pan entier de l’économie sociale aux fonds de pensions spéculatifs.
 
Il s’agit, comme pour la mise en œuvre des directives assurantielles européennes qui ont liquidé la mutualité historique et entrainé la disparition de milliers de mutuelles authentiques, d’injecter des milliards dans la bulle spéculative.

 

 

En savoir plus

https://blogs.mediapart.fr/libre-pensee/blog/180120/il-faut-savoir-terminer-une-treve

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"Comme un oiseau sur la mer..." a pour thème la résistance palestinienne et qui se déroule entre Gaza, Marseille et Hébron entre 2001 et 2048. -Daniel Berthet-

17 Janvier 2020 , Rédigé par librepensee04

 

"Comme un oiseau sur la mer..."  a pour thème la résistance palestinienne et qui se déroule entre Gaza, Marseille et Hébron entre 2001 et 2048. -Daniel Berthet-

"Comme un oiseau sur la mer..."  a pour thème la résistance palestinienne et qui se déroule entre Gaza, Marseille et Hébron entre 2001 et 2048. -Daniel Berthet-

"Comme un oiseau sur la mer..."  a pour thème la résistance palestinienne et qui se déroule entre Gaza, Marseille et Hébron entre 2001 et 2048. -Daniel Berthet-

Cher(e)rs ami(e)s
Voici le clip vidéo de présentation de mon nouveau roman "Comme un oiseau sur la mer..." qui a pour thème la résistance palestinienne et qui se déroule entre Gaza, Marseille et Hébron entre 2001 et 2048.
Sortie officielle le 30 mars 2020 à l'occasion du deuxième anniversaire des marches du retour.

Roman vendu au profit de l'aide médicale à Gaza (Reversement de 5 € par exemplaire souscrit par l'intermédiaire de SOS Palestine)

Ci-joint le bon de souscription ainsi que la 1ere et la 4eme de couverture.

Cliquez sur le lien suivant pour découvrir la vidéo privée :

https://www.youtube.com/watch?v=pjzaRNdLKTA

Merci à celles et ceux qui ont déjà souscrit.

Possibilité de disposer du roman dans le courant du mois de mars.

Cordialement

Daniel Berthet 

 
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